DES HUILES FIXES EN GÉNÉRAI
restées transparentes après leur combinaison avec l'oxigène; et pour la seconde, de celles qui sout devenues opaques, et qu'on appelle huiles grasses.
5. Les huiles siccatives s'emploient dans la peinture, et Hnii pour les vernis. Les huiles de lin, de noix, de pavot et de chenevis appartiennent à cette classe. Ces quatre espèces d'huiles n'ont qu'imparfaitement , dans leur état naturel , la propriété d'être siccatives. On les prépare, pour 1 usage des peintres et des vernisseurs, en les faisant bouillir pendant quelque temps dans un pot de fer. Elles sont ainsi en partie décomposées; il s'en dégage, en abondance, une vapeur aqueuse, et du gaz hydrogène carboné. Elles deviennent d'une couleur plus foncée, et d'une plus grande consistance. Pour quelques autres usages, on enflamme ordinairement ces huiles, et après les avoir laissé brûler pendant quelque temps on les éteint, en couvrant le vaisseau qui les contenait. On continue alors à les faire bouillir , jusqu'à ce qu'elles aient acquis le degré convenable de viscosité. On leur fait perdre ainsi, en grande partie, leur qualité onctueuse; de manière qu'elles ne laissent plus de tache graisseuse sur le papier, et qu'elles se rapprochent de la nature des résines, avec cette différence, qu'au lieu d'être devenues cassantes, elles conservent un certain degré de dureté et de ductilité, qui les rend analogues à la poix résine, connue sous le nom de poix des cordonniers. Enfin on rend aussi ces huiles siccatives, en les faisant bouillir avec un peu de l'oxide de plomb connu dans le commerce sous le nom de litharge. On ne sait pas bien précisément quelle peut être la nature du changement que ces huiles éprouvent par ce moyen; il est probable qu'elles absorbent foxigène de l'air, et il a été reconnu qu'elles sont en partie décomposées. Lorsqu'on les a fait brûler pendant quelque temps, leur onctuosité est beaucoup plus complètement détruite que par toute autre méthode qui ait encore été employée. On se sert souvent, en conséquence, de ce dernier moyen de préparation des huiler» siccatives, lorsqu'on destine ces huiles aux vernis; et toujours on les traite ainsi, pour leur emploi dans l'encre des imprimeurs, qui exige qu'elles soient, autant que possible, dépouillées de toute onctuosité.
On a trouvé que, pour ce dernier objet, l'huile de noix était préférable à toutes les autres, quoique la couleur obs-
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cure qu'elle acquiert en bouillant , la rende moins convenable pour l'encre rouge que pour la noire. Après l'huile de noix , c'est celle de lin qu'on considère comme la plus propre à cet usage. On n'y emploierait pas, avec le même avantage, d'autres huiles, parce qu'on ne peut pas leur enlever suffisamment leur onctuosité. L'encre faite avec ces huiles aurait de la disposition à couler sur le papier et à le maculer dans le travail des relieurs ou même à s'étendre au-delà des traces des caractères, et à tacher le papier en jaune.
On prépare l'encre pour l'imprimerie de la manière suivante.
Enrr« On fait bouillir l'huile dans un pot de fer qui n;en est
faprimlurt. qu'à moitié rempli; on l'enflamme, et on la laisse brûler peudant une demi-heure ou plus. On continue alors de la faire bouillir doucement, jusqu'à consistance convenable. Dans cet état, on l'appelle vernis. On en prépare de deux espèces, l'un plus épais, et l'autre plus clair. Le plus épais est d'une consistance telle qu'il tombe en fils en se refroidissant, comme de la colle faible. Ou broie ensuite ce vernis avec du noir de fumée dans la proportion d'environ 78 gr. sur 496 gr. d'huile. Lorsque cette huile est nouvellement préparée, en regarde comme nécessaire d'y ajouter un peu d'huile de térébenthine bouillie, et un peu de protoxide de plomb, ou litharge; mais on assure que cette addition produit l'effet de faire adhérer si fortement l'encre aux caractères , qu'on a beaucoup de peine à l'en enlever. L'huile ancienne s'emploie sans qu'il soit besoin d'y rien ajouter x.
L'huile préparée, ainsi qu'on vient de l'indiquer, est encore insoluble dans l'alcool et dans l'eau-, mais elle s'unit facilement à une plus grande quantité d'huile. Elle se dessèche en une masse visqueuse qui ressemble à de la térébenthine, et, dans cet état, elle est à peine susceptible de s'unir avec de l'huile. Le docteur Lewis trouva que l'huile de lin perd les 0,166 de son poids par sa conversion en un vernis épais, et que cette perte est à-peu-près des o,5o, lorsqu'on la fait bouillir jusqu'à ce qu'elle soit devenue toute roide en se refroidissant *. La propriété qu'a l'encre des imprimeurs d'adhérer au papier mouillé, prouve combien la nature hui-
• Lewis, PhM. Comm. p. 372.