‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 104 sur 211 · d'étain. 6. d'antimoine. 9. de molybdène · texte numérisé non relu

d'étain. 6. d'antimoine. 9. de molybdène

îo. L'or, précipité par les carbonates alcalins , est rendu blanc par cet acide.

1 1 . Il dégage l'acide carbonique de Poxide d'argent précipité par les mêmes alcalis ; mais l'oxide reste blauc.

1 2. Il dissout le peroxide de mercure , et forme avec lui un sel qui peut s'obtenir en cristaux. Ce sel est le cyanure de mercure.

i3. L'oxide de cuivre , précipité par le carbonate de potasse j fut effervescence dans cet acide , et acquiert une couleur d'uu jaune légèrement orangé.

i4- L'oxide de fer , précipité du sulfate de ce mêlai par le carbonate de potasse , fait effervescence dans l'acide, et devient bleu.

10. L'oxide de cobalt, précipité par le même alcali, donne quelques indices d'effervescence , et il devient brun jaunâtre *.

On a donné le nom fthydrocyanates aux sels~xjue l'acide prussique ou hydrocyanique forme avec les différentes bases. Comme on ne peut guère employer ces sels à aucun objet d'utilité , à raison de leur peu de permanence t ils ont été à peine examinés depuis Schéele , qui le premier nous les fit connaître.

Schéele. II, 169,

Ï)E LACIDE CHIAZIQtE SULFURÉ. 3^5

SECTION II

De l'Acide sulfocyanique , ou Acide cliyazique sulfuré.

Cet acide fut découvert en 1808, par M. Porett , qui,Déccuverie, dans une dissertation publiée bientôt après , le fit connaître sous le nom àacide prusseux, parce qu'il le considérait comme différant de l'acide prussique ordinaire, en ce qu'il était avec une proportion moindre d'oxigèoe l. Il s'assura depuis qu'il contenait du soufre , et il publia, en 1814, l'exposé détaillé de ses propriétés , sous la dénomination $ acide chyazique sulfuré, en le reconnaissant comme un composé d acide prussique et de soufre a. Gay-Lussac le forma dans le cours de ses expériences sur le cyanogène, et il en parle sans paraître avoir fait attention à la circonstance 3. Ses expériences ont pour objet de faire voir que cet acide ne contient pas seulement le cvanogène et le soufre , mais aussi de 1 hydrogène, ce qui est conforme à la manière de voir de M. Porett. Je pense qu'il est plus probable qi'.e ce composé est

réellement formé d'un atome de cvanogène et dun atome

de soufre , différant de l'acide hvdrocyauique , en ce que le

soufre y remplace l'hydrogène.

Un des moyens qu'employait M. Porett pour se procurer préparation.

l'acide sulfocvanique , ou cbvazique sulfuré . consiste à faire

bouillir pendant très-long-temps une dissolution dans l'eau,

d'une partie de sulfure de potasse , avec trois ou quatre parties

de bleu dePrusse en poudre, ajouté parinten aile 11 seproduit

un sulfure de fer, et un liquide neutre incolore, qui contient

une quantité considérable d'acide ehy;.z;qne sulfuré combiné

avec de la potasse, mais en état de mélange avec beaucoup

d'hyposulfite de potasse et de sulfate de potasse. 0:' donne a ce

liquide un état d'acide décidé par une addition d'acide su! furique

en quantitésuffisante. x\lors on le tient pendant un peu de temps

à un degré de chaleur voisin de lebuilition ; et quand ii est

* Transactions of the Society for the Encouragement of Arts, Manufactures, and Commerce , XXV II. — Phil. Mag. XXXVI, 196,

a Atin. de Chim. et de Phys. Tom. I, p. 120.

* Anu. de Chim. XCY, p. 196,

3?.6 ACÏDES COMPOSÉS DE CYANOGÈNE ET DE COMB.

froid , on y ajoute un peu de peroxide de manganèse en poudre fine , qui le fait tourner à une belle couleur cramoisie. Après avoir filtré cette liqueur, on y mêle une dissolution contenant du sulfate de peroxide de cuivre, et du sulfate de protoxide de fer , dans les proportions de deux parties du premier sel, sur trois du second , jusqu'à ce que la couleur cramoisie disparaisse. Alors il se produit un précipité blanc très -abondant, qui est un composé d'acide chyazique sulfuré et de protoxide de cuivre. On fait bouillir ce sel avec une dissolution de potasse, qui dissout l'acide, et laisse le protoxide de cuivre. Si l'on mêle alors de l'acide sulfurique avec la potasse liquide , et qu'on distille le mélange dans une cornue, l'acide cbyazique sulfuré passe darsle récipient. Il contient un peu de soufre et d'acide suifurique en état de mélange avec lui; on l'en dépouille aisément en le saturant par du carbonate de barite, et en précipitant ensuite la barite par une addition soignée d'acide sulfurique '. Propretés. L'acide chyazique sulfuré ainsi obtenu , est un liquide transparent incolore 2, ayant une odeur comme piquante, et qui ressemble un peu à celle d'un fort acide acétique. Sa pesanteur spécifique , au plus haut point de concentration où M. Porett ait pu l'obtenir, était de 1,022. A la température de l'eau bouillante, il se dissout un peu de soufre ; mais la plus grande portion de cette substance dissoute , se précipite à mesure que le liquide refroidit. La présence du soufre dans la dissolution peut être décélée par le nitrate d'argent, que l'acide, lorsqu'il est pur, précipite en blanc, tandis que ce précipité est d'une couleur foncée, lorsque l'acide contient du soufre en dissolution.

