Celles alimentées avec l'eau de pluie 7,5 àJ%l"\al
3. Celles qui avaient végété dans le terreau... 12,0 varie comme. u
A ° ' n»lure du sol.
Ici la quantité de matière fixe, fournie par les fèves qui avaient végété dans le terreau , était au-delà de trois fois plus considérable que celle obtenue des plantes qui n'avaient été alimentées que par l'eau distillée.
Le même naturaliste examina les cendres de diverses plantes végétant sur un sol granitique et sur un sol calcaire3. Les plantes qui avaient végété sur le sol granitique contenaient une proportion considérable de silice et doxides métalliques-, celles qui avaient crû sur le sol calcaire, ne contenaient que peu ou point de ces substances , mais il s'y trou-
1 Recherches, p. 28 1.
* Ces sols e'taient composes ainsi qu'il suit :
Granitique. Calcaire.
Silice ;5,i5 Carbonate de chaux.. gS,ooo
Alumine i3,2D Alumine 0,625
Chaux 1,74 Oxide de fer 0,62$
Fer et manganèse. .. . 9,00 Pétrole 0.025
vait une plus grande proportion de terre calcaire que dans les plantes granitiques. C'est ainsi que le pinus abies , le produit de chacun de ces deux sols , donna les proportions suivantes de corps fixes.
Sol granitique: Sol calctir».
Potasse 3,6o > (.
Sulfates et hy drochlorates alcalins. 4, 24 5 * " * *
Carbonate de chaux 46,34 63
Carbonate de magnésie 6,77 o
Silice *3,4g o
Alumine i4,86 16
Oxides métalliques 1 0,62 o
Ainsi on ne peut pas douter, que la nature du sol sur lequel les plantes végètent, n'influe considérablement sur la proportion de matière terreuse qu'elles contiennent; mais les plantes tirent-elles du sol la totalité de ces principes fixes , ou sontelles susceptibles de les former, jusqu'à un certain point, par des facultés végétatives qui nous sont inconnues? Ce sont des questions sur lesquelles il n'a point été définitivement statué. Les expériences de Saussure nous porteraient à croire, que toutes les terres qu'on trouve dans les plantes sont absorbées du sol-, tandis que celles de Schrader semblent prouver qu'il s'en forme une portion par la végétation, lors même que les plantes sont placées de manière à ne pouvoir tirer aucun principe fixe du sol sur lequel elles croissent.
L'académie de Berlin proposa , pour sujet de prix , de déterminer la proportion des parties constituantes terreuses des différentes espèces de blé , et de s'assurer si ces parties terreuses se forment par les procédés de lavégétation. Schrader , pharmacien de Berlin , remporta le prix, et l'académie publia , en 1800, le résultat de ses expériences. Il analysa les semences du froment , du seigle , de Y orge , de Y avoine^ et il s'assura de la proportion de terre que chacune d'elles contient. Il examina de la même manière la paille du seigle 3. ^bciirader Mn^s "voir déterminé ainsi la proportion de terre que ces
« Phil. Mag. VIII, iS5. Journ. de Phjs. LU, 2". Voyez la Table d'incinérations imprimée dans ce volume, p. 217 et suiv. , où l'on trouve le résultat de toutes les expériences de Saussure.
■ On a donne dans ce volume, p. a 16, le résultat de ces analyses.
