‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 77 sur 228 · FLEURS · texte numérisé non relu

FLEURS

quelques-unes donnent une teinte rouge à ce liquide, et d'autres ne le colorent pas du tout *. Le suc exprimé de la plupart de ces fleurs est bleu. Cette couleur est changée en rouge par tous les acides, et en vert par tous les alcalis et les terres alcalines.

On ne connaît pas encore la nature de la matière colorante de ces fleurs. Mais quelle que soit cette matière, elle est trèsfacilement périssable; car les fleurs ne peuvent être desséchées sans la perdre presqu'entièrement. 11 faut même les faire sécher rapidement, et les garantir du contact de l'air, pour qu'elles en retiennent une partie; et malgré ces précautions, elles la perdent bientôt presque totalement et deviennent blanches ou jaunes. Le suc exprimé prend par degrés la couleur pourpre, qui s'affaiblit très-promptement.Lors même que les sucs ont été rougis par des acides, ils ne tardent pas à devenir pourpres, et finissent par être entièrement décolorés. La couleur verte produite par les alcalis, se change peu-à-peu en un jaune qui a quelque permanence 2.

La couleur des fleurs routes est, en général, aussi altérable Rouget que celle des fleurs bleues. Toutes ces fleurs communiquent une couleur rouge à l'eau. Les fleurs d'un rouge pâle et celles qui sont pourpres colorent à-peine l'alcool; et sous ce rapport, ainsi que sous celui de la matière colorante, elles se rapprochent beaucoup des fleurs bleues. Les fleurs d'un rouge foncé, donnent une teinte rouge à l'alcool; celles d'un rouge pâle prennent une couleur verte par les alcalis, et les acides les ravivent, comme les fleurs bleues: mais ces effets n'ont pas lieu avec les fleurs d'un beau rouge 3.

La couleur des fleurs jaunes, soit pâle, soit foncée, est j»Unes. beaucoup plus durable. Elles se dessèchent en général trèsbien, et communiquent leur matière colorante , et à l'eau et à l'alcool. La laine ou la soie, après les avoir préalablement imprégnées d'alun et de tartrate acide de potasse, prennent une couleur jaune durable lorsqu'on les fait bouillir avec des fleurs jaunes; et il parait que les teinturiers emploient à cet effet quelques-unes de ces fleurs. Ni les acides ni les alcalis ne détruisent la couleur jaune des fleurs, quoiqu'ils en

» Le^vis, Nenmann's Chern. p. 43o.

* Ibid. p. a3i.

» Ibid.

2j6 PARTIES DES PLANTES.

altèrent la nuance ; les acides la rendent plus pâle, et les al" calis plus foncée. L'alun relève aussi la couleur, mais pas autant que les alcalis *.

Blanches. Les fleurs blanches elles-mêmes sont Eien loin d'être dépourvues de matière colorante. Il en est beaucoup qui verdissent avec les alcalis, quoique les acides ne les rougissent pas. Quelques-unes paraissent contenir la même matière colorante que les fleurs jaunes. C'est ainsi que les pétales du convohmlns sepïiim, quoique blancs, donnent à l'eau une couleur jaune foncée ou orangée, que les acides rendent plus pâle, et que relèvent les alcalis et l'alun. Les vapeurs d'acide sulfureux n'altèrent pas les fleurs blanches, quoiqu'elles détruisent la couleur de toutes les autres 2.

C'est au docteur Lewis que nous sommes redevables de ces observations intéressantes sur les couleurs des fleurs. Elles contiennent pour la plupart une huile volatile particulière , à laquelle elles doivent leur odeur. On ne connaît pas encore leurs autres parties constituantes; car on en a soumis fort peu à l'analyse chimique. J'indiquerai ici les espèces qui ont jusqu'à présent attiré l'attention des chimistes ou des artistes.

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