De soufre
La matière colorante du cheveu paraît êfre, suivant les mêmes expériences de VaucnieliD , une huile; cette huile est
d'un vert noirâtre dans le cheveu noir, rouge dans le cheveu rouge , et blanche dans le cheveu blanc. Vauquelin suppose que le fer sulfuré contribue à la couleur du cheveu foncé. Il attribue à la présence d'un excès de soufre, la propriété qu'ont les cheveux rouges , blonds et blancs, de devenir noirs avec les oxides des métaux blancs. Il pense que le changement subit de k couleur du cheveu occasionné par le chagrin , ne peut être dû qu'au développement d'un acide *. Vauquelin considère la matière animale , dont le cheveu est principalement composé , comme une variété de mucus épaissi ; mais cette supposition ne s'accorde pas bien avec quelques-unes de ses propriétés, surtout celle qu'a cette matière, de fournir un précipité abondant avec le tannin. Hatchett a fait voir qu'elle se rapprochait beaucoup plus de la nature de l'albumine coagulée.
Laine I* ^n n'a Pas encore soumis la laine à une analyse trèsrigoureuse ; mais d'après les expériences de Berthollet, il y a lieu de conclure que ses qualités chimiques ne diffèrent pas beaucoup de celles du cheveu. En croissant sur le mouton , elle est enveloppée dans une espèce de matière savonneuse qui la garantit des attaques des insectes, et qu'on enlève ensuite par le dégraissage. Vauquelin, en examinant cette matière , a reconnu qu'elle était composée , i.° d'un savon à base de potasse ; 2.° d'un peu de carbonate de potasse ; 3.° d'acétate de potasse ; 4-° (^e chaux ; 5.° d'une très-petite quantité d'bydrochlorate de potasse; 6.° d'une matière animale2.
Plumes. 2- Plumes. Ces substances paraissent avoir à-peu-près les mêmes propriétés que le cheveu. Hatchett s'est assuré que le tuyau de la plume est composé en grande partie d'albumine coagulée. Quoiqu'il eut fait bouillir pendant très-long-temps des plumes dans l'eau, il ne put observer de traces de gélatine.
Oogme.
SECTION IX
De la Soie.
chenilles.
C'est le plus communément le pkalena-bombyx qu'on élève
La soie est la production de diverses espèces de ci j'est le plus communément le pkalena-bombyx que en Europe pour cet objet; mais le phalena- atlas en produit
« Nich'olson's Journ. "XV, i/|r.
! Ana. deChim. XLVII, 27a.
SOIE. 54l
une plus grande quantité. Presque toutes les chenilles fournissent en effet une substance semblable, qu'on trouve renfermée dans deux petites poches , d'où elle sort en (ils trèsdéliés, et destinée à servir d'enveloppe à lïusecte pour sa conservation, pendant qu'il est dans son état de chrysalide. Les toiles d'araignées sont évidemment de la même nature Toile» que la soie ; quoique leurs fibres soient , au-moins en Angle- i'^rai&aée terre , plus fines et plus faibles, ïléaumur et d'autres naturalistes s'assurèrent, que les plus grosses espèces d'araignées filaient des cocons assez forts pour être manufacturés, et que le produit n'était inférieur ni en beauté , ni en force au produit des vers à soie. On fit en conséquence des tentatives pour établir une manufacture de ce nouveau genre de soie ; mais on reconnut bientôt l'impossibilité de faire travailler les araignées de concert. Elles s'attaquèrent et se dévorèrent impitoyablement , jusqu'à ce qu'il ne restât plus qu'un seul individu de la colonie.
Le ver à toie est indigène de la Chine, et se nourrit sur Histoire, les feuilles du mûrier blanc. Cette nation industrieuse connaissait la manière de travailler la soie dès les siècles les plus reculés ; mais à peine en avait-on une idée en Europe avant le temps d'Auguste. Sa beauté attira l'attention de ceux des Romains qui s'adonnaient au luxe, et la soie était devenue un vêtement commun après le règne de l'efféminé Héliogabale. On la tirait de la Chine à un prix énorme ; les Phéniciens achevaient de la manufacturer, et ils la vendaient aux R.omains au poids de l'or. Sous le règne de Justinien , ce commerce fut interrompu par les conquêtes des tribus scythes, et toutes les tentatives qu'on fit pour s'en procurer furent sans succès , jusqu'à ce que deux moines persans ayant eu l'adresse de transporter de la Chine à Constantinople des œufs de l'insecte , cachés dans le creux d'une canne , on les fit éclore , et la race en fut multipliée avec le plus grand soin. Cet événement eut lieu en 555 ; et quelques années après , les Grecs furent aussi habiles que les Orientaux dans fart d'obtenir et de travailler la soie. Roger, roi de Sicile, enleva en 1 i3o les tisserands de la Grèce , et lesétablit dans son île, d'où cet art se répandit en Italie , et de là en France. La révocation de l'édit de Nantes l'introduisit ensuite dans la Grande-Bretagne.
La soie , telle qu'elle est produite par l'animal , est en fils
très-déliés ; elle varie dans sa couleur, depuis le blauc jusqu'au jaune rougeàtre; elle est très-élastique et d'une force très-cousidérable , si l'on considère combien elle a peu de diamètre. Elle est recouverte d'un vernis auquel elle doit son remis, élasticité. Ce vernis est soluble dans l'eau bouillante , mais l'alcool n'a point d'action sur lui : c'est par cette raison qu'on le compare à une gomme: mais il se rapproche beaucoup plus de la gélatine , puisque Berthollet a fait voir que le tannin et l'hydrochlorate d'étain le précipitent. Il diffère cependant de la gélatine par plusieurs propriétés. L'alun le précipite en un blanc sale ; le sulfate de cuivre en brun foncé; et le sulfate de fer en brun \ Lorsqu'on évapore l'eau , le vernis obtenu est de couleur noire ; il se brise aisément, et sa cassure est éclatante. Son poids s'élève aux o,33 environ de celui de la soie écrue. On peut le séparer de la soie par le savon aussi bien que par l'eau , et les dissolutions savonneuses qui le contiennent se putréfient promptement*. Roard a publié une suite d'expériences sur cette matière, qui se trouve pour les o,2o dans la soie ; elle est cassante et dure comme les résines; étant réduite en pondre, sa couleur est d'un jaune rougeàtre; elle a la saveur et l'odeur des extraits ; elle ne se fond pas par la chaleur. Elle se dissout dans 5 fois son poids d'eau : la dissolution est de couleur brune ; mais lorsqu'elle est étendue d'eau , cette couleur passe au jaune doré ; exposée à l'air dans cet état , elle devient verdâtre, se décompose et exhale l'odeur des substances animales en putréfaction; la liqueur mousse comme de l'eau de savon. Les acides sulfurique et hydrochlorique rendent plus intense la couleur de cette matière, que l'acide nitrique convertit en un beau jaune. L'acide sulfureux éclaircit la couleur qu'il rend d'un jaune verdâtre. L'alcool agit à peine sur la matière solide , le chlore produit dans ses dissolutions un précipité blanc abondant, qui devient rougeàtre à l'air et n'est presque plus soluble dans l'eau; mais il se dissout très-aisément dans l'alcool bouillant. Lss alcalis n'exercent aucune action sur cette substauce ; l'infusion de noix de galle forme dans ses dissolutions un précipité abondantJ. On voit, par ces propriétés., que celte substance est d'une nature particulière.
« Kicrthollct. » IbiJ.
* Anu. ùc Cliim. LXV, 5g.