‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 88 sur 228 · CHAMPIGNONS · texte numérisé non relu

CHAMPIGNONS

15. JSIerulius , OU, agaricus cantharellus. Ce champi- .MVu,,f

l • J ' il n i • «hantrelle.

gnon a une couleur jaune et une odeur agréable. 1J produit d'abord dans la bouche une impression d'àcrelé , mais il y laisse bientôt ensuite un goût exquis , aussi en fait-on un très-grand usage comme aliment. 11 a fourni à l'analyse qu'en lit Braconnot, savoir :

Eau.

Fungine.

Gélatine. ,

Une quantité considérable de sucre de champignons.

Acétate de potasse.

Phosphate de potasse.

Fungate de potasse.

Huile.

Adipocire.

Un principe acre , détruit par la chaleur.

Un acide libre, de la nature de l'acide acétique l.

16. Phallus impudicus. Ce champignon si bien connu satyre par l'odeur fétide insoutenable, qu'il exale,fut reconnu, par Braconnot , contenir, savoir :

De l'eau.

De la fungine , très-animalisée.

De l'albumine.

Une matière animale.

Du mucus :

Du sur-acétate de potasse.

Un peu de sur-acétate d'ammoniaque.

De l'adipocire.

Une matière huileuse.

Du sucre de champignons.

Un peu de phosphate de potasse.

Un acide combustible, uni à la potasse 3.

Ij. Pcziza nigra, ou Lycopcrdon truncatum. Ce cham- pe pignon , très-commun sur l'écorce des chênes après qu'ils ont été abattus , est remarquable par la couleur noire de sa surface , tandis que la partie charnue , est gélatineuse ,

• Ann. de Chim. LXXIX, 3oo.

» ma. lxxx,79t.

i\i9 no;r«.

demi-transparente et élastique. Braconnot obtint de 4<>o parties de ce champignon , qu'il analysa , savoir :

Eau 376,0.

Cérasine 1 8,4.

Gomme 3,(j.

Acide fungique , en grande partie libre. . 8,0,

Sucre de champignons o,4-

Matière soluble dans l'alcool , très -peu

animalisée 0,4.

Matière grasse , preuant une couleur

pourpre avec la potasse 0,4.

Potasse et chaux en petite quantité.

Truffes I^* Lycoperdon tuher , ou tnher cibarium. C'est un

fongus globuleux qu'on trouve à la profondeur de 100 ou 125 millimètres sous terre dans des lieux boisés. On le considère comme étant l'un des meilleurs champignons pour la table. Bouillon-Lagrange en a fait l'analyse par un procédé analogue à celui déjà décrit pour les différentes espèces de blé2.

La truffe , après l'avoir bien lavée et brossée , fut passée sur une râpe et délayée avec de l'eau sur un tamis jusqu'à ce que ce liquide cessât de lui rien enlever. Il resta sur le tamis une matière fibreuse noirâtre. Le liquide n'altérait pas les couleurs bleues végétales. Abandonné à luimême , il déposa une matière brune , qui ne ressemble pas à l'amidon dans ses propriétés. L'eau froide a très-peu d'action sur les truffes ; mais l'eau chaude en dissout une petite portion, qui a tous les caractères de l'albumine.

La truffe ayant été traitée avec l'acide nitrique, la dissolution s'en opéra , et il se dégagea en même-temps du deutoxide d'azote , du gaz acide carbonique , et du gaz azote; et la dissolution donna, à la distillation, une liqueur qui contenait de l'acide hydrocyanique. Le liquide résidu abandonna du principe amer , une matière huileuse , et de petits cristaux , que Bouillon-Lagrange considéra comme «tant une combinaison d'acide oxalique et de principe amer. Il y soupçonna aussi la présence de l'acide malique.

• Ami. deChim. LXXXVIJ; a5J. • lùid. XLVI, 197.

CHAMPIGNONS. o?.Q

L'alcool dissout une petite portion de matière amère Lrunàtre , qui acquiert les propriétés de résine par son exposition à l'air.

Si on réduit les truffes en pâte avec de l'eau , et qu'on les abandonne ainsi à elles-mêmes , elles acquièrent l'odeur du fromage. Mêlées avec du sucre et de l'eau, elles entrent en fermentation -, il se dégage de l'acide carbonique, et il se forme de l'alcool.

