DE LA GRAVELLE
peu soluble, puisqu'il exige environ 1800 fois son poids d'eau à la température de 160 centigrades, et 1200 fois lorsqu'elle est bouillante. L'urine de l'homme, en état de sauté , dont la température est d'environ 3y° centigrades , ne peut dissoudre de cet acide que dans la proportion d'environ imi5oo de son poids , si les autres élémens de l'urine n'en favorisent pas la dissolutiou.
-M. Magendie avait prouvé, dans uu mémoire précédent sur les propriétés nutritives des substances qui ne contiennent pas d'azote , que l'urine des animaux carnassiers , dans laquelle l'acide urique est naturellement abondant , en est entièrement privée , lorsqu'ils ont été nourris pendant quelque temps, d'aliraens non-azotés. Il en conclut, qu'il existe une relation évidente , entre le régime de l'animal et la présence de l'acide urique dans son urine. 11 considère, d'après cela, que la formation de la gravelle peut être favorisée patplusieurs causes , dont les principales sout : i°. Une augmentation dans le rapport de l'acide urique , à la quantité totale d'urine ; 20. une diminution, quelle qu'en soit la cause, dans la température de ce dernier liquide. M. Magendie croit pouvoir plus spécialement attribuer ce qui augmente la proportion d'acide urique dans l'urine, et ce qui , par conséquent , produit souvent la gravelle , à l'influence directe d'un régime trop nutritif ou consistant dans une nourriture habituelle avec des substances animales et autres fortement azotées. Avec cette influence, qu'il place au premier rang, M. Magendie fait concourir celle qui peut résulter de plusieurs autres circonstances accessoires , telles que le défaut d'exercice du corps , du travail de cabinet , du séjour prolongé dans le lit , de l'usage des vins généreux et liqueurs fortes , de la mauvaise habitude de garder l'iu ine dans la vessie, etc. Il observe, en outre , que , toutes choses égales d'ailleurs , les personnes qui boivent peu, doivent être plus exposées à ia gravelle que celles qui font un grand usage d'eau, ou de boissons faiblement alcoolisées. Dans le premier cas, l'urine sera peu abondante, et ne dissoudra, par conséquent, qu'une petite quantité d'acide urique ; taudis que dans le second , l'urine pourra être en quantité suffisante pour dissoudre tout l'acide urique formé par les reins ; et comme il a été reconnu par M. Magendie , que l'usage des alimens non-azotés augmente sensiblement la quantité d'urine ? il s'ensuit que le régime
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avec ces derniers alimens , a le double avantage de diminuer la formation de l'acide urique , et d'ajouter au moyen d'en opérer la dissolution : ainsi donc toutes les causes connues pour diminuer la quantité de l'urine , telles que la transpiration cutanée abondante , les sueurs , etc. , seront favorables à la formation de la gravelle, comme apportant plus ou moins d'obstacles à la dissolution de l'acide urique.
Quant à la diminution de la température de l'urine , M.Magendie annonce s'être assuré, que chez les adultes cette température est de plusieurs degrés plus élevée que chez les hommes d'un certain âge-, ensorte que l'urine de ces derniers, ayant uue force dissolvante moindre , laissera plus facilement précipiter l'acide urique, base principale des graviers. Cette circonstance particulière semble donc se joindre à toutes les autres pour favoriser le développement de la maladie dans îa vieillesse.
Après avoir ainsi indiqué les causes qui peuvent produire la gravelle, et donner lieu à la formation des calculs , M. Magendie en établit le traitement prophylactique et curatif. Ce traitement est principalement fondé sur l'abstinence d'alimens fortement azotés , sur les moyens propres à augmenter la sécrétion de l'urine et à favoriser ainsi l'évacuation de l'acide urique , sur ceux à employer pour empêcher la solidification de cet acide en le neutralisant ; et enfin sur les moyens dont on peut faire usage, tels que les boissons contenant des carbonates alcalins, pour tenter d'opérer la dissolution des graviers et des calculs lorsqu'ils sont formés. Mais , ce moyen, l'emploi des boissons alcalines, exige des précautions indispensables-, il faut toujours que les carbonates alcalins qu'elles contiennent soient avec excès de base, afin que les Tirâtes, qui peuvent être formés, se dissolvant ensuite dans la portion de carbonate non-décomposé , soient entraînés avec l'urine*.
*SViî za présence de VUrate d' ammoniaque dans un calcul de la vessie d^un chien.
M. J. L. Lassaigne, ayant eu dernièrement l'occasion de
* Ann. de China, «?t. de Phys. VII, 43<v