Leur saveur est acre, et leur odeur fortement aromatique
4- Elles se volatilisent à une température qui n'excède pas ioo°centig.
5. Elles sont solubles dans l'alcool, et imparfaitement dans l'eau.
6. Évaporées sur du papier , elles n'y laissent aucune trace.
Cette dernière propriété fournit un moyen facile de reconnaître si une huile volatile a été falsifiée par quelque mélange des huiles fixes. Il suffit, pour cela, de verser sur une feuille de papier à écrire , une goutte de l'huile volatile qu'on veut essayer, et de l'exposer alors à une chaleur modérée. Si l'huile s'évapore sans laisser aucune trace, elle est pure; mais si le papier reste taché, on peut la considérer comme étant altérée par de l'huile fixe, ou par quelque autre substance.
rréparation. Les huiles volatiles s'obstiennent presque toutes des végétaux. Chaque partie des plantes , la racine, la tige , l'écorce , les feuilles, la fleur, et mêrnele fruit, sont susceptibles d'eu contenir; mais elles ne se rencontrent jamais dans la substance des cotylédons; tandis, qu'au contraire ce u est presque toujours que dans ce seul organe de la plante, que résident les huiles fixes *.
Il suffit quelquefois de la simple expression, pour séparer les huiles volatiles des plantes qui en contiennent en grande abondance; c'est ainsi qu'on peut retirer celles des oranges, des citrons, de la bergamote, etc.; mais ce n'est en général que par la distillation qu'on peut les obtenir. Ou met avec de l'eau, dans un alambic, la partie de la plante qui contient l'huile; et on disfille a un feu ménagé; l'huile passe avec l'eau, et nage à sa surlace dans le récipient. C'est de cette manière qu'on se procure la plupart des huiles essentielles qui sont préparées et employées par les parfumeurs : telles que l'huile de menthe poivrée, de thym, de lavande, et un grand nombre d'autres. On en obtient d'autres par la distillation de corps résineux; c'est ainsi, par exemple , qu'on extrait l'huile de térébenthine de l'espèce de suc réuineux qui porte ce nom , qu'exsudent diverses espèces de pin.
Propriété*. Il y a un très-grand nombre d'huiles volatiles , connues depuis long-temps, et qui diffèrent considérablement entre elles par leurs propriétés; mais comme leur usage en chimie est très-borné, on s'est peu occupé d'en faire l'examen.
Liquidité. i. La plupart des buiîes volatiles sont liquides ; beaucoup d'entre elles sont limpides comme l'eau, et n'ont rien de cette apparence qu'on considère ordinairement comme huileuse. Telles sont les huiles de térébenthine, d'oranges, de citrons, de bergamotte, de roses, etc.: dantres. comme les huiles de macis, de cardamome, de sassafras^de girofle, de cannelle, sont d'une viscosité huileuse qui varie en elles dans tous les degrés. 11 en est qui ont la propriété de prendre une consistance solide; ce sont les huiles de persil, de fenouil, d'anis , de baume; d'autres, telles que les huiles de thym, de menthe poivrée, de marjolaine, sont susceptibles de cristalliser par une évaporation lente. L'huile de noix muscade a pour
* Fourcroy. VII, 3o5.
HUILES VOLATILES. 3cj"J
l'ordinaire la consistance du béni e l il en est de même de celles de poivre et de houblon.
2. Les huiles volatiles ne varient pas moins entre elles dans leur ctblettr que par leu s ant» es propriétés II en est un grand nombre qui sont limpides et incolores, telles que celles de térébenthne, de lava; de . d*j n marin, de Sabine, d'anis; quelques-unes, comme les huiles d'aspic (lavandula spica ) et de bergamotto, sont jaunes : la couleur de celles de thym, de sanette, d'absynthe, est brune. Les hml js de camomille et de matricaire s >nt bleues ; celles de ni.lle feuilles, de poivre, de houblon, de persil, de genièvre, de sauge, de valériane, sont vertes; d'autres. comme celles de girofle, de cannelle, de sassafras, incol >res d'abord, deviennent par le laps de temps . jaunes ou brunes *.
