‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 55 sur 228 · CAOUTCHOUC. I · texte numérisé non relu

CAOUTCHOUC. I

Le caoutchouc est insoluble dans l'alcool. On lui avait dé- -Action

, . . I . , . , dt 1 alcool.

couvert depuis très-long -temps cette propriété, qui s est trouvée pleiuement continuée par les expériences de Macquer. Cependant l'alcool lui ùte sa couleur.

Le caoutchouc est soluble dans l'éther. Macquer indiqua le De r«ther. premier cette propriété. Berniard , au contraire , trouva que le caoutchouc se dissolvait à-peine dans l'éther sulfurique, et c'était cet éther que Macquer avait employé. Il regardait même l'éther nitrique comme n'étant qu'un dissolvant imparlait de cette substance. Cette différence dans les résultats obtenus par ces deux chimistes était très-singulière; car ils se distinguaient l'un et l'antre par leur exactitude dans les opérations , et tous deux ils connaissaient trop bien le sujet pour se méprendre facilement. La matière fut éclaircie par M. Cavallo. Il trouva que l'éther , lorsqu'il est nouvellement préparé, ne dissolvait presque jamais complètement le caoutchouc ; mais que si l'on prenait préalablement la précaution délaver l'éther dans l'eau, il dissolvait ensuite le caoutchouc avec facilité. M. Grossart répéta cette expérience, et il la trouva exacte '. 11 est évideDt alors que les deux chimistes avaient employé l'éther dans deux états différens ; car le lavage de l'éther produit deux effets; celui de le priver d'an peu d'alcool dont il est souvent imprégné , et d'y ajouter environ les 0,10 d'eau , qui y reste en combinaison. L alcool précipite le caoutchouc de cette dissolution.

E:i évaporant l'éther, on obtient le caoutchouc sans altération. On pourrait, par conséquent, se servir de caoutchouc dissous dans l'éther pour faire plusieurs espèces^d'instrumens; mais ce serait une méthode trop dispendieuse pour les usages ordinaires.

Le caoutchouc est soluble dans les huiles volatiles " ; mais, Des hui!e5 en général, quand on évapore ces huiles, il reste un peu glutineux , et conséquemment il ne peut plus être employé avec avantage aux usages auxquels il était si admirablement propre avant sa dissolution.

Le caoutchouc est, selon Berniard, insoluble dans les al- Des akai;s. calis ; mais une expérience à laquelle je fus amené par accident , me convainquit que c'est une erreur. Je me servais

' Grossart, Ann. de Chlci. XI , 147.

1 Berniard.

d'une bouteille de caoutchouc, à laquelle j'avais adapté un robinet à la manière ordinaire pour y tenir renfermé du gaz ammoniac. Le gaz disparut bientôt, quoique la bouteille fût hermétiquement fermée , ainsi que je m'en assurai en la plongeant dans l'eau. Ce fait me détermina à remplir successivement plusieurs fois de gaz cette bouteille , et je me convainquis bientôt que le gaz avait été absorbé par la bouteille elle-même. Elle devint molle et ensuite glutineuse , et ne put recouvrir son élasticité. J'essayai alors les alcalis en général. Je trouvai qu ils étaient tous susceptibles de produire les mêmes changemens sur le caoutchouc, et même de le dissoudre, quoiqu'en très-petite portion.

Des acides. Les acides n'agissent que faiblement sur le caoutchouc. L'acide sulfurique , même après une très-longue digestion, ne fait que le cliarbonner superficiellement. Hatchett n'obtint dans ses expériences que les 0,12 de charbon et ne put découvrir aucune trace de tannin artificiel * ; mais à l'aide de la chaleur le caoutchouc est complètement décomposé. Lorsqu'on le traite avec de l'acide nitrique , il se développe du gaz azote , du gaz acide carbonique, du gaz acide hydrocyanique ; on dit qu'il se forme aussi , de l'acide oxalique2. L'acide hydrochlorique n'affecte point le caoutchouc3. On n'a pas examiné l'action des autres acides sur cette substance.

Fabroni a découvert que le pétrole rectifié dissout le caoutchouc, et qu'il l'abandonne sans altération lorsqu'on l'évaporé 4.

î> la chai.nr. Le caoutchouc se fond facilement par la chaleur ; mais il ne recouvre plus ensuite ses propriétés , et il conserve toujours la consistance de goudron. Il brûle très -rapidement avec une flamme vive, en répandant une odeur fétide. Dans les pays qui le produisent, on s'en sert souvent comme de bougie. A la distillation , il donne de l'ammoniaque5. En considérant ce fait, ainsi que l'action des acides sulfurique et nitrique ■sur cette substance , il est évident qu'elle est un composé

* Third Séries of Expérimenta on arlificial Tannin. Phil. Trans. I806.

1 Ann. Je Chim. XI, 32.

3 Rerniar d.

« Ann. de Chim. XI , 19^ XII , l5&

* Ann. de Chim. XI, iZi.

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