‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 43 sur 228 · Les résines se distinguent par les propriétés suivantes · texte numérisé non relu

Les résines se distinguent par les propriétés suivantes

Propriétés. ï' Ce sont des substances solides et naturellement cassantes ; elles ont un certain degré de transparence , et sont d'une couleur inclinant le plus ordinairement au jaune. Leur saveur est plus ou moins acre, et elle ressemble assez à celle d'huiles volatiles; mais elles n'ont pas d'odeur, à moins qu'elles ne contiennent des corps étrangers. Elles sont toutes

résines. i43

phis pesantes que l'eau-, toutes elles sont non conducteurs de l'électricité; et par le frottement elles s'électriseut négativement.

*. Leur pesanteur spécifique varie considérablement, peuntou comme on peut le voir dans la table suivante ' : ip«H».

Elcmi....< 1,0182

Animé i,02"'4

Résine highgate i,o4^2

Copal 1,069 3

Tacamahaca 1 ,0460

Poix-résine 1 ,0727

Mastic 1,0742

Sandaraque 1 ,0920

Laque M^go

Labdanum 1,1862

3. En chauffant les résines, elles se fondent; et si la cha- >c(!on leur est suffisante, elles brûlent avec une flamme forte et de la ^ai«»«? jaune, en répandant en même-temps une grande quantité de

fumée.

4. Elles sont toutes insolubles dans l'eau, soit froide, soit Eao, chaude; mais si on les fait fondre avec de l'eau, ou qu'après

les avoir mêlées avec de l'huile volatile, on les distille avec de l'eau , elles semblent s'unir à une portion de ce liquide : car elles deviennent opaques, et perdent beaucoup de leur fragilité. C'est du moins ce qu'on observe en traitant ainsi la poix-résine ordinaire.

5. Elles sont toutes, à un petit nombre d'exceptions près, Alcool solubles dans l'alcool, et spécialement à l'aide de la chaleur. et e'Ut:'"' La dissolution est ordinairement transparente; et en évaporant l'alcool, on obtient la résine sans altération dans ses propriétés. L'alcool, suivant Tingry, ne prend jamais plus

des o,33 de son poids de résine. Lorsqu'on ajoute de l'eau a la dissolution, elle devient laiteuse, et la résine se dépose sous la forme d'une poudre blanche. Les résiues sont solubles aussi dans l'éther sulfurique.

6. Plusieurs des résines sont solubles dans les huiles fixes, maie*

' Ces pesanteurs spécifiques furent déterminées par Brisson. Les écrivains avant lui diffèrent tellement entr'eux, qu'il y a tien der soupçonner que les substances examinées n'étaient pas toujours celle» auxquelles nous donnons à-présent les mêmes noms.

* D'aprùs mes essais. * Ibid,

spécialement dans les huiles siccatives. Elles se dissolvent, pour la plupart, dans les huiles volatiles; au moins dans l'huile de térébenthine , qui est celle qu'on emploie le plus généralement.

Alcalis. y# Hatchett est le premier qui examina l'action des alcalis fixes sur les résines, et il s'assura que les lessives alcalines les dissolvent avec facilité, ce qui se trouvait en opposition avec les opinions reçues parmi les chimistes. Il réduisit en poudre une certaine quantité de poix-résine commune, et y ajouta peu-à-peu une lessive bouillante de carbonate de potasse : il obtint une dissolution parfaite, d'un jaune clair, qui continua d'être permanente, après une longue exposition à l'air. L'expérience réussit également avec le carbonate de soude, et avec des dissolutions de potasse ou de soude caustiques. Chacune des autres résines, qu'il a essayées, se dissolvait aussi bien que la poix-résine. Rien ne prouve mieux que de tels résultats, la nécessité de répéter les expériences de ceux qui nous ont précédés, avant d'ajouter foi à leurs assertions. Il y a lieu de déduire de la découverte de Hatchett des conséquences très-importantes. On savait bien que les fabricans de savon, en Angleterre, étaient dans l'usage de mettre de la poix-résine dans leurs cuites , et que c'est à cette addition que le savon doit sa couleur jaune, son odeur et sa facile dissolubilité dans l'eau. Ce fait aurait dû suffire aux chimistes, pour les porter à soupçonner que les résines ont la faculté de se dissoudre dans les alcalis : mais quelque notoire qu'il fût, on n'en avait pas tiré cette conclusion.

Ces dissolutions alcalines des résines ont les propriétés du savon, et on peut les employer comme détersifs. Lorsqu'on mêle ces dissolutions avec un acide, la résine se sépare en flocons, qui sont ordinairement de couleur jaune, et elle n'est que peu altérée dans sa nature.

L'ammoniaque n'agit qu'imparfaitement sur les résines ; olîe ne forme de dissolution complète avec aucune de celles qu'on a essayées jusqu'ici.

AcM^s. 8. Les chimistes ont été pendant long-temps dans la

persuasion que les acides n'agissent pas sur les résines. Ils se fondaient , à cet égard , sur les effets connus de l'action de l'acide nitrique sur les huiles, et sur l'ancienne théorie dérivant de cette action , au moyen de laquelle on considérait les résines comme des combinaisons d'une huile

et d'un acide1. Hatchett reconnut le premier que cetle opinion aussi était erronée ; et il lit voir que la plupart des acides dissolvent les résines avec facilité , en produisant des phénomènes différeus selon les circonstances.

Lorsqu'on soumet à l'action de l'acide sulfurique une résine quelconque réduite en poudre, cet acide la dissout trèspromptcment. La dissolution est d'abord transparente , d'un brun jaunâtre, et avant la consistance d'une huile visqueuse; lorsqu'on y ajoute de l'eau, la résine se précipite presque sans altération. Si l'on met la dissolution sur un baiu de sable , sa couleur devient plus foncée ; il se dégage du gaz acide sulfureux , la liqueur s'épaissit et finit par prendre une couleur d'un noir intense *. Si l'on étend d'eau la dissolution, quelque temps après qu'elle a été complètement opérée , et avant qu'elle ait acquis la couleur noire foncée ; et si , après avoir fait digérer alors le résidu dans l'alcool , on en sépare ensuite ce liquide par la distillation , ce qui reste est en partie soluble dans l'eau froide , et la portion dissoute a les propriétés du tannin artificiel 3. Ainsi il paraît que l'acide sulfurique dissout non-seulement les résines, mais qu'il continue d'agir par degrés sur elle , après que la dissolution est complète , en les convertissant d'abord en tannin artificiel , et en les réduisant ensuite en charbon ; car le dernier état noir de la dissolution est dû à la production de cette substance. Le charbon ainsi formé est dense , et brûle plutôt à la manière du charbon minéral que comme un charben végétal. La quantité en est aussi très-considérable. La table ci -jointe présente la proportion de charbon qu'obtint Hatchett, en faisant digérer différentes résines dans l'acide sulfurique, en lavant bien le résidu , et en séparant le tannin par l'alcool et par l'eau 4.

La quantité de résineemployée était toujours de ioo parties.

Copal 67 parties.

Mastic 66

Elemi 65

Tacamahaca 62

Ambre 56

Poix-résine 45

1 Hoffman , Observ. phys. cbim. sélect, p. 55.

» Hatchett on an artificial tanning substance. Phil. Trans. 180S,

* Hatcbett thinl séries of expcriraenls. Phil. Trans. 1S0G.

* Hatchett, iùid.

lulfuriqu'

Chartou

proi'ait.

La quantité de charbon, formée par ce procédé, est trèsremarquable. Les mêmes substances , charbonnées à la manière ordinaire , en les chauffant au rouge dans des vaisseaux fermés , ne fournissent que très-peu de charbon ; car Hatchett n'en obtint de 100 parties de plusieurs d'entre elles * que les quantités suivantes; savoir :

Mastic 4,5o parties.

