ACIDES NOUVELLEMENT DÉCOUVERTS
miné les propriétés , ne s'effleurit à l'air, ne précipite l'eau de chaux , et ne donne lieu à formation de précipités blancs dans les dissolutions de plomb et d'argent, comme l'acide de JM. Brugnatelli.
Ils ne sont point précipités de leurs combinaisons salines par l'acide- sulfurique, ni par aucun autre-, ils n'ont point la couleur de la crème, et ne sont point insolubles dans l'eau, comme l'acide du docteur Prout.
M. Vauquelin croit pouvoir attribuer ces différences, à ce que les deux chimistes n'ont obtenu, ni l'un ni l'autre, leur acide à l'état de pureté. Ils ont toujours eu uu mélange des deux acides trouvés par lui , mélange, accompagné tantôt d'oxalate d'ammoniaque , et tantôt d 'hydrochlorate de cette base. Ce n'est, en effet, que dans cette supposition qu'il lui serait possible d'expliquer les résultats des expériences de M. Brugnatelli et du docteur Prout.
M. Vauquelin termine cet important travail sur l'acide purpurique , par exprimer qu'il lui reste cependant quelque doute sur l'existence des deux acides qu'il a reconnus. Il pense qu'il se pourrait qu'il n'y en eût véritablement qu'un seul , dont les propriétés seraient modifiées par une matière colorante développée en même-temps par l'action, sur l'acide urique, des agens dont il a été question. Cette couleur, en effet, se détruit radicalement, sans que l'acidité du corps qui en est revêtu paraisse diminuer; et si cette couleur était essentielle à l'acide, sa destruction entraînerait nécessairement celle de l'acide lui-même ; à moins, cependant, que la couleur ne fût aussi un acide très-destructible, combiné avec l'acide incolore; alors sa décomposition ne diminuerait point la force de l'acidité, mais seulement la masse de l'acide. Dans cette supposition , ce serait la matière colorante qui donnerait à l'acide la faculté de précipiter les dissolutions de plomb et d'argent. Mais s'il en était ainsi, le nom d'acide purpurique ne conviendrait pas au nouvel acide annoucé, celui d'acide urique sur-oxigéné\\\\ serait mieux approprié.
M. Vauquelin se propose d'éclaircir ces doutes par de nouvelles expériences.
Acides oxigénés.
M. Thénard a publié des observations sur des combinaisons nouvelles entre l'oxigcue et divers acides. Ces obser-
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valions présentent des faits très-remarquables, dignes de fixer l'attention des chimistes , et elles doivent en faire espérer de nouveaux. On ne peut que regretter, sans doute , detre réduit à ne présenter ici qu'un aperçu d'un aussi beau et aussi important travail.
Si l'on délaye dans sept ou huit fois son poids d'eau le peroxide de barium, préalablementhuraectéettombé en poudre, et si l'on verse dessus peu-à-peu de l'acide nitrique faible, il s y dissout facilement par l'agitation, sans développement de gaz. La dissolution est neutre, ou sans action sur le tournesol et le curcuma. En y ajoutant alors une quantité convenable d'acide sulfurique, il se produit un précipité abondaut de sulfate de barite, et la liqueur, filtrée ou décantée, n'est plus que de l'eau chargée d'acide nitrique oxigéné.
Cet acide est liquide, incolore; il rougit fortement le tournesol, et ressemble, par presque toutes ses propriétés physiques, à l'acide nitrique.
Cet acide, soumis à l'action du feu, ne laisse dégager qu'une partie de son oxigène; mais il en abandonne une plus grande quantité , lorsqu'on le combine avec une base. Il serait donc difficile de concentrer l'acide nitrique oxigéné par la chaleur, sans l'altérer. En le plaçant dans une capsule sous le récipient d'une machine pneumatique où était également une autre capsule remplie de chaux , et en faisant le vide à 10 ou 12 centimètres près, M. Thénard obtint un acide assez concentré pour donner, en le distillant , onze fois son volume de gaz oxigèue ; tandis qu'auparavant il en fournissait tout au plus uu volume et demi.
L'acide nitrique oxigéné , mis eu contact avec les métaux , dissout très-bien ceux que l'acide nitrique est susceptible de dissoudre; il n'a point d'action sur l'or. Les dissolutions des métaux, par l'acide nitrique oxigéné, ont lieu, eu général, sans développement de gaz, et avec production de chaleur.
Dans les nitrates oxigénés neutres, le rapport entre la quantité d'oxigène de l'acide, et la quantité d'oxigèue de î'oxide , est de 6 à 1 ; et, par conséquent, dans l'acide nitrique oxigéné, l'azote serait à l'oxlgène, en volume, comme 1 est à 3 , en supposant toutefois , dans ces évaluations, que l'acide nitrique oxigéné est pur , c'est-à-dire sans aucun mélange d'acide nitrique.
