‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 41 sur 228 · Ton m. <le Phys. Nov · texte numérisé non relu

Ton m. <le Phys. Nov

Bostock, iVii 'uolson's .Tourn. IV. t3{.

* Recherches physico-chimiques) II,3i6.

CIRE. I2l>

Comme nous ne connaissons pas le nombre qui représente îe poids d'un atome de cire, nous ne pouvons pas déterminer, d'après cette analyse , le nombre d'atomes de chacun de ces corps qui entrent dans sa composition. Mais le plus petil nombre d'atomes qui se rapprocherait davantage des proportions obtenues par Gay-Lussac et Tbenard, est savoir :

1 atome oxigène =

20 atomes carbone. . .. = 18 atomes hydrogène. . . =

09 lS,2t> 10,00

D'après cette supposition, la cire est un composé de 3 y atomes, et le poids d'une molécule intégrante de cette substance est de i8,^5. Les expériences de Chevreul sur les savons, donnent lieu de croire que le poids d'un atome de cire est à-peu-prèsle double du nombre indiqué, ou de 36; si ce nombre était exact, les parties constituâmes de la cire seraient :

2 atomes oxigène... = 2

4o atomes carbone. . . = 3o

32 atomes hydrogène. s£ 4

11. On doit regarder la cire comme une huile fixe rendue concrète, car elle a toutes les propriétés essentielles de l'huile fixe. Or, les huiles de cette espèce, qu'on distingue parla qualification d'huiles grasses, ont la propriété de devenir concrètes, et de prendre l'apparence de la cire par une longue exposition à l'air; ce qu'on attribue à l'absorption de l'oxigène. Il est donc probable que la cire ne diffère des huiles que par la proportion d'oxigène qu'elle contient comme partie constituante. La cire au moment de sa formation était sans doute à l'état d'unebuile fixe ; mais cette huile fixe, en absorbant l'oxigène, s'est solidifiée par degrés à l'état de cire. Ou peut alors considérer la cire comme étant une huile fixe saturée d'oxigène.

12. Si cette théorie est exacte , il est tout naturel de variétés supposer que l'huile fixe doit se trouver dans les plantes, dans des états différens de consistance , et c'est en effet ce que l'expérience confirme. Quelquefois elle a la consistance du beurre, et c'est par cette dénomination de beurre

dï cire.

Il6 PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES.

qu'on distingue cet état ; ainsi nous avons le beurre de cacao, le beurre de coco ,1e beurre àegalam. Quelquefois sa consistance est encore plus grande, et elle porte alors le nom desi/if; ainsi nous avons le suif du croton, qu'on extrait par l'eau bouillante du fruit du croton sebifera. A son plus haut degré possible de consistance, cette substance prend le nom de cire. Ainsi nous avons la cire de myrte d'Amérique, extraite des graines du myrica cerifera et le pela des Chinois. Il est donc possible qu'il y ait autant d'espèces de cire parmi les substances végétales que d'huiles fixes. Nous allons considérer celles de ces espèces de cire qui sout les plus remarquables. La cire d'abeilles est celle dont nous avons décrit les propriétés dans la première partie de cette section. Cire Je myrte. i3. La cire de myrte de l'Amérique septentrionale est le produit du myrica cerifera. Nous sommes redevables au docteur Bostock ' et à Cadet * d'une description ti ès-exacte de ses propriétés, ainsi que du mode de son extraction. Le myrica cerifera est un arbrisseau très-abondant dans la Louisiane et dans d'autres parties de l'Amérique septentrionale. Il produit une baie de la grosseur à-peu-près d'un grain de poivre. On arbrisseau bien fertile peut en fournir jusqu'à trois kilogrammes. On cueille les baies, on les jette dans une chaudière, puis on verse par-dessus une quantité d'eau suffisante pour qu'elle les recouvre d'environ iâta millimètres. On fait bouillir le tout , en ayant soin de remuer et de froisser les baies contre les parois cle la chaudière. La cire qu'elles contiennent se fond, et vient nager à la surface de la liqueur. On l'enlève avec une écumoire, on la passe à travers un linge, puis on la fait sécher; on la fond de nouveau , et on la coule en forme de pains. La cire, d'après les observations de Cadet, constitue l'enveloppe extérieure des baies. Cette substance, ainsi obtenue, est d'un vert paie. Sa pesanteur spécifique est de 1,0 i5o. Elle se fond à la température de /i3° centigr. Lorsqu'elle est chauffée fortement, elle brûle avec une flamme blanche en produisant peu de fumée , et pendant la combustion elle répand une odeur aromatique agréable. L'eau n'a pas d'action sur elle. L'alcool lorsqu'il est chaud en dissout les o,o5 de son poids; mais il en abandonne la plus grande