semences contenaient, Schrader essaya de les faire croître dans quelque milieu qui ne put leur fournir aucun ingrédient terreux quelconque. Ses tentatives furent pendant long-temps infructueuses; car' chacune des substances dont il se servait contenait plus ou moins de terre , et , par conséquent, n'était pas propre à ses essais. Il trouva à la fin que le soufre en fleurs pouvait être employé avec avantage , comme ne contenant aucune matière terreuse quelconque, et les semences y germant bien et y poussant parfaitement bien leurs racines , lorsque ces fleurs de soufre étaient convenablement humectées d'eau. Après le soufre , ce fut avec les oxides d'antimoine et de zinc qu'il réussit le mieux. Les semences furent alors plantées dans une boite contenant du soufre, qu'il plaça dans an jardin, à une distance qui put les garantir de toute poussière et de la pluie, mais en y laissant un libre accès à la lumière et à l'air, et illes arrosa aveede l'eau distillée. Il trouva que les blés qui avaient poussé ainsi , contenaient plus de matière terreuse qu'il n'en existait dans les semences qui les avaient produits l. Dans ce cas alors, il paraîtrait qu'il y aurait eu formation de matière terreuse , à moins que de concevoir qu'il en pouvait exister une quantité suffisante flottant dans l'air pour fournir tout ce qu'on eu avait trouvé. Depuis la publication de son mémoire , qui a remporté le prix, Schrader a publié d'autres expériences sur le même sujet. Il y fait mention des essais de Saussure, et des résultats qu'il obtint des végétaux croissant sur des sois calcaires et granitiques ; et il porta particulièrement l'attention des chimistes sur le fait établi par Saussure , que les plantés qui végètent dans un sol calcaire , qui ne contenait que peu ou point de silice, fournissaient cependant une portion considérable de cette terre*. Einhof trouva aussi dans les cendres d'un pinus sylvestris , 0,65 de cbnux , et cependant, l'arbre avait végété sur un sol qui ne fournissait aucune trace de la présence de cette terre. Il nous apprend aussi, qu'il a vu souvent les lichens prnnast.ri et ciliaris couverts dans les mois d'août et de septembre d'une croûte de carbonate de chaux, quoiqu'il ne se trouvât point de chaux dans le voisi-
1 Les expériences de Rraconnot se trouvent d'accord avec celles de Schrader ; mais elles n'avaient pas été faites avec les mêmes précautions. Ann. de Cbim. LXI, 187.
■ Gehleu's Journ. 111 , 538.
nage , et quoiqu'il n'y eût point d'autres plantes qui en fussent ainsi recouvertes '.
Saussure a observé avec beaucoup de justesse, que l'absorption de la matière terreuse ne dépend pas tant des terres qui constituent la base du sol sur lequel les plantes végètent, que de la portion de terre tenue en dissolution dans la partie liquide du sol. Cette observation donnera sans doute l'explication de plusieurs des faits déjà cités ; mais elle ne suffit pas pour détruire les expériences de Schrader, qui tendent directement à prouver qu'il se forme des terres par les procédés de la végétation.
Le soi contient 4- Les plantes contiennent toujours , outre les terres, une des seu. certaine portion de matière saline. Celles qui végètent à une certaine distance de la mer contiennent de la potasse, tandis que les plantes marines contiennent de la soude et de l'hydrochlorate de soude. Le phosphate de chaux s'y trouve toujours , et le phosphate de potasse y existe très-souvent. Il y a des plantes qui contiennent des sels particuliers. Ainsi il existe ordinairement du nitrate de soude dans l'orge, et du nitrate de potasse dans les orties , dans le tournesol , etc. 11 Ces seis parait, d'après les expériences qui ont été faites à ce sujet,
*g'Siei"utSe»r les I116 ^eS se^3 parliculiei's contribuent à la végétation de certaines plantes. Celles qui croissent dans la mer ont besoin d'hydrochlorate de soude, et elles languissent dans le sol où il ne s'en trouve point. La bourache, les orties, et la pariétaire , ne viennent bien que dans des sols qui contiennent du nitrate de chaux ou du nitrate de potasse ; le gypse stimule la végétation de la luserue et du trèfle 2.
Les sels ne sont donc pas sans action ; et dans les cas où, par une application convenable , ils provoquent à la végétation, ils paraissent être absorbés par les plantes qu'ils fortifient. Duhamel trouva que les plantes marines faisaient peu de progrès dans les sols qui ne contenaient point d'hydrochlorate de soude. Bullion lit croître des semences de soleil sur un sol sablonneux , dans lequel on ne reconnaissait aucune trace de nitrate de potasse. En examinant ensuite les plantes , on n'y découvrit point de nitrate de potasse , mais lorsqu'un les eût arrosées avec une dissolution nitreuse
« Gehlcn's Journ. III, 563.
• Saussure, Recherches, p. 26$.
NUTRITION DES PLANTIS. 357
faible , la présence du sel s'y manifesta comme à l'ordinaire.
Les expériences de Saussure nous apprennent que les Les plante*
. r î-i 1 absorbenl
plautcs absorbent les dissolutions salines dans des propor- différante* tions très-différentes , et qu'en général elles absorbent en plus p^p0^* grande proportion celles qui sont les plus nuisibles à la végétation. Il fit dissoudre dans l'eau les substances ci-après , et en proportions telles que ebaque dissolution contenait le centième de son poids delà substance dissoute, excepté la dernière, qui contenait les o.o4-
i. Hydrochlorate de potasse.