VII. Tannin artificiel
Ce tannin lui-même peut être considéré comme se rapprochant du principe amer dans beaucoup de ses propriétés. Sa saveur est toujours excessivement amère, et la couleur des précipités qu'il occasionne dans les dissolutions des métaux, est semblable à celle des précipités qui ont lieu lorsque le principe amer artificiel est présent. Il est possible à-lavérité que la saveur amère ne soit pas due au tanuin, mais à une portion du principe amer artificiel qui peut toujours se former en même-temps que le tannin ; mais on n'a pas acquis la certitude de ce fait. On sait que la saveur amère est si forte , qu'elle prédomine et masque facilement toutes les autres.
SECTION X
De la Nicotine.
Cette substance existe dans les feuilles du nicotiana latifolia ou tabac , et c'est elle qui donne à cette plante ses propriétés particulières. Elle fut obtenue , en 1 809 , par Vauquelin , à qui nous devons tous les faits jusqu'à présent connus, qui la concernent3. On peut l'extraire du suc des feuilles de tabac, préparation. Après avoir évaporé le suc jusqu'aux o,s5 de son volume, on le laisse refroidir. Il se dépose une assez grande quantité de malate de chaux sous la forme d'une poudre graveleuse.
* Weltlier, Fourcrny et Vnuquclin.
» Hatchett, Phil. Traus. i8o5.
* Ann, deChim. LXXI , i3o.
NICOTINE, EXTRACTIF. 67
Cette matière étant séparée , on continue de concentrer le liquide jusqu'à ce qu'il ne fournisse plus aucune substance saline. Lorsqu'il est tellement épai'si qu'il ne puis;e plus laisser déposer de molécules salines , on le fait digérer dans de l'alcool, qui se chargera des acides malique et acéLquer.oncombinés qu'il contient, de la nicotine, et d'une portion d'hydrochlorate d'ammoniaque. Alors, après avoir distillé J'alcool dans une cornue, on concentre presque jusqu'à siccité la matière résidu , en prenant les soins convenables pour ne pas l'altérer par l'application d'une chaleur trop forte. On traite une secondeibis le résidu avec de l'alcool très-défleg né, afin deséparer une portion de matière animale qui avait été dissoute dans le premier traitement à l'alcool, à la faveur d'un peu d'eau présente. On distille cette seconde portion d'alcool, et après avoir dissous le résidu dans l'eau, ou sature avec de la potasse les acides malique et acétique; alors on distille la liqueur aqueuse jusqu'à siccité. L'eau qu'on obtient, quoiqu'il colore , contient une certaine quantité de nicotine en dissolution. En dissolvant dans l'eau le résidu de la distillation , et en distillant une seconde fois, on peut obtenir une nouvelle quantité de nicotine} et en procédant ainsi un nombre -le fois suffisant , on peut avoir la totalité de la nicotiue en dissolution dans l'eau. Par une évaporation, conduite avec beaucoup de précaution , on sépare l'eau , et la nicotine s'obtient à l'état de pureté.
Cette substance est incolore. Elle a une saveur acre et l'odeur particulière qui distingue le tabac ; elle occasionne un violent éternuement; elle est soluble dans l'eau et dans l'alcool. Ses dissolutions, dans l'un et l'autre de ces liquides, sont incolores, et elles se distinguent parla saveur particulière et l'odeur de nicotine.
La nicotine est précipitée de ses dissolutions par la teinture de noix de galle. Elle est volatile et vénéneuse. Suivant Vauquelin , elle se rapproche, par ses propriétés, des huiles volatiles.
SECTION XI
De l'Extractif.
