‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 42 sur 228 · IV. p · texte numérisé non relu

IV. p

Aîcaïïs.

fondant dans un vase de terre *. Si la dissolution alcoolique cïiî camphre est étendue d'eau autant que possible, sans occasionner la précipitation du camphre, il se dépose peu-à-peu en petits cristaux qui ressemblent à des plumes -. Ha;ies. 4- ^e camphre se dissout aussi dans les huiles, soit fixes, soit volatiles. Si la dissolution s'opère à l'aide de la chaleur, une partie du camphre se précipite par refroidissement, et cristallise sous forme de plumes 3.

5. Les alcalis purs , et les carbonates alcalins n'agissent point sur le camphre. Il paraît à-la-vérité que les alcalis caustiques peuvent en dissoudre un peu , mais c'est en si petite quantité, qu'on n'en reconnaîtrait la présence par aucun moyen, et qu'elle n'est rendue sensible que par son odeur4. Aucun des sels neutres essayés jusqu'à présent n'a d'action sur le camphre.

Acides. 6. Le camphre se dissout dans les acides sans effervescence, et en général il peut en être précipité sans altération, lorsque la dissolution est nouvellement faite. Acide JNous sommes redevables à Hatchett de recherches très-

Mifarkfue. exactes relalivement à l'action de l'acide sulfuriqne sur le camphre. Ce chimiste, ayant versé sur cent parties de camphre réduit en poudre quatre cent quatre-vingt parties d'acide sulfurique , le camphre devint jaune sur-le-champ , et la dissolution s'en opéra peu-à-peu. L'acide prit d'abord une couleur rouge brunâtre, puis tout-à-fait brune. Au bout d'environ une heure, la liqueur était d'un brun noirâtre et commença à émettre en abondance du gaz acide sulfureux. Dans l'espace de quatre heures, le tout prit l'apparence d'un liquide noir épais, qui ne manifestait d'autre odeur sensible, que celle de l'acide sulfureux. 11 se passa Jeux jours sans que la liqueur éprouvât d'autre altération. L'alambic contenant la dissolution, fut alors placé sur un bain de sable tenu à une chaleur modérée, et par ce moyen il se dégagea une nouvelle quantité de gaz acide sulfureux. Au bout de deux jours, on ajouta peu-à-peu à la liqueur 6 fois autant d'eau

, Ce procédé, proposé par Lewis (Neiimau's Chem. p. 32o), est certainement prêtera!) le à celui de Trommsdorf , qui précipite Iw rnruplire de l'alcool par l'eau , et le fond ensuite en gâteau. CreoV Maodbuch, II, 220.

» Romicu , Méra. Par. in^ô , p. Ai.

3 IbUh

• U'.Hiillon-Liigrar.gc 1 Ann. de Chira. XXII!, i5^

CAMPHRÉ. l3l

que d'acide sulfurique employé , ou 2880 parties. Elle était alors d'un brun rougeàtre , et déposa un coagulutn abondant de la même couleur. L'odeur d'acide sulfureux devint insensible et elle fut remplacée par une odeur semblable à celle que produit un mélauge d'huiles de lavande et de menthe poivrée. Le tout futalors distillé à une douce chaleur. L'eau qui patsa avait la même odeur que le liquide primitif, et une couche légère d'huile jaunâtre la surnageait. 11 resta une masse brune noirâtre , sur laquelle l'eau n'avait aucune action -, mais on en obtint une substance résineuse, en la traitant par l'alcool, qui acquit ainsi une couleur brune noirâtre. Le résidu n'était autre chose que du charbon. Ainsi. par l'action de l'acide sulfurique, le camphre fut décomposé et converti en huile , en résine brune noirâtre et en charbon. La proportion de chacune de ces substances était de

Huile jaune 3 parties.

Charbon 55

Substance résineuse. . 49

io5

Les cinq parties excédantes provenaient, ou de Teau que la substance résineuse avait retenue, ou de l'oxigène avec lequel elle s'était combinée.

