‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 146 sur 228 · Huile · texte numérisé non relu

Huile

La connaissance de ses principes constituons nous met en état d'expliquer sans difficulté les changemens produits sur le jaune d'œuf par l'action de divers réactifs. Action Halchett trouva qu'en faisant bouillir le jaune d'œuf avec

de laponne, de la potasse, il se l'orme un savon animal concret, de couleur olive pâle , qui, lorsqu'il est dissous dans l'eau, et saturé d'acide hydrochlorique , donne un précipité à l'état de graisse. Lorsqu'on brûle le jaune , il laisse un petit résidu de phosphate de chaux et de phosphate de soude '.

Le jaune d'œuf agité avec l'eau, fournit une émulsion blanche comme du lait. La destination principale du jaune de l'œuf est de servir d'aliment au poussin avant qu'il casse la coquille.

SECTION XIV

JJe la Salive.

Histoire. Le fluide sécrété dans la bouche, et qui découle en grande quantité pendant la mastication , est connu sous le nom de salive. Haller * recueillit toutes les observations faites sur cette liqueur, avant le milieu du dix-huitième siècle; depuis ce temps , Fourcroy, du Tennetar, et Brugnatelli y ont ajouté plusieurs faits importans; et M. Siebold publia en 1797, dans son Traité sur le système salivairc , une suite trèsnombreuse d'expériences sur cette matière. Lerzelius a soumis la salive , aussi bien que les autres sécrétions, à une analyse exacte 3.

1 Hatchelt, Phil. Trans. 1800.

' Haller's Physiology, VI, 3aJ

5 Annals of Philosop'by, II, J79.

SALIVli. 067

La salive est un fluide limpide comme l'eau , raajs beau- p,,,^^. coup plus visqueux : il est inodore et insipide. Sa pesanteur spécifique, selon llamberger, est de 1,0167' ; et suivant Siebold , de 1,080. Je l'ai trouvée de i,oo38. Par l'agitation, la salive devient écumeuse comme tous les autres liquides visqueux : et en effet elle est ordinairement mêlée avec de l'air, ce qui lui donne l'apparence d'écume.

Elle n'est pas facilement miscible à l'eau ni à l'huile1 ; mais par la trituration dans un mortier, ou peut la mêler assez avec l'eau pour qu'elle liasse à travers un filtre3. Elle a, dit- .. , on , une grande alunite pour 1 oxigene , qu elle absorbe laci- l'oucpa*. leinent de l'air, et qu'elle reporte à d'autres corps4. C'est par cette raison que l'or ou l'argent, triturés dans un mortier avec de la salive, sont oxidés, ainsi que l'a observé du Tennetar; aussi lorsqu'on veut éteindre le mercure par des huiles , facilite-t-on beaucoup l'opération en crachant dans le mélange5. C'est, très-probablement aussi, par cette raison que la salive est bienfaisante lorsqu'on l'applique sur les écorchures de la peau. Les chiens , et plusieurs autres animaux, ont recours avec beaucoup de succès à ce remède.

Lorsqu'on mêle la salive avec de l'eau, il se précipite un Ana, petit nombre de flocons de mucus. Nous voyons , par les expériences du docteur Bostock, que ce mucus n'est pas à l'état de dissolution. Il est séparé par le filtre , et se dépose de lui-même lorsqu'on étend d'eau le liquide. Dans son analyse, celte substance coagulée s'éleva aux o,4 de la matière solide contenue dans la salive soumise à l'examen 6.

Lorsqu'on évapore la salive , elle se gonfle considérablement , et laisse une croûte brune mince : mais si l'évaporation est conduite avec ménagement, il se forme de petits cristaux cubiques d'hydrochlorate de soude. La viscosité delà salive, la propriété qu'elle a d'absorber l'oxigène et de s'épaissir ,

* Haller's Pliysiology, VI , p. Si.

1 jNarccssus , ibïd. p. 34-

3 Fordice on digest , p. fil.

< Fonrcroy, Ann. de China. XXVIII , 262.

5 Fourcroy, ibid. Il y a long-temps que le dorlcur Saunders reconnut que le mercure trituré avec de la salive disparaissait Irèspromptement. Il reconnut aussi que le mucus du gosier produisait un effet plus prompt; mais que le mucilage de gomme arabique était encore le plus efficace.

L Nichoisoiffi Jours. XIV, 1^8.

annoncent *ïa présence d'une matière particulière comme uu de ses principes constituais ; ce qui devient encore plus probable en considérant que l'acétate de plomb produit dans la salive un précipité abondant. Le docteur Bostock pense que cette matière forme environ les o35o des principes solides de la salive '.

Lorsqu'on distille la salive dans une cornue, elle écume beaucoup : 100 parties fournissent 80 parties d'eau presque pure, ensuite un peu de carbonate d'ammoniaque , de l'huile, et un acide qui est peut-être l'acide hydrocyanique. Le résidu s'élève à environ i,56 parties , et il est composé d'hydroclilorate de soude , de phosphate de soude et de phosphate de chaux2.

Les acides et l'alcool épaississent la salive ; les alcalis en dégagent de l'ammoniaque; l'acide oxalique en précipite de la chaux ; et les nitrates de plomb , de mercure et d'argent précipitent les acides phosphorique et hydrochlorique.

Les parties constituantes de la salive sont, d'après l'analyse de Berzelius , savoir :

Eau- ( • • • ; 992>9

Matière animale particulière 2,9

Mucus 1,4

Hydrochlorates alcalins 1,7

Lactate de soude et matière animale 0,9

Soude pure 0,2

La matière animale particulière a les caractères du mucus tels que nous les avons déjà décrits. Elle est soluble dans l'eau , insoluble dans l'alcool, et précipitée par le sous-acétate de plomb.

La substance à laquelle Berzelius a pensé qu'il convenait d'appliquer la dénomination de mucus est en. flocons blancs , ayant beaucoup de l'apparence de l'albumine coagulée. Nous lui avons donné, le docteur Bostock et moi , le nom d'albumine. Elle est entièrement insoluble dans l'eau ; elle devient transparente et cornée, dans les acides acétique,, h}rdro-

' Nicliolson's Journ. XIV, 149.

1 Vorbeyen, Texior, Nuck, etc., cité parHallcr, rhyjiol. VI, 55. Fourcroy, IX , 36j.

* Annals of Philosophy, II, 319.

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