FLUIDE SPERMATIQUE
On oe sait pas jusqu'à quel point la synovie du corps hu- concrétions main ressemble à celle du boeui. Il est néanmoins probable, des e°u"eu« ou qu'elle contient des principes différens , ou qu'elle est susceptible d'éprouver des altérations par la maladie. Il se forme souvent , aux articulations des goutteux , des concrétions , et ces concrétions percent à travers la peau. On les Connaît sous le nom de concrétions arthritiques. Le docteur Wollaston, le docteur Pearson, et M.Tennant, ayant soumis quelques-unes de ces concrétions à l'analyse , ils les trouvèrent composées àïurate de soude l. Cette analyse fut répétée par Fourcroy, qui eu obtint les mêmes résultats*; c'est sans doute la connaissance de ce fait qui a porté Fourcroy à conjecturer que l'acide urique est un des principes constituans de la synovie *.
SECTION XXI
Du Fluide sperma tique ou Liqueur séminale.
I. Le liquide particulier sécrété dansles testicules des mâles, et destiné à féconder les femelles, est connu sous le nom de liqueur séminale. Il n'a été fait jusqu'à présent de recherches que sur ce liquide dans l'homme , appelé plus particulièrement sperme , dont Vauquelin publia une analyse eu 179 1 , ainsi que sur la laite des poissons d'eau douce. On ne sait rien sur le fluide séminal d'autres animaux.
Le sperme, au sortir des vaisseaux qui le contiennent, propriétés est évidemment un mélange de deux substances différentes : l'une fluide et laiteuse, que l'on suppose être sécrétée par la glande prostate-, l'autre, que l'on considère comme la sécrétion des testicules, est épaisse, mucilaginewse , et l'on y peut voir une infinité de filamens blancs satinés4. Le sperme a une odeur légèrement fade, une saveur acre et irritante, et une pesanteur spécifique plus grande que celle de l'eau. Lorsqu'on l'agite dans un mortier, il devient écumeux,et prend la consistance de la pommade. Cet effet est produit par l'interposition de l'air dans cette substance. Le sperme, immédiatement après
* Journ. de Phys. XLV, 3gq.
1 Fourcroy.
3 Ibid.
*■ Vauquelin, Ann. de Chim IX, 6\.
qu'il a été rendu, verdit les papiers teints avec les fleurs de mauve et de violettes, et par conséquent il contient un alcali r.
A mesure que le sperme, en perdant de son calorique, se rétablit à la température de l'atmosphère, la partie mucilagiueuse devient transparente, et acquiert plus de consistance ; mais au bout d'environ vingt minutes après au'il est sorti du corps , le tout redevient parfaitement fluide. Cette liquéfaction n'est pas due à l'absorption de l'humidité de l'air; car le poids de cette humeur diminue au-lieu d'augmenter , pendant qu'elle est exposée à l'air; ce n'est pas non plus à l'action de l'atmosphère que l'on doit attribuer ce phénomène , puisqu'il a également lieu à vaisseaux fermés 3.
Le sperme est insoluble dans l'eau avant cette liquéfaction spontanée; mais après qu'elle a eu lieu , il s'y dissout très-facilement. Lorsqu'on verse dans cette dissolution de l'alcool, ou qu'on y fait passer de la vapeur de chlore, il se précipite un grand nombre de flocons blancs 3. Les alcalis concentrés facilitent la combinaison du sperme avec l'eau. Les acides le dissolvent aisément; et la dissolution n'est pas décomposée par les alcalis; les acides ne décomposent pas non plus la dissolution alcaline de celte substance 4.
La chaux ne dégage point d'ammoniaque du sperme récent; jnais il s'en développe une grande quantité de ce fluide lorsqu'il est resté pendant quelque temps dans une atmosphère humide et chaude; d'où il suit qu'il se forme de l'ammoniaque pendant l'exposition du sperme à l'air 5. Contint Lorsqu'on fait passer de la vapeur de chlore dans du du mucilage. Sperme , cette substance est coagulée en flocons blancs, et le chlore perd son odeur particulière. Ces flocons sont insolubles dans l'eau, et même dans les acides. Si la quantité de chlore introduite dans le sperme est suffisante, cette humeur acquiert une couleur jaune. Ainsi il paraît que le sperme contient une substance mucilagineuse analogue à celle des larmes, qui se coagule par l'absorption de l'oxigène. Vauquelin obtint de 100 parties de sperme , 6 parties de ce mucilage.
L1"i"PcCau'rle Lorsqu'on expose le sperme à l'air, à la température
' Vauquelin , Ann. de Chim. IX, 65.