La substance d'apparence résineuse, ainsi obtenue, était en réalité une espèce de tannin artificiel. Elle était très-cassante ; elle avait l'odeur de caramel et une saveur astringente, Elle se dissolvait dans l'eau froide, et la dissolution précipitait , en un brun foncé , le fer, le plomb, l'étain et la chaux. Elle précipitait l'or à l'état métallique, la colle de poisson sous la forme d'une substance noirâtre insoluble, et elle avait la propriété de convertir la peau eu cuir- Une petite quantité d'acide nitrique changea cette substance dans le tannin artificiel qu'on obtient du charbon parle même acide *.

Il parait résulter des recherches plus étendues que Chevreul a faites , sur ce sujet , que lorsqu'on distille de l'acide sulfurique sur du camphre, on obtient, i.° une huile volatile, ayant l'odeur du camphre ; 2.0 un résidu charbonneux, qui est une combinaison d'acide sulfurique et d'un charbon très-

* Hatcliei's Additionna] Expérimente on arlifîcial tannin. Phi".- Trans. i8o5*

l32 PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES.

b}rdrogéné ; 3.° une substance astringente, qui est pareillement une combinaison d'acide sulfurique et d'un charbon encore plus hydrogéné que le précédent. Le résidu charbonneux n'est pas sensiblement soluble dans l'eau. Il donne à la distillation de l'acide hydro-sulfurique, de l'acide sulfureux, de l'acide carbonique, et le résidu est une combinaison de charbon et de soufre '.

Acide nitrique. L'acide nitrique dissout facilement le camphre, et en grande quantité. La dissolution se sépare en deux portions, dont l'une qui contient le camphre et la plus grande proportion de l'acide, flotte à la partie supérieure de l'autre sous la forme d'une huile jaune très-pâle. On connaît cette dissolulion sous le nom à'huile de camphre. L'eau et plusieurs métaux précipitent le camphre sans altération 2. L'alcool se combine avec l'huile de camphre. Lorsqu'on garde pendant long temps la dissolution du camphre dans l'acide nitrique, le camphre s'en sépare en partie, et nage à la surface sous forme de cristaux, et une petite portion est convertie eu acide camphorique 3.

iuirfs aïïdea. Les acides hydrochlorique, sulfureux, et fluorique, à l'état de gaz, dissolvent le camphre. Lorsqu'on ajoute de l'eau à ces dissolutions, le camphre paraît sans altération, sous la forme de flocons qui flottent à la surface de l'eau ♦. Le camphre se dissout aussi dans de l'eau imprégnée de gaz acide carbonique 5 , dans l'acide acétique 6 , et probablement dans tous les acides.

Aciion y. Lorsqu'on soumet le campbre à l'action de la chaleur,

t r* il se volatilise. Si la chaleur est subite et forte , le camphre se fond avant de s'évaporer ; la fusion a lieu , suivant Venturi , à la température de i/jc)° centig. , et selon Romieu , à celle de 2 1 6° centig. 7. Il s'enflamme très - aisément , et répand en brûlant beaucoup de flamme ; mais il ne laisse pas de résidu. 11 est si inflammable , qu'il continue de brûler ,

« Ann. deChim. LXXUI, 1G7.

3 Ncuman's Chemislry, p. iiï.

3 Planche remarqua ces clinngcraens dans une Gole contenant de l'huile de camphre qu'il avait gardée pendant quatorze ans sans l'ouvrir.

4 Fonrcroy.

5 Journ. de Phys. LH, 67.

6 Pttfc Map. XV, i56. Le vinaigre aromatique consiste principalement dans cette combinaison,

1 Mtm. Par. i;S(i, p. \\\.

CAMPHRE. l33'

môme à la surface de l'eau. Si l'on remplit de gaz oxigène un grand ballon de verre , contenant un peu d'eau , et qu'on y enflamme le camphre , il brûle avec une flamme très-vive et produit beaucoup de chaleur. Le ballon se tapisse aussitôt, à l'intérieur, d'une poudre noire qui a toutes les propriétés du charbon ; il se produit du gaz acide carbonique ; l'eau dans le ballon acquiert une odeur forte; elle est imprégnée d'acide carbonique et d'acide camphorique *.

