MALADIES CES PL AN TE S
lin de recherches intéressantes sur la sanic ou humeur morbifîque qui découle de ces ulcères. Il examina celle de l'orme, arbre particulièrement sujet à celte maladie1.
Cette humeur est quelquefois aussi transparente que l'eau, ayant une saveur acre et salée -, quelquefois elle est légèrement colorée, et d'autres fois elle est noirâlre ou brune. Elle dépose sur les bords de la plaie ou de l'ulcère , une espèce de sanie molle, qui est insoluble dans l'eau. L'écorce, qui reçoit l'humeur transparente découlant ainsi des arbres , devient blanche comme de la craie ; elle acquiert une saveur alcaline , et fait une vive effervescence avec les acides. Elle devient friable , perd son organisation fibreuse , et présente l'apparence de cristaux. A l'aide d'une loupe, on peut y discerner de petits rhomboïdes , et des prismes à quatre pans. L'humeur de couleur foncée communique à lecorce un aspect noirâtre , et elle la rend comme si on y avait appliqué une couche de vernis. Cette matière noire est quelquefois tellement abondante qu'elle forme des espèces de stalactites. Elle est soluble dans l'eau ; elle a une saveur alcaline , et fait effervescence avec les acides.
Vauquelin trouva que la matière blanche déposée autour de l'ulcère, sur lecorce de l'orme , était composée sur ioo parties, de
Matière végétale Go, 5
Carbonate de potasse. . . 54,2
Carbonate de chaux. . . . 5,o
Carbonate de magnésie. . o,5
La matière luisante noire consistait en carbonate de potasse, et en une substance végétale parlicnlière, ayant la plupart des propriétés de la gomme , quoiqu'elle en différât sous quelques rapports.
La tendance destructive de ces ulcères dans les arbres est assez évidente. Vauquelin a fait voir, que pour produire la quantité de matière blanche qui entourait l'ulcère de l'orme , et sur laquelle il fit ses expériences , il fallait qu'il eut été détruit, par l'ulcère, au moins 2^5 kilogrammes de ce bois\
' Ann. deCliim. XXI, 3rj.
» Ibid.
Kiene d>ns le 2. La nielle est une maladie qui attaque les différentes esfroment, pèces de blés , sur-tout le froment ; et il y a des années où elle détruit la presque totalité de la récolte. Elle commence d'abord par les feuilles, gagne la tige , et elle finit par s'attacher aux grains , qu'elle détruit en très-grande partie , et même quelquefois en totalité , en laissant à la place une matière noire Acre. Les botanistes ont fait connaître que cette matière noire était une espèce de petit fongus, qui tire sa nourriture du froment *. Le froment ainsi chargé du fongus noir , a été analysé par Fourcroy et Vauquelin , dans la vue de s'assurer de l'exactitude des expériences des chimistes qui les avaient précédés. Le résultat de leurs recherches a été publié dans le sixième volume des Annales du Muséum d'histoire naturelle*.
Lorsqu'on fit macérer le froment avec l'alcool , il se sépara une portion d'huile acre , d'une couleur verte foncée , et ayant la consistance du beurre. L'eau dans laquelle on la mit en digestion acquit de l'acidité , et en la saturant avec la potasse , elle laissa déposer une matière animale , mêlée de phosphate ammoniaco-mngnésien, et elle retint en dissolution du phosphate de potasse ; d'où il suit que l'acide qu'elle contenait était l'acide phosphorique. Elle tenait aussi en dissolution une matière semblable au gluten du froment abandonné à la putréfaction. Le résidu , soumis à la distillation , donna de l'eau, tenant en dissolution de l'acide acétique et de l'acétate d'ammoniaque , une huile brune, et une quantité de charbon , qui s'élevait à-peu-près aux o,a5 du poids primitif. Le résultat de ces expériences fut, que le froment niellé contenait une huile acre , du gluten putride, du charbon , de l'acide phosphorique , du phosphate amnionîaco-magnésien, et du phosphate de chaux ; mais on n'y put découvrir de traces d'amidon.
Cans r 3. L'orge est sujette à une maladie semblable à celle du
froment , et sans doute par la même cause. Einhof a fait des recherches chimiques sur ce grain, gâté parla nielle. Le résultat de ses essais s'accorde à-peu-près avec les expériences faites par Fourcroy et Vauquelin sur le froment niellé. Il ne
« On trouve une description de ce fongus, avec des gravures, et des conjectures ingénieuses sur sa propagation, par sir Joseph Banks JNicholson's Journ. X, ai5.