1 Ibid. p. 66. 3 Ibid. p. 70.
4 Ibid. p. 71. 5 Ibid.
FLUIDE STERMATIQUE. 58g
d'environ i6° centigrades, il se recouvre peu-à-peu d'une pellicule transparente, et au bout de trois à quatre jours il se dépose de petits cristaux transparens , qui se croisent souvent entre eux de manière à représenter les raies d'une roue. Ces cristaux, vus au microscope, paraissent avoir la forme de prismes à quatre pans , terminés par des pyramides tétraèdres très-allongées. Ou peut les obtenir isolés en décantant la liqueur qui les surnage, après l'avoir étendue d'eau. Ces cristaux ont toutes les propriétés du phosphate de chaux '. Si l'on continue de tenir le sperme exposé à l'air après la formation de ces cristaux, la pellicule qui est à sa surface s'épaissit peu-à-peu, et l'on y aperçoit sur ses différentes parties de petits corps blancs de forme ronde. Ces corps sont aussi du phosphate de chaux, que la séparation trop rapide de l'humidité empêche de cristalliser régulièrement.
Vauquelin reconnut que ioo parties de sperme con-DeUsou(,çtiennent trois parties de phosphate de chaux a. Si à cette époque de l'évaporation, c'est-à-dire à la température cidessus indiquée d'environ 160 centigrades , l'air devient humide, il se forme encore d'autres cristaux qui ont la propriété du carbonate de soude. Le sperme ne se dessèche complètement qu'à la température de a5° centigrades, et lorsque l'air est très- sec ; il a perdu par cette dessication les 0,9 de son poids : le ré.sidu est demi-transparent comme de la corne, et cassant 3.
Lorsque le sperme est gardé dans un air très-humide , à une température de a5° centigrades, il prend une couleur analogue à celle d'un jaune d'oeuf ; sa saveur devient acide , il exhale une odeur de poisson pourri ; et sa surface se recouvre d'une grande quantité de byssus septica de Linné +.
Si l'on chauffe dans un creuset ie sperme desséché , il se Action fond, prend une couleur brune, et répand une fumée jau-ae lachaleurnàtre, ayant l'odeur de la corne brûlée. En poussant le feu , la matière se gonfle, noircit et exhale une forte odeur d'ammoniaque. Si , au moment où cette odeur cesse de se manifester, on lessive la matière avec de l'eau, on peut obtenir une dissolution alcaline , qui fournit par l'évaporation des
» Vauquelin, Aria, de Cliim. IX, G7 et ^3.
? lùid. p. 68. » Lbii. * Ibïd.
cristaux de carbonate de soude. Vauquelin trouva que 100 parties de sperme, contiennent une partie de soude *. Par l'incinération , le résidu ne laisse qu'une certaine quantité de cendre blanche, composée de phosphate de chaux.
Ainsi il paraît que le sperme contient sur 100 parties savoir :
Composition. XiSU go
Mucilage 6
Phosphate de chaux 3
Soude 1
IaI(e II. Fourcroy et Vauquelin publièrent en 1807 2 une
de la carpe, suite d'expériences sur la laite de la carpe, d'où il paraît résulter que la nature et la composition de cette substance diffèrent de toute autre, examinée jusqu'à présent.
La laite de la carpe est, comme ou sait très-bien, d'une couleur blanchâtre, d'une consistance molle, grasse au toucher, et ayant une odeur qui ressemble à celle du poisson. Elle n'est ni acide ni alcaline. Quand on la triture avec de la potasse, elle n'exhale pas d'odeur ammoniacale , et elle forme avec l'alcali un magma épais. Un mélange de trente parties de laite et de six parties de potasse délayés dans une suffisante quantité d'eau, n'a donné à la distillation que des traces d ammoniaque, provenant évidemment d'une petite quantité d'hydrochlorate de potasse, qui existe naturellement dans la laite. Lorsqu'on fait sécher lentement la laite à une douce chaleur, elle perd les 0,75 de son poids, jaunit et devient cassante. Chauffée dans un creuset de platine, elle se ramollit, et se fond ensuite, en exhalant des vapeurs jaunes , ayant l'odeur d'huile animale. Le charbon formé contient une quantité notable d'acide phosphorique libre , avec un peu de phosphate de chaux et de magnésie. Comme l'acide n'existait pas dans la laite, il doit s'être formé pendant sa Contient combustion; d'où il suit que la laite contient une quantité •iP essore. nota]}je jg phosphore, comme partie constituante.