Si l'on met à l'état de pâte avec une suffisante quantité d'eau un mélange de deux parties d'alumine et d'une partie de camphre , et qu'on distille ce mélange dans une cornue de verre, en ayant soin de mettre dans le récipient un peu d'eau , et d'y adapter un appareil pneumatique, il passe une huile volatile d'un jaune doré, un peu d'acide camphorique qui se dissout dans l'eau , et des gaz acide carbonique et hydrogène carboné , qu'on peut recueillir au moyen de l'appareil pneumatique. Il reste dansla cornue une substance d'un noir foncé, composée d'alumine et de charbon. Par ce procédé, Bouillon- Lagrange, à qui nous sommes redevables de l'analyse du camphre, obtint de 122, 284 de camphre, 45,gr856 d'huile volatile et 3o.gr57i de carbone. La proportion des autrçs produits ne fut point déterminée *.

Bouillon-Lagrangc conclut de cette analyse , que le camphre est composé d'huile volatile et de carbone en état de combinaison ; et nous voyons , par ses expériences , que les derniers ingrédiens du camphre sont le carbone et l'hydrogène , et que la proportion du carbone y est beaucoup plus grande que dans les huiles.

8. Il y a plusieurs espèces de camphre , qui ont été exa- EsPèe« minées par les chimistes , et qui diffèrent beaucoup entre de camPhce elles daus leurs propriétés. Les plus remarquables sont le camphre ordinaire , le camphre d'huiles volatiles , et le camphre obtenu en traitant l'huile de térébenthine avec Xacide hydrcchlorique.

g. Le camphre ordinaire , obtenu par distillation du Camphre laurus camphora , est la substance décrite dans la première partie de cette section. A Bornéo et à Sumatra on retire le camphre du lauras sumatrensis ; mais comme on n'apporte

ordinaire.

• Bouillon-Lagrange,Ann. de Chim. XXIII, 168.

* Ibid. p. i57°

f sliré d'huil

ï3/f PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES.

point de ce camphre en Europe, nous ne savons pas jusqu'à

quel point ses propriétés se rapportent à celles du camphre

ordinaire. Le /auras cinnamomum fournit aussi du camphre.

*. camphre io. La seconde espèce de camphre paraît exister dans un

Mi.i j.k...i... 1111 r r

grand nombre de plantes, et se trouve tenue en dissolution par les huiles volatiles qu'on en extrait. Neumann l'obtint des huiles de thim , de marjolaine et de cardamome * ; et Herman, des huiles extraites de diverses espèces de menthe*. Cartheuser en retira des racines du maranta galanga , du kœmpferia rotunda , de Xatnomum zinziber et du laurus cassia 3; et il rendit probable que presque toutes les plantes de la famille des labiées en contiennent. On a supposé qu'il est dans ces plantes en état de combinaison avec l'huile volatile. Proust a fait voir qu'on peut l'extraire en grandes quantités de plusieurs huiles volatiles ♦. 11 suffit pour cela d'exposer l'huile à l'air libre , à une température entre — 7 et -H I2°centig. L'huile s'évapore peu-à peu, et le camphre cristallise. Par ce procédé, Proust retira de l'huile de romarin ]eso,io de son poids de camphre; de celle de marjolaine, les 0,10; de l'huile de sauge, les 0,126; et de celle de lavande, plus des o,a5. Si l'on distille l'huile au bain-marie, à quelques degrés au-dessous de la chaleur de l'eau bouillante , et jusqu'à ce qu'il passe les o,33 de l'huile , on trouve dans l'alambic une partie du camphre cristallisé. Si ou l'enlève , et que l'huile soit de nouveau distillée comme la première fois, il cristallise encore plus de camphre. En répétant trois fois ce procédé , on obtient tout le camphre de l'huile. On le purifie alors en y mêlant un peu de chaux desséchée , et en le sublimant.