Le mot extrait fut d'abord appliqué à toutes celles des Hut-à* substances qu'on séparait des plantes par le moyen de l'eau a
Propriéto»;
et qui, après levaporation de cette eau, restaient à letat de masse sèche ; et par conséquent la signiGcation de ce terme comprenait la gomme, la gelée et plusieurs autres corps. Mais cette dénomination a été depuis restreinte à une substance supposée exister dans beaucoup de plantes , et qu'on peut obtenir passablement pure , suivant les expériences de Schrader, de l'écorce du cincbona officinalis. Mais comme le mot extrait est employé , même par les auteurs modernes, dans sa première acception , pour éviter toute ambiguïté, je distinguerai cette substance en l'appelant principe extractif.
incertitude. La difQculté d'obtenir le principe extractif isolé , et sa disposition à s'altérer promptement dans sa nature , ont jusqu'ici empêché les chimistes de l'examiner avec l'attention • que son importance réclame. Rouelle est le premier qui s'en soit particulièrement occupé ; mais c'est principalement à Fourcroy et à Vauqueliu que nous devons la connaissance de ses caractères. La dissertation de Vauquelin, insérée dans le Journal de Pharmacie, est la meilleure description du principe extractif qui ait paru jusqu'ici. Schrader publia, aussi dans ses dissertations sur Yextractif, beaucoup de faits intéressans et d'observations curieuses'. Mais malheureusement les chimistes n'ont pas toujours pris ce terme dans le même sens. Parmentier , par exemple , a publié une dissertation sur les extraits des végétaux , considérés dans le sens vague et général du mot. Elle contient toutefois beaucoup de faits importans \
Il ne peut y avoir, je pense, aucun doute que sous la dénomination à'cxtractif^ les chimistes n'aient confondu ensemble , jusqu'à présent , beaucoup de principes végétaux différens. J'en ai distingué quelques-uns, tels que Vulmine et la polychroïte, etc., par des noms particuliers; et peutêtre ce qu'il v aurait de mieux à faire , serait d'abandonner entièrement le terme extractif. Mais dans l'état d obscurité où cette partie de la chimie végétale continue d'être, je ne veux poin' me dispenser de présenter les faits rassemblés dans cette section, parce que, quoiqu'imparfaits , et probablement en partie inexacts , ils pourront cependant être utiles
> Geblcrj'fi Journ. Sec>nrt Séries, Y1II , 5{S; et Schwcigger's Journ IX ', i 3 ) » Atm. de Gnina. XLIH , 19.
EXTRACTIF. 69
à ceux qui se livreraient à des recherches sur ce sujet. Le principe extractifa les propriétés suivantes:
1. II est soluble dans leau , et la dissolution est toujours Propriété, colorée. Par l'évaporation lente de l'eau, on obtient la matière extractive , solide et transparente. Mais si l'évapo-
ralion est rapide, la matière est opaque.
2. La saveur du principe extractif est toujours forte; mais cette saveur varie beaucoup selon la plante d'où ou l'obtient.
3. Le principe extractif est insoluble dans l'alcool absolu et dans l'éther ; mais il se dissout dans 1 alcool, lorsquil contient de l'eau.
4- Far des dissolutions et des évapeations répétées , la matière extractive acquiert une couleur plus foncée et devient insoluble dans l'eau. On attribue ce changement à 1 oxigène pour lequel le principe extractifa une forte alfinité et qu'il prend à 1 atmosphère. Si l'on expose la dissolution à l'air , et qu'on l'abandonne à elle-même, l'extrait y éprouve bientôt une espèce de putréfaction par l'effet de laquelle il est entièrement détruit.
5. Lorsqu'on verse du chlore clans une dissolution qui contient le principe extractif, il se forme un précipité jaune foncé très-abondaut , et le liquide conserve une couleur légèrement citrine. Ce précipité floconneux est considéré comme étant Y "extractif o>igéné : il est alors insoluble dans l'eau; mais l'alcool chaud peut le dissoudre.
6. Le principe extractif s'unit à l'alumine , et forme avec cette substance un composé insoluble. Ainsi, en mêlant du sullate ou de Thydrochlorate d'alumine avec une dissolution d'extractif, il se manifeste dans la liqueur un précipité floconneux insoluble , au - moins lorsqu'on la fait bouillir. Mais'Sil y a excès d'acide , le précipité ne paraît pas toujours.
7. Le principe extractif est précipité de l'eau par l'acide sulfurique concentré, par l'acide hydrochlorique , et probablement par plusieurs autres acides. Si on fait l'expérience avec l'acide sulfurique, il se dégage des vapeurs de vinaigre qui généralement deviennent sensibles.
