‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 72 sur 228 · Sève de [Erable commun. Acer campestre · texte numérisé non relu

Sève de [Erable commun. Acer campestre

Ce fut le professeur Scherer , de Vienne , qui examina la sève de cet arbre. Elle a un aspect laiteux , une saveur sucrée , et sa pesanteur spécifique varie. Elle n'agit point sur les papiers de tournesol ou de curcuma. Elle est précipitée par l'oxalate de potasse, le nitrate d'argent et l'eau de barite •, mais elle ne l'est pas par l'hydrocblorate de barite. En la faisant bouillir, elle laisse déposer du gluten en flocons. Elle donne, par l'évaporation , un sel à base de chaux, ayant des propriétés particulières. L'acide est détruit par la chaleur -, et suivant Scherer , il diffère de tout autre acide végétal connu. 11 le distingua, en conséquence , par le nom d'acide acétique. L'acétate de chaiu est blanc , légèrement Acide translucide; il a une saveur faiblement acidulé et il estinal- acetI<iue térable à l'air. 1000 parties d'eau froide dissolvent 9 parties de ce sel, et 1000 parties d'eau bouillante en prennent 17 3.

1 Ann. de Chim. XXXI, p. 3g.

* Amials of Philosopliy, V, 109.

* ijclrweigger's Journ. IV, 36a

SECTION II

Des Sucs particuliers.

La sève est conduite des racines aux feuilles dans des vaisseaux particuliers , où elle est allérée par un procédé semblable à celui de la digestion dans les animaux , et y est convertie dans toutes les substances liquides nécessaires à l'existence de la plante. Ces liquides descendent des feuilles vers les racines dans des vaisseaux appropriés. On leur a Nature, donné le nom de sucs particuliers des végétaux. Ces sucs diffèrent considérablement entre eux dans diverses plantes. Ils ont tous cependant un certain degré de consistance , et toujours ils contiennent beaucoup plus de matière végétale que la sève. Mais dans l'état actuel de la chimie végétale, on ne peut entreprendre de donner une description exacte de leurs propriétés. Et en effet , il est souvent difficile de les obtenir des plantes sans qu'ils soient mêlés avec la sève. Ces sucs exsudent quelquefois spontanément ; mais on peut toujours se les procurer, eu plus ou moins grande quantité, par des incisions pratiquées à l'écorce desplanies qui les contiennent.Les espèces de sucs particuliers qu'on a étudiées jusqu'ici sont celles qui suivent.

Sucs laiteux. i- H est beaucoup de plantes qui , lorsqu'on leur fait des entailles , répandent une quantité considérable d'un liquide laiteux , qu'on peut, au moins dans la plupart des cas , considérer comme un des sucs particuliers du végétal qui le fournit. La nature de ce suc est extrêmement variable.

La racine de la campanula rotundifolia fournit un suc laiteux, d'une odeur et d'une saveur particulières assez agréables. Dans certaines parties de l'Ecosse , les enfans recueillent cette plante par l'attrait de ce suc, qu'ils boivent avec avidité. On n'a pas encore examiné ses propriétés chimiques.

Euphorbes. Les différentes espèces ri euphorbe donnent un suc laiteux, d'une saveur chaude , analogue à celle du poivre , mais plus acre , et qui reste très-long-temps dans la bouche. En versant du chlore liquide dans ce suc , il s'y forma un précipité blanc très-abondant , qui , lavé et desséché , avait l'apparence de l'amidon , et qui se conserva sans altération. Il

SUCS PARTICULIERS. 23g

n'était affecté ni par l'eau ni par les alcalis. L'alcool peut en dissoudre, à l'aide de la chaleur, les 0,67. Cette quantité dissoute fut précipitée par l'eau, et avait toutes les propriétés de la résine. Les o,33 restant paraissaient être de la fibre ligneuse. Chaptal fit la même expérience sur les sucs d'un grand nombre d'autres plantes, et il trouva constamment que le chlore en précipitait de la fibre ligneuse r.