3. L'odeur est, dans les hmles volatiles, d'une si grande ,-,,
. , , , .. .t ■> , ° Udeur.:
vanete, quon essaierait en vain de rendre compte des différences infinies de nuances qu'elles offrent dans ce caractère; quil suffise d'observer que tout ce que les substances végétales ont d'odoriférant, réside dans les huiles volatiles. Leur saveur est toujours acre, chaude et extrêmement désagréable.
4- La pesanteur spécifique des builes volatiles varie très-con- «
• i ' il l n i v t Pesanteur
siderablement: non-seulement dans les espèces diverses, mais «fléciaqua. encore à l'égard de la même huile dans des circonstances différentes. Le docteur Lewis a formé la table suivante des pesanteurs spécifiques de plusieurs des huiles volatiles telles qu'il les a constatées 3.
Huile de sassafras. . . 1,094 Huile de tanaisie. . . . 0,946
de cannelle. . . i,o35 de graines de
de clous de, carvi 0,940
girofle. . . . i,o34 ' d'origan o,<j4o
de fenouil . . . 0,997 d'aspic o,q56
d'anet 0,994 de romarin . . . 0,904
de pouliot . . . 0,978 de bues de
de cumin. . . . 0,970 genièvre . . . 0,611
de menthe . . . 0,976 d'ora no-e3 . . . o^8S
de noix de térébenthine. 0,792
muscade. . . ©,948
* Foureroy, VII , 3o5.
a ^Veuuian's Chenu p. 2:2.
3 Ibid.
Volatilité. Les huiles volatiles chauffées à l'air, s'évaporent promptement sans altération, eu exhalant tout-à-1'entour leurs odeurs particulières; tuais, à cet égard, il existe entre elles de très grandes différences. Lorsqu'on les distille à vaisseaux fermés, elles ne passent pas aussi promptement à l'état de vapeur; elles perdent leur odeur, elles deviennent plus foncées en couleur, et elles sont en partie décomposées. Il paraît que la présence de quelqu'autre substance, comme l'eau par exemple, rend les huiles beaucoup plus susceptibles de prendre la forme gazeuse.
Les huiles volatiles se congèlent par le froid comme les huiles fixes ; mais la température nécessaire pour produire cet effet varie selon l'espèce d'huile; quelques-unes, telles que les huiles de fenouil et d'anis, prennent une consistance solide à la température de -4- io° centigr.; les huiles congelées de bergamotte et de cannelle, se liquéfient a — 5° centigr.; celle de térébenthine à — io° centig.1. Margueron exposa plusieurs huiles volatiles à un froid de — 270 centigrades ; elles se congelèrent , ou plutôt crisrallisèrent en partie, avec émission en même temps, d'un fluide élastique; ces cristaux se composaient en partie des huiles elles-mêmes, et en partie , d'autres substances. On reconnaissait dans quelques-uns de ces cristaux les propriétés de l'acide benzoïque *.
Changée* 5. Les huiles volatiles exposées à l'action de la lumière ?«r i& lumière. (jans cjes va]Sseaux fermés où l'air n'ait pas d'accès, y éprouvent des chanïiemens très-sinçuliers. Leur couleur devient pins foncée ; elles acquièrent un grand degré de consistance, et leur pesanteur spécifique augmente considérablement. La cause de ces ehangemens n'est, qu'imparfaitement connue. On avait snnpe.se autrefois qu'ils étaient dus à l'oxigène dont on s'était assuré que l'absorption avait lieu lorsqu'il était présent ; mais Tingrv, à qui nous sommes redevables de ces recherches très-intéressantes, a prouvé que les mêmes ehangemens se pioduisent san< la présence de l'oxigène, et il les attribue à la fixation de la lumière, qu'il reconnut en être l'agent nécessaire. Si c'est bien en effet la véritable cause de ces ehangemens, la quantité de lumière fixée doit être énorme, ■ i . . i. h, . i ■
1 Margueron, Journ. de Pbys. XLV, i36.
» ILuL
HUILES VOLATILES. 3gÇ)
car la pesanteur spécifique des huiles devenant ainsi beaucoup plus considérable, tandis que le volume reste le même, il est évident que le poids absolu doit être proportionnellement augmenté. Une circonstance, cependant, qui rend cette conclusion en quelque sorte basardéee, au-moius dans toute son extension , c'est que l'effet du changement est toujours proportionnel à la quantité d'huile et à celle de l'air contenus dans les vaisseaux '.
