‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 48 sur 228 · BAUMES · texte numérisé non relu

BAUMES

passèrent , étaient sans couleur , et n'avaient qu'une légère odeur de baume. Les g3 grammes qui vinrent après étaient laiteux , et avaient une forte odeur de baume : i! y avait au fond du récipient quelques gouttes d'huile sans couleur. Les 46 grammes qui passèrent ensuite étaient à -peu -près de même nature , si ce n'est qu'ils contenaient plus d'huile. Il s'était sublimé au col de la cornue de trois à quatre grammes d'acide benzoïque. Le feu ayant été augmenté par degrés , il passa dans le récipient i4 grammes d'huile jaune et une certaine quantité d'acide benzoïque. Il resta dans la cornue un charbon noir luisant \

Ce baume chauffé au bain- marie, ne donne qu'une ou Action deux gouttes d'eau et quelques gouttes d'huile *. Si ou le place c eIU' sur un bain de sable, et qu'on le chauffe par degrés , il ne passe rien d'abord ; mais quand la température est parvenue à environ i5o° centigr. , il se sublime de l'acide benzoïque. A 162° centig. , il commence à passer de l'eau et quelques gouttes d'huile. À 2880 centig. , le baume entre en ébullition; et il se développe du gaz. A 3 1 20 centig. l'huile , mêlée d'un peu d'eau , passe assez rapidement, et avec beaucoup plus d'accélération encore à 325° centig. Lichtenberg, à qui nous sommes redevables de ces expériences , exposa pendant deux heures à cette température 1 24 grammes de baume ; il en obtint 62 grammes d'une huile jaunâtre , et une certaine quantité d'acide benzoïque cristallisé, qui , avec l'eau, pesait 20 grammes. Il se dégagea pendant cette opération

décim. décim.

1,0' cubes de gaz consistant, pour 1,1 cubes dans du gaz acide carbonique. Le reste brûla comme du gaz hydrogène percarboné. En augmentant ensuite la chaleur il passa une huile brunâtre , et à-la-fin une huile noire qui avait la con-

décim.

sistance de la poix, et il se développa i,5 cubes de gaz, dont 186 centimètres cubes étaient du gaz acide carbonique. Le résidu brûla avec une flamme d'un blanc bleuâtre 3.

Une dissolution saturée de carbonate de soude forme avec Des aicaiisr le baume du Pérou une masse épaisse , qui , étendue d'eau et chauffée , se dissout en partie. Si l'on sature cette dissolution par de l'acide sulfurique , il s'y dépose des cristaux

1 Gehlen's Journ. VI, 4^5.

* Lichtenberg , ibid.

* Idem, Gehlen's Joum. VI, fôj.

d'acide benzoique. En traitant une partie du baume , avec une partie de potasse dissoute dans quatre parties d'eau , il se forma une dissolution opaque qui se sépara peu-à-peu en deux portions; à la partie supérieure était une huile claire, qui tenait en suspension quelques flocons gris ; à la partie inférieure était une dissolution opaque d'un rouge brunâtre foncé. Après avoir saturé par l'acide sulfurique cette dernière dissolution , il s'en précipita une substance comme résineuse qui devint soluble par lebullition , et qui déposa des cristaux d'acide benzoique1.

Des acides. L'acide nitrique agit avec énergie sur le baume du Pérou , qu'il colore en jaune orangé à l'aide de la chaleur. Si on le distille avec une quantité suffisante de cet acide étendu , le liquide qu'on en obtient a l'odeur d'amandes amères. Lorsqu'après l'avoir sur-saturé de carbonate de potasse, on le mêle avec une dissolution de fer , il se forme un précipité qui, traité par l'acide hydrochlorique donne de l'hydrocyanate de potasse ferrugineux , et indique ainsi la présence de l'acide hydrocyanique. Pendant la distillation il se sublime de l'acide benzoique. Le résidu dans la cornue est d'un jaune clair , d'un aspect cristallin ; il se dissout en petite quantité dans l'eau bouillante, et se précipite par refroidissement en une poudre jaune '. Tel fut le résultat des essais de Lichtenbeig. Hatchett remarqua que le résidu avait les propriétés du tannin artificiel.

Il se forme également du tannin artificiel lorsqu'on traite .ce baume avec l'acide sulfurique, et il reste un charbon qui pèse les 0,64 du baume employé *.

styrax. 5. Le styrax est un suc demi-fluide , qu'on dit provenir du liquidambar styraciflua , arbre qui croît en Virginie , au Mexique , et dans quelques autres contrées de l'Amérique 3. On le retire , selon M. Petiver. dans l'île Cobros dans la mer Rouge , de l'écorce d'un arbre appelé par les naturels du pays rosa mallos , et que les botanistes regardent comme étant de la même espèce que ceux qui croissent dans l'Amérique. On fait bouillir l'écorce de ces arbres dans de l'eau salée jusqu'à ce qu'elle ait acquis la cousistanec de la glu ;

' Gehlen's Jonrn. VI, 49»-

1 Katclictt, Third Séries of Esneriments on artiCcial Tannin. ■Phil. Trans. 1806.

* Lewis, Neumann's Chemtstry, p. £91.

BAUMES. ing

et on la met ensuite dans des tonneaux '. Bouillon-Lagrange a publié un exposé de ses propriétés 2. Sa couleur est verdàtre , sa saveur aromatique , et son odeur agréable. 11 se volatilise aisément par la chaleur. En le traitant avec l'eau , l'acide benzoïque est dissous. A l'exception des impuretés qui l'accompagnent , il est entièrement soluble dans l'alcool. A l'air il se durcit et absorbe de l'oxigène. A la distillation, il fournit une eau acidulé , ayant l'odeur de l'acide benzoïque , une huile chaude limpide et sans couleur, une huile colorée et solide, de l'acide benzoïque , et un mélange d'acide carbonique et d hydrogène carboné. Il reste dans la cornue un charbon léger qui contiçnt de l'huile.

Page 1