On obtient des différentes espèces de pavot (papayer), paTôt. ainsi que de la laitue ( lactnca ), un suc laiteux, qui a des propriétés narcotiques , et qui se distingue par une saveur et une odeur particulières. Ces sucs ont été plus soigneusement examinés que ceux dont je viens de parler. Us sont d'une nature très -compliquée, et contiennent une grande variété de parties constituantes , dont celles qui prédominent sont la gomme , la résine et l'extractif. Si les expériences de Serturner, sur le principe narcotique particulier qu'il découvrit dans l'opium , expériences dont j'ai déjà donné le détail , se confirment , il faudra considérer ce principe comme partie constituante essentielle de ces sucs.

Le SUC laiteux qui exsude àujatropha elastica, de Vke- Caoutchouc vœa caoutchouc, àeXartocarpusintegrifolia, del' urceola elastica et de plusieurs autres plantes, s'épaissit lorsqu'onl'expose à l'air , et constitue le caoutchouc. Ce suc n'a jusqu'à présent été examiné que par Fourcroy. Lorsqu'on le garde dans des vases fermés, le caoutchouc s'en sépare par degrés en plus grande partie, et forme une masse élastique blanche solide. Le suc continue, cependant, d'être laiteux. Si on l'évaporé à l'air, il se forme peu-à-peu à la surface une pellicule de caoutchouc, qui, lorsqu'on l'enlève, y est remplacée par une autre. Fourcroy attribue cette formation de pellicule à l'absorption de l'oxigène de l'atmosphère. Indépendamment du caoutchouc, Fourcroy obtint du suc des cristaux transparens sous forme de prismes, qui avaient une saveur sucrée, et qu'il considéra comme étant une matière saccharine se rapprochant de la nature d'un acide a.

Le suc dupapaya a des propriétés qui le distinguent de Papaya. presque tous les autres. D après les analyses de Vauquelin, dont nous avons donné le détail dans le chapitre précédent ,

1 Ann. tle Cbim. XXI, ^85.

• Ibid. XI , 225.

ses parties constituantes se rapprochent beaucoup de celles du sang.

11 existe encore plusieurs autres sucs laiteux. Et en eflet presque toutes les gommes résines exsudent dans cet état; mais comme il n'a pas encore été fait d'analyse chimique de ces sucs, il paraît inulile de s'y arrêter. Suc» 2. Sucs mucilagineuàc. Il est des sucs particuliers de

oBuciiagineux. J,eauC0Up de plantes qui ne sont pas laiteux, et dans quelques-uns on ne reconnaît ni saveur ni odeur fortes, qui puissent les faire distinguer. Dans ces sucs le mucilage semble être la matière prédominante. On peut rapporter à cette classe les sucs de la plupart des plantes mucilagineuses énumérées dans la cinquième section du chapitre précédent. Cambinm. ^a substance appelée cambium, si l'on peut admettre qu'elle soit considérée comme un suc particulier, est aussi de cette classe de sucs, parce qu'elle diffère évidemment de la sève, et qu'elle est entièrement mucilagineuse. Selon Mirbel , sa présence se manifeste dans toutes celles des parties des végétaux où il doit se former une matière nouvelle, et elle paraît nécessaire à ces formations, soit comme la matière qui y concourt, soit comme fournissant une couche convenable pour qu'elles s'opèrent dans elle. Cette substance ne semble pas être renfermée dans des vaisseaux comme les autres sucs*.

Térébenthine 3. ^ Y a ^es sucs intermédiaires entre les huiles volatiles et les résines. On pourrait distinguer ces sucs parla dénomination de térébenthins. La térébenthine commune, le baume de copahu, et probablement aussi l'opobalsamum, appartiennent à cette classe. Ces sucs sont originairement limpides et transparens. Ils ont une odeur et une saveur fortes. Ils acquièrent pcu-à-peu de la consistance par leur exposition à l'air, probablement en absorbant de l'oxigène.

4- D'autres sucs obtenus par incision manifestent immédiatement les propriétés de résines, ou du-moius ils les acquièrent promptement. Tels sont, par exemple, les sucs du tacamahaca, du mastic et de la plupart des corps résineux décrits dans la vingt-cinquième section du chapitre précédent.

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