II. Il est probable que les huiles volatiles se combinent, en les absorbant, avec les clifférens soutiens delà combustion, quoiqu'il u'ait point encore été fait d'expériences exactes sur ce sujet.
i. Exposées à l'air, les huiles volatiles y deviennent de Absent
l i r- » 1 a l'oxigène.
plus en plus visqueuses etionceesen couleur, en même temps que leur odeur diminue. Le docteur Priestley s'assura le premier qu'elles s'imbibent promptement d'oxigène, et que c'est à cette propriété d'absorption que sont dus les effets de l'air sur ces huiles. Il ne fit ses essais que sur de l'huile de térébenthine; mais il reconnut que dans des fioles qui n'étaient qu'à moitié remplies d huiles de menthe et de cannelle, l'air était dépouillé de son oxigène3. 11 s'assura également qu'indépendamment de cette disposition à absorber l'oxigéne, l'huile de térébenthine a la propriété de s'imprégner d'une quantité considérable d'air, qu'on peut ensuite lui enlever sous la machine pneumatique 3. Suivant Fourcrov, cette absorption de l'oxigéne est accompagnée de formation d'eau; ce que prouvent évidemment, dit-il, les gouttes d'eau qu'on aperçoit souvent a la surface de ces huiles, lorsqu'elles sont gardées dans des vaisseaux mal fermés *. Par une longue exposition à l'air, les huiles volatiles sont susceptibles de passer à l'état de résines.
Lorsqu'on les chauffe suffisamment à l'air, les huiles volatiles s'allument et brûlent avec une flamme claire, brillante, en répandant une fumée abondante. Les produits de leur ' combustion sont, outre la suie, de l'eau et de l'acide carbonique.
1 Tingry, Journ. de Phys. XLVI , i6x et 24g.
» Priestley, on Air. II,' a32.
' Ibid.
4 Fourcrpy. VII, 5oi. Engl. Trans,
2. 11 est au-moins reconnu que l'huile de térébenthine absorbe le chlore, s'y combine, et que les propriétés du nouveau composé sont très- différentes de celles de l'huile de térébenthine. M. l'orettfit passer un mélange de vapeur d'huile de térébenthine et de chlore à travers un tube de verre dans un récipient; il se forma une huile blanche, pesante, trèsépaisse, qui coula immédiatement au fond de l'eau. L'odeur et la saveur de cette huile avaient beaucoup de rapport à l'odeur et à la saveur de la noix muscade, mais laissant sur la langue une impression plus caustique \ John Davy paraît avoir obtenu un composé semblable avec un mélange d'huile de térébenthine et de chlorure de peroxide d'étain a.
3. L'action de l'iode sur les huiles volatilles n'a pas été Action dc$ essayée.
tc,"imp,eï!es 111. Les corps combustibles simples n'exercent pas d'action remarquable sur les huiles volatiles. 11 u'a point été jusqu'à présent reconnu qu'elles fussent susceptibles d'absorber 1 hydrogène, ni d'être altérées par le charbon. Lorsqu'on les met en digestion sur du soufre, à la température à laquelle cette substance se fond, elles le dissolvent en partie, deviennent d'une couleïir brune et acquièrent une odeur et une saveur désagréables. On a donné le nom de baumes de soufre à ces dissolutions dans lesquelles une portion du soufre cristallise par refroidissement 3. Lorsqu'on expose ces baumes à une forte chaleur, il se produit, en grande abondance, un g^z (probablement gaz hydro-sulfurique) qui s'en dégage avec une rapidité capable de donner lieu à dis explosions très-violentes, si Ton n'a pas pris les précautions convenables 4.
Les huiles volatiles dissolvent également une portion de phosphore lorsqu'on les met en digestion à chaud avec cette substance; mais cette portion se dépose en entier dans la plupart de ces dissolutions à mesure qu'elles refroidissent. Pour les rendre permanentes, Hoffman proposa de triturer le phosphore avec du camphre, dans la proportion de dix parties de camphre sur une partie de phosphore. Ce mélange se dissout facilement dans le plus grand nombre des huiles volatiles, telles que l'huile de girofle et tous les corps qu'on
1 \irholsonVs Journ. XX11I , i^5
1 Ibid. p. 17.
'* VWm. deChira del'Acad. de Dijon. III, 357.
* Hoffman , Observât, phys. chem. p. 3o8.
