‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 22 sur 228 · MORPHINE · texte numérisé non relu

MORPHINE

L'émétine, donnée par MM. Magcndie et Pelletier, à la dose de 27 nulligram., a un chat, excita chez cet animal des vomisseraens violens, qui furent suivis d'assoupissement, et l'animal se réveilla en état de santé- 6.^6, ou même 018 milligram. d'émétine qu'ils firent prendre à un chien , produisireut de même le vomis>emeat, puis l'assoupissement ; mais au-lieu d'en sortir avec les apparences de la santé, I animal mourut. Ujûç inflammation violente des poumons et du canal intestinal paraissent être, dans ce cas, la cause prochaine de la mort '.

SECTION xnr.

De la Morphine.

M. Derosne, pharmacien à Paris, publia cd i8o.3, une ana- H.stoi Jyse de \npium , en y annonçant la présence d'une matière particulière crislailisahle, à laquelle cetle substance doit ses propriétés narcotiques*. En i8oô,M. Serturner, pharmacien à Huniiech, dans le royaume de Hanovre, fit connaître les résultats de ses travaux sur la même substance3; mais ces résultats différaient tellementde ceux obtenus par M. Derosne, que dès-lors toute confiance des chimistes dans les expériences de l'un et de l'autre fut détruite. Cependant Serturner, qui, loin d'avoir perdu de vue lesujet, l'avait examiné avec plus de soin depuis son premier mémoire, publia en 1817, une nouvelle suite d'expériences t , dans laquelle il expose le moyen de séparer de l'opium une substance particulière, à laquelle il a donné le nom de morphine. C'est à cette substance que l'opium doit les propriétés qui le caractérisent ; et suivant Serturner, le principe narcotique de Derosne est un composé de morphine, et d'un acide particulier contenu dans» l'opium. MaisRobiquet a l'ait voir que cette opinion n'est pas fondée5. Les expériences de Serturner ont été répétées et vérifiées ,

* Atin. de Chim. et Phys. IV, 172.

* Ann. de Chim. XLV, i5~.

3 Tromsdorf s Journ. XIV, 4?«

* Gilbert" s Armalen , IV, 67.

$ Ana. de Chim. etPbjs. V, 275.

j6 PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES.

tant en France qu'en Angleterre : de sorte qu'on peut considérer l'existence et les propriétés de la morphine , comme bien établies.

La morphine, selon Serturner, se trouve dans l'opium, à l'état de combinaison avec un acide particulier, qu'il appelle acide méconique* . Son procédé pour se procurer la- mor-

Fréparaiion. phine est ainsi qu'il suit: après avoir traité 8 parties d'opium pulvérisé avec 2 ou 3 parties d'acide acétique concentré et un peu d'eau , de manière à mettre le tout en consistance de pâte molle ou de bouillie , on l'étend avec un litre ou deux d'eau, et on passe à travers un linge. Le résidu peut être lavé avec un peu d'eau, et passé une seconde fois. Le liquide ainsi obtenu est peu coloré ; il contient de l'acétate et du méconate de morphine, un peu de morphine combinée avec de l'extractif, et de la morphine libre. En versant dans la liqueur de l'ammoniaque caustique , il s'y forme un précipité abondant de morphine , et il s'en produit uue nouvelle quantité par l'évaporation du liquide, au quart ou au cinquième de son volume. Cette morphine n'est pas encore entièrement dépouillée d'extractif. Après l'avoir réduite en poudre fine, Serturner la faisait digérer avec une petite quantité d'alcool. Ce liquide acquérait uue couleur foncée, et la morphine restait à peu-près sans couleur à l'état de très grande pureté. Elle a , ét:ut ainsi préparée, les propriétés suivantes , savoir :

Propriété». Elie est incolore , soluble , en petite quantité seulement , da'is i ' viu bouillante ; mais très-soluble dans l'alcool et dans . . -es dissolu! ions sout d'une saveur très-amère, et l'on » ., p ut obtenir la morphine en cristaux. La forme de ces ». '.rjalat-x estune pyramidecourte à quatre faces, dont la base est un carré ou un rectangle ; quelquefois deux de ces pyramides sout appliquées, base à base, constituant un octaèdre. La dissolution de morphine brunit le papier de curcuma , rétablit la couleur bleue du papier de tournesol rougi par du vinaigre, et ces effets ne sout pas dûs à la présence d'ammoniaque -, d'où il suit évidemment que la morphine agil à la manière d'un alcali.

Cette substance se combine facilement avec les différens

* Serturner n'a pas donné une description suffisamment déuu'lk'e de cet acide, pour nous mettre en état rrappr'ê'ciër sa nature et ses propriétés. Son nom dériyc évidemment de ^1,1, ^avot.

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