‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 45 sur 228 · GAÏAC. 17I · texte numérisé non relu

GAÏAC. 17I

en ce que cette substance laisse une grande quantité de charbon, lorsqu'on la distille à vaisseaux fermés. M. Brande trouva que cette quantité s'élève au-delà des 0,00 ; tandis que, dans les mêmes circonstances, les résines n'en donnent jamais plus des o,i5, et très-souvent beaucoup moins.

On peut cepeudant attribuer, ce qui ne paraît pas eu effet invraisemblable, cette différence aux divers degrés de chaleur employés.

La seconde des propriétés particulières du gaïac est la différence d'action qu'il éprouve de la part de l'acide nitrique. Cet acide ne peu! dissoudre les résines qu'a l'aide de la chaleur ; mais il les convertit à froid en une masse brune cassante, tandis que le gaïac se dissout complètement dans cet acide. L'action de l'acide nitrique sur les résines se termine par la formation du tannin artificiel; tandis que cette action sur le gaïac finit par une production d'acide oxalique, différence frappante qui suffit seule pour établir une distinction entre le gaïac et les résines.

La troisième propriété distinctive du gaïac se trouve dans le grand nombre de cliangemens de couleur qu'il subit lorsqu'on traite ses dissolutions par l'acide nitrique, et par le chlore. Le docteur Wollaston observa le premier que le gaïac devient vert lorsqu'on l'expose à la lumière , et. en même temps au contact de l'air ; et que la couleur disparaît par l'application de la chaleur *. Il est donc probable que ce changement est du à loxigène. Les expériences de Brande appuient fortement cette opinion.

Le gaïac mis en contact avec le çaz oxigène , verdit plus Le gaïacform» promptement que par sou exposition a 1 air- Dans la vapeur de chlore, il devient d'abord vert, puis bleu, et ensuite brun ; et si on le met en contact avec l'ammoniaque, il reprend sa couleur verte. De même aussi lorsqu'on traite par l'acide nitrique la dissolution alcoolique du gaïac , on obtient des précipités verts, bleus et bruns, suivant le temps pendant lequel on laisse agir l'acide sur lui. Ces faits donnent une très-grande probabilité à l'opinion énoncée par M. Brande, que les changemens de couleur sont dus à la combinaison de l'oxigène avec le gaïac ; que c'est le vert qui en contient le moins, qu'il est dans sa plus grande proportion dans le brun,

* Nicholson's Journ. VIII , 2g5.

jyt, PARTIES CONSTITUANTES DES PHANTJiîS.

tandis qu'il est en proportion moyenne dans le bleu '. Ainsi dans ses changemens de couleur, le gaïac a quelque ressemblance avec l'indigo. M. Brande a aussi remarqué de l'analogie entre le gaïac et la résine verte des feuilles des plantes.

définition.

Propriétés.

SECTION XXVIII

Des Baumes.

L'application du mot balsam , ou baume , fut originairement restreinte à la désignation d'un suc épais et d'odeur suave que l'on obtenait de X amyris gilcadensis. Les chimistes retendirent depuis à toutes les substances, soit naturelles, soit produites par l'art, qui avaient le même degré de consistance et une odeur forte. Bucquet n'attribua cette dénomination qu'à celles seulement des substances de nature résineuse qui fournissent de l'acide benzoïque lorsqu'on les chauffe. Cette nouvelle signification du mot, qui a été en général adoptée par les chimistes, a fait ranger dans la classe des baumes plusieurs substances qu'on regardait autrefois comme appartenant à celle des résines. Le mot baume renfermait dans l'origine l'idée d'une substance qui avait un certain degré de fluidité ; mais actuellement on distingue deux classes de baumes, l'une fluide, l'autre solide et cassante.

Un baume alors est une substance qui a les propriétés générales d'une résine , mais qui fournit une portion d'acide benzoïque lorsqu'on la chauffe ou qu'on la fait digérer dans les acides. Les chimistes , en général, ont considéré ces corps comme des combinaisons d'une résine avec l'acide benzoïque ; mais Hatchelt nous a fait voir qu'il est probable que l'acide se forme au moment de sa séparation *.

Les baumes sont solubles dans l'eau ; mais lorsqu'on les fait bouillir avec ce liquide ils donnent une certaine quantité d'acide benzoïque. L'alcool et l'éther les dissolvent facilement. Il en est de même des acides forts ; et pendant la dissolution il s'en sépare de l'acide benzoïque. Dans certains cas, l'acide nitrique développe aussi quelques indices d'acide

» Brande, Phil. Mag. XXV. 107.

a Second Séries of Ëxoerimcnls on arlificial Tannin. Phil. Trans. t8o6.

Dimiom:

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