, TNicholson's Jonrn. IV, i3<>.

1 Ann. de Cliim. XLJ.V/i.{<>.

partie en refroidissant. L'éther chaud en dissout environ les 0,20 de son poids : et en laissant refroidir lentement cette dissolution , la cire s'en sépare en Jarmes cristallines semblables au blanc de baleine. L'éther acquiert une couleur verte , mais la cire devient presque blanche. L'huile de térébenthine la dissout difficilement, à l'aide de la chaleur. Les alcalis , ainsi que les acides agissent sur elle à-peu-près de la même manière que sur la cire d'abeilles. L'acide sulfhrique eu dissout à chaud environ les 0.080 de son poids, et se convertit en une masse d'un brun foncé1. Hatchett a dernièrement découvert dans la laque une substance absolument semblable à la cire de myrte*. Il est probable que cette cire entre dans beaucoup de végétaux.

i4- M. Brande publia en 1811 ses recherches chimiques Cire du Br*a. sur la cire du Brésil, le produit d'un arbre inconnu en Angleterre. Elle était de couleur verte, insoluble dans l'eau, mais se dissolvant dans l'alcool , l'éther et les huiles. Sa pesanteur spécifique était de 0,980. Elle se fondait à la température de < .7° centigrades. Elle ne pouvait pas former un savon avec les alcalis fixes; mais elle était très-propre à être employée pour faire des bougies3.

i5. Le docteur Macculloch trouva une substance ana- cire proT^nan, logue à la cire dans les huiles de rose et de lavande-, elle se]>huiledje rose précipitait de l'une et de l'autre de ces huiles par le froid , et de lavande. et aussi par l'addition d'alcool. Cette substance est blanche, onctueuse an toucher; elle surnage l'éther sulfurique, et crisrailise en écailles éclatantes ; elle fond à 36° centigrades ; elle se dissout dans l'alcool et dans l'éther, et semble, par ses propriétés ^ se rapprocher davantage du spermacéti que de la cire 4.

16. Les Chinois retirent de diverses plantes une cire dont ils font des bougies, et dont ils forment beaucoup de ces orneuiens délicats qu'on apporte en Europe5.

17. Proust a découvert la cire dans la fécule verte de Dans la fec13Ϋ

! verte des glante»,

1 Bu.stock, Nicholson's Journ. IV, ^'^^^

* Analytica' expiriment* on lac, Phil. Trans. 1804. 3 Nicholson's Jouitj. XXXI, ij.

* Phil. Ma§. XXXIX, ,^3.

5 Phil- TranS. Ij53, p. i5!> , où le P. d'Incarville donne utie âe*- «ripùoia de l'arbre à soif , et de la manière d'en extraire le suif ou la cire.

plusieurs plantes , notamment dans le chou. Il pense qu'elle forme une partie constituante du pollen de toutes les fleurs, et que les abeilles la recueillent avec le gluten du pollen , qui , suivant lui, leur sert de nourriture'. On a pourtant des preuves incontestables que la cire est véritablement formée par les abeilles. Les observations de M. John Hunter le portèrent à conclure qu'elle provient des anneaux écailleux qui recouvrent leurs parties postérieures.

Proust a aussi découvert la cire recouvrant l'écorce des résines, des oranges, sur l'enveloppe des prunes, et autres fruits semblables a. En un mot, elle paraît être un des principes végétaux les plus abondans.