Ambre 5,5o

Poix-résine o,65

Acjje nitrique. L'acide nitrique dissout aussi les résines avec facilité , mais non pas sans changer leur nature. Hatchett fut conduit le premier à examiner l'action de cet acide sur les résines , en observant qu'elles sont séparées par les acides de leurs dissolutions dans les alcalis à l'état d'un précipité caillé; mais que lorsqu'on ajoutait de l'acide nitrique en excès , tout le précipité se redissolvait au degré de chaleur de l'eau bouillante. Ce fait remarquable, qui n'avait pas lieu lorsque c'étaient les acides sulfurique ou hydrochlorique qu'on employait, le détermina à essayer si les résines étaient solubles dans l'acide nitrique. Il versa de cet acide d'une pesanteur spécifiquedei,38, sur de la poix-résine réduite en poudre , et introduite dans une cornue tubulée ; et au moyen de distillations plusieurs fois répétées, il obtint une dissolution complète , d'un jaune brunâtre. La dissolution s'opéra beaucoup plus rapidement dans un matras ouvert qu'à vaisseaux fermés. Exposée à l'air , la dissolution continue d'être permanente. Lorsqu'on y ajoute de l'eau , elle se trouble ; mais si l'on fait bouillir le mélange , le tout se dissout de nouveau. Hatchett ayant recueilli le précipité, séparé de la liqueur par la filtration , il lui trouva encore plusieurs des propriétés de la résine. La potasse, la soude et l'ammoniaque précipitent la résine de sa dissolution dans l'acide nitrique ; mais un excès de ces alcalis redissout le précipité , et forme des liquides de couleur orangé brunâtre. En dissolvant la résine dans l'acide nitrique bouillant , il se dégage en abondance du deutoxide d'azote ; et si l'on jette la résine pulvérisée dans de l'acide nitrique froid, il se produit tout-àcoup une effervescence considérable , et il se forme une

* Hatchett Third séries of cxpeiimeiits. Phiî. Traus. 180G.

hésites. ] \y

masse poreuse, ordinairement de couleur orangé fon< <■ .

Lorsqu'on laisse, pendant assez long-temps île l'acide nitrique en digestion siir une substance résineuse, et que l'acide est en quantité suffisante , la résine dissoute est compta* tement altérée dans sa nature; elle n'est pas précipitée par l'eau , et elle donne , par l'évaporation , une substance visqueuse , d'un jaune foncé , également soluble dans l'eau et dans l'alcool , et qui paraît tenir le milieu entre la résine et l'extractif1. Si l'on soumet de nouveau cette substance à l'action Tannin formé. de l'acide nitrique, elle acquiert peu-à-peu les propriétés du tannin artificiel2. Ainsi il paraît que l'acide nitrique altère par degrés la nature de la résine , eu produisant dans cette substance une suite de changemens qui finissent par la réduire en tannin artificiel , sur lequel l acide nitrique n a point d'action.

L'acide hydrochlorique et l'acide acétique dissolvent lea- Acide acétioue; tement la résine , et on peut l'en précipiter de nouveau sans altération. Hatchett, à qui nous devons la connaissance de toutes ces dissolutions , recommande, pour les analyses végétales , l'emploi de l'acide acétique comme un excellent dissolvant des résines. Il s'en servit lui-même avec succès dans son analyse des différentes variétés de laque 3.

g. En distillant les résines à feu nu, on obtient, suivant Distillation. Gren , du gaz hydrogène carboné , du gaz acide carbonique, une très-petite portion d'eau acidulée et beaucoup d'huile empyreumatique. Le charbon est léger , brillant et ne contient pas d'alcali 4.

10. Lorsqu'on expose pendant quelque temps à l'air des Les résine-.

., i -i n1 l ii1- •« supposeei être

huiles volatiles , elles prennent de la consistance , et acquie- deshuiles i u rent les propriétés des résines. Pendant que ce changement à'roxigeuo. s'opère elles absorbent une certaine quantité d'oxigène de l'air. Westrumb mit deux grammes d huile de térébenthine dans 655 centimètres cubes de vapeur de chlore. Il y eut production de chaleur-, l'huile s'évapora peu-à-peu, et prit la forme de résine jaune 5. Proust observa qu'en exposant à l'air de l'huile volatile, elle se convertit en partie en résine,

* Halcliett's Additionnai experim^nts artificial tannin subslanct Phil. Trans. i8o5. «■ Ibid. Phil. Trans. iScj.

3 Phil. Trans. 1804. :

* Handhuch, II , 1^0.

6 Crell's Annals, I, 1700.

l4'3 PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES.

et en partie en un acide cristallisé. Cet acide est ordinairement ou l'acide benzoïque ou l'acide camphorique. On voit ainsi que l'huile se convertit en deux 'substances distinctes. Il y a , pendant que cette conversion s'opère , absorption d'oxigène , et Fourcroy a remarqué qu'il se forme aussi de l'eau *. Il paraît résulter de ces faits que la résine est de l'huile volatile privée d'une portion de son hydrogène, et combinée avec l'oxigène. Les expériences de Hatchettont donné beaucoup de consistance à cette théorie.

Il n'y a aucun doute que les différentes résines contiennent des proportions diverses d'oxigène, de carbone et d'hydrogène, qui en sont les seules parties constituantes. Il n'a été analysé jusqu'à-présent que deux résines, avec la précision convenable pour nous mettre en état d'évaluer le nombre d'atomes qui entrent dans leur composition. Ces deux résines sont la poix-résine commune et la résine copale ; la poix-résine est composée, suivant l'analyse de Gay-Lussac et Thénard , de

Oxigène i5,337

Carbone 76,944

Hydrogène... 10,719

Le plus petit nombre d'atomes correspondant à cette analyse est

2 atomes oxigène- . ss 2 i3,44

1 5 atomes carbone. . = 11, 20 75,65

1 5 atomes hydrogène = 1,625 10,93

On ne peut savoir si cette table présente la constitution réelle de la poix-résine, qu'autant qu'on aura déterminé le poids d'un atome de cette substance par son union à des substances avec lesquelles elle entre en combinaison dans <les proport ious définies. Mais nous pouvons être certains que ce poids est ou izj^S, ou quelque multiple de ce nombre; et, d'après cette composition, on voit que la poix-

* Fourcroy.

* Recherches physico-chimiques, II, 3j3-

RÉSINES. l49

résine peut être convertie en totalité par la chaleur, en

Eau • 2,25

Gaz hydrogène perearboné. 9,02.5 Carbone 5,ooo

La résine copal est formée, suivant Gay-Lussac et Thénard,de

Oxigène i o,Co6

Carboue 7°\8 1 1

Hydrogène i 2,585

Le plus petit nombre d'atomes, d'après cette analyse, serait

2 atomes oxigène = 2 io,8i

19 atomes carbone =: i4,25 77,02

18 atomes hydrogène. . . = 2,20 12,17 09 t8,5o 100,00

La résine copal contient alors 5 atomes d'hydrogène et 4 atomes de carbone de plus que la poix-résine , et elle peut être convertie en

Eau 2,20

Gaz hydrogène perearboné. . i4,oo Carbone 2,s5

1 1. Hermbstadt assure que pour reconnaître dans une substance végétale la présence de la résine, il sufiit de la pulvériser, de verser dessus de l'éthcr suliurique, et d'exposer l'infusion à la lumière. Si cette substance contient de la résine, l'éther prendra une couleur brune.