11 y a lieu de croire , d'après les observations de M. John Brown, que le camphre extrait de l'huile de thim, diffère sous plusieurs rapports du camphre ordinaire. Il ne parait pas former de dissolution liquide, soit avec l'acide nitiique, soit avec l'acide sulfurique; il n'est pas non plus précipité en poudre par l'acide nitrique comme le camphre ordiuaire, mais en une masse glutincuse3.

1 Phil. Trans. T7*5,p. 3-îi.

'' Jiinker, <;onspectus chemise, II, ion.

*■ Degenericis quibusdatn pjaiitar>im princip. 17." { , citrpar Gren , Jfandbueh, II, >->.i.

* Auo. de Chira. IV, 179. 5 Phi! Trans. 1 ji5. XXXIII, 36c,

CAMPHRE. l35

î i . M. Kind , pharmacien à Eutin , en préparant un médi- 3. camph.» caraent appelé llquor arthriticus Pottii, découvrit que l'huile «'ifi*""' de térébenthine, saturée de gaz acide hydrochlorique, don- , nait un camphre artificiel. Il mit une certaine quantité d'huile de térébenthine dans un flacon de Woulf -, il fit passer à travers ce liquide un courant de gaz acide hydrochlorique, séparé de l'hvdrochlorate de soude par l'acide sulfurique. Le poids du sel employé était égal à celui de l'huile de térébenthine. L'huile prit d'abord une couleur jaune, qui passa ensuite au brun , et à la fin elle devint presque solide , par la formation d'un grand nombre de cristaux ayant la propriété du camphre '- Trommsdorf répéta cette expérience intéressante, et il en obtint un résultat semblable. Il observa avec soin les cristaux camphoriques, et il leur trouva , sous la plupart des rapports, les mêmes propriétés qu'au camphre ordinaire, quoique sous quelques autres ils en différassent. La Société des Pharmaciens de Paris, qui avait eu connaissauce de ces faits , chargea MM. Cluzel, Chomet et Boullay, de les vérifier , et il lui fut rendu compte par M. Boullay * du résultat de leurs travaux à ce sujet. Ces pharmaciens s'assurèrent de la proportion du camphre fourni par l'huile de térébenthine , et de la quantité de gaz acide hydrochlorique la plus convenable à employer. Ils examinèrent aussi les propriétés du produit camphorique, et ils cherchèrent à en expliquer la formation. L'expérience de Kind fut répétée en 1804 par Kagen 3, et depuis par Gehlen , S huster et Pesth , qui firent des expériences sur le même sujet , dans la vue principalement de répandre quelque lumière sur la théorie du procédé4. ïhéuard les a aussi répétées dans la même vue s.

On a trouvé que la proportion du gaz acide hych-ochlorique qui réussit le mieux, est la quantité de ce gaz qui peut être séparée par l'acide sulfurique, et à l'aide de la chaleur, d'une quantité d'hydrochlorate de soude égale en poids à celle de l'huile de térébenthine employée. Le produit en camphre

1 Trommsdorf s Journ, de Pharm. XI, i3î. Gelilen's Journ. VI.

a Ann. de Chim. LI , 270.

3 Gelilen's Journ. II, 23"\

* ibid. vi, 47o.

