DES HUILES FIXES EN GÉNÉRAL
leuse de ce corps est altérée. Elle se rapproche, par quelques caractères, de la nature du mucilage , quoique , dans d'autres* elle en diffère beaucoup.
6. Les huiles grasses s'épaississent insensiblement à l'air ; Huiles gras»», elles y deviennent opaques et blanches, et y prennent à la
fin une appareuce qui les fait ressembler beaucoup à la cire ou au suif. Les huiles d'olive, d'amandes douces, de navette et de ben appartiennent à cette classe.
Lorsqu'apiès avoir versé de l'huile sur de l'eau, de manière qu'elle forme une couche mince à la surface de ce liquide, on l'expose ainsi à lair, ces changemens quelle y éprouve sont beaucoup plus prompts. Berthollet qui, le premier, examina ces phénomènes a\ ec attention, les attribua à l'action de la lumière; mais Sennebier observa quelle ne produisait, même au bout d'un temps assez long, aucune altération sur l'huile, lorsqu'on y restant exposée, elle n'avait pas le contact de l'air, il remarqua de plus, que l'admission du gaz oxigène lui faisait éprouver les mêmes changement que l'air, soit qu'elle fût ou non placée sous l'influence de la lumière x. Il devenait donc clair alors que c'était l'oxigène qui agissait sur l'huile; et l'on suppose actuellement que l'altération des huiles grasses est due simplement à la faculté qu'elles ont d'absorber l'oxigène, et de se combiner avec ce
principe. . , . Action
7. L'action des huiles fixes sur les combustibles simples /ief .. .
y r comb.sti! les
n'est pas tres-remarquable. simples.
L'hydrogène ne paraît pas agir sur elles. En les filtrant à travers du charbon en poudre, on les rend plus pures: mais ce moyen ne pourrait être employé pour produire cet effet, à raison de la grande difficulté qu'il y a d'en séparer le charbon*. La peinture noire n'est ordinairement autre chose qu'un mélange par trituration, de charbon et d'une huile siccative.
Les huiles fixes dissolvent également, à l'aide de la chaleur, une peiite portion de phosphore. Le moyen le plus propre à opérer facilement cette dissolution, est de faire bouillir un peu dans un vaisseau de verre, un mélange d'huile, d'eau et de phosphore. Ces phosphures huileux exhalent l'odeur d'hydrogène phosphore, et abandonnent, à
■■ Ann. de Chim. XI, 89.
« K.els , Crell's Annals. 111 , 2"/\> Engl. ïrans.
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la distillation , une portion de ce gaz. Quand on frotte ces phosphures à l'air, ou qu'on en enduit la surface de quelqu'autre corps, ils paraissent lumineux, à raison de la combustion du phosphore. Lorsqu'après avoir saturé à chaud des huiles fixes de phosphore, ou laisse refroidir la dissolution , le phosphore s'y dépose, en cristaux qui sont des octaèdres, ainsi que l'a reconnu Pelletier.
Le soufre se dissout facilement dans les huiles fixes , à l'aide de la chaleur. Cette dissolution produit une liqueur rougeâtre, qui dépose, par refroidissement, des cristaux de soufre, et qui donne, à la distillation, beaucoup de gaz acide hydro-sulfurique. C'est par le moyen de ces dissolutions, que Pelletier se procura de beaux cristaux de soufre en octaèdres réguliers.
Action dei'eau. 8. Les huiles fixes sont toutes insolubles dans l'eau. Lorsqu'on les agite avec ce liquide, le mélange devient laiteux; mais les particules huileuses s'en séparent peu:à-peu par le repos, et viennent se réunir à sa surface. On empêche, au moyen d'une substance mucilagineuse, telle que la gomme arabique, cette séparation d'avoir lieu, et on rend ainsi la couleur laiteuse de la liqueur, permanente. On appelle ces mélanges émulsions. On les forme souvent en triturant avec de feaudes graines huileuses, comme des amandes douces, par exemple, qui contiennent les deux substances nécessaires pour former l'émulsion , l'huile et le mucilage.
Les huiles fixes sont, pour la plupart, peu solubles dans l'alcool. M. Brande trouva que ce liquide, de la pesanteur spécifique de 0,820, prenait très-peu d'huile d'olive ou d'huile d'amande douce. L'huile de lin y est plus soluble , et celle de castoreum s'y dissout en toute proportion. C'est par cette raison , qu'on se sert quelquefois de cette huile pour falsifier les huiles volatiles, qui sont d'un prix élevé, spécialement l'huile de girofle ".
En général, les huiles fixes sont un peu plus solubles dans l'éther sulfurique que dans l'alcool. M. Brande trouva que quatre mesures d'éther sulfurique , d'une pesanteur spécifique de 0,^563, dissolvaient i,»5 mesures d'huile d'amande douce, i,5o mesures d'huile d'olive, 2,00 mesures d'huile de lin, et toute quantité quelconque d'huile de castoreum2.
1 Phil. Traus. i8n, p. 2G4.
3 Ibid. Oa a trouvé qu'un mélaDge d'éther sulfurique et d'huile de