II. Après avoir décrit les propriétés générales des corps àesYésC„.s résineux, nous allons examiner plus particulièrement ceux de ces corps les plus importaus, alin de pouvoir déterminer jusqu'à quel point chacun d'eux présente les caractères généraux de résines, et de iixer les propriétés particulières qui les distinguent entr eux. Les résines les plus remarquables sont les suivantes :

1. Poix-résine. On retire la poix-résine de plusieurs Poîx"risi

* Recherches physico-chimiques, II, 3)4.

l5o PAftTJSS CONSTITUANTES DliS PLANTES.

espèces de sapins, telles que les pinus abies, silvestris, lariarj halsamea. On sait qu'il exsude du piuus silvestris, ou pin ordinaire d'Ecosse, un suc résineux qui se durcit en larmes. La même exsudation se manifeste dans le pinus abies ou sapin élégant. Ces larmes constituent la substance appelée thus ou encens ordinaire. Lorsqu'on dépouille ces arbres d'une certaine portion de leur écorce, il en découle un suc qui se durcit par degrés. Ce suc a reçu des noms différens, suivant la plante d'où on le recueille. Le pinus silvestris fournit la térébenthine commune; le larix , la résine de mélèze; le balsamea, le baume de Canada, etc. Tous et s sucs, qu'on distingue ordinairement par le nom de térébenthine, sont considérés comme étant composés de deux substances, l'huile de térébenthine et la poix-résine. Lorsqu'on distille la térébenthine, l'huile passe et la poix-résine reste.En continuant la distillation jusqu'à siccité, on a pour résidu la substance connue sous le nom de poix-résine ordinaire ou colophane. Mais si l'on mêle de l'eau avec l'huile de térébenthine pendant qu'elle est encore fluide, et qu'on incorpore ces deux liquides ensemble par une agitation violente, la masse qui en résulte est la poix-résine jaune. Les incisions faites dans les sapins se recouvrent pendant l'hiver d'une substance blanche cassante appelée' barras ou galipot, qui consiste dans de la poix-résine unie à une petite portion d'huile. La poix-résine jaune, qu'on obtient en fondant et en agitant cette substance dans l'eau , est préférée pour la plupart des usages, parce qu'elle est plus ductile, ce qui est probablement dû à ce qu'elle contient encore de l'huile \ Ou a déjà décrit dans la première partie de cette section les propriétés de la poix-résine. Ses usages sont très-multipliés et bien connus.

Mastic, 2. Mastic. On obtient le mastic du pistacea lentiscus ,

arbre qui croît dans le Levant, et particulièrement dans l'île de Chio. Lorsqu'on fait des incisions transversales dans cet arbre, il en exsude un fluide qui se solidifie promptement en grains jaunâtres cassans et demi-transparens3. On le vend dans cet état sous le nom de mastic. Cette substance se ramollit dans la bouche -, mais elle y donne très-peu de saveur :

' Ncumatm's Chemistry, p. 28O.

» lùlll. p. 2Ç)~.

ce qui a porté les chirurgiens à s'en servir pour remplir les cavités des dénis cariées. En chauffant le mastic, il se fond et exhale une odeur suave. Cette substance a une légère saveur, mais qui n'est pas désagréable. On prétend qu'en Turquie on en fait encore usage eu la mâchant, afin de rendre l'haleine plus douce , et de fortifier les gencives. On suppose que c'est à raison de ce qu'on l'emploie aiusi comme masticatoire, que cette résine a reçu le nom de mastic *. Cette substance ne se dissout pas complètement dans l'alcool-, il s'en sépare pendant la dissolution une substance molle et élastique. La proportion de cette substance s'élevait, dans les expériences de Neumaun , aux o,o83 environ du mastic2. Mais dans celles plus récemment faites par M. Mathews, elle était de près des 0,20 3. La nature de cette portion, £0 insoluble fut d'abord examinée par Kiud*. Il lui trouva toutes les propriétés du caoutchouc. M. Mathews répéta depuis ces expériences, et il en obtint un résultat semblable s. Cependant M. Brande a observé qu'en faisant sécher cette substance insoluble , elle devient cassaute, et, sous ce rapport, elle diffère du caoutchouc. lia remarqué aussi qu'en faisant passer un courant de vapeur de chlore à travers la dissolution alcoolique du mastic, il se précipite une substance dure et élastique, précisément semblable à la première portion insoluble6. Lorsqu'on distille le mastic, soit avec de leau, soit avec de l'alcool, il ne passe rien de considérable avec ces liquides ; mais Hoffmann reconnut que si l'on mêle d abord la résine dans un mortier . avec une quantité égale à son poids de carbonate dépotasse, et qu'on la distille ensuite avec de l'alcool , le liquide passe imprégné tout-à-laf'ois de l'odeur et de la saveur du mastic7. Avec les autres agens, cette substance présente les mêmes phénomènes que ceux décrits dans la première partie de cette section.

■ Xeumann's Chemistrj', p. îgS.

» Ibid.

3 Micholfiba's Journ. X , 247.

* Crell's Armais , 1794» il» >S5.

5 Nieholson's Joura. X, a'17.

d Plul. Mag» X'XVIIL D'après ces expériences et aussi celle* du docteur Wollaston , sur celle substance, ou ne peut guère douter que cène soit un principe végéta] particulier. On pourrait le caractériser ainsi : cassant , défiai-transparent ; fusible comme la résine . insoluble clans l'ean et tL.ns l'alcool, se dissolvant dansl'ether.

^ rlofl'niin, Observ. pbys, chim. scluct. p. GS.

»ndaraque. 3. Cette résine est fournie par le thuya articulata , qui croît en Barbarie. Elle exsude spontanément, et ordinairement sous forme de petites larmes arrondies de couleur brune, et demi-transparentes, qui ressemblent au mastic, ai ce n'est qu'elles ont pius de transparence, et qu'elles sont cassantes. Par la mastication cette résine ne se ramollit pas comme le mastic, mais elle se réduit en poudre. M. Mathews trouva qu'elle se dissolvait presque complètement dans huit - fois son poids d'alcool. Le résidu était une matière étrangère *'. Elle ne se dissout pas dans le suif ou dans l'huile comme la résine ordinaire 2. Hatchett s'assura que la sandaraque se dissout dans les alcalis et dans les acides avec les mêmes phénomènes que présente la résine commune 3. Uémi. /j. Cette résine est le produit de Yamyris elemifcra , arbre qui croît dans le Canada et dans l'Amérique espagnole. On faic des incisions à lecorce dans les temps secs, et.on laisse le suc résineux qui en découle se durcir au soleil. Il vient en Angleterre sous forme de gâteaux arrondis enveloppés dans des feuilles d'iris. La résine élémi est d'une couleur jaune pâle, et demi-transparente. Elle est d'abord un peu molle, mais elle se durcit en la gardant. Elle est d'une odeur forte et suave, mais qui s'affaiblit peu -à-peu. Neumann trouva que l'alcool dissolvait les o,g4 de cette substance. Le reste, qui consistait principalement dans des impuretés, se dissolvait en partie dans l'eau. Si l'on distille cette résine avec l'eau ou avec l'alcool , le liquide qui passe dans l'un et l'autre cas est fortement, imprégné de son odeur agréable. Avec l'eau il passe une huile volatile aromatique qui forme environ les 0,062 de la résine employée 4.

eumnhae*. 5. On retire cette résine an fa gara octandra , et Ton

1 INicholson's Journ. X, 2^6,

3 Ibid,

6 Gièse, pharmacien d'Angsbourg , annonça dans le Scherer's Journ. 180-2, p. 53G, que la samia raque ne se dissout pas complèt ment dans l'alcool , et que le résidu sYlèvc aux 0,30 environ île la matière employée. Il regarde oe résidu comme une substance particulière, M. Mathews a prouvé, par une suite d'expériences, que cette assertion n'est pas exacte. Je ne doute pas que Gièse n'ait employé du mastic an-lieu de sandaraque , et que la substauce décou- Tcrte ne soit du Cfi utchouc.

* Weumanii's Chem. p. 20G.