Cent vingt-trois parties de laite fraîche, distillée avec précaution dans une cornue de terre, chauffée par degrés jusqu'au blanc, ont fourni les produits suivans, savoir:
» Vaurjuclin, Ann. de Chim. IX, 75.
» Aua. de Clr.m. LXIV, 5.
BAU DE L'AMNIOS. 5gi
i.oune grande quantité d'eau incolore, tenant en dissolution du carbonate d'ammoniaque, et beaucoup d'hydrocyanate d'ammoniaque; i.° une huile transparente, légèrement jaune; S.° une huile fluide de couleur rouge de sang; 4° une huile épaisse, d'un brun noirâtre; 5.° des cristaux de carbonate et d'hydrocyanate d'ammoniaque ; 6.° une certaine quantité de phosphore; y.° une petite quantité d'acide carbonique et de gaz hydrogène carboné. Le charbon restant dans la cornue, s'élevait à </,5 parties, et il ne contenait point d'acide phosphorique isolé.
Lorsqu'on triture la laite avec de l'eau distillée, on obtient un liquide blanc, opaque, qui ne devient point transparent par la filtration. Si l'on fait bouillir ce liquide, il se coagule une matière albumineuse; et en évaporant suffisamment la liqueur qui reste, elle se prend en gelée, ce qui dénote la
Î)résence de la gélatine. L'alcool mis en digestion sur de la aife, se charge d'une substance qui a les propriétés de savon animal. Par la séparation de cette substance, enlevée par l'alcool à la laite, celle-ci devient sèche et rude au toucher; ce qui prouve que son onctuosité était due à la présence du savon animal.
Il paraît ainsi que la laite contient de l'albumine , de la Partie? gélatine, du phosphore, du phosphate de chaux, du phosphate de magnésie, et de l'hydtochlorate d'ammoniaque.
SECTION XXII
De l'Eau de VAmnios,
Le fœtus, dans la matrice, est enveloppé dans une membrane particulière, à laquelle les anatomistes ont donné le nom A'amnios. Il se trouve dans cette enveloppe un fluide appelé eau de Camnios, qui environne de toutes parts le fœtus. Ce liquide , comme on devait s'y attendre , varie beaucoup dans les divers animaux : au-moins l'eau de l'amnios de femme et celle de vache , qui sont les seules qu'on ait analysées jusqu'à présent, n'ont-elles pas la moindre ressemblance entre elles. Vauquelin et Buuiya ont fait l'analyse de ces deux liqueurs, et le résultat en a été publié dans le 33e. volume des Annales de Chimie.
i. L'eau de l'amnics de la femme est un fluide d'une cou- Eaudei'amnjo»
de i'emme.
constituantes.
Parties constituantes,
leur légèrement laiteuse, d'une odeur douce et fade et d'une saveur un peu salée. La couleur laiteuse de cette liqueur est due à une matière caséiforme qui y est tenue en suspension ; car on peut l'obtenir parfaitement transparente par la filtration \
La pesanteur spécifique de l'eau de 1 amnios de femme est de i,oo5. Elle verdit la teinture de violette, et cependant elle rougit d'une manière sensible la teinture de tournesol. Ces deux propriétés y sembleraient indiquer à-la-fois la présence d'un acide et d'un alcali ; elle écume considérablement par l'agitation. Exposée à la chaleur elle devient opaque, et ressemble alors beaucoup à du lait étendu d'une grande quantité d'eau ; elle exhale en môme temps l'odeur du blanc d'œuf cuit a.
Les acides la rendent plus transparente. Les alcalis en précipitent une matière animale sous forme de petits flocons. L'alcool y occasionne aussi un précipité floconneux , qui , rassemblé et séché , devient transparent et cassant comme de la colle-forte. L'infusion de noix de galle y produit un précipité brun très-abondant , et le nitrate d'argent y occasionne un précipité blanc insoluble dans l'acide nitrique , et qui est , par conséquent , un chlorure d'argent.
La liqueur de l'amnios de femme, évaporée à une douce chaleur , devient légèrement laiteuse. Il se forme à sa surface une pellicule transparente ; elie laisse un résidu dont le poids ne s'élève pas à plus des 0,012 de la masse. En évaporant l'eau de lavage de ce résidu, on obtient des cristaux d'trydrochlorate et de carbonate de soude. Ce qui reste exhale , en le brûlant, une odeur fétide et ammoniacale , à peu-près semblable à celle de la corne brûlée. Les cendres consistent dans une très-petite quantité de carbonate de soude , de phosphate de chaux et de carbonate de chaux 3.
