SOIE
Outre le vernis, la soie. contient encore une autre sub- r^\0e. stance à laquelle elle doit sa couleur jaune. Cette substance a les propriétés d'uue résine. Elle est jaune, soluble dans l'alcool , et dans un mélange d'alcool et d'acide hydrochlorique. Baume s'est assuré qu'on peut la séparer complètement par ce dernier mélange , et que la soie qu'on en dépouille ainsi acquiert une belle couleur blauche l. Cette matière fond à 3o° centigrades ; sa couleur est d'un brun rougeàtre lorsqu'elle est en morceaux, mais d'un jaune verdàtre lorsqu'elle est divisée. Elle a une forte odeur, due à une buile volatile qu'elle contient ; à l'air elle blanchit ; elle est insoluble dans l'eau , mais se dissolvant très-aisément dans l'alcool, les lessives alcalines et dans le savon 2.
Roard a fait voir que la soie écrue contient aussi une portion de cire, qui se dissout dans l'alcool bouillant et dans les lessives alcalines ou savonneuses. Elle blanchit et se précipite de sa dissolution dans l'alcool à mesure qu'elle refroidit. La soie contient environ les o,oo5 de son poids de cire , tandis que la matière colorante résineuse s'élève aux 0,0 iô du poids de la soie 3.
On n'a que très-imparfaitement examiné les propriétés de Propp;;,#s la soie elle-même. L'eau et l'alcool n'ont sur elle aucune action. <e '» ' ;= Elle est insipide, et quoiqu'au feu elle noircisse très-rapidement et se décompose , elle n'est qu'imparfaitement combustible. A la distillation, elle fournit, suivant Neumann , une très-grande quantité d'ammoniaque.
Les alcalis fixes la dissolvent à l'aide de la chaleur ; et il n'est pas invraisemblable qu'ils forment avec elle un savon animal.
La soie se dissout aussi dans les acides sulfurique, bydrochlorique et nitrique. Par l'action de ce dernier acide , Berthollet obtint de la soie une certaine quautité d'acide oxalique, et une matière adipeuse , qui nageait à la surface de la dissolution. Par un traitement semblable , Welther eut de beaux cristaux jaunes, très-combustibles, auxquels il donna le nom de principe amer jaune.
La soie est très-peu susceptible de putréfaction. Le docteur
1 Ann. de Chim. XVII, i3G.
» Roard, ibid., LXV. 61.
» ibid.
Wilson de Falkirk nous apprend, qu'on trouva dans le cime* tière de cette ville un ruban tourné autour de l'os du bras , et qui n'avait subi aucune altération quoiqu'il fut resté huit ans dans la terre '. On sait, en même-temps, cependant, que lorsqu'on met la soie daus un lieu humide, elle se pourrit, pour me servir du langage vulgaire, daus un espace de temps beaucoup plus court.
Tc;!c, Cadet a publié une analyse chimique des toiles d'araignées ,
d'arguées. (Jqjj^ nons pouvons indiquer ici les résultats ; car ces substances ont une très-grande analogie avec la soie , dans leurs propriétés et dans la manière dont elles se produisent. En traitant des toiles d'araignées par l'eau et par l'alcool , et en les réduisant en cendres , il obtint, i°. un extrait brun soluble dans l'eau, et inaltérable à l'air; a°. une matière résineuse soluble dans l'alcool, et très-déliquescente-, 3°. de l'albumine; 4°. du sulfate de chaux; 5°. du carbonate de soude; 6°. de l'hydrochlorate de soude; y°. du carbonate de chaux ; 8°. du fer; 9°. de la silice2. Il suppose cependant que quelques-unes des matières fixes obtenues pouvaient provenir d'impuretés existant dans les toiles examinées , ou qui y avaient été accidentellement mêlées.
Après avoir ainsi traité des matières solides qui composent les corps animaux , je vais examiner le chyle, et le fluide qui circule dans ces corps vivans, le sang; ainsi que les différentes sécrétions qui en sont formées, ou pour servir à quelque besoin important à l'animal , ou pour être évacuées comme inutiles, afin que le sang ainsi purifié puisse être plus propre à remplir les fonctions auxquelles il est destiné. Les chimistes ont examiné un grand nombre de ces substances avec plus de soin que les parties solides.