RESINES. I0«

suppose que le populus balsamifera la produit aussi. Elle nous vieut de l'Amérique eu grosses masses oblongues enveloppées dans des feuilles d'iris. Elle est légèrement brune, très-cassaute, et se fond aisément lorsqu'on la chauffe. Quand elle est pure elle a une odeur aromatique qui tient de l'odeur de la lavande et de celle du musc Lorsqu'on la distille avec de l'eau ou de l'alcool, il ne passe rien avec ces liquides. Lorsqu'elle est pure elle se dissout complètement dans l'alcool, et l'eau n'a sur elle aucune action *.

6. L'hymenœa courbai il OM le carovge, arbre de 1 Ame- Anime rique septentrionale, nous fournit la résine animé. Celle résine ressemble beaucoup par son aspect à la résine copal ; mais ce qui les fait aisément distinguer l'une de l'autre, c'est que la résine animé se dissout avec facilité dans l'alcool, ce qui n'a pas lieu à 1 égard de la résine copal. Ou se sert trèssouvent , dit-on , de cette résine dans la composition des vernis. L'alcool la dissout complètement. Suivant les expériences de Keumann , leau en dissout environ les o,oj2 ; et lorsque la décoction est évaporée, il reste une masse onctueuse qui est buileuse au toueber. Eu distillant la résine animé avec l'alcool, ce liquide acquiert l'odeur et la saveur de cette résine. Si c'est avec de l'eau qu'on la distille, l'eau qui passe présente à sa surface une petite quantité d huile volatile *.

y. C'est le cistus creticus^ arbrisseau qui croit dans la Ladanum. Syrie et dans les îles de la Grèce , qui produit la résine ladanum ou labdanum. La surface de cet arbrisseau est couverte d'un suc visqueux qui, à l'état concret , forme le ladanum. On le recueille pendant qu'il est humide en faisant passer sur l'arbrisseau une espèce de ratissoire à laquelle sont fixées des lanières de cuir. On en détache ensuite le suc en les raclant avec un couteau. 11 est toujours mêlé avec de la poussière et du sable, quelquefois même en grande quantité. La meilleure espèce de ladanum est en masses de couleur foncée presque noire, et très-molles, avant une odeur suave et une saveur légèrement amère. Les espèces, même les meilleures, contiennent toujours environ les o,25 d'impuretés. L'eau dissout un peu plus des o.o83 de la portion pure , et

1 Nemnann's Cliem. p. 2g5, » Ibid. p. 297.

l5[ PARTIES CONSTITUANTES DIS PLANTES.

l'on assure que la matière dissoute a les propriétés de la gomme. Lorsqu'on distille le ladanum avec l'eau, il passe une petite quantité d'huile volatile. Avec l'alcool ce liquide passe également imprégné de la saveur et de l'odeur de la résine *.

Eotr,f -La ^' ■^■esine Botany-Bay. On prétend que cette résine est

un produit de [acarois resinifera , arbre très-abondant dans la Nouvelle-Hollande, spécialement près de Botai^-Bay. il en fut apporté vers l'an 1799, des échantillons à Londres, où l'on lit l'essai de cette substance comme médicament. On trouve quelques détails sur cette résine dans le voyage du gouverneur Philips 2 , ainsi que dans le journal d'un voyage de White, à la Nouvelle-Galle méridionale 3. Mais c'est au professeur Lichtenstein que nous devons la connaissance et la description de ses propriétés chimiques. Il s'en procura des échantillons à Londres, et fit insérer le résultat de ses expériences dans le journal de Crell +.

La résine Botany-Bay exsude spontanément du tronc de l'arbre singulier qui la fournit, surtout si l'on en entaille lecorce. Le suc est d'abord fluide, mais il devient peu-à-peu solide lorsqu'on le fait sécher au soleil. Suivant le gouverneur Philips, on ramasse ordinairement cette résine dans le sol qui entoure l'arbre, celte substance ayant sans doute découlé spontanément syr la terre. Elle est en morceaux de différentes grosseurs de couleur jaune, excepté lorsqu'elle

Propriétés. est recouverte d'une croûte grise verdâtre. Cette substance est ferme, et cependant facile à casser -, lorsqu'on la pulvérise elle n'adhère pas aux parois du mortier, et ne se forme point en gâteaux. Dans la bouche elle se réduit facilement en poudre sans s'attacher aux dents. Elle a seulement une saveur astringente légèrement sucrée. Elle se fond à une chaleur médiocre. Mise sur des charbons ardens, elle brûle jusqu'à ce qu'elle soit réduite en charbon, en répandant une fumée blanche qui a une odeur suave un peu analogue à celle du storax. Lorsqu'on la jette dans le feu elle augmente la flamme de la même manière que la poix. Elle communique à l'eau le goût du storax , mais elle ne se dissout point dans ce

* Neumann's Clicm. p. qç)5.

* Duncan's New rlispensatory, p. Go.

3 A[>|)cndix , p. 2'|5.

4 '7D9> ll> 2i-{-

RÉSINES. *5ô

liquide. Lorsqu'on ta fait digérer dans l'alcool, il s'en dissout les 0,67 ; les o,33 restant consistent dans une partie de matière extractive soluble dans l'eau, ayant une saveur astringente, et dans deux parties de libre ligneuse et autres impuretés, entièrement insoluble et sans saveur. La dissolution des 0,67 est de couleur brune, ayant l'apparence et l'odeur d'une dissolution de benjoin. L'eau la précipite sans altération. Elle fournit à la distillation , de l'eau , de l'huile empyreumatiqne et du charbon ; mais elle ne donne pas la plus légère trace d'acide, d'alcali ou de sel, pas même quand on la distille avec l'eau.

On fit bouillir douze parties de cette résine dans une dis- , Act;on

1 „ , . , , delà »o..da.

solution aqueuse de soude pure . 11 y eut deux parties de la résine dissoutes. Les dix autres parties restèrent flottantes à la surface de la liqueur sous forme de réseau. Par l'évaporatiou d'une partie de la dissolution, on n'obtint point de cristaux. En versant dans une autre portion de cette dissolution de l'acide sulfurique , la résine s'en sépara sans altération. On fit un mélange de cette résine avec deux fois son poids De.,r*cit,a d'acide nitrique, et elle s'éleva à la surface de la liqueur, sans avoir éprouvé de changement dans sa nature; mais par l'application de la chaleur, il se manifesta une grande effervescence. On continua la digestion jusqu'à la cessation de cette effervescence, la résine surnagea, et se réunit en pellicule à la surface du liquide. On la sépara alors par la fittration; elle avait perdu les o,o83 de son poids. La résine ainsi traitée avait acquis une saveur légèrement amère; elle se fondait moins facilement , et l'alcool n'en pouvait plus dissoudre que les o,5o. La dissolution était brune; elle avait la saveur d'amandes amères, et en la mêlant avec de l'eau, il s'y forma un précipité résineux et jaune, d'une saveur très-amère. La portion insoluble, mêlée avec l'eau , ne lit que troubler le liquide qui passa ainsi à travers le filtre. La dissolution dans l'acide nitrique séparée de la résine par In filtration était transparente, de couleur jaune, et d'une saveur amère; elle teignait en jaune les substances qu'on y trempait. Par l'évaporation, elle donna de l'acide oxalique, et déposa une poudre jaune d'apparence terreuse. Cette dernière sub-

* On ne sait pas si , par sodasalze , Liciitenstcin entend designer le carbonate de soude ou la soude pure.

î 56 PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES»

siance était insoluble dans l'eau , et se dissolvait à-peine dans l'alcool. Sa saveur était excessivement amère, et ressemblait à celle du quassia. Elle se mêlait avec la salive, et donnait jaciletnentà la peau et au papier une teinte jaune. Le résidu continuait d'être amer et jaune-, mais il ne produisait aucun précipité avec la potasse et avec le nitrate de chaux '.

