‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 182 sur 228 · V. Concrétions des Goutteux · texte numérisé non relu

V. Concrétions des Goutteux

On sait qu'il se forme accidentellement des concrétions dans les articulations des personnes sujettes depuis longtemps à la goutte. Ces concrétions , à raison de leur couleur et de leur consistance molle , ont reçu le nom de pierres pierre? craieuses , ou de concrétions arthritiques. Elles sout ordi- cra'^"i;j"'n nairement petites, quoiqu'on en ait observé qui étaient de la arthritique», grosseur d'un œuf*. Les médecins avaient été pendant longtemps dans l'opinion que ces concrétions étaient semblables aux calculs urinaircs ; de sorte , qu'après la découverte de l'acide urique par Schéele, on les considérait ordinairement comme des amas de cet acide. Le docteur Wollaston les Consistât soumit, en 1797 , à l'analyse chimique ; il les trouva formés en ura!e u d'acide urique et de soude.

Les concrétions arthritiques sont molles et friables. L'eau froide a peu d'action sur elles; mais l'eau bouillante en dissout une petite portion. Si l'on ajoute un acide à cette dissolution , il se dépose sur les parois du vase de petits cristaux d'acide urique.

Ces concrétions se dissolvent complètement dans la potasse à l'aide de la chaleur.

Lorsqu'on les traite avec l'acide sulfurique étendu, ou avec l'acide hydrochlorique , la soude est dissoute ; mais l'acide urique reste dans la liqueur, dont on peut le séparer par le filtre. En évaporant ensuite la dissolution filtrée, il s'y forme des cristaux de sulfate ou d'hydrochlorate de soude, selon l'acide employé. Le résidu a tous les caractères de l'acide urique. Par la distillation , il fournit de l'ammoniaque, de l'acide hydrocyanique, et l'acide sublimé de Schéele. Lorsqu'on le dissout dans un peu d'acide nitrique, il donne à la peau une teinte rose , et il laisse, par levaporation, un résidu déliquescent de la même couleur. Il est soluble dans la potasse, et il peut en être précipité par un acide, et par

* Severinus.

l'ammoniaque , d'abord à l'état d'une gelée, qu'on peut réduire alors à en une poudre blanche. v

En triturant ensemble de l'acide urique , de la soude et un peu d'eau chaude , il se forme une masse qui , après avoir été lavée pour séparer l'excès de soude, a toutes les propriétés chimiques des concrétions des goutteux*.

SECTION XXIX

Des Sécrétions morbifïques.

Dans les différentes maladies auxquelles le corps animal est sujet, il se manifeste des fluides divers qui n'existaient pas auparavant, au-moins sous la forme qu'ils affectent alors. Dans l'hydropisie , par exemple, la substance cellulaire, et fréquemment aussi les cavités de la tête , de la poitrine ou Diverses. ^e l'abdomen , se remplissent d'un liquide blanchâtre. Lorsque , par l'irritation , quelque partie de la peau s'élève en cloche, l'intervalle entre le derme et l'épidémie se remplit d'un fluide transparent : et lorsqu'il se fait une plaie à quelque partie des muscles ou de la peau, l'ulcère se recouvre promptement d'une matière épaisse, connue sous le nom de pus. Il exsude des cancers et des os cariés une sanie claire. La connaissance chimique de la nature de ces sécrétions serait sans doute d'un grand avantage pour les physiologistes et les médecins : malheureusement on ne peut donner jusqu'à présent que peu de notions précises sur ces fluides -, et néanmoins , il nous paraît convenable d'offrir ici l'exposé des observations qui ont été faites à ce sujet.

/. Pus.

Le liquide qu'on appelle pus , se forme à la surface d'une partie enflammée ; et ordinairement il modère , et termine l'inflammation. Il se présente sous diverses apparences suivant l'état de l'ulcère. Lorsqu'il en indique la guérison , on le nomme pus sain ou bien conditionné. Ce liquide a les propriétés suivantes.

Il est d'une couleur blanche jaunâtre, et de la consisdfpuifi. tance de crème. Il est insipide, et n'a pas d'odeur lorsqu'il

* Wollaston's Analysis. Fhil. Traus. 1797.

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