/ Cl 'OTÎ
HUILES VOLATILES. ^oî
frotte avec la dissolution, deviennent lumineux sans éprouver de combustion r. Il parait que c'est dune dissolution de cette nature que Boyle lit un si fréquent usage sous le nom de phosphore liquide.
IV. Les alcalis et les terres n'ont qu'une faible action sur les huiles volatiles. Les chimistes français ont proposé de désigner desa;^[6Vtde! les combinaisons de ces corps avec les huiles volatiles par le nom de savonules, que le docteur Pearson a traduit par celui de saponules j mais ces dénominations n'ont point été adoptées par les chimistes *.
^ En considérant avec quelle facilité la potasse dissout la térébenthine commune, lorsque son union avec cette même substance, à l'élat d'huile, dans la préparation médicinale connue sous le nom de savon de Starky, exige une longue et pénible trituration; on est porté a croire que dans&ce cas la combinaison n'a lieu qu'autant que l'huile est convertie en résine; et qu'alors ce n'est pas l'huile qui a la propriété de s'unir avec la potasse, mais bien la résine dans laquelle
I huile se change, eu absorbant Ioxigène de l'atmosphère.
II paraîtrait en effet probable que les huiles volatiles absorbent et abandonnent l'oxigèoe avec une bien plus grande facilité qu'on ne l'avait supposé jusqu'à présent , et que ces changemens ont lieu dans beaucoup de leurs dissolutions. Les huiles volatiles semblent n'être susceptibles de combinaison avec les alcalis et les terres, que lorsque par leur union avec Ioxigène, elles ont été mises a l'état de résines ; tandis que d'un autre côté il semblerait que les résines ne doivent la propriété qu'elles ont d'être solubl.-s dans l'alcool, qu'a leur conversion en huiles volatiles, par l'abandon de leur oxigèna D'après quelques expériences récentes de Harchett. cette dernière supposition , aumoins, ne serait pas invraisemblable. J'en citerai une. Après avoir fait dissoudre, dans moins d un litre d alcool, environ 260 gram. de résine jaune commune du commerce, il décanta la dissolution Clarifiée dans une grande capsule de verre contenant a peu- près deux litres d'eau distillée. Il plaça cette capsule sur un bain de sable entretenu pendant environ quatre heures a une chaleur modérée; la principale
1 HofFman, Observ. chem. p. 3o;.
» Le lexmc saponuleconium peu à l'idiome anglais, Celui de soussavon, ou tout autre analogue , eût été préférable"
partie de la résine se précipita pendant cette digestion. Le jour suivant la liqueur laiteuse, dont on avait séparé le précipité , fut évaporée à siccité à vaisseau ouvert. Pendant févaporation il se forma successivement, à la surface delà liqueur, des pellicules minces et fragiles de résine parfaite, et le résidu de l'évaporation, après avoir été séché, était de même nature. Mais la portion qui s'était précipitée dans la capsule pendant la digestion de la liqueur, et qui constituait la partie principale de la résine employée, n'était pas à l'état de résine , mais à celui de térébenthine ordinaire. Ces phénomènes indiquent d'une manière non équivoque , que la résine avait absorbé de l'oxigène pendant sa dissolution dans l'alcool. D'où il suit que h portion immédiatement précipitée lorsque la dissolution fut mise dans l'eau, n'étant point en contact avec l'air, s'en était séparée à l'état de térébenthine, tandis que la portion obtenue par l'évaporation prolongée à l'air était passée à celui de résine parfaite.
V. La plupart des huiles volatiles, lorsqu'on les agite avec oieo- de l'eau, rendent ce liquide de couleur laiteuse, et lui com-
muniquent leur odeur particulière, bn versant de plusieurs de ces huiles sur du sucre , qu'on fait ensuite dissoudre dans l'eau, elles forment ainsi, avec ce liquide, une dissolution permanente à laquelle on a donné le nom à'oleo-sacckarum. Margueron a fait voir que cette propriété n'appartient qu'à la portion la plus pure et la plus limpide des huiles.
Les huiles volatiles sont toutes solubles dans l'alcool, l'é- Action ther et les huiles fixes , quoiqu'elles varient considérablement e ré/hTr,' e dans leur facilité d'union avec l'alcool. On sait, par exemple, cj huiles fixe*. e i>Uûjon $e l'huile de térébenthine avec ce liquide s'opère lentement. Lorsqu'on fait dissoudre 1 partie de cette huile dans 7 parties d'alcool, l'huile s'en sépare peu-à-peu et gagne le fond du vase qui contient la dissolution *.