? Mena. d'Arcueil, II, 39.

l3r> PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES.'

s'élève presque aux o,5o de l'huile de térébenthine. Les pharmaciens français se servirent d'un appareil de Woulf, consistant dans une cornue tubulée, et deux flacons munis de leurs tubes de communication et de sûreté: ils mirent dans la cornue environ 2 kilogrammes d'hydrochlorate de soude avec î kil. d'acide sulfurique concentré. Ils introduisirent 2 kil. d'huile de térébenthine dans le premier flacon, et 1 kil. d'eau distillée dans le second ; et ils dégagèrent, à l'aide de la chaleur , le gaz acide hydrochJonque. Il fut absorbé en totalité par j'huile qui s'échauffa très-fortement, et dont le volume augmenta des 0,10 environ. Sa couleur devint brune-, sa transparence ne fut point altérée; il se rassembla peu-à-peu au fond du flacon des gouttes d'huile , et au bout de vJDgt-quatre heures, il se déposa des cristaux irréguliers, qui, après avoir été séparés du liquide brun avec lequel ils étaient mêlés , égouttés et exprimés fortement entre des feuilles de papier brouillard, pesaient y34 grammes. La liqueur abandonnée à elle-même pendant quelques jours dans une cave , déposa de nouveau 122 grammes des mêmes cristaux ; on en obtint encore 61 grammes en l'exposant à un froid artificiel d'environ 10 à 12° centigrades au-dessous de zéro ; en sorte que des 2 kilogrammes d'huile de térébenthine, on en eut en tota^ lité 918 grammes de camphre, ou 4^9 grammes par chaque kilogramme d'huile. En augmentant la quantité du gaz, on n'obtenait pas plus de cristaux -, mais les chimistes français ne trouvèrent pas que le produit en camphre devint moindre par cette addition du gaz acide hydrochlorique, ainsi que Tromsdorf l'avait conclu d'après ses expériences. Pcop.-iéiés. Le camphre ainsi obtenu était très-blanc ; il avait une odeur particulière, dans laquelle on pouvait distinguer celle de l'huile de térébenthine. Lavé avec de l'eau, il devint du plus beau blanc , et il ne donnait plus aucun indice d'acidité -, mais il conservait encore l'odeur d<> térébenthine. Lavé avec de l'eau aiguisée de carbonate de potasse, il perdit en partie cette odeur, mais qui ne fut pas entièrement détruite; en mêlant de ce camphre brut , à parties égales avec du charbon réduit en poudre, avec des cendres de bois trèsdesséebées, de la chaux vive, ou de la terre à porcelaine, et en sublimant ce mélange, on obtenait le camphre à l'état de pureté.

L'odeur (le ce camphre , lorsqu'il est pur, ressemble à celle

CAMPHRE. l3y

du camphre ordinaire , mais elle est uu peu moins forte. Il eu est de même de sa saveur. 11 surnage l'eau, à laquelle il communique sa saveur , et il brûle à sa suriace. Il se dissout complètement dans l'alcool , dont l'eau le précipite. L'acide nitrique d'une pesanteur spécifique de 1.261, n'avait aucune action sur le camphre ainsi purifié, quoique cet acide dissolve facilement le camphre ordinaire ; mais il se dissolvait avec dégagement de deutoxide d'azote dans l'acide nitrique concentré, et l'eau ne le précipitait pas de cette dissolution, comme cela a lieu avec le camphre ordinaire. L'acide acétique n'opère pas la dissolution de ce camphre. Lorsqu'il est chauffé , il se sublime sans décomposition ; et quand on l'enflamme, il brûle comme le camphre ordinaire.

Telles sont les propriétés de ce camphre artificiel autant qu'on a pu les reconnaître. Ou voit qu'il ressemble an camphre ordinaire, si ce n'est en ce qui concerne l'action des acides. Dans l'expérience de Thénard, la liqueur résidu n'était Aciion tin Cm as brune , mais incolore. 11 attribue la couleur brune du 'diforiqne0"

iquide, dans les expériences qui précèdent, à ce que l'huile ^éhenu!!] à*

de térébenthine qu'on y avait employée, était mêlée avec de la résine, tandis que celle dont il se servit avait été purifiée en la distillant. Suivant Thénard, l'huile de térébenthine n'est pas décomposée par ce procédé. Il pense que le résidu liquide est dû à la présence de quelqu'huile étrangère dans l'huile de térébenthine. Lorsque ce résidu liquide reste pendant quelques jours exposé à l'air, il perd ses propriétés acides, quoiqu'il contienne encore en abondance, un acide. Mais l'acide est neutralisé par l'huile.