Je me suis arrêté long-temps sur les expériences de Lichtenstein , parce que les résultats qu'il en obtint sont trèsintéressans. S'il eût employé des réactifs plus puissans, et opéré à un plus grand degré de chaleur, il aurait probablement devancé les découvertes importantes de Hatchett. La substance amère, dans laquelle il convertissait cetie résine par l'acide nitrique , mérite une attention particulière. Il soupçonna que l'acide nitrique produit les mêmes changemens sur toutes les résines, et il vérifia ce fait à l'égard de la colophane , qui lui fournit aussi une substance jaune amère. On sait, actuellement, d'après les expériences de Hatchett , que faction de 1 acide nitrique sur les résines se termine toujours par la formation du tannin artificiel qui est extrêmement amer.

Résine 9. On trouve dans un ouvrage périodique , publié en Al-

psupiie" noir, lemagne en 1770 , qu'on pouvait extraire du peuplier noirune grande quantité de cire. On annonçait même qu'il avait été établi en Italie une manufacture de bougies faites avec la cire de cet arbre. Cette assertion ayant été reproduite en 1804, Schrœdrer se détermina à entreprendre une suite d'expériences sur ce sujet. li trouva , qu'en faisant bouillir dans l'eau des bourgeons de cet arbre , et en les exprimant ensuite convenablement , ils fournissaient environ les 0,1 25 de leur poids d'une substance blanche jaunâtre, ayant les propriétés d'une résine , et ressemblant , suivant lui, à la résine jaune de Botany-Bay. En la faisant digérer dans l'eau , on obtient une dissolution colorée qui rougit le papier de tournesol. Cette dissolution se trouble par le refroidissement , et en la faisant évaporer, elle dépose de petits cristaux a. Résine verte. io. La résine verte, qui constitue la matière colorante des feuilles des arbres, et de presque tous les végétaux, est insoluble dans l'eau , et se dissout dans l'alcool. Les expé-

■ Lichtenslcin , Crelfs Joum, 179?) i 11,2.^3. 3 Schrœder, Gchlcn's Journ, VI, 5g8.

RÉSINES. I'jJ

rienccs de Proust nous ont appris que quand on la traite , avec le cblore , elle prend la couleur d une feuille fanée et se rapproche d'autant plus, dans ses propriétés , des substances résineuses '.

1 1. Cette substance, qui semble d'abord appartenir à une Copai. classe distincte de résines, a dû particulièrement attirer l'attention à raison de son importance comme vernis. On l'obtint du rhus copalli nu m , arbre qui croît dans l'Amérique septentrionale ; mais on prétend que la résine copal de la meilleure espèce vient de l'Amérique espagnole, et qu'elle est le produit de différons arbres. Hernadez n'en décrit pas moins de huit esnères *.

La résine copal est une substance d'un beau blanc légèrement brunâtre. EUe est quelquefois opaque, et quelquefois presque parfaitement transparente1. Lorsqu'on la chauffe, elle se fond comme d'autres résines; mais elle en diffère, en ce qu'elle ne se dissout dans l'alcool et dans L'huile de térébentbine qu'à l'aide de précautions particulières. Elle ne se dissout pas non plus dans les huiles fixes avec autant de facilité que les autres résines. Elle ressemble, jusqu'à un certain point, dans son aspect, à la gomme animé; mais on la distingue facilement de cette dernière substance , à raison de la faculté qu'elle a de se dissoudre dans l'alcool, et parce que la résine copal se brise entre les dents lorsqu'on la mâche , tandis que la résine animé se ramollit dans la bouche 3. La pesanteur spécifique delà résine copal varie, suivant Brisson, de i,o45 à i,i3p,. Je l'ai trouvée de i,o6(j. Hatchett reconnut qu'elle se dissolvait dans les alcalis et dans l'acide nitrique avec les phénomènes ordinaires ; et qu'ainsi , elle se rapportait , à cet égard, aux autres résines. Il trouva à-la-vérité qut ia dissolution de la résine copal dans les alcalis était légèrement opalesceme, mais elle n'en était pas moins permanente; et il est à remarquer qu'il reconnut que la poix-résine, lorsqu'elle a été dissoute dans l'acide nitrique, et précipitée par un alcali, acquiert une odeur analogue à celle de la résine copal. Forme »»

Si , après avoir dissous de la résine copal dans un liquide"'

1 Journ. de Phys. LYI, toG.

1 Lewis, TSeumann's Ghem. p. 209. Il paraît, d'après l'exoosé du docteur Roxburg, que l'arbre des Indes, v alerta indien , fournil une résine, dont les propriétés participent de celles de la résine copal et de l'ambre, jNicholson's Joui a. XXYUj 7a. * Lewis , ibid.

l58 PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES.

volatil quelconque , on l'étend sur du Lois , sur du papier, sur un métal, etc., de manière que le dissolvant volatil puisse s'évaporer, la résine copal reste parfaitement transparente, et forme un vernis des plus beaux et des plus parfaits. Le vernis ainsi produit s'appelle vernis de copal, du nom de cette substance qui en est le priucipal ingrédient-, ce vernis fut découvert en France , où il fut long-temps connu sous le nom de vernis Martin. On fait un secret de la manière de le préparer; cependant ou a publié de temps-entemps divers procédés pour opérer la dissolution de la résine copal dans un menstrue volatil. Parmi ces différentes méthodes, les plus remarquables sont les suivantes. Dissolution Si l'on tient le copal en fusion jusqu'à ce qu'il cesse de aus î^ui e e s-eQ g^^g,» une 0(]etir aromatique , et qu'on le mêle alors avec une quantité égale d'huile de lin , entièrement décolorée par son exposition aux rayons solaires , le copal s'unit à l'huile , et forme un vernis qu'il faut faire sécher au soleil*. Vernis Un fabricant de vernis du Japon , très-ingénieux, établi à

«.es vermsseuw Q]ascow ^ ra'a donné communication de la méthode qu'emploient les vernisseurs anglais pour préparer le vernis de copal. On fait fondre dans un matras de verre quatre parties en poids de résine copal réduite en poudre ; on maintient le liquide en ébullition jusqu'à ce que les vapeurs condensées sur la pointe d'un tube introduit dans le matras , tombent en gouttes au fond du liquide sans produire aucun sifflement , comme le fait l'eau ; ce qui prouve que toute l'eau est dissipée, et que le copal a été tenu pendant assez long-temps en fusion. On y verse alors nue partie d'huile de \m bouillante ( qu'on a préalablement fait bouillir dans une cornue sans aucune addition de protoxide de plomb ), et on mêle bien le tout. On retire alors le matras du feu , et fou ajoute au liquide encore chaud une quantité égale à son poids d'huile de térébenthine en remuant bien le mélange. Le vernis fait ainsi est transparent , mais il a une teinte jaune, que les vernisseurs tâchent de masquer en donnant une nuance bleuâtre au fond blanc sur lequel ils l'appliquent. C'est de ce vernis qu'on enduit les cadrans des horloges après les avoir peints en blanc. Diwoiutïon En traitant la résine copal avec l'huile de térébenthine

<3.;ns l'huile de '

térébenthine

Docteur Black's Lectures , II , 35g.

RÉSINES. lï>:J

dans des vaisseaux fermés , la vapeur, qui ne peut pas s'échapper, exerce une pression plus grande, et la chaleur s'élève au-delà du terme de L'ébullition. On prétend que c'est cette chaleur additionnelle qui rend alors 1 huile capable de dissoudre le copal. Cette dissolution , mêlée avec un peu d'huile de pavot , forme un vernis qui ne se distingue du vernis Martin que par une très-légère teinte de brun *.