A la distillation , les truffes donnent un liquide acide, une huile noire , du carbonate d ammoniaque , de l'acide carbonique , et de l'hydrogène carboné. Le charbon contient de la magnésie , du phosphate de chaux , de l'oxide de fer , et de la silice *.

Robert et Antoine ont fait sur cette plante plusieurs expériences qui confirment celles de Bouillon-Lagrange.

ig. Reticularia hortensis , ou , mucor septi'cus. Cette Rétlcataïi* substance végétale singulière manifeste son apparence sur des Jard,G5' les feuilles de lierre et de hêtre , mais c'est le plus ordinairement dans les serres chaudes qu'on l'observe. Elle n'a ni dimension ni forme , mais elle est d'une belle couleur jaune , et elle se présente d'abord comme une matière écumeuse effleurie. Au bout de 24 heures elle a pris la consistance d'une croûte fine membraneuse, et au bout de quelques jours elle devient sèche, se convertit en une poudre fuligineuse adhérente à des iilamens. Suivant l'analyse que Bracounota faite de cette espèce de champiguon, ses parties constituantes sont , savoir :

De la fungine très-divisée.

Du carbonate de chaux, en quantité notable.

De l'albumine.

Lne matière animale.

Une matière adipeuse jaune.

De l'acétate de potasse *.

20. Tremeïïa nostoc. Je place ici cette substance végé- No:toc taie , à raison de sa ressemblance avec l'espèce qui précède. Elle se rapproche davantage de la nature des substances animales que de celles des substances végétales. Quelques

cotumuo.

■ Bouiil ■■r-T .nerange, Anti. de Chim. XLVI, 197. 3 Ann. de Chim. LXXX, aSJ.

33o PARTIES DES PLANTES.

naturalistes pensent en effet que le nostoc est le frai de la grenouille ou de quelqn'animal semblable. Braconnot, qui soumit cette substance à l'analyse , retira de 200 parties .

savoir

Eau i85,o.

Gérasifié i3,8.

Mucus ayant i'odeur de spermaceti. 1,2.

200,0 Maière grasse.

Phosphate de chaux.

Carbonate de chaux.

Hydrochlorate de potasse. ( En tres"Petlle quantité. Sulfate de potasse.

Potasse.

SECTION XIV

Des Fucus.

KWtQrfe. Les fucus sont des plantes bien connues, qui végètent dans la mer, et dont on obtient par combustion la substance alcaline impure, appelée caillotls. On brûle, pour cet objet de fabrication, de grandes quantités de fucus sur les côtes de lEcosse et de l'Irlande , et l'on fabrique la même substance en France sur les côtes de Normandie-, elle y est connue sous le nom de soudé de varech. Quelques-uns de ces fucus furent examinés en 1777 par Macquer et Poulletier de la Salle, dans la vue principalement de reconnaître les différentes substances salines qu'ils contiennent, et le résultat de leurs expériences fut publié par Macquer, dans la seconde édition de son dictionnaire , à l'article varech. Mais à cette époque l'art de l'analyse chimique n'était pas assez avancé pour qu'ils pussent y trouver les moyens de déterminer avec précision la nature des sels divers qu'ils avaient à séparer et à examiner. De plus , Macquer et Poulletier de la Salle opérèrent indistinctement par l'action du feu , sur les fucus, sans s'attacher à établir de différences entre les diverses espèces de ces plantes, en les examinant séparément. La découverte de l'iode dans la soude de varech, dut na-

* Ann. «le Cliim. LXXXYU,z63.

ru'cus. 33 1

turcllement porter l'attention des chimistes sur les fucus, qui produisent cette espèce de substance alcaline. Eu conséquence, Humphry Davy en examina plusieurs en 1 ô \f\ , et il découvrit, dans leurs cendres, des traces d'iode [. En t8j5 il fut publié une analyse de six espèces différentes de fucus, faite avec beaucoup de soin , par Gaultier de Claubrv 2. Dans la même année , le docteur John , également animé du désir de s'assurer s'il serait possible de découvrir la présence de l'iode dans les fucus, s'occupait d'une suite d'expériences sur le fucus vesiculpsiis qu'il publia aussi 3. Vauquelin avait précédemment fait quelques observations sur la matière sucrée que plusieurs fucus contiennent, et il ;avait reconnu que cette matière a les caractères de la manne ; ce qui fut pleinement confirmé par les expériences subséquentes de Gaultier de Claubry. Je présenterai dans cette section l'énumération des parties constituantes des différentes espèces de fucus, qui ont été jusqu'à présent soumises à l'analyse.

