‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 80 sur 228 · POLLEN. 2Î5I · texte numérisé non relu

POLLEN. 2Î5I

SECTION VIII

Du Pollen.

Dans la plupart des végétaux, à l'époque où la fleur est épanouie, les auihèresse couvrent en quantité considérable d'une matière pulvérulente, ordinairement de couleur jaune qui tombe sur le pistil , qu'on suppose s'en imprégner. On connaît cette matière sous le nom de pollen. Dans certaines plantes, surtout dans celles où les fleurs mâles et femelles sont séparées , la quantité en est si grande qu'on peut le recueillir facilement.

Ce fut le docteur Lewis qui examina le premier cette pous- E*périenees sière ; mais la chimie n'était pas assez avancée de son temps de Lew5> pour qu'il pût eu faire une analyse complète. Il trouva qu'en la faisant macérer dans l'alcool, ce liquide devient d'un jaune vif, que, mise en digestion dans l'eau, elle la colore en un jaune plus sombre , tandis que la portion non dissoute est d'un blanc jaunâtre. Les alcalis relèvent la couleur de ces infusions, et les acides la font tourner au rouge. Si l'on verse tics alcalis dans la dissolution rougie , il se rétablit une couleur jaune foncée *.

Fourcroy et Vanquelin ont publié dernièrement une analyse très-détaillée du pollen du phœnix dactilifera , ou dattier , qui nous fournit un aperçu assez juste des propriétés de cette classe de substances végétales. Il est au-moins probable que les végétaux divers présentent moins de différence entre eux, relativement à leur pollen , que dans leurs autres parties constituantes.

Le pollen de cet arbre est si abondant , qu'à l'époque de Pouen la fructification, il en est recouvert comme d'une poussière dudallierépaisse. L'échantillon qu'on examina avait été apporté d'Egypte par Delille. Sa couleur était d'un jaune de soufre , et sa saveur était aigrelette et désagréable. Il rougissait linfusion de tournesol ; il donnait à l'eau une couleur jaune et un degré sensible d'acidité. L'infusion aqueuse était précipitée par l'eau de chaux et par l'ammoniaque, par l'alcool et par quelques sels métalliques.

* Keamann's Chcra. p. 43 1.

28a PARTIES DES PLANTES.

Action de l'eau Lorsqu'on lava le pollen dans l'eau froide , ce liquide de- ■* vint d'uu brun rougeâtre, avec une saveur et une odeur aigrelettes assez analogues à celle de la bière. Par l'évaporation, on obtint une matière d'uu brun rougeâtre , qui avait la consistance et l'odeur de la mêlasse , et dont la saveur était acide, mais désagréable.

j>e l'aicooi. L'alcool ne produisit à froid aucun effet sur cette matière ; mais à l'aide de la chaleur, il devint capable d'en dissoudre une portion , et il prit une couleur foncée. Le résidu avait plus de consistance , et moins de couleur. Il se dissolvait facilement dans l'eau , et il s'en séparait en même-temps une substance volumineuse grisâtre. Ainsi la matière enlevée au pollen par l'infusion aqueuse, s'est divisée en trois portions. La dissolution alcoolique évaporée jusqu'en consistance d'extrait, avait une couleur rouge, l'odeur de pommes cuites, et une saveur fortement acide, mais désagréable. Elle présentait tous les caractères de l'acide malique. La matière grise , qui refusa de se dissoudre dans l'eau , avait les propriétés du phosphate de chaux.

On s'assura que la dissolution aqueuse contenait principalement du phosphate de magnésie, de l'acide malique, et une matière animale , qui formait un précipité abondant avec l'infusion de noix de galle.

Parues Le pollen , ainsi dépouillé de sa matière soluble , fut ex-

ïnsoiubies.- pOS£ ^ pajr pendant huit jours sur du papier à filtrer. Aulieu de se dessécher, il prit la forme d'une pâte, et entra rapidement en putréfaction , en répandant une odeur semblable à celle de fromage vieux. Cette matière ayant été alors desséchée, elle devint demi-transparente, et d'une consistance semblable à celle de la colle forte. Avant sa dessication, elle était facilement miscible à l'eau , et présentait les caractères de savon. Les alcalis fixes y indiquaient la présence de l'ammoniaque. A la distillation, elle donna un liquide aqueux, qui se colorait peu-à-peu à mesure que l'opération avançait : bientôt après , il passa une huile rouge et du carbonate d'ammoniaque , partie en cristaux , et partie en dissolution. Le liquide contenait aussi une portion de l'huile à l'état de savon. Le charbon qui resta était volumineux , et difficile à réduire en cendres. Lorsqu'il fut brûlé , il laissa une portion assez considérable de phosphate île chaux.

« *Cd3e ^e P°^cn est soluble en partie dans l'acide hydrochlorique.

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