La manière de dissoudre la résine copal dans 1 huile de Dissolution térébenthine , puhliée par M. Sheldrake, paraît être fondée x •aRin^uiaqi.e. sur le même principe que la dernière dissolution. On verse un mélange de 124 grammes d'ammoniaque et d un demilitre d'huile de térébenthine sur 62 grammes de résine copal concassée. On fait bouillir le liquide assez doucement pour qu'on puisse compter les bulles a mesure qu'elles s élèvent; car si on laisse trop diminuer la chaleur, ou qu'on la pousse trop fort , l'opération s'arrête , et elle ne peut plus être reprise. Le matras dans lequel on fait bouillir le mélange doit être fermé par un bouchon de liège, fixé à l'aide d'un iil d'archal , et percé avec une épingle. Lorsque le copal est

Jusqu'entièrement dissous, on arrête l'opération, et on aisse refroidir le liquide avant de déboucher le matras. Ce vernis a une couleur foncée : mais lorsqu'on létend en couches minces, et qu'on le laisse sécher , il perd totalement sa couleur. Son défaut est de sécher difficilement. M. Sheldrake v a remédié en versant la dissolution dans une quantité égale à son poids d huile de noix, rendue siccative par du blanc de plomb, sous-carbonate de plomb, et en agitant ensuite le mélange jusqu'à ce que la térébenthine s'en soit séparée.

Pour rendre la résine copal soluble dans l'alcool, M. Sheldrake dissont d'abord 16 grammes de camphre dans un demilitre de ce liquide , et il verse ensuite la dissolution sur 124 grammes de résine copal. Le matras est placé sur un bain de sable , et l'opération conduite comme celle que je viens de décrire. La dissolution faite de cette manière contient beaucoup de copal , et forme un vernis absolument sans couleur ; mais il faut une forte chaleur pour en dégager le camphre.

M. Sheldrake a publié dernièrement une méthode plus facile pour dissoudre la résine copal.

le c:..

* Docteur Black' s Lectures, II, 35g.

l6o PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTÉS.

Procédé On se procure d'abord un vase très-fort d'étain , ou d'un

de sheidrake. autre métal , de la forme d'une bouteille à vin et de la contenance d'environ i litres. Ce vase est garni à son goulot , qui doit être allongé, d'une anse solidement rivée. On ajuste à son oriiiee un bouchon de liège qu'on perce d'un petit trou, afin de laisser échapper la vapeur , et d'empêcher ainsi le vase de se rompre.

On dissout 16 grammes de camphre dans environ 1 litre d'esprit de térébenthine , et on met la dissolution dans le vase. On y ajoute alors un morceau de résine copal de la dimension d'une grosse noix, qu'on réduit en poudre ou en fragmens. On fixe le bouchon avec du fil d'archal, et l'on place le plus promptemeut possible le vase d'étain sur un feu assez vivement poussé pour que l'esprit de térébenthine soit presque immédiatement porté à l'état d'ébullition, qu'on entretient doucement alors pendant environ une heure. Au bout de ce temps, il y a assez de résine copal dissoute pour faire un très-bon vernis; ou, si l'opération ayant été convenablement conduite , il arrive qu'il n'y ait pas assez de copal dissous , on peut remettre le vaisseau sur le feu , et en le iaisant bouillir lentement pendant un plus long temps, le liquide finit par acquérir la consistance qu'on désire1. Frorédé Van Mons a publié un autre procédé beaucoup plus simple

de Demmenie. qu'aucun de ceux ci-dessus décrits. H lui fut communiqué , dit-il, par M. Demmenie, artiste hollandais. Il consiste à exposer la résine copal à l'action de la vapeur d'alcool. On met à cet effet dans un matras à long col , et jusqu'aux o,z5 de sa capacité, de l'alcool fort , et l'on suspend un peu audessus de la surface de ce liquide un morceau de résine copal ; on pose un chapiteau sur le matras ; on fait bouillir l'alcool. Le copal se ramollit , et tombe goutte à goutte dans l'alcool comme le ferait, une substance huileuse. Il faut arrêter l'opération lorsque ces gouttes cessent de se dissoudre. La dissolution ainsi obtenue est parfaitement incolore. La résine copal peut être dissoute par le même procédé dans l'huile de térébenthine 2.

proCéàé Le professeur Lenormand a recommandé, pour faire le

deLenormaad. vernjs je COpaj } ja méthode qui suit. Ou verse sur des moi-

1 Nicholson's Journ. IX, ifi^.

B Journ. de Cliim. III , ji3.

RÉSINES. l6l

ceaux de résine copal pure de l'huile essentielle de romarin. Ceux de ces morceaux qui ont été ramollis par l'huile sont seuls mis à l'état convenable pour le succès de l'opération , et les autres ne le sont pas. Après avoir réduit les morceaux ramollis en poudre fine, on introduit cette poudre dans ua vaisseau de verre, en n'y en meitaut pas plus que l'épaisseur d'un travers de doigt. On verse sur cette poudre de l'huile de romarin , et on remue bien avec une baguette de verre. Le tout est en peu de temps converti en un liquide très-épais. On verse sur ce liquide de l'alcool, par petites quantités à-la-fois, et on en facilite l'incorporation en agitant doucement le vaisseau, jusqu'à ce que le liquide soit devenu convenablement épais pour s'en servir '.

12. Résine highgaie. Cette substauce fut retirée de la terre à Higbgate près Loudres , dans des essais qu'on faisait

t)our conduire un tuyau de cheminée à travers le coteau. On a trouva en petites masses amorphes de différentes dimensions. Sa couleur est d'un brun jaunâtre léger nuageux. Elle est derai-trausparente; son éclat est résineux, et sa surface est lisse comme si elle avait été pendant long-temps agitée dans l'eau. Elle était moins facile à rompre que la poixrésine ordinaire , mais beaucoup plus que la résine copal. Elle est plus molle que cette dernière ; elle a une odeur résineuse et aromatique , spécialement lorsqu'elle est chauffée. Exposée à la chaleur, elle fond et devient liquide comme l'eau, sans que sa couleur soit altérée ; lorsqu'elle est en gros morceaux , elle ne se dissout point dans 1 eau , non plus que dans l'alcool , la lessive alcaline et l'acide nitrique, mais l'éther la rend opaque et blanche, et tout-à-fait tendre. Elle n'a plus de consistance, et tombe en poudre pour peu qu'on la presse entre les doigts. L'éther en dissout en même-temps une portion qui se dépose lorsqu'on mêle le liquide avec de l'eau. L'acide nitrique dissout en partie la résine higbgate, et la couvertit en partie en une substance de couleur rouge. L'eau précipite la partie dissoute à l'état de flocons blancs d'une saveur amère ; l'acide sulfurique la charbonne aisément à laide de la chaleur. Lorsque cette résine est réduite eu poudre fine, l'alcool en dissout une petite portion. Elle ne se dissout point dans une lessive alcaline *,

• Nicholson's Journ. XXIV, 67. 3 Annals of Philosophy . JI1

JV. n

i3. Laque. C'est une substance déposée, en forme de rayons ou de nids, sur plusieurs espèces d'arbres dans les Iudes orientales, par un insecte appelé chremeslacca. Elle a été apportée en Europe, et on y en fait un très-grand usage de temps immémorial; mais ce n'est que depuis quelques années seulement qu'on a acquis sur sa nature des notionsprécises. C'est à M. Ker ', à M. Sanders 2 etau docteur Roxburgh 3? Histoire. ^ue rJ0US sommes redevables de ce que nous savons relativement à l'histoire naturelle de l'insecte, et à la manière dont la laque se prépare-, car, quoique cette substance fût trèssouvent employée dans les arts, elle avait cependant été négligée par les chimistes. Geoffroy le jeune publia à-la-vérité une dissertation sur ce sujet, mais elle ne contient qu'un petit nombre d'expériences chimiques. Il se borna à la distiller, et il considéra les produits qu'il en obtint comme étant semblables à ceux que donne la cire dans les mêmes circonstances 4. C'est ce qui le porta à regarder la laque comme une espèce de cire. Cette opinion fut adoptée par Neumann5, mais Junker 6 et la plupart des chimistes qui ont écrit depuis, la placent parmi les résines. Hatchett a dernièrement examiné cette substance , et nous en a fait connaître les propriétés ainsi que la composition 7. Nous lui sommes redevables de la plupart des faits qui ont été publiés sur sa nature chimique.