Ces expériences prouvent que l'eau de laninios de femme est composée d'environ ,
Eau 98,8
Albumine, hydrochlorate de soude, )
Soude , phosphate de chaux ^ 1,2
Chaux )
1 Ami. de Chim. XXXlIi, 270.
3 Ibid. p. 271. 3 Ibid. p. 273.
EAU DE l'aMNIOS. 6"<p
Pendant que le fœtus est dans la matrice, il se dépose sur Matière la surface de sa peau, et sur certaines parties de son corps, casé'pU0rs^ dé" une matière caséi forme, qu'on y a souvent trouvée rassemblée sur le fœtus* en quantités considérables. Cette matière se dépose évidemment de la liqueur de l'amnios ; ainsi les connaissances qu'on peut acquérir sur sa nature particulière doivent répandre uu grand jour sur les propriétés et sur l'usage de cette liqueur. C'est à Vauquelin et à Buniva que nous devons l'analyse de cette substance.
La couleur de cette matière est blanche et brillante; elle est douce au toucher , et ressemble beaucoup au savon nouvellement préparé. Elle est insoluble dans l'eau , dans l'alcool et dans les huiles. Les alcalis caustiques en dissolvent une partie , et forment avec elle une espèce de savon. Elle décrépite sur les charbons ardens comme un sel ; ensuite elle se dessèche et noircit en exhalant des vapeurs, qui ont l'odeur d'huile empyreumatique ; elle laisse un résidu difficile à incinérer. Si on la chauffe dans un creuset de platine , elle décrépite, et laisse exsuderune huile. Elle se replie comme la corne, et laisse un résidu composé principalement de carbonate de chaux*.
Il semblerait résulter de ces propriétés que la substance caséiforme diffère de toute autre des parties composantes de la liqueur de l'amnios , et qu'elle a beaucoup de ressemblance avec la graisse. Vauquelin et Buniva ont conjecturé qu'elle se forme aux dépens de la matière albumineuse que contient la liqueur , au moyen de différens changemens qu'elle a éprouvés et qu'où ne connaît pas encore. Ou sait depuis long-temps que les parties d'un fœtus, qui est resté pendant quelque temps dans la matrice après avoir été privé de vie, se convertissent quelquefois en une malière adipeuse. Il est évideut que cette substance, lorsqu'elle s'est déposée sur la peau d fœtus, doit le garantir considérablement de l'action de l'eau de l'amnios.
2. L'eau de l'amnios de la vache est d'une viscosité oui ser ^i,
il i ii i -îi i haudel amnio»
rapproche beaucoup de celle du mucilage de gomme arabique. de la vache> Elle est de couleur rouge brunâtre , ayant une saveur acide et amère, et une odeur particulière, analogue à celle de certains extraits végétaux. Sa pesanreur spécifique est de 1,028.
* Ann. de Chim. XXIII, i-j\.
5f)4 PARTIES DES ANIMAUX.
Elle rougit la teinture de tournesol, et par conséquent elle contient un acide. L'hydrochlorate de barite y forme un pré* cipité très-abondant ; ce qui rend probable qu'elle contient de l'acide sulfurique. L'alcool en sépare, en grande quantité, une matière rougeàtre '.
Lorsqu'on évapore l'eau de l'amnios de vache , il se rassemble a sa surface une écume épaisse, qu'on peut enlever aisément, et dans laquelle on aperçoit des cristaux blancs d'une saveur acide. En continuant l'évaporation , la matière devient épaisse et visqueuse, et prend l'aspect du miel. En traitant cette matière avec de l'alcool bouillant , la liqueur filtrée donne , par le refroidissement, des cristaux aiguillés , brillans, ayant environ 2.5 millimètres de long. On peut obtenir très-promptement un grand nombre de ces cristaux , si après avoir réduit par évaporalion l'eau de l'amnios aux 0,2. 5 île son volume , on la laisse refroidir. Les cristaux peuvent être séparés et purifiés en les lavant avec une petite quantité d'eau froide. Ce sont ces cristaux qui constituent l'acide amniotique"1 .
Si après la séparation de cet acide , on pousse l'évaporation , jusqu'à ce que la liqueur ait acquis une consistance de sirop , il s'y forme de gros cristaux transparens, ayant toutes les propriétés du sulfate de soude. L'eau de l'amnios de la vache contient une grande quantité de ce sel. p-irties II paraît ainsi que l'eau de l'amnios de la vache est com-
posée des principes ci-après :
j. Eau.