DE LEAU
4. Le potassium et le sodium décomposent l'eau avec une grande énergie. Ces corps sont ainsi transformés eu potasse et en somfe, et 1 hydrogène est dégagé. I, n'est pas douteux que les bases métalliques des terres alcalines et des terres pures décomposeraient aussi l'eau étant mises en contact avec ce liquide.
5. Parmi les métaux, le fer, le zinc, l'antimoine et l'étain, Des métaux. décomposent l'eau a l'aide de la chaleur. L'argent, l'or, le
cuivre et le platine, n'ont aucune action sur elle. On n'a point essavé celle des autres métaux sur ce liquide à une chaleur rouge *.
6. L'eau dissout les alcalis , ainsi que les terres alcalines, DcSaica:;» et n'attaque point les terres pures. Elle dissout aussi les fetIe<res acides et les sels , et peut se combiner avec un grand nombre de corps.
7. L'eau a la propriété de s'unir aux corps de deux ma-L'ea- sccom. nières différentes. Elle en dissout quelques-uns ; c'est ainsi dJTforïi*. qu'elle s'unit à l'hydrochlorate de soude , au sucre, et avec
un grand nombre d'autres corps, et ces coaiposés deviennent liquides comme elle. D'autres substances, en s y combinant, conservent leur solidité. C'est l'eau, qui dans ce cas, perd sa forme liquide pour prendre celle de la substance à laquelle elle est unie. C'est ce qui a lieu avec la chaux , l'alumine, avec un çrand nombre de substances salines, et une grande variété d'oxides métalliques. Lorsque le compose que forme l'eau avec une autre substance conserve l'état liquide , la proportion dans laqu :11e l'eau se combine est illimitée-, la quantité en est toujours, au contraire j dans un rapport déterminé , lorsque la combinaison produite est solide.
Les chimistes n'avaient porté pendant long-temps toute leur attention que sur la première de ces deux espèces de combinaisons, qu on appela dissolutions des corps dans l'eau, lorsque Proust la dirigea sur celles, presqu'ernièrement négligées, dans lesquelles l'eau devient solide, et qu'il distingua par la dénomination ^hydrates.
Ainsi, dans le langage de Proust, la combinaison de l'eau Hydrate* avec la chaux, ordinairement appelée chaux éteinte , est un h 'drate de chaux. De même aussi, les cristaux debarite et de
* Mém. Par. i;Si, I, 27^
20 OXIDES INSALIFIABLES.
strontiane, sont des hydrates de ces terres alcalines, comme la potasse et la soude cristallisées sont des hydrates des alcalis fixes. Quoique le terme hydrate soit, à quelques égards, sussceptible d'objections, nous continuerons cependant de l'employer, puisqu'il n'en a pas été proposé d'autre. Les composés appelés hydrates méritent d'être particulièrement considérés en ce qu'ils diffèrent d'une manière très-sensible dans leurs propriétés, des corps avec lesquels on les a jusqu'alors confondus : c'est ainsi que, sous plusieurs rapports, les hydrates de chaux, de barite, de potasse, etc., sont très-différens delà chaux, de la barite, de la potasse, etc. Hydrate» Les hydrates de potasse et de soude sont cristallisés , et *!caIréux! '"'contiennent toujours une proportion d'eau déterminée. Leur dissolution dans l'eau produit du froid, tandis que celle des alcalis en poudre donne de la chaleur. Les mêmes observations s'appliquent aux hydrates de barite et de strontiane. L'eau entre en proportion beaucoup plus considérable daus la composition des hydrates dont nous venons de parler que dans sa combinaison avec la chaux. ïl en résulte que l'hydrate de chaux ne peut pas prendre la forme cristalline, et qu'il reste ordinairement à l'état pulvérulent. On sait néanmoins qu'il retient l'eau avec une grande force, et que sa formation est une des principales causes de la solidification du mortier x. L'hydrate d'alumine n'est pas moins remarquable par la même particularité. Cette substance est celle qu'a désignée Saussure par la dénomination d'alumine spongieuse. Hydrates ^a*s ^e tous ^es hydrates ce sont ceux des oxides métallimetaiiiques. qU6s qui sont les plus remarquables ; aussi , attirèrent-ils d'abord, et plus particulièrement, l'attention de Proust; et ce fut l'examen de ces sortes d'oxides qui le porta à inventer le mot hydrate , par lequel il crut convenable de distinguer tous les composés de cette nature. Ses observations, en ce qui concerne V hydrate de cuivre , ont été révoquées en doute par Berthollet2 ; mais ses argumens ne me paraissent pas suffisamment concluans pour renverser une théorie aussi ingénieuse que celle de Proust. Berthollet a bien démontré que l'hydrate de cuivre retient habituellement une petite portion d'acide, mais il n'a pas fait voir qu'il dût ses propriétés particulières à cet acide , tandis que Proust a rendu l'opinion contraire
■ Proust, Journ. de Phys. LIX, 3^.
î Statique chimique. II , zj55.