On distingue, dans le commerce, diverses espèces de Variétét. laque. La laque en bâton est la substance qui, daus son état naturel , forme une croûte sur les petites branches. Si on l'enlève et qu'on la fasse bouillir dans l'eau, elle perd sa couleur rouge, et alors on l'appelle laque en graine. Lorsqu'elle a été réduite par la fusion en petites croûtes très-minces, elle prend le nom de laque en écailles. La laque en bâton est d'un rouge foncé, et cède à l'eau une substance de la même couleur qu'on emploie dans la teinture. Les deux autres variétés sont brunes.

Ffojjriété». L'eau dissout la plus grande partie de la matière colorante

' Phil. Trans. 1781 , p. 3-f>.

1 lbul. 1789, p. 107. ' Ibid. 179! , p. 228.

■> Mém. Par. vji j , p. 121.

' Chcmistry, p. 334-

,; Conspectus Chenua;, II, 70.

■ An:ilytical expwrimcnts 011 Jac Phil. Trnns. i8o.|.

RÉSINES. l63

de la laque, et dans une proportion qui varie des 0,1 5 aux o,5o. L'alcool dissout presque toute la résine, qui forme la

Jjartie constituante principale dans la composition de la aque. L'éther agit plus faiblement. L'acide sulfurique dissout la laque et la charbonne peu-à-peu. L'acide nitrique la dissout, et lui fait éprouver ensuite les mêmes change mena qu'aux autres corps résineux. Les acides hydrochlorique et acétique agissent également sur cette substance comme dissolvans. La laque se dissout facilement dans nue dissolution aqueuse de sous-borate de soude. Les proportions les plus

gram. gram. grain.

convenables sont i,ô de sous-borate, 6,5 de laque et 1,24 d'eau. Cette dissolution mêlée avec du noir de fumée constitue l'encre de Chine. Elle peut être aussi employée avec avantage pour beaucoup d'objets de vernis. Les alcalis fixes dissolvent facilement la laque, mais l'ammoniaque ne l'attaque point. Quand on la met sur un fer rouge, elle se fond en répandant une fumée épaisse d'uue odeur assez agréable, et elle laisse un c'narbon spongieux. A la distillation, elle donne une eau légèrement acidulé, et une huile butireuse épaisse. Les gaz qui se dégagent sont un mélange d'acide carbonique et d'hydrogène carboné. La laque en bâton dégage aussi du carbonate d'ammoniaque; mais les deux autres variétés n'en donnent point. On a présenté dans la table qui suit les parties constituantes des différentes variétés de laque, d'après l'analyse de Hatchett.

Laque Laque Laque

en balon. en graine». en écailles.

Résine 68 88,5 90,9 C^fo*»*

Matière colorante. 10 2,5 o,5

Cire G 4,5 4,o

Gluten 5,5 2,0 2,8

Corps étrangers.. .6,5 — —

Perte 4,o 2,5 1 ,8

La résine est moins cassante que ces corps ne le sont ordinairement. La matière colorante a les propriétés de lextractif. La cire est analogue à celle provenant du mirica cerifera , et le gluten a beaucoup de ressemblance avec le gluten du froment *.

* Hatchett, Phil, Trans 1804.

l64 PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES.

Uiagei. On fait un grand usage de la laque dansl'Inde.Elle forme ea Europe la base de la cire à cacheter. On la fond avec de la térébenthine en différentes proportions et avec quelque matière colorante , telles que le noir d'ivoire pour les bâtons de cire noire, et le vermillon pour les bâtons rouges etc. Elle constitue aussi la base de plusieurs vernis auxquels elle a donné son nom *

Ambre *4* L'ambre est indubitablement d'origine végétale, et quoiqu'il diffère des résines dans quelques-unes de ses propriétés, il s'en rapproche tellement par plusieurs autres, qu'on peut, sans inconvénient, le ranger parmi ces substances. C'est aux travaux de Hoffman3 , de Bourdelin3 , de Stockar de Neuforn 4', de Heyer 5 et plus récemment encore aux recherches de Hatchett, que nous devons la connaissance des propriétés de cette substance. La meilleure description que j'aie vue du vernis fait avec l'ambre , est celle de Nils JNystrom ; on la trouve dans les transactions de Stockolm pour 1797 6- Eropriété». L'ambre est une substance cassante, légère, et ordinairement presque transparente -, quelquefois il est à-peu-près sans couleur, mais plus communément il est jaune, et même d'un brun foncé. Il a beaucoup d'éclat. Sa pesanteur spécifique est de i,o65.Ilestsans saveur, et sans odeur, si cen'estlorsqu'ilest réduit en poudre, ou qu'on le chauffe; il répand alors une odeur suave. La chaleur le ramollit; mais, autant que cela est connu, on n'a pas encore pu le fondre sans lui faire perdre quelque chose de son poids, et sans lui faire éprouver quelqu'altération dans son aspect. Etant chauffé fortement, il brûle, et laisse une petite portion de cendres dont on n'a pas encore reconnu la nature. L'eau ne produit aucune action sur l'ambre; mais par une longue digestion, l'alcool en dissout les 0,1 25, et cette dissolution est colorée. Si on mêle cette dissolution ,

■ Le docteur Lewis donne la manière de faire plusieurs de ces ternis dans son Philosophical Commerce of the Arts, p. 223.

» Observ. pbys. chem. p. 60 et 19S.

» Sur le Succin , Me'm. Par. 1742, p. 192.

« Spécimen chem. med. inaugur. de succino in génère, et speciatjmde succino fossili Williolzensi, 1760. Ce traite contient une suite nombreuse d'expériences qui ne s'accordent pas toujours avec celles des autres chimistes. Le traité de Wasserherg sur l'ambre est principalement un abrégé de celui de Stockar.

s Chcmischc versuchc mit. Bcrusteia, 1787.

* Je n'ai connu ce Mémoire <jue par le Journal de Crcll. Il est inséré dans les Annales de Crell, 1799, 11 » 17» et >53:

lorsqu'elle est concentrée, avec de l'eau, elle devient loiteuse. Le précipité a les propriétés d'une résine. L'alcool n'agit point sur le résidu de l'ambre. Lors même qu'on a fait torréûer l'ambre avant que de le soumettre à l'action de l'alcool, la teinture alcoolique se forme toujours, ce qui prouve encore que la partie résineuse de l'ambre ne lui est pas enlevée, à une chaleur capable de la fondre *. Lorsqu'on , Anion

r • i> i i i'o i 11 •! !■ de» alcalis.

traite 1 ambre avec un alcali rixe bouillant, il se dissout, suivant Hoffman , presque complètement , et le composé qui en résulte a les propriétés du savon : car il est soluble dans l'eau et danj l'alcool, et n'est pas précipité par l'eau. Hatchett trouva que les alcalis n'agissent que partiellement sur l'ambre, en produisant avec cette substance une teinture jaune. 11 est probable que cet ingénieux chimiste n'a pas continué l'opération pendant assez long-temps : car j'ai eu occasion de m'assUrer qu'une faible dissolution de potasse est susceptible de dissoudre l'ambre complètement, sans le secours de la chaleur, pourvu qu'on lui laisse le temps d'agir. J'avais formé une faible dissolution de potasse (de sous-carbonate je crois), qui se rapprochait, autant que possible, de la pesanteur spécifique de l'ambre, et j'y mis de cette substance réduite en poudre , afin de voir les courans que le comte de Rumford suppose avoir lieu pendant que le liquide s'échauffe. En examinant l'infusion au bout d'un mois environ, je trouvai tout l'ambre déposé au foud du flacon. J'v ajoutai de l'alcali pour rétablir l'équilibre. Quelque temps après l'ambre était de nouveau au fond de la liqueur, et il fallut augmenter encore la quantité de l'alcali. La dissolution avait alors acquis une couleur jaune. Je crus donc pouvoir expliquer cette précipitation de l'ambre, en supposant que la potasse en avait dissous une partie, et qu'il en était résulté un changement dans la pesanteur spécifique de la dissolution. Ne sachant pas alors qu'on eût fait des expériences à ce sujet, je mis de côté le flacon pour m'assurer du résultat. Trois ans après on apercevait à-peine dans la liqueur deux ou trois parcelles d'ambre, le reste étant complètement dissous.