VI. L'action des acides sur les huiles volatiles n'a été qu'imparfaitement examinée.
Celle qu'exerce l'acide sulfurique sur ces substances, est très-énergique. Il les dissout, les convertit d'abord en une espèce de résine, et finit par les réduire en charbon. On peut par conséquent se procurer l'huile dans des états très-diffé-
* Neuaiau's CLem. p. il
rens, selon l'intervalle de temps plus ou moins long qu'on mettra à la séparer de l'acide, en mettant le mélange dans l'eau. %Si l'on verse très lentement , et par gouttes, une huile volatile dans quatre fois son poids d'acide sulfurique, eu triturant continuellement après chaque addition, on a une dissolution de couleur brunâtre. Cette dissolution , après avoir été étendue de trois ou quatre parties d'eau, étant exposée à une douce chaleur, il s en sépare une masse brune, qu'on avait autrefois désignée par le nom de savon acide. Achard est le seul chimiste qui ait examiné ces combinaisons avec attention. 11 fit principalement ses expériences sur l'huile do térébenthine. La masse brune qui se sépare lorsque cette huiie et l'acide sulfurique sont traités comme il vient d'être dit , est en consistance de cire molle , soluble dans l'eau et l'alcool; en la décomposant par un alcali, la matière huileuse qui se sépare s'unit avec facilité aux alcalis r. D'où il suit qu'elle paraît s'être rapprochée de létat d'une résine.
L'acide hydrochloriqueagit avec beaucoup moins d'énergie sur les huiles volatiles que 1 acidesuifurique. Il dissout, suivant les expériences de Ajh ird , les 0,008 de son poids de l'huile de sassafras. Il est probable que cette portion dissoute est altérée 2. Avec l'acide hvdrochlorique l'huile de térébenthine se combine et forme un composé qui ressemble beaucoup, dans son aspect . au camphre.
L'acide nitrique . lorsqu'il est concentré , et versé rapidement sur les huil s volatiles, agît sur elles avec une énergie t<'ile qn il les enflamme sur-le-champ ; mais s'il est suffisamment étendu d'au, i! les dissout, et les convertit en une substance jaune qui se rapproche de L état résineux. Le chlore agit sur elles de la même manière , mais moins fortement.
VII. On n'a pas fait beaucoup de recherches sur la ma- Art;-n nière dont les huiles volatiles se comportent avec les métaux ; mais leur action sur ces substances ne peut présenter rien de remarquable. Margueron a essayé l'effet de quelques seîs de mercure sur plusieurs des huiles volatiles, et ce chimiste a constaté les îaits suivans. En cardant de l'huile de romarin sur du nitrate de mercure, ce sel est décompose par degrés, et l'hude prend une couleur foncée. Le percblorure de
1 Jourti. de Phys. XVI, 4°0«
* Eltimens de Chim. de TAcad. de Dijon. III, 3Gr.
des metau^i
4o4 HUILBS FIXES.
mercure colore également , et épaissit les huiles de citron , de cerfeuil , d'hysope , de lavande , de romarin et de menthe poivrée ; et il est en même- temps converti en partie, en protochlorure de mercure. Le chlorure de mercure , et le sulfure de ce métal , ne produisent aucun changement sur les huiles de lavande et de romarin f mais avec cette dernière , le peroxide de mercure se change en protoxide , quoique l'huile n'éprouve aucune altération sensible. Le chlorure d'antimoine est également décomposé par l'huile de romarin*.
VIII. Des effets des acides soutiens sur les huiles volatiles, et des produits de leur combustion, on a conclu qu'elles sont composées d'hydrogène et de carbone , unis quelquefois avec l'oxigène en proportions diverses , suivant les circonstances ; mais il n'a pas été fait jusqu'à présent d'analyse exacte d'aucune de ces huiles.
IX. Les huiles volatiles sont appliquées à un grand nombre d'usages. On en emploie quelques-unes en médecine. D'autres , telle que l'huile de térébenthine , servent à former des dissolutions de résines dont on fait ensuite des vernis. On s'en sert en peinture; enfin elles font le principal mérite des parfums.