Lorsqu'on distille l'acide chyazique sulfuré, il abandonne un peu de soufre, et une portion de l'acide est décomposée ; de sorte qu'il serait possible de le détruire en entier par des distillations répétées.

En mêlant cet acide avec le nitrate de plomb , il ne se produit aucun changement à froid. Mais si, après avoir ajouté un peu d'acide nitrique au mélange , on le chauffe , il se produit une action des plus vives, il y a dégagement de dcutnxide d'azote, et il se précipite du sulfate de plomb. On

r Pnreît, Phi!. Tram. t8t < , p. £{7.

» Il acquiert quelquefois une couleur d'œillet.

de l'acide ciîyazique sulfuré. 337

voit donc ainsi que l'acide chvazique sulfuré contient le soufre comme partie constituante. 26 centigrammes de chyazate sulfaté de cuivre, contenant environ 10 centigrammes d'acide , furent décomposés par de l'acide nitrique dans lequel on avait préalablement dissous de l'hydrochlorate de barite. Il y eut formation d'environ 47 centigrammes de sulfate de barite , contenant 7 centigrammes environ de soufre. Lorsqu'on fait bouillir un peu d'acide chvazique sulfuré avec de la malachite native, il se dégage de l'acide hydrocyanique. Le perexide de cuivre est transformé en protoxide , qui se précipite en état de combinaison avec une portion décide chvazique sulfuré, et il se forme en même-temps de l'acide sulfurique. De ces expériences , et de quelques autres de même nature, M. Porett conclut que l'acide chvazique sulfuré est un composé de soufre et d'acide hydrocyanique dans Composîtioo. les proportions suivantes , savoir :

Soufre 1,2 .. . 100 .. . 6,328

Acide hydrocyanique o,G4. . . 53,3.. . 3,075

Le poids d'un atome d'acide hydrocyanique est 3^870 , et celui d'un atonie de soufre 2 ; mais 6,028 n'étant pas un multiple de 1 , cette détermination ne s'accorde pas bien avec la théorie atomique. Elle se concilie beaucoup mieux avec cette théorie, si nous supposons l'acide formé de soufre et de cyanogène, car alors ses parties constituantes seront :

Soufre 1,2 .... 100 .... 6,09

Cyanogène. . 0,64. . . . 53,3.. . . 3,25

Ainsi nous voyons que c'est un composé d'un atome de cyanogène , et de trois atomes de soufre.

Suivant Gay-Lussac , lorsque le cyanogène et le gaz hvdro-sulfui ique sont mêlés ensemble , ils se combinent lentement, et cette combinaison donne naissance à une substance solide de couleur jaune . en aiguilles très-fines entrelacées. Cette substance est soluble dans l'eau , ne précipite pas le nitrate de plomb , ne produit pas de bleu de Prusse , et c'est un composé d'un volume de cvanogène et d'un volume et demi de gaz hydrosuifurique *. Cette substance , autant qu'on en peut juger par cette courte description , se rapporte

* Ann. de Chim. XCV, 195.

exactement à l'acide chyazique sulfuré de M. Porett. Sî nous faisons abstraction de l'hydrogène de l'acide hydro-sulfurique, qui probablement n'entre pas dans la coustitution du composé , il consistera dans un atome de cyanogène et dans un atome et demi de soufre , ou en nombres entiers dans a atomes de cyanogène et 3 atomes de soufre : de sorte qu'il contiendra précisément la moitié de la quantité de soufre que M. Porett a trouvée.

Il serait prématuré de décider que ce composé est réellement l'acide chyazique sulfuré de M. Porett; mais je suis plutôt porté à le croire , que d'adopter la constitution de cet acide ci-devant établie , savoir : i atomes cyanogène -H 3 atomes soufre. Son poids sera , dans cette supposition , de 12,5. Comme il est beaucoup plus aisé de déterminer les volumes des corps gazeux qui s'unissent, que le poids de leurs parties constituantes par analyse, je pense que toutes choses égales d'ailleurs , il est plus probable que M. Porett a fait erreur dans son analyse que Gay-Lussac

Je vais parler actuellement des composés que l'acide chyazique sulfuré est susceptible déformer avec les bases salifîables, composés qu'on peut appeler chyazates sulfures, ou. suif ocy anates. C'est à M. Porett que nous sommes redevables de la connaissance de tout ce qui concerne ces sels *. Chyazates i. Chyazate sulfuré (V ammoniaque. C'est un sel soluble

qui ne cristallise pas ; mais il se dissout dans l'alcool.