SECTION XXIV

Du Camphre.

Histoire. La substance appelée camphre , paraît avoir été connue de temps immémorial dans l'Orient, quoique son existence ait été ignorée des Grecs et des Romains. On ne sait rien de précis sur l'époque de sou introduction en Europe ; cependant il semble qu'elle y a été apportée par les Arabes. jEtius est le premier qui en fasse mention. Il en est parlé dans les écrits de Paracelse, de manière à faire supposer que cette substance était d'un usage commun dans son temps. Les chimistes la rangeaient tantôt parmi les résines et tantôt parmi les huiles volatiles3, lorsque Neumann publia en ij25 sa dissertation sur cette substance 4. Il y préso%*.., dans le plus grand détail, l'examen de ses propriétés , et démontra qu'elle différait de celles de toute autre substance ; il en conclut qu'on devait considérer le camphre comme étant un principe végétal particulier. C'est donc ainsi à Neumann que nous sommes redevables des premières expériences exactes sur la nature du camphre.

Comment La plus grande partie du camphre nous vient en Europe •use le procura ^n jap0n- Qn l'obtient du laurus camphora , arbre trèscommun dans l'Orient. On en distille le bois avec de l'eau

■ Journ. cîcPhy. LVI , 87: el III.

* ILul.

3 Hoffoian, Obs. prtys. ehim. selcct. n. t\\+

* Phil. ïrans. XXXlft, 3ai.

CAMPHRE. lig

dans de grandes curcnbites de fer surmontées de chapeaux en terre, dout on garnit l'intérieur de paille. Le camphre se sublime, et se solidifie sur la paille sous forme d'une poudre grise '. On le raffina ensuite en Europe par une seconde sublimation. Les vases sont de verre, ayant un peu la forme d'un navet, avec une petite ouverture vers le haut légèrement recouverte de papier. Selon Ferber,ou mêle avec le camphre brut les 0,26 environ de chaux vive pilée 3 : mais d'autres assurent qu'on n'y ajoute rien. D'après Lewis, il suffit de bien régler le feu3 ; et le professeur Robison, qui a suivi le procédé aussi bien que Neumann, nous apprend que le camphre, dans le vase où la sublimation a lien, est à l'état liquide ; ce qui ne pourrait arriver si on employait de la chaux vive, au-moins dans quelque proportion considérable4.

1. Le camphre ainsi raffiné est une substance blanche cas- Propriété»/ santé , ayant une odeur aromatique particulière , et une saveur brûlante et acre. Sa pesanteur spécifique est de 0,9887 K— /

Il ne s'altère point à l'air ; mais il est si volatil qu'il s'évapore complètement, quand on le tient exposé à l'air dans des vases ouverts, dans un temps chaud. Lorsqu'il est sublimé dans des vases fermés , il cristallise en lames hexagonales ou en pyramides c.

ii. Le camphre est insoluble dans l'eau ; mais il communique en partie à ce liquide l'odeur qui lui est particulière.

3. Il se dissout facilement dans l'alcool , et il en est de Act;on nouveau précipité par l'eau. Selon Neumann, l'alcool bien de I'alc0e!rectifié en dissout les o,j5 de son poids. A la distillation, l'alcool passe d'abord, et laisse le camphre pour résidu. Cette propriété offre une méthode facile pour le purifier. On le dissout dans l'alcool , qu'on enlève ensuite par la distillation, et on donne au camphre la forme d'un gâteau, en le

* Neumann's Chem. p. 3 19.

3 Gren's Handbnch, II , 21g.

' Neumann , ibid.

* Black's Lectures. II, 35 1.

5 Selon Brisson. Le docteur Shatv îa porte à o.çç,6 [ ShaWs Fnvîf, II. S^fiJ, et on l'a copiée ainsi dans ].\ plupart des ferres de chimie l« plus récemment publiés. Il est probable que celte substance varie considérablement dans sa densité.

* Romieu.

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