Gehlen s'assura que ni le gaz acide fluorique, ni le gaz acide sulfureux, ni le gaz ammoniac, ne décomposent l'huile de térébenthine. L'action de la vapeur de chlore • ne produit pas non plus de changement sur cette huile -, mais lorsqu'on la distille lentement à la température de 5o° contig. , il se sublime une grande quantité de cristaux de camphre *. Aucune autre des huiles qu'on a traitées ainsi avec le gaz acide hydrochlorique, n'a fourni de camphre3.

* Eoullav, Ann. de Giiim. LI , 2S5, a Ibid. ' ! ibUl

lice.

j38 parties constituantes des plantes.

12. Le camphre est d'un graud usage dans la médecine. C'est un très-puissant stimulant. On le regarde comme étant particulièrement efficace dans les maladies des organes urinaires ; on l'emploie souvent avec succès dans la manie, et il procure le sommeil lors-même que les autres médicamens sont sans effet.

SECTION XXV

De la Glu.

Découverte. Le principe végétal auquel on a donné le nom de glu , fut d'abord examiné par Vauquelio, qui lui reconnut des propriétés différentes de celles de toute autre substance végétale. On trouva cette matière rassemblée à la surface de l'épidémie d'une plante apportée en Europe par Michaud , et que Cels a nommée robinia viscosa, à raison de ce que cette substance est visqueuse, et que lorsqu'on touche les jeunes rameaux de cette espèce de robinia, les doigts y adhèrent ■• D'après l'analyse de la glu, par Bouillon-Lagrange , il est évident qu'elle doit ses propriétés particulières à la présence d'une substance analogue, qui entre en effet comme partie essentielle dans sa composition a. C'est par cette raison que je donne le nom de glu au principe luimême.

giù naturelle. *•• La gm naturelle (ou celle qui exsude spontanément des plantes ) a les propriétés suivantes :

Sa couleur est verte ; elle n'a pas de saveur ni d'odeur sensibles ; elle est très-collante ; elle se ramollit par la chaleur des doigts, et s'y attache avec beaucoup de force. Si on la chauffe, elle fond, se boursouffle, brûle avec beaucoup de flamme, et laisse pour résidu un charbon volumineux. Elle ne se dissout pas dans l'eau -, l'alcool n'a que peu d'action sur elle, spécialement à froid. A l'aide de la chaleur, il en dissout une certaine quantité ; mais en se refroidissant, il en dépose la plus grande partie. Exposée à l'air, loin de deve nir dure et cassante, comme les résines, elle continue d'être glutincuse.

■ Ann. de Chim. XXVIII, 3*3.

3 Wicholson's Journ. XIII, I^j.

OLU. l3j)

Cette substance se combine aisément avec les huiles. L'éther la dissout promptement sans le secours de la chaleur; c'est son véritable dissolvant; la dissolution est d'un vert foncé. Les alcalis ne se combinent pas avec elle. On n'a pas essayé 1 effet des acides l.

Ces propriétés suffisent pour faire distinguer la glu de tout autre principe végétal.

Il est assez probable que la substance visqueuse qui recouvre la tige du lychnis viscaria , du saxifraga tridactylites, et d'un petit nombre de plantes communes en Angleterre, consiste dans ce principe végétal. Cette substance visqueuse n'a encore été examinée, du-moins à ma connaissance, par aucun chimiste.