i. Fucus saccharinus. Ce fucus est très-commun sur les fucu» côtes d'Angleterre ; il consiste dans une simple feuille élip- sacrhar1"^tique linéaire, sans aucune côte. Il est d'un vert de tan; parvenu à toute sa croissance , il a environ i ,5 mètres de long sur à-peu-près 8 centimètres de large ; mais il varie prodigieusement dans ses dimensions. Gaultier de Claubry analysa cette espèce de fucus , pris sur les côtes de Normandie en France, en le traitant, d'abord par l'eau, et ensuite par l'alcool. Il examina aussi l'action sur cette substance des acides sulfurique et nitrique et de la potasse- Enfin, il le soumit à la combustion et analysa les cendres qui en furent le résidu. Gaultier de Claubry reconnut ainsi que la constitution du fucus saccharinus était très-compliquée, puisquil n'en retira pas moins de 21 substances dont l'énumération suit, savoir :

"Une matière sucrée. Manne. Une matière colorante verte.

Dumucilage en quantité con- De l'oxalate de potasse.

sidérable. Du malale de potasse.

De l'albumine. Du sulfate de potasse.

1 Pliil. Trans. 1814. p- 5o"5.

a Ann. do Chim. XCIII, 75 et n3,

' Schwciggcr's Joura. XIII , JO4.

Du sulfate de soude. De l'hydriodate dépotasse.

Du sulfate de magnésie. Delà silice.

De l'hydrochloralede potasse. Du sous-phosphate de chaux.

De l'hydrochiorate de soude. Du sous- phosphate de ma- De l'hydrochiorate de ma- gnésie.

gnésie. De l'oxide de fer, probable- Del'hyposulfiie de soude1, ment combiné avec l'acide

Du carbonate de potasse. phosphorique.

Du carbonate de soude. De l'oxalale de chaux2.

B;£itatus: 2. Fucus digitatus. Ce fucus, de couleur olive, consiste dans une tige cylindrique, de la grosseur d'une canne, et longue d'environ b" décimètres. Le sommet delà tige se dilate subitement en une feuille plane, quelquefois de 3 décimètres de large et de 4 à 5 décimètres de long, qui se divise, presque jusqu'à la base, en segmens ou espèces de lanières pointues, au nombre de 4 >d 12 environ. On fait un grand usage de ce fucus en Ecosse, comme engrais. A l'analyse que Gaultier de Claubry fît de cette espèce , elle lui fournit les mêmes substances que l'espèce précédente , mais dans des proportions différentes. La quantité d'hydnodate de potasse y était beaucoup moindre 3.

Vesicuiosns. *• Fucus vesiculosus. Ce fucus , qui est très-commun , consiste dans une feuille dichotome, dont les bords sont entiers, et qui est parsemée, près de ces bords, d'un certain nombre de vésicules pleines d'air, de ia grosseur à-peu-près d'une noisette, et qui semblent destinés à faire flotter la plante dans f'eaiï. Il paraît, d'après l'analyse de Gaultier de Claubry, que les parties constituantes de ce fucus sont à-peuprès les mêmes que celles des espèces précédentes. Il n'en obtint pas la matière mucilagineuse qui se trouve si abondante dans le fucus sacchariuus. Le fucus vesiculosus contient aussi moins d'acide malique et moins d'iode que le fucus sacchariuus; mais les autres parties composantes sont les mêmes*. John relira de ioo parties du fucus vesiculosus desséché , savoir :

1 Je ne connais pas ce sel, et j'ignore comment il pourrait être forme. Il est probable que le sel obtenu par Gaultier de Claubry était ♦lu sulfate de soude.

a Ann. de Chim. XCIIÏ , 8?.

3 Ibid. p. n3.

* Ibid. p. no".