2. De potasse. C'est un sel déliquescent , soluble dans l'alcool.

3. De soude. Sel déliquescent, soluble dans l'acool, cristallisant en rhombes.

4-. De chaux. Déliquescent, soluble dans l'alcool. En le séparant de ce dissolvant, on peut l'obtenir en une masse de cristaux aiguillés.

5. De barite. Ce sel est déliquescent. Il cristallise en longs prismes déliés , d'un blanc brillant. Suivant l'analyse que M. Porett en a faite, ce chyazate est composé de

Acide chyazique sulfuré . . 2,95. . . 100. . . 4>i5o Barite. . 6,9.3. • . ^34, 91 5 9,7^0

* Phil. Trans. 181 j, p. 552.

«lùfurés.

DE l'acide CHTAZIQUE SULFURÉ. 32^

6. De strontiane. Sel déliquescent, cristallisant en longs prismes déliés, en groupes radiés, comme la zéolite.

7. De+magnésie. Sel déliquescent, qui ne cristallise point. Lorsqu'il est sec, il a une apparence micacée.

8. D'alumine. Ce sel n'est pas déliquescent. Il cristallise en octaèdres.

Q. Chyazate sulfuré de protexide de fer. Sel incolore, très-soluble dans l'eau.

to. Deperoxidedefer. Ce sel, d'une très-belle couleur cramoisie, est déliquescent. On ne peut l'obtenir sous forme solide qu'en l'exposant à une atmosphère desséchée artificiellement.

1 1. Chyazates sulfurés des ox/'des de nickel, de cobalt, de manganèse, de zinc,dJurane,de bismuth. Tous très-solubles.

12. De plomb. C'est un sel solnble, cristallisant en rhombes obtus. Dans une atmosphère humide , ses cristaux sont légèrement déliquescens.

i3. Dé tain. Sel très-soluble.

i4- De pntoxide de cuivre. Ce sel est sous la forme d'une poudre blanche, insoluble dans l'eau et dans la plupart des acides. Il est décomposabîe par les alcalis, ou par distillation avec 1 hydrochlorate d'ammoniaque, ainsi que par son mélange avec ie nitrate de peroxide de fer. Lorsqu'on le mêle avec cinq fois son poids de chlorate de potasse , il fait explosion par la chai ur, le frottement, le contact de l'acide sulfurique, ou par l'étincelle électrique. Ce sel est composé, d'après l'analyse de M. Porett , de

Acide clivazique sulfuré. . 56,56. . . 100 5, 180

Proloxide de cuivre .... 65,44* • • 175,62 9

100,00 Le nombre équivalent pour l'acide chyazique sulfuré est, par cette analyse, 5, 186. L'analvse du chvazate sulfuré de barite donne pour ce nombre /j,i5o. Je pense, d'après les circonstances, que c'est l'analyse du chyazaîe sulfuré du protoxide de cuivre qui est la plus correcte. Or, 5, 186 pour un nombre équivalent > indique que l'acide est un composé de 1 atome soufre -H 1 atome cyanogène. Car le poids d'un atome de chacun de ces corps étant

Soufre 2

Cvano^ène 3, 25

îsous avons 5.2.5 pour le

33o ACIDES COMPOSÉS DE CYANOGÈNE ET DE COMB.

poids d'un atome chyazique sulfuré; ce qui se rapproche de très-près de 1 équivalent que donne l'analyse du chyazate sulfuré de protoxide de cuivre. Je suis disposé à considérer cette détermination comme différant le moins de celle réelle, parce que je pense que l'analyse de ce sel étant plus facile, ses résultats doivent offrir plus de précision que ceux de l'analyse de l'acide lui-même.

1 5. Chyazate sulfuré de peroxide de cuivre. On peut former ce sel en mêlant ensemble le chyazate sulfuré de soude et le sulfate de peroxide de cuivre. Ce sel est alors sous la forme d'un liquide d'un vert-pois éclatant. Si on y ajoute une substance désoxidante, telle que l'acide sulfureux, un sulfite alcalin, ou les sels de protoxide d'étain ou de fer, il se produit immédiatement un chyazate sulfuré de protoxide de cuivre , qui se précipite sous la forme d'une poudre blanche.

16. De protoxide de mercure. Ce sel est sous la forme d'une poudre blanche insoluble.

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