Sulfate de soude
La matière animale a les propriétés suivantes : elle est de couleur brune rougeàtre avec une saveur particulière -, elle est très-soluble dans l'eau , mais insoluble dans l'alcool , qui a la propriété de la séparer de l'eau. Exposée à une forte chaleur, cette matière se gonfle, elle répand au commencement une odeur de gomme qui brûle, ensuite celle d'huile empyreumatique et d'ammoniaque -, et à la fin l'odeur d'acide hydrocyanique devient très-sensible. La matière animale dif-
' A1111. dcCliùn. XXXIII, 2;5.
* Ibid. p. 276.
c-iiMituantes.
POISONS ANIMAUX. §g5
fère de la gélatine en ce qu'elle donne de la viscosité à l'eau , qu'elle ne se prend pas en gelée lorsqu'on la concentre , et que le tannin ne la précipite point. Il faut donc la ranger dan» la classe vague et mal déterminée des mucilages animaux. Après sa combustion , cette matière laisse un charbon trèsvolumineux , qui s'incinère facilement, et le peu de cendre qu'il fournit est de couleur blanche. Cette cendre est composée de phosphate de magnésie , et d'une très-petite proportion de phosphate de chaux1.
Le docteur Proust examina l'eau d'amnios retirée de la matrice d'une vache , tuée au commencement de la gestation. Cette liqueur était jaune , son odeur ressemblait à celle du lait nouvellement trait , et sa saveur était analogue à celle du petit-lait récent. Le docteur Proust n'y put découvrir la présence d'acide amniotique ; mais il reconnut qu'elle contenait une quantité notable de sucre de lait. Ses parties constituantes étaient, savoir :
Eau. 977,0
Albumine 2,6
Substances solubles dans l'alcool . . . 16,6 Substancessolublesdansreau,princi-j
paiement du sulfate de soude et au-j> 3,8
très sels, et aussi du sucre de lait.
La portion soluble dans l'alcool consistait en partie dans des lactates , mais principalement dans une substance particulière , ayant extérieurement une très-grande ressemblance avec les parties brunes extérieures de veau rôti.
SECTION XXIII
Des Poisons animaux.
Il existe dans plusieurs animaux des sucs liquides de nature vénéneuse , qui, lorsqu'ils sont versés sur des blessures fraîcbement faites , occasionnent la maladie ou la mort de l'animal blessé. On peut citer comme exemples oanimaux semblables , les serpens , les abeilles , les scorpions et les
« Ann. de Chim. XXXIII, 278.
» Anmlsof Pbuloscphv, Y. \\C.
araignées. Les propriétés chimiques de ces liquides vénéneux méritent une attention particulière ; parce que ce n'est qu'en connaissant bien leur nature qu'on peut espérer de parvenir à expliquer les changemens funestes qu'ils produisent sur l'économie animale , ou à découvrir un antidote assez puissant pour délruire leur influence mortelle. Malheureusement cette tâche est difficile, et peut-être même au-dessus de nos moyens chimiques. On doit aux recherches de Fontana presque tout ce qu'on sait aujourd'hui sur cette matière*,
* Il y a lieu de croire que le docteur Thomson ne connaissait pas le Traité survies Poisons tirés des règnes minéral , végétal et animal) ou Toxicologie générale, par M. Orfila. docteur-médecin de la faculté de Paris, professeur de chimie, de physique et de médecine légale, etc.
Dans cet excellent ouvrage , qui a eu l'approbation de l'Académie des Sciences, et qui ayant été publié au commencement de 1816, a été traduit dans plusieurs langues, et en est déjà depuis quelque temps en France à sa seconde édition , M. Orfila range tous les poisons en six grandes classes, dont il traite dans l'ordre qui suit» savoir :