8. Les alcalis s'unissent facilement avec l'extractif , et cette uuion forme~des combinaisons insolubles dans l'eau.
Q. La plupart des oxides métalliques forment avec l'extrac-
yO PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES.
fil* des combinaisons insolubles. C'est par cette raison que beaucoup de ces oxydes, lorsqu'on 1 s verse dans sa dissolution, peuvent Jje séparer de l'eau -, c'est par la même raison aussi, que les sels métalliques précipitent !e plus souvent le principe extractif. L'hydrochlorate d'étain a éminemment cette propriété. îi précipite l'extractif en une poudre brune parfaitement insoluble, composée de i'oxide détain et de matière végétale.
10. Si l'on imprègne d'alun de la laine, du coton ou du fil, et que, dans cet état, on les plonge dans une dissolution d'exti-aclif , ces substances se teignent en un brun fauve et le liquide perd beaucoup de sa matière extractïve. Cette couleur est permanente. Si au -lieu d'alun on emploie l'hydrocblorae d'étain, le même effet est produit; mais il serait encore plus complet, si après avoir trempé le drap dans du chlore, on le plongeait ensuite dans l'infusion d extractif. On voit ainsi que la matière extractive n'a besoin d'aucun autre mordant quei'oxigène pour la fixer sur le drap.
il. L'extractif fournit à la distillation un liquide acide imprégné d'ammoniaque *.
Ou ne saurait douter qu'il n'y ait plusieurs espèces de matières extractives, quoique la difficulté d'obtenir chacune d'elles isolément, ait empêché les chimistes de rechercher d'une manière précise leur nature. On se procure ordinairement des extraits en traitant avec l'eau la substance végétale dont on cherche à les retirer, et en évaporant en- ^■exu-*iu! Slute ^1UtlT,ent la liqueur jusqu'à siccité. Tous extraits ainsi obtenus, ont une saveur acide et rougissent l'infusion de tournesol. En les mêlant avec l'ammoniaque, lorsqu'ils sont liquides, ils donnent tous un précipité qui est une combinaison de chaux et d'extractif insoluble. La chaux leur fait toujours exhaler l'odeur d'ammoniaque. On a. reconnu que le principe extractif est plus abondant dans les plantes qui sont parvenues à leur maturité , que dans les jeunes plantes. Les extraits de végétaux que les pharmaciens préparent pour l'usage de la médecine, contiennent toujours, outre le principe extractif, d'autres corps, souvent au nombre de huit et même davantage. La plupart de ces extraits u'ont été que très-imparfaitement examinés. Aussi me bornerai-je ,
* Vauquelin.
IXTRACTIF. 7I
pour le moment, à désigner quelques-unes de celles des substances végétales dans lesquelles on a reconnu l'existence du principe extractif , et à établir leurs parties constituantes, d'après les analyses qui en ont été faites.
Le principe extractif est une partie constituante ordinaire Extracè,i.^ de u de la sève des arbres ; et en effet, Deyeux et Vauquelin l'ont trouvé dans presque toutes celles qu'ils ont examinées. Il se dépose ordinairement lorsqu'on mêle la sève avec du chlore, et il se précipite en flocons bruns lorsqu'on évapore la sève au bain de sable. \
1 2. Le principe extractif forme aussi une partie consti- Dt i*é«w*% tuante de l'écorce de tous les arbres qui ont été examinés jusqu'ici. Davy l'a trouvé dans toutes les écorces qu'il a soumises à l'analyse, notamment dans les écorces du chêne , du saule de Leicester, du châtaigner d'Espagne, de l'orme, du saule commun, et il existe sans doute dans toutes les écorces qui ont une saveur astringente ; car il ne paraît pas qu'on ait à peine jamais trouvé le tannin et l'extractif séparés l'un de l'autre.