FUCUS. .coi

Une matière glaireuse , rouge brunâtre "j

Un extrait, rouge de chair, avec nu peu de > 4 sulfate et dhvdrochlorate de soude J

Uu acide particulier —

Une résine grasse -t

Du sulfate de soude avec un peu d'hydro- ■chlorate de soude 3,i3

Du sulfate de chaux avec beaucoup de sulfate de magnésie et un peu de phosphate de chaux 1 2,87

Des traces d'oxides de fer et de manganèse. —

Une matière membraneuse ou albumine des

fucus 78,»

De la silice ? »

4. Fucus serratus. Ce fucus est, comme le précèdent, ser.i.-.. une feuille dichotome; mais ses bords sont dentés en scie ,

et la feuille n'a point les vésicules d'air qui caractérisent le fucus vesiculosus. Le fucus serratus, analysé par Gaultier de Claubrv, fournit en abondance du mucilage et de l'albumine. L'alcool en sépara une substance amère d'un rouge brunâtre, et aussi une matière verte qui se précipita par le refroidissement de l'alcool , et qui avait une saveur amère et désagréable. Les sels obtenus étaient les mêmes que ceux des espèces précédentes. Mais ce fucus contient plus d'iode que les fucus digitatus ou vesiculosus. Il contient aussi une plus grande quantité de carbonate de soude 2.

5. Fucus siliquosus. Ce fucus consiste en une tige co- suiquosn riacée, d'environ un mètre de long , disposée en un grand nombre de rameaux, de couleur olive foncée lorsque la plante est fraîche , et qui devient entièrement noire lorsqu'elle est sèche. Les fructifications ont l'apparence de petites siliques applaties. Gaultier de Claubry obtint de ce fucus ,

par l'analyse, de l'albumine en abondance, une espèce de substance mucilagineuse d'un rouge brunâtre , une substance amère , soluble dans l'alcool , une substance d'un brun verdâtre , insoluble à froid dans l'alcool, mais se dissolvant

* Schweigger's Jonrn. XIII, 4^i*

* Aun. de China. XCIII , ug.

dans ce liquide cbaud. Les mêmes sels que dans les espèces précédentes, mais donnant fort peu diode. Ce fucus desséché était recouvert d'une quantité notable de sucre manne1. 6. Fucus filum. Ce fucus est un filet cylindrique, d'une dimension depuis la plus petite corde à boyau jusqu'à celle de la corde d'un fouet. Ce filet a souvent 4 mètres de longueur. La couleur du fucus est le vert olive , qui passe presqu'au noir lorsqu'il est sec. Par son exposition à l'air, le fucus filum prend une couleur jaunâtre ouà-peu-près blanche. Par l'analyse qu'en fit Gaultier de Claubry, il y trouva une quautité à-peine sensible d'albumine, une proportion assez grande de mucilage, une très-petite quantité de matière verte , soluble dans l'alcool chaud , et se précipitant par le refroidissement de ce liquide ; enfin les mêmes sels que dans les espèces précédentes, mais très-peu d'iode*.

SECTION XV

Des Maladies des Plantes.

Àpn-is avoir décrit les parties constituantes des plantes autant que l'état encore imparfait de la chimie végétale a pu le permettre, il nous reste à parler de quelques substances nouvelles auxquelles les maladies des plantes donnent naissance , et à exposer les propriétés de ces substances. Mais quoique les maladies des plantes soient nombreuses et bien caractérisées , et que souvent les effets qu'elles produisent sur les végétaux dont on fait usage comme aliment, aient des suites funestes, il n'a été fait cependant que très-peu de progrès dans l'étude de ces maladies , et dans la recherche des moyens à employer pour les prévenir ou les extirper. Les observations suivantes sont à cet égard les seules purement chimiques , qu'on puisse jusqu'à présent rapporter.

1. Les vieux arbres sont souvent affectés dune espèce d'ulcère dont le siège principal est sous l'écorce. Là, les sucs subissent un changement , et prennent une certaine âcreté qui les rend susceptibles de corroder , et de détruire les parties solides de la plante. Nous sommes i-edevables à Vauque-

« Ann. de Chira. XCIII, 119.

• Ibid. p. l'ij.

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