SECTION X
Du Chyle
On a donné le nom de chyle à une matière liquide qui se forme pendant le passage de l'aliment dans le canal intestinal. Cette matière y est pompée par une suite de vaisseaux appe-
1 Nicholsou's Journ. II; 222-
» Ibïd. XI, 2Ç)|.
chylê. 545
lés lactés ou chylifères, qui la transportent au canal thorachicjue , d'où elle passe dans les vaisseaux sanguins , et est convertie en sang. Le chyle fut examiné et décrit à l'occasion par les physiologistes et les anatomistes du siècle dernier; mais ce n'est que depuis peu d'annéesque nous avons acqnislaconnaissancede ses propriétés chimiques. Emmert publia en 181 1 * Histoire. une suite d'expériences sur le chyle du cheval-, Vauqueliu examina en 181 2 ■ le chyle de différens chevaux, et dans le cours de la même année, Brande 3 fit connaître ses expériences sur cette substance. En 181 5, le docteur Marcet fit des recherches comparatives sur le chyle d'animaux se nourrissant de végétaux, et sur celui des animaux ne vivant que de nourriture animale4.
Le chyle , lorsqu'il est recueilli du canal thorachique , cinq Caractères. heures environ après que ranimai a pris de la nourriture, est un liquide opaque de couleur blanche. Il est inodore, et ayant une saveur légèrement acide, accompagnée d'un goût douceâtre sensible. 11 restitue la couleur bleue du papier de touruesol rougi par un acide, ce qui indique dans ce liquide la présence d'un alcali. Le chyle , dix minutes après qu'il a été retiré de l'animal, se coagule en une gelée avant de la consistance , qui dans l'espace de vingt-quatre heures se sépare peu-à-peu en deux portions , produisant un coagulum très-ferme , environné d un fluide incolore.
t . Le coagulum est, ainsi qu'il paraît résulter des expérien- Coaguium. ces de Vauquelin , une substance qui tient le milieu entre l'albumine et la fibrine. Il le considère comme de l'albumine qui a pris de cette manière le caractère de fibrine. Ce coagulum ou caillot n'est ni aussi ferme, ni d'une contexture aussi libreusequelafibrine. Les alcalis caustiques ont plus d'action sur lui que sur la fibrine, et le dissolventplus aisément. Dans la potasse et dans la soude , le coagulum forme une dissolution de couleur brune , et il se dégage un peu d'ammoniaque. Sa dissolution dans l'ammoniaque est d'une teinte roùgeâtre,
Le caillot du chyle est insoluble dans l'alcool et dans l'éther , mais il se dissout aisément dans l'acide sulfurique étendu. L'a-
Ann. deChim. LXXX, 81.
Ibid. LXXXI, n3.
Phil. Trans. 1812, p. 91.
Aimais of Philosophv, VII, 234-
cide nitrique très-affaibli le convertit par degrés en adipocire. Lorsque cet acide est plus concentré , le coagulurn prend l'apparence de gélatine ; et par l'application de la chaleur , il se forme de l'acide oxalique et de l'acide carbonique. L'acide hydrochlorique concentré ne l'attaque point , mais il le dissout aisément lorsqu'il est étendu d'eau. En le faisant bouillir avec les acides acétique et oxalique , ces acides en dissolvent une petite portion.
Le coagulurn donne , par sa combustion , un charbon qui s'incinère difficilement , et qui contient de Phydrochlorate de soude , du phosphate de chaux , en donnant des traces de fer.
Portion liquide 2. La portion liquide du chyle est coagulée par la chaleur 7 par l'alcool , par les acides ; et la portion coagulée qui se précipite a les propriétés de l'albumine. Lorsque c'est de l'alcool chaud qu'on emploie pour opérer la coagulation de la partie liquide du chyle , l'alcool retient en dissolution une petite quantité de matière qui se dépose sous forme de flocons blancs , pendant le refroidissement de l'alcool. Vauquelin pense que cette matière est une espèce de graisse qui se rapproche de celle qu'il avait trouvée dans la matière cérébrale.
sucre. 3. M. Brande, après avoir séparé l'albumine par la chaleur , et évaporé à moitié la portion liquide, à une température qui n'excédait pas 94° centigrades , obtint par le refroidissement de la liqueur , de petits cristaux qu'il considéra comme étant de même nature que le sucre de lait. Ils étaient sous la forme de prismes hexaèdres obliques , se dissolvant dans 4 fois leur poids d'eau bouillante, et dans 16 fois leur poids d'eau froide. Ces cristaux sont insolubles dans l'alcool froid ; mais il s'en dissout un peu dans ce liquide bouillant.
4- Le docteur Marcet trouva dans le chyle les mêmes sels et en même proportion, que dans d'autres fluides animaux.
5. Le chyle diffère tellement à diverses époques , qu'on ne peui avoir beaucoup de confiance dans les distinctions que fait remarquer le docteur Marcet, entre le chyle des animaux herbivores et celui des animaux carnivores. Il trouva le chyle dans les premiers beaucoup moins blanc , contenant moins de matière solide , et fournissant moins, d'albumine»