j3. L'infusion de cachou contient un principe extractif uni Du caches, principalement à du tannin. On peut l'obtenir à l'état de pureté, eu lavant à plusieurs reprises le cachou en poudre avec de l'eau, jusqu'à ce que les liquides obtenus cessent de précipiter la gélatine ; car ce qui reste est de l'extractif. Il est d'un brun rougeâtre pâle, et d'une saveur légèrement astringente, laissant dans la bouche un goût douceâtre; il n'a pas d'odeur. Sa dissolution dans l'eau est d'abord d'un brun jaune-, mais par son exposition à l'air, elle acquiert une teinte de rouge. La dissolution dans l'alcool est d'un brun sale. Elle n'affecte pas les couleurs bleues végétales. Les alcalis éclairassent sa couleur; mais ni les alcalis, ni les terres alcalines ne précipitent le principe extractif de l'eau. Le nitrate d'alumine et dlivdrochlorate d'étain rendent la dissolution légèrement trouble. Le nitrate de plomb y produit un précipité dense, d'un brun clair. Ce principe verdit le sulfate de peroxide de fer , et occasionne un précipité vert, qui devient noir par son exposition à l'air. La toile, lorsqu'on la fait bouillir dans la dissolution, enlève presque tout l'extractif, et acquiert une couleur d'un rouge brun clair. Lorsqu'on expose ce principe extractif à la chaleur, il se ramollit , et sa couleur devient plus foncée ; mais il ne fond
Jl PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES.
pas. À la distillation, il fournit du gaz acide carbonique, du gaz hydrogène carboné, de l'acide acétique faible, et un peu d'extraetif sans altération. Il reste un charbon poreux1. Duiéné. i4- L'infusion de séné contient une matière d'une nature très-particulière, qui peut être considérée comme une espèce ftextractif. Le séné du commerce consiste dans les feuilles desséchées du cassia serina^ arbrisseau annuel qu'on cultive en Egypte. L'eau , à la température ordinaire de l'atmosphère, dissout à-peu près la moitié de la substance de ces feuilles. L'infusion qu'on obtient a une couleur brune, une saveur amère , et une odeur aromatique particulière. Le séné contient une proportion considérable de carbonate de chaux, du sulfate de potasse et du carbonate de magnésie, et en outre un peu de silice; mais la plus remarquable de ses parties constituantes, est l'extractif. Si l'on fait passer pendant quelques heures de l'air atmosphérique à travers l'infusion, il s'y manifeste mi précipité jaune. La même substance est précipitée immédiatement par l'acide hydrochlorique et - par le chlore. Le précipité a également lieu, en faisant passer à travers l'infusion un courant de vapeur de chlore. Cette substance est l'extractif altéré par sa combinaison avec l'oxigène. Il aune saveur légèrement amère ; il u est plus soluble dans l'eau ; l'alcool le dissout; mais lorsqu'il est étendu d'eau, il le laisse précipiter. Les alcalis le dissolvent, et la dissolution est d'une couleur brune foncée ; mis sur des charbons ardens, il donne une fumée épaisse, il exhale une odeur aromatique, et laisse un charbon spongieux. Ces propriétés indiquent qu'il se ra proche beaucoup de l'état résineux2. Eu imnrjuina. i 5. L'infusion d'écorce du Pérou fournit aussi une matière extraclive dune nature particulière , qui , lorsqu'elle est unie à l'oxigène, prend nue. belle couleur rouge, et acquiert, comme l'extractif du séné, àpeu-près les propriétés d'une résine. Fourcrov obtint o,:tte matière exlraetive du quinquina de St.-i.)omingne. Il évapora lentement i'e.'îi.; dans laquelle il S'avait fait bouillir jusqu'à ce qu'elle eût refusé iVvn prendre davant .i-f, et il fit dissoudre dans l'alcool l'extrait ainsi obtenu. L'alcool déposa par évaporation l'extractif particulier. Sa couleur était brune, et Sa saveur amère; il était insoluble
• Tbvy's wW¥Ing'ctft:V\gètabl'^ p. &S.
» ttouilloi.-Lagiaii^c , Ami. île Chim XXIV, 4-
ÉMÉTINE. y3
clans l'eau froide, mais se dissolvait très- facilement dans l'eau chaude. 11 était soluble dans l'alcool. A l'jétat sec, il était noir et fragile ; il pré- entait, étant rompu, une cassure polie. L'eau de chaux le précipitait en une poudre rouge ; le chlore, à l'état d'une poudre d'un beau rouge , qui n'était soluble ni dans l'eau, ni dans l'alcool, tuais qui était susceptible de s'unir avec les alcalis. Une plus forte dose de chlore le rendait jaune'.