2. On extrait la glu artificielle de diverses substances, Giuartificieiie. dans différens pays. Ou prétend qu'on se servait autrefois, à cet effet, des baies du guy. On les écrasait, on les faisait bouillir dans l'eau, et l'on décantait cette eau pendant qu'elle était encore chaude. Actuellement on retire en général la glu de l'écorce moyenne du houx. On procède en Angleterre à cette extraction, de la manière qui suit, telle qu'elle a été décrite par Geoffroi. On ramollit l'écorce en la faisant bouillir dans l'eau pendant sept à huit heures ; on la met alors dans la terre en grandes quantités, on la recouvre de pierres, et on la laisse fermenter, ou pourrir, pendant quinze jours ou trois semaines. Par cette fermentation , elle acquiert une consistance mucilagineuse. On la retire alors des fosses , on la broie en pâte dans des mortiers, et on la lave ensuite avec de l'eau de rivière. Bouillon-Lagrange nous apprend qu'à Nogent - le- Rotrou, on fait la glu, en coupaut l'écorce moyenne du houx en petits morceaux, et les mettant à fermenter dans un endroit frais pendant une quinzaine de jours; puis on les fait bouillir dans de l'eau, qu'on évapore ensuite. A Co m merci on se sert, à cet effet, de diverses autres plantes 2.

Pour faire l'analyse de la glu, Bouillon-Lagrange la prépara par le procédé suivant : il écrasa une assez grande quantité d'écorce moyenne de houx , qu'il fit bouillir dans, l'eau pendant quatre ou cinq heures ; il la déposa ensuite

• Vauquclin , Ann. deChim. XXVIII, 22^> .» Kicholson's , Jouro, XIII, ij5.

*4o PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES.

dans des terrines placées dans des fosses, en ayant soin de l'humecter avec de l'eau de temps-en-temps , jusqu'à ce qu'elle fût devenue visqueuse ; enfin elle fut dépouillée de toutes substances hétérogènes en la lavant avec de l'eau pure. Cette écorce ainsi préparée, ressemblait très-exactement à la glu de Commerci *. Propriétés. La couleur de la glu est verdâlre, sa saveur est aigre, et sa consistance visqueuse, filante et tenace. Son odeur ressemble à celle de l'huile de lin. Lorsqu'après l'avoir étendue sur des lames de verre , on l'expose à l'air et à la lumière, elle se dessèche , devient brune, perd sa viscosité , et elle peut être alors facilement réduite en poudre ; mais si on y ajoute de l'eau, elle reprend sa propriété glutineuse. Elle rougit les couleurs bleues végétales.

Lorsqu'on la chauffe par degrés, elle fond, se boursouffle , et répand une odeur analogue à celle des huiles animales. Mise sur des charbons ardens, elle brûle avec une flamme vive, en répandant beaucoup de fumée ; elle laisse une cendre blanche, qui est un composé de carbonate de chaux, d'alumine, de fer, de sulfate et d'hydrochlorate de potasse.

La glu n'éprouve que très-peu d'action de la part de l'eau. Lorsqu'on la fait bouillir dans l'eau, elle devient plus liquide; mais, parle refroidissement de la liqueur, elle recouvre ses premières propriétés. Par ce traitement, l'eau devient susceptible de rougir les couleurs bleues végétales, et lorsqu'on l'évaporé, elle laisse une substance mucilagineuse, qu'on peut également séparer par l'alcool.

Une dissolution concentrée de potasse forme, avec la glu, un magma blanchâtre, qui brunit par l'évaporation, tandis qu'il s'en sépare de l'ammoniaque. Le composé ainsi formé est moins visqueux que la glu ; il ressemble par l'odeur et la saveur au savon. Il se dissout presque complètement dans l'eau et dans l'alcool , et il a des propriétés semblables à celles du savon.

La glu se ramollit dans les acides affaiblis, et s'y dissout en partie ; les acides concentrés agissent avec plus de force sur cette substance. L'acide sulfurique la noircit -, et si l'on ajoute de la chaux à la dissolution, il s'en sépare de l'acide acétique et de l'ammoniaque. L'acide nitrique a peu d'actiou

t .* Bouillon-Lagmnge, NicholsoiTs Joum, XIII, ifô.

