‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 189 sur 228 · DIGESTION. C · texte numérisé non relu

DIGESTION. C

formation était due à la fermentation putride; mais ils étaient en trop petit nombre, comparativement à ceux qui adoptaient l'autre opinion.

Nos idées sur la fermentation sont actuellement un peu plus précises. On entend désigner par cette expression une décomposition lente , qui a lieu lorsqu'on mêle ensemble , à une température déterminée , certaines substances animales ou végétales , et la production qui s'ensuit de composés particuliers. Si donc la conversion de la matière ^5 alimentaire en chyme est due à la fermentation , il est évident qu'elle est entièrement indépendante de l'estomac, autrement que comme fournissant la température; et qu'alors Mais l'aliment serait converti en chyme exactement de la même «insfouOemest manière, si on le réduisait au même état de consistance, et qu'on l'exposât hors du corps à la même température. Mais c'est ce qui n'a pas lieu ; car les mêmes substances , qui se réduisent eu chyme en très-peu de temps dans l'estomac, resteraient hors du corps pendant des semaines à la même température sans éprouver d'altération. C'est ce qui arrive à } égard des os , qui , suivant les expériences de Stévens et Spallanzani , se digèrent très-promptement dans l'estomac du chien. Il y a plus, si la conversion de l'aliment en chyme était due à la fermentation, elle devrait s'effectuer tout aussi bien dans l'œsophage que dans l'estomac. Or, il a été observé il y a long-temps par Ray et par Boyle , que lorsque les poissons voraces avaient avalé des animaux trop gros pour être contenus dans leur estomac , la portion seule qui y avait pu entrer était convertie en chyme , tandis que celle arrêtée dans l'œsophage restait entière. Ce fait a été pleinement confirmé par des observations subséquentes.

Mais en outre , quel que fut l'état de santé ou de maladie de l'estomac, cette conversion devrait toujours s'y faire également bien , pourvu que la température fût la même , si elle était due à la fermentation ; mais il est bien connu qu'il n'en est pas ainsi , et que la formalion du chyme dépend essentiellement de l'état de l'estomac. Lorsque cet organe souffre , la digestion se fait constamment mal. Daus ces cas, en effet, la fermentation se manifeste quelquefois et produit des flatuosités , des éructations acides, etc., qui sont des symptômes évidens d'indigestion. Ces faits, connus depuis longtemps, ne peuvent se concilier avec l'hypothèse, que la

formation du chyme soit due à la fermentation. Aussi cette opinion a-t-elle été abandonnée depuis quelque-temps, par tous ceux qui , à la fin, ont pris la peine d'examiner le sujet.

Due àiaction On doit alors attribuer la formation du chyme à l'estomac;

„jc jjïrique. et l'on a dû conclure des expériences de Stévens , de Réau-

mur, de Spallanzani , de Scopoli , de Brugnatelli , de Car-

minati , etc. , que cette formation résulte de l'action d'un

liquide particulier , sécrété par l'estomac , et qu'on appelle

^jpar cette raison suc gastrique.

Il est bien évident , en effet , que la formation du chyme est due à l'action d'un liquide; car si l'on met des substances alimentaires dans des tubes exactement fermés, elles sortent de l'estomac sans d'autre altération que celle qu'elles auraient subie à la même température hors du corps; mais si les tubes sont percés de petits trous, les alimens se convertissent en chyme.

Nature du suc Le suc gastrique n'agit pas indistinctement sur toutes les e2>i«q.ie. substances ; car si l'on met des grains de blé dans un tube percé , et qu'on les fasse avaler à un oiseau granivore , le blé restera le temps ordinaire dans l'estomac sans altération ; tandis que si on enlève préalablement l'enveloppe du grain, tout se convertira en chyme. On sait aussi que beaucoup de substances passent à travers les intestins des animaux sans éprouver aucun changement ; le suc gastrique n'a donc aucune action sur elles. C'est ce qui arrive souvent à l'égard des graines d'avoine, avalées par les chevaux avec leurs enveloppes. C'est le cas aussi avec des pépins de pomme, etc., que l'homme avale tout entiers; et cependant, ces mêmes substances se digèrent , si elles ont été préalablement et suffisamment broyées par les dents. 11 paraît donc que c'est principalement l'enveloppe de ces substances qui résiste à l'action du suc gastrique. On voit aussi que la trituration facilite beaucoup la conversion des alimens en chyme.

Le suc gastrique n'est pas le même dans tous les animaux; car il en est beaucoup qui ne peuvent digérer les substances dont d'autres se nourrissent. Le conium maculatum ( ciguë ), par exemple, est, pris comme aliment, un poison pour l'homme , et cependant la chèvre le broute souvent impunément. Plusieurs animaux , tel que le mouton , se nourrissent entièrement de végétaux; et si on leur faisait manger de là ""ix, leurs estomacs ne pourraient la digérer:

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