16. Steinacher a f.iit voir que le vinaigre distillé contient une certaine quantité d'extracUi'.
La ressemblance qui existe entre les substances extraclives et la matière colorante des plantes est assez frappante. 11 est très-probable' que lorsque les chimistes les auront examinées avec plus de précisiou, ils trouveront qu'elles appartiennent à la même classe.
SECTION XII
De l'Emétine.
Cette substance remarquable fut extraite de l'ipécacuanha par MM. Mageuclie et Pelletier, qui lui donnèrent le nom (XEniétine , parce qu'elle constitue, dans cette racine, la matière vomitive.
Four l'obtenir, ils faisaient digérer de l'ipécacuanha, d'à- Préparation bord, d.ms de l'éther sulfurique, et ensuite dans de l'alcool. La dissolution alcoolique était évaporée à siccité ; et après, avoir redissous le résidu dans l'eau, ils versaient dans la liqueur de l'acétate de plomb : il se produisait un précipité abondant qui , après avoir été édulcoré et délayé avec de l'eau , était soumis à l'action d'un courant de gaz acide hydrosulfm ique. Le plomb se précipitait à l'état de sulfure, et i éinétine restait en dissolution dans l'eau. En filtrant alors la liqueur, et en l'évaporant à siccité , le résidu consistait dans lémétine à i'état de pureté. Celte substauce, ainsi obtenue , a les propriétés suivantes.
Elle est, sous la forme d'écaillés transparentes, d'un rouge propriéié$. brunâtre ; elle n'a pas d'odeur. Sa saveur est amère et un peu acre, mais nullement nauséabonde. Elle n'est point altérée
1 Fourcroy, Ann. dcCliim, VIII, 120.
* Joute, de Pbys. LXV, 327.
par la chaleur, à une température inférieure à celle de l'eau bouillante. A. une chaleur supérieure , elle ne fond pa> , mais elle se boursouffle , noircit et se décompose. Les produits de cette décomposition sont de l'eau , du gaz acide carbonique , un peu d'huile et de l'acide acétique ; il reste nu charbon très-léger et très-spongieux. On ne peut découvrir dans ces produits aucune trace d'ammoniaque, ce qui indique que l'azote n'entre point dans la composition de l'émétine.
L'émétine , exposée à l'air, n'éprouve aucun changement, à moins que l'air ne soit très-humide ; dans ce cas, elle s'humecte. L'eau la dissout très-facilement, mais ou ne peut la faire cristalliser. Elle se dissout aussi dans l'alcool , mais elle est insoluble dans l'éther sulfurique.
L'acide sulfurique, lorsqu'il est étendu, n'exerce aucune action sur l'émétine-, mais cet acide concentré la charbonne et la détruit. L'acide nitrique , soit à froid , soit à chaud , la dissout, et la dissolution est d'une belle couleur rouge. Cette couleur passe par degrés au jaune; il se dégage en mêmetemps des vapeurs nitreuscs; il se forme des cristaux d'acide oxalique, mais il n'y a point de principe amer jaune produit. Les acides hydrochlorique et phosphorique dissolvent la matière vomitive sans l'altérer : on la sépare de ces acides en les saturant avec un alcali. L'acide acétique est un des meilleurs dissolvans de cette matière. L'acide gallique, au contraire , versé dans sa dissolution, y produit un précipité d'un blanc sale. La matière vomitive est également précipitée par l'infusion de noix de galle, et l'infusion de quinquina donne lieu à un léger précipité.
Les alcalis dissolvent le composé de matière vomitive et d'acide gallique, qui constitue le précipite produit par l'infusion de noix de calle. L'iode versé dans une teinture alcoolique de la matière vomitive y donne lieu à un précipité rouge , qui est une combinaison de cette matière et d'iode.
L'acétate de plomb forme un précipité abondant dans la dissolution de la matière vomitive. Le nitrate de protoxide de mercure y produit par degrés un léger précipité. Le perchlorure de ce métal occasionne un précipité plus abondant. Le tartrate autimonié de potasse n'a aucune action quelconque sur la matière vomitive.
Aucune des matières végétales et animales , soumises à l'expérience par MM. Magendie et Pelletier, n'a d'action sur la matière vomitive.