M. Thénard , en opérant avec d'autres acides 7 ainsi qu'i{
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l'avait fait avec l'acide nitrique, s'est assuré que, non-seulement la plupart des acides pouvaient être oxigénés comme l'acide nitrique , mais qu'ils étaient encore- susceptibles de s'oxigéner plusieurs fois. En réitérant l'oxigénation de l'acide hydrochlorique, il s'est chargé d'oxigène jusqu'à quinze fois ; et cet acide était devenu tel, qu'à la température de 209
centigrades , et sous la pression de 0,76 de mercure , il contenait trente-deux fois son volume d'oxigène, et seulement quatre volumes et demi de gaz hydrochlorique ; c'està-dire que le volume de Poxigène étant 7, celui de l'acide hydrochlorique n'était que de 1 . Mais 1 acide hydrochlorique, à ce degré d'oxigénatiou , n'est point encore saturé d'oxigène ; il peut eu recevoir une nouvelle portion, en le mettant en. contact avec du sulfate d'argent. Lorsqu'après avoir séparé par le filtre le chlorure d'argent qui s'est formé , on ajoute de l'acide hydrochlorique en quantité moindre que n'en contient l'acide hydrochlorique oxigéné, et qu'on verse alors dans le mélange la quantité de barite qui peut suffire pour précipiter l'acide sulfurique, tout l'oxigène, dont cet acide s'était chargé lors de sa mise en contact avec le sulfate d'argent, se portant sur l'acide hydrochlorique, celui-ci passe au summum d'oxigénation : c'est ainsi qu'en ajoutant ce second moyen au premier , M. Thénard est parvenu à obtenir un acide hydrochlorique oxigéné contenant, en volume, environ seize fois autant d'oxigène que d'acide hydrochlorique réel.
L'acide hydrochlorique, oxigéné seulement au point où il contient quatre fois son volume d'oxigène, est un liquide très-acide, incolore, à-peu-près sans odeur, et rougissant fortement la teinture de tournesol. Chauffé jusqu'à son degré d'ébullition, il se décompose, et est converti en oxigène et en acide hydrochlorique. Saturé de barite, de potasse ou d'ammoniaque, il se décompose bien plus promptement . et ne laisse dégager que de l'oxigène.
Lorscpi'on met de loxide d'argent dans de l'acide hvdrochlorique oxigéné, il se produit une vive effervescence: elle est due, à ce que l'uuiou de ces deux corps donnant lieu à la formation d'eau et d'un chlorure par la réaction de l'oxide d'argent et de l'acide hydrochlorique , l'oxigène , combiné avec celui-ci , devient libre tout-à-coup, et reprend l'état de gaz.
^fiS AP PEND IX.
Dansl'acide hydrochlorique oxigéné, l'hydrogène et l'oxigène sont dans les proportions nécessaires pour former l'eau.
Lorsqu'on verse un excès d'eau de barite dans les acides nitrique et hydrochlorique oxigénés, et, à plus forte raison, suroxigénés, il se forme un précipité cristallin de deutoxide de barium. Il en est de même avec la strontiane, la chaux et quelques autres oxides.
Par suite de ses recherches sur les acides oxigénés, M. Thénard crut devoir en faire de nouvelles, pour s'assurer si l'eau seule ne serait pas susceptible de s'oxigéner; et ayant tenté, après plusieurs essais, d'opérer cette oxigénation de l'eau par l'acide sulfurique oxigéné et l'eau de barite, en versant peu-à-peu, et jusqu'à saturation, de l'eau de barite dans de l'acide sulfurique oxigéné, en ayant soin d'agiter constamment, il obtint une liqueur, qu'il s'assura ne contenir ni acide sulfurique ni barite, etqui cependant renfermait beaucoup d'oxigène. Il lui parut donc, d'après cela , que l'eau était susceptible d'être oxigénée ; et depuis, il a reconnu qu'elle peut prendre plus de six fois son volume d'oxigène.
L'eau oxigénée, placée dans le vide, n'abandonne pas son oxigène; elle se concentre, et finit par se vaporiser. Plongée dans un mélange frigorifique, elle se congèle sans éprouver d'altération ; tandis qu'elle perd tout son oxigène , lorsqu'elle est chauffée au degré de l'ébnllition. Mise en contact avec l'oxide d'argent , il se produit une très-vive effervescence, due au dégagement subit de l'oxigèue, que l'eau abandonne tout-à-coup en réduisant l'oxide. L'argent , à l'état métallique, désoxigène l'eau presqu'aussi bien qu'à l'état d'oxide.
En continuant ses recherches sur l'eau oxigénée, M. Thénard auuonce, qu'ayant placé sous le récipient d'une machine pneumatique dans un verre , au-dessus d'une capsule presque entièrement remplie d'acide sulfurique, 1 200 parties d'eau , qui contenaient seulement trois fois et demie leur volume d'oxigène, elles se sont promptcment congelées, et réduites, en quelques jours , à 00 parties. Alors l'eau, aulieu de 3 volumes et demi, en contenait 4 1 • M. Thénard pense, cju'eq poussant sur une plus grande quantité 1 evaporatiou beaucoup plus loin, il aurait obtenu de l'eau encore plus oxigénée. Il fait observer qu'il ne peut avoir aucun doute à cet