Les acides faibles n'ont point d'action sur l'ambre. L'acide Des «i^. sulfurique le convertit en une masse résineuse noire. L'acide nitrique agit sur lui; lorsque c'est à l'aide de la chaleur, il se dégage du deutoxide d'azote. L'ambre est converti d'abord

1 — ■■■— — «— mmmm — — — — i pw«> — «i i »

* Hevcr.

l66 PARTIES .CONSTITUANTES DES PLANTES.

en une substance résineuse légère, et il finit par se dissoudre complètement. Heyer, qui fit le premier cette expérience, ne put obtenir ni acide oxalique, ni acide acétique par l'action de l'acide nitrique sur l'ambre. Hatchett s'est depuis assuré, dans le cours de ses expériences, que l'acide nitrique est réellement capable de dissoudre l'ambre, et il trouva que cette dissolution présente les mêmes phénomènes que celle des résines en général, misd'ambre Lcs huiles fixes et volatiles n'ont d'action sur l'ambre que lorsqu'il a été préalablement torréfié ou exposé à une chaleur capable de le fondre. Traité ainsi , il se combine avec les huiles, et la dissolution forme le ■vernis d'ambre. Nystrom eu recommande ainsi la préparation. Il faut étendre l'ambre sur une bassine de fer à fond plat, qu'on doit placer sur un feu égal de charbon de terre jusqu'à ce qu'il se fonde- On retire alors la bassine de dessus le feu , on la couvre avec une plaque de fer ou de cuivre, et on laisse refroidir. Si l'opération a été bien conduite , l'ambre aura perdu les o,5o de son poids. Si le feu a été trop fortement poussé, l'ambre est grillé, et ne peut plus servir. Si le feu a été trop ralenti, l'ambre ne se sera pas fondu, mais il se sera réduit en une croûte brune dont ou pourra bien faire un vernis en la chauffant pendant assez longtemps pour lui faire perdre les o,5o de son poids primitif. On mêle une partie de cet ambre torréfié avec trois parties d'huile de lin (, préalablement rendue siccative avec du protoxide de plomb et du sulfate de zinc ) et on expose le mélange à une douce chaleur jusqu'à ce que l'ambre soit dissous. On le retire alors de dessus le feu, et quand il est presque froid . on y ajoute à-peu-près quatre parties d'huile de térébenthine. On laisse alors reposer le tout, puis on passe la portion claire à travers un linge.

L'ambre donne à la distillation, de l'hydrogène carboné, du gaz acide carbonique, de l'eau acidulé, et ensuite une huile, claire et transparente d'abord, mais qui se rembrunit et s'épaissit peu-à-peu. Vers la lin de l'opération , il se sublime de l'acide succinique. D'après les observations de Voger, il paraît qu'une portion dé la matière jaune qu'on obtient par cette distillation manifeste à-peu-près les mêmes propriétés que la cire *.

* GeHIen's Journ. V, aja

i5. Résine du bitume. Hatchett s'est assuré, que lors- R^ine qu'on fait digérer pétulant assez long- temps dans l'acide ni- dn bllum' trique , de l'asphalte , du caoutchouc minéral , et autres corps semblables , on obtient une quantité assez considérable d'une substance brune ayant beaucoup des propriétés de résines. La houille de Kilkenny, et toute autre variété de houille qui ne contient pas de bitume, sont convertis en tannin artificiel par l'acide nitrique, mais sans donner de résine ; tandis que la houille ordinaire fournit l'une et l'autre de ces substances. Aiusi il paraît que le bitume , traité par l'acide nitrique , a la propriété de fournir une espèce de résine.

Otte substance est d'un brun pâle qui ressemble à la propriété., couleur du tabac d'Espagne. Sa cassure à l'intérieur est d'un brun foncé avec un éclat résineux. Elle ne se fond pas aisément par la chaleur-, mais quand on l'enflamme elle répand une odeur résineuse, tenant de celle des huiles grasses, et elle laisse un charbon beaucoup plus volumineux qu'elle. L'alcool la dissout. L'eau versée dans cette dissolution v produit un précipité, mais il y reste une portion non dissoute qui agit sur les réactifs de la même manière que Xextractif. La saveur de cette substance estamère. Elle paraît par conséquent tenir le milieu entre l'extractif et la résine. Quand on la fait digérer avec l'acide nitrique, elle est facilement convertie en tannin artificiel ; mais lorsqu'elle est mise en digestion avec de l'acide sulfurique elle est transformée en charbon *.

Les corps résineux dont je viens de présenter la description, sont les plus remarquables de ceux que nous connaissons. H y a à-la-vérité beaucoup de substances employées en médecine qui contiennent indubitablement des 'résines; telles par exemple que Yaloès , leja/ap, la serpentaire , l'arnica, etc. ; mais comme ces substances n'ont pas encore été soumises à l'analyse chimique, il serait inutile de s'y arrêter.

* Hatcliett's Third. séries ofexpen Trans. 1806.

Qicnts on artiGcial tannin Phi'

68 Parties constituantes des plantes.

SECTION XXVII

Du Gaïac.

ôiigifie. On obtient cette substance du guaiacum officinale $ arbre qui croît clans les Indes occidentales , dont le bois est très-dur et très-pesant. La résine en exsude spontanément ; mais on l'en fait aussi découler artificiellement en le coupant en buches qu'on chauffe à l'une de leurs extrémités, après les avoir préalablement percées sur leur longueur ; la résine fondue coule par celle des extrémités, qui est la plus éloignée du feu. On fait usage depuis très-long-temps en médecine de cette substance. On en recommanda originairement l'emploi dans les maladies vénériennes. On ne sait rien relativement à son introduction en Europe.

Les chimistes la considérèrent pendant long -temps comme une résine; mais Hatchett observa, qu'en la traitant avec l'acide nitrique, eile fournissait des produits bien différais de ceux des corps résineux ', c'est ce qui détermina M. Williams Brande à examiner avec détail ses propriétés s. Nous devons à son excellent mémoire sur ce sujet les connaissances exactes que nous avons acquises sur la nature de cette substance»

propriétés. i . Le gaïac est un corps solide , qui ressemble beaucoup dans sou aspect à une résine. Sa couleur varie considérablement, dans les nuances de brun, de rouge et de vert ; mais il devient toujours vert quand on l'expose à la lumière avec le contact de l'air 3. Il a un certain degré de transparence. Sa cassure est vitreuse. Lorsqu'on le pile il répand une odeur balsamique assez agréable, mais il n'a presque point de saveur, quoique, lorsqu'on l'avale, il excite une sensation brûlante dans le gosier. Eu le chauffant il se fond, et répand en même-temps une odeur assez forte et aromatique. Sa pesanteur spécifique est de 1,2289 4.

* Second Séries of Experimcnts on artificial tannin. Pliil. Trans, )8o5.

1 Chemical experiments on gaiacum. Phil. Trans. 1806 , et Fhil. Mag. XXV, io5.

1 Wollaston , l\ichoIson"s Journ. VIII, 294.

i Erandc, Phil. Mag. XXV, io5.

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