DE LEAU
plus que probable, en s'assurant que les propriétés de l'hydrate ne changent point, lors même que la proportion d'acide varie, et qu'elle est diminuée de manière que sa présence y puisse être à peine indiquée.
La plupart des hydrates métalliques se font remarquer par l'éclat de leurs couleurs : ils se dissolvent dans les acides beaucoup plus facilement que les oxides ; et mis dans la bouche , ils affectent l'organe du goût, beaucoup plus fortement même que les sels métalliques.
IV. Les anciens avaient considéré l'eau comme l'un des quatre élémens dont chacun des autres corps est composé. Opinions
■A,, , . . TT . . l l sur la ii.--.lure
Llle était , suivant Hypocrate, la substance qui nourrit et dei'tau. entretient la vie des plantes et des animaux. Vanhelmont fut le premier qui , ayant essayé de conserver pendant très-longtemps des plantes dans de l'eau pure, crut pouvoir conclure de ses expériences que ce liquide était susceptible de se convertir dans toutes les substances qui se trouvent dans les végétaux. Boyle avant laissé pendant un an de l'eau pure dans un vase de verre hermétiquement fermé , il y trouva une certaine quantité d'écaillés terreuses qu'il considéra comme provenant d'une portion de l'eau qui s'était changée en terre r. Il obtint la même terre en distillant à feu lent de l'eau dans un vase de verre élevé a. Margraff répéta l'expérience dont il eut le même résultat, et dont il tira la même conclusion -, mais l'opinion de ces chimistes ne fut jamais généralement admise2. M. Waselton, qui publia ses expériences à ce sujet dans le journal de physique, pour 1780, fut vraisemblablement le dernier qui l'ait adoptée. Lavoisier prouva, en 1773, que les vaisseaux de verre dans lesquels la distillation s'était faite, avaient perdu de leur poids une quantité exactement égale au poids de la terre obtenue 4 , d'où il s'ensuivait irrésistiblement que la terre, dont la présence se manifestait ainsi, était de la silice que le verre contient en grande proportion , et qu'elle provenait de la décomposition des vaisseaux. Il a été démontré depuis, par Priestley, que l'eau décompose toujours le verre lorsqu'il reste pendant
■ Shaw's Boyle. III, 417.
a Ibid. 1 , 267.
3 Watsoii,s chemical Essays. IV, 357.
22 0XIDES INSALIFIABLES.
long-temps en contact avec la surface de ce liquide à une haute température.
Histoire On sa[i actuellement que l'eau est un oxide d'hydrogène,
M découverte ou un composé d'oxisène et d'hvdroiïène. Comme cette dé-
ae sts parties *• , l. , • y
imposantes, couverte a presqu entièrement change 1 aspect de la science de la chimie , en fournissant un moyen d'expliquer un grand nombre de phénomènes qui n'avaient pu l'être jusqu'alors, il nous paraît digne de notre sujet de tracer plus particulièrement la route par laquelle on y est progressivement parvenu.
Il est vraisemblable que Schéele est le premier qui chercha à découvrir ce qui se produisait par la combustion du gaz hydrogène. Il conclut que, pendant qu'elle avait lieu, l'oxigène et l'hydrogène se combinaient, et que le produit était du calorique.
En îj^Macquer, aidé par Sigaud de Lafond, mit le feu à une bouteille remplie de gaz hydrogène, en plaçant au-dessus delà flamme une soucoupe de porcelaine, alin de s'assurer s'il se produirait quelque vapeur fuligineuse. La soucoupe resta parfaitement nette ; mais on y appercevait quelques gouttes d'un liquide clair qu'ils reconnurent être de l'eau pure1.
L'année d'après , Bucquet et Lavoisier firent détoner un mélange de gaz hydrogène et oxigène pour en connaître le produit, sur la nature duquel ils n'étaient pas d'accord dans leurs conjectures. Bucquet avait supposé que ce produit devait être de l'acide carbonique, et Lavoisier avait au contraire soupçonné que ce serait de l'acide sulfurique ou sulfureux. Ils ne distinguèrent pas la nature du produit; mais ils s'assurèrent qu'il n'y avait point eu de gaz acide carbonique formé, et par conséquent ils reconnurent que 1 hypothèse de Bucquet n'était pas fondée3.
Au commencement de 1 78 1 , M. Warltire , sur l'invitation que lui en fit le docteur Priestley, mit le feu à un mélange de ces deux gaz, contenu dans un vaisseau de cuivre, et il observa qu'après l'expérience, le poids du tout était diminué. Le docteur Priestley avait préalablement fait, en présence de M.Varhire,la même expérience dans un vaisseau de verre. Ce vaisseau devint humide dans son intérieur, et il se recouvrit d'une espèce de suie3, que depuis, le docteur Priestley sup-
1 Dictionnaire de Macquerj art, gaz inflammable. a M cm. Par. 1 78 r , p. fco.
3 Priestley. V, 3i)j.