CLU. l4*

a froid sur la glu; mais à l'aide de la clialeur, il la dissout; et si l'on évapore cette dissolution , elle laisse une masse dure, cassante. Ce résidu, traité par l'acide nitrique, donne une nouvelle dissolution, qui fournit, par l'évaporation, de l'acide malique , de l'acide oxalique, et une matière jaune qui a plusieurs des propriétés de la cire. L'acide hydrochlorique n'agit point à froid sur la glu; à chaud, il la noircit.

La glu, traitée avec le chlore, devient blanche, et se divise en masses dures compactes, ayant à leur centre de la glu non altérée. Cette substance blanche peut être réduite en poudre; elle est insoluble dans l'eau; elle ne se fond pas par la chaleur; et lorsqu'on la traite avec l'acide nitrique, elle ne jaunit, ni ne fournit de résine.

L'acide acétique ramollit la glu , et en dissout une certaine portion. Le liquide acquiert une couleur jaune; il est insipide. Si l'on verse dans cette dissolution du carbonate de potasse, il ne s'y forme point de précipité. Par l'évaporation, elle fournit une substance analogue à la résine.

Quelques-uns des oxides métalliques se réduisent, quand on les chauffe avec la glu. Le protoxide de plomb se combine avec elle, et forme une espèce d'emplâtre.

L'alcool d'une pesanteur spécifique de 0,817 dissout la glu à la chaleur de l'eau bouillante. La dissolution, en refroidissant, dépose une matière jaune qui ressemble à de la cire. Le liquide filtré a uue saveur amère, nauséabonde et acide. L'eau en précipite une substance de nature résineuse.

L'éther sulfurique dissout facilement la glu, et en grande quantité. La dissolution est verdàtre. Si l'on y ajoute de l'eau , il s'en sépare une substance huileuse, qui a quelque ressemblance avec l'huile de lin. Par l'évaporation on obtient une substance adipeuse, de couleur jaune, ayant la mollesse de la cire. L'huile de térébenthine dissout aisément la glu.

Telles sont les propriétés de la glu artificielle , que Bouillon-Lagrange a reconnues par ses recherches sur cette substance *. Il est évident que l'acide acétique, le mucilage, les corps alcalins et terreux qu'elle contenait , doivent être considérés comme des substances qui lui sont étrangères. En l'examinant après les en avoir séparées, l'analogie entre la glu naturelle et la glu artificielle est suffisamment évidente.

* Kicholson's Journ, XIII, \$6.

SECTION XXVL

Des résines»

L'opinion actuelle des chimistes, est qu'il y a le même rapport entre les résines et les huiles volatiles , qu'entre la cire et les huiles/£re.s. On considère la cire comme une huile fixe saturée d'oxigène , et les résines comme des huiles volatiles saturées du même principe.

Les résines sont très-nombrenses, et constituent un des genres les plus importans des substances végétales, à raison de leurs propriétés particulières et des usages divers auxquels elles sont applicables. Jusqu'à ces derniers temps encore les chimistes en avaient négligé l'examen-, ils se contentaient des renseignemens qui leur étaient fournis par les artistes et les manufacturiers. On avait en conséquence admis dans les différens traités de chimie beaucoup d'opinion? erronnées relativement à ces substances. Ce sujet a dernièrement fixé l'attention de Hatchett, que des connaisances profondes et un talent heureux pour bien saisir les phénomènes qui se présentent, rendaient particulièrement propre à remplir cette tâche; c'est à lui que je dois les faits les plus importans que j'ai à énoncer dans cette section.

origine. Les résines exsudent souvent spontanément des arbres; elles découlent fréquemment aussi d'incisions qu'on y pratique à cet effet, et elles sont assez communément alors à l'état de combinaison avec de l'huile volatile dont on les sépare par la distillation. On peut se faire une idée de ce que signifie le mot résine , en apprenant que la poix-résine ordinaire fournit un exemple parfait d'une résine, et que c'est de cette substance que tout le genre a tiré son nom; car on donne fréquemment à la poix-résine la dénomination de résine.

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