‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 132 sur 211 · DES HUILES FIXES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES HUILES FIXES EN GÉNÉRAL

Les huiles fixes s'unissent aisément entre elles, et de même aussi avec les substances bitumineuses et résineuses.

9. Les alcalis ont une action sensible sur les huiles fixes , Alcali* et il en résulte la formation des composés, importans, connus sous le nom de savons. Les huiles grasses entrent plus facilement que les huiles siccatives, dans ces sortes de combinaisons. Elles ont également lieu avec les terres, et produisent

une espèce de savon insoluble dansl'eau , qui par conséquent, ne peut être applicable aux mêmes usages que le savon ordinaire.

10. Les acides combustibles ne paraissent pas. jucqu'à AcideK présent, susceptibles d'union avec les huiles. L'acide hydrochlorique ne semble pas non plus avoir d'action sur elles. L'acide phosphorique , lorsqu'il est concentré, rend leur ■couleur plus foncée, et leur communique une odeur particulière. Ces effets deviennent encore plus sensibles à l'aide de

la chaleur ; ce qui prouve bien qu'elles sont attaquées par cet acide '. Elles le sont, avec bien plus d'énergie encore par l'acide sulfurique , qui les noircit immédiatement , et les fait passer, par degrés, à l'état de bitume, en raison de la durée de son action sur elles. Si elle est prolongée pendant 2ssez long-temps, la décomposition des huiles a complètement lieu-, il y a de l'eau formée, il se dépose du charbon, et il se produit un acide a. Quoique l'action de cet acide sur les huiles n'ait pas été examinéeavec assez d'attention. on nepeutdouter cependant qu'il ne doive en résulter aussi d'autres produits. L'acide nitrique les attaque plus vivement encore ; lorsqu'on verse subitement de cet acide sur des huiles siccatives, il les enflamme. Il produit le même effet sur les huiles grasses, mais seulement lorsqu'il a été préalablement mêlé avec une portion d'acide sulfurique. L'acide nitrique suffisamment étendu, convertit les huiles siccatives en une mnsse jauue d'apparence résineuse, et les huiles grasses , en une substance analogue au suif. Mais faction de cet acide sur les huiles fixes n'a pas été suffisamment examinée.

castoreum pouvait être employé avec avantage comme topique dans les rhumatismes.

1 Elémeos de Chim. del'Acad. de Dijon, III, 1^2,

■ Fourcroy. VII t 33o.

4l4 HUILES FIXES.

9«yohs tddei. ^ a ^ ^R]{ beaucoup d'essais par les chimistes pour former, sous la dénomination de savons acides , des composés pernianens d'acides concentrés et d'huiles, et ils n'ont pu y réussir qu'avec l'acide suifurique. Achard fît et publia un grand nombre d'expériences sur ces composés. Ils se dissolvent dans l'eau, et moussent comme le savon ordinaire; mais ce ne sont pas en réalité des composés permanens , et ils ne peuvent présenter un grand avantage dans leur emploi. âctioa 1 1. Les huiles fixes agissent (quoique faiblement), et avec la

es métaux. prgSence Je l'air, sur quelques-uns des métaux. Elles corrodent promptement le cuivre, et il en résulte une dissolution d'un vert obscur. Le mercure est le seul autre métal avec lequel il a été reconnu qu'elles se comportaient de la même manière. En triturant du mercure avec des huiles fixes, ce métal disparaît par degrés , et il se forme un onguent de couleur bleuâtre, qui consiste, au-moins en partie, dans l'union de l'huile avec le protoxide de mercure ; mais l'expérience ne réussit bien qu'avec celles de ces huiles qui sont dans uq état approchant de celui de solidité.

Mais les huiles fixes s'unissent, avec beaucoup plus d'énergie, aux oxides métalliques. Elltjs dissolvent, avec une grande facilité, Toxide blanc d'arsenic, ainsi que Braudl l'avait fait observer il v a long-temps. En les faisant bouillir avec les oxides de mercure, de plomb onde bismuth, elles forment des composés solides très- visqueux , auxquels on a donné le nom d'emplâtres.

Ranciditè. i2. Les huiles fixes sont susceptibles d'éprouver, lorsqu'elles sont gardées pendant quelque temps, une espèce de changement bien connu sous le nom de ranciditè. Elles deviennent épaisses, d'une couleur brune, d'une saveur acre et d'une odeur désagréable. Dans cet état d'altération , l'huile rougit les couleurs bleues végétales, et coutient , par conséquent, un acide. On attribue actuellement ce changement à la présence de substances étrangères dans les huiles, ou à l'action de ces substances sur la matière huileuse elle-même. Parmi les huiles fixes, il en est plusieurs, lorsqu'elles sont nouvellement extraites, qui laissent déposer, par le repos, une certaine quantité de matière mucilagiiieuse ; et d'après les expériences de Schéele, il parait probable qu'elles retiennent toujours plus ou moins d'un principe semblable. Il fit bouillir ensemble une partie de protoxide de plomb ou litbarge avec deux parties

DES HUILÉS FIXES EN GÉNÉRAI. %1j

tVhuile d'olive et un peu d'eau. Lorsque l'huile avait acquis la consistance d'onguent , il laissait refroidir le mélange , et décantait l'eau. Cette eau étant évaporée jusqu'à consistance de sirop*, laisse une substance que Scbéele appela principe doua: des huiles.

Cette substance ne cristallise pas; elle est soluble dans Principe dou l'eau et dans l'alcool, et se convertit, par l'action de l'acide ut* uie*' nitrique, en acide oxalique. Exposée à I action de la chaleur, elle est en partie décomposée en une huile brune , et en partie volatilisée sans altération. On obtient aussi cette substance des huiles de lin, de navette, d'amandes douces, et même, en petite quantité, de l'huile séparée du savon1. On suppose que des impuretés semblables existent dans toutes les huiles fixes , et qu'elles occasionnent leur rancidité par putréfaction. On diminue jusqu'à un certain point cette rancidité en les agitant avec de l'eau , mais on ne la détruit pas complètement. M. Dossie a fait voir qu'on purifiait convenablement les huiles pour les rendre propres à brûler dans les lampes, en les agitant avec des dissolutions d'alcalis fixes et de chaux vive , mais que ces dissolutions avaient la propriété de coaguler une portion de l'huile. On peut cependant remédier à cet inconvénient , par l'addition d'une forte saumure, qui détermine la séparation des corps étrangers d'avec l'huile2.

i3. Les seuls produits que donne la combustion des huiles composïtioa sont de l'acide carbonique et de l'eau. Lorsqu'elles ont été dti h;aL8* distillées à plusieurs reprises, ou qu'on les a fait passer à travers un tube rouge de feu , elles paraissent avoir été entièrement converties en eau, en acide carbonique et en gaz hydrogène carboné. Lavoisier fit l'analyse de l'huile d'olive , en brûlant de cette huile dans un vaisseau rempli de gaz oxigène. Mais l'art de l'analyse était alors si peu avancé, que ce savant , avec toute sa sagacité, ne put approcher d'assez près de la vérité. Gay-Lussac et Thénard ont fait, en 1008, une analyse d'huile d'olive , en brûlant une quantité déterminée de cette huile avec du chlorate de potasse , et en exa-

' Scliécle Opusc. II, 189.

* ÏSicholson,s Journ. V, 5,

minant les produits de cette combustion. Ils trouvèrent que l'huile d'olive est un composé de

Hydrogène i3,36o

Carbone 77, ?.i3

Oxigène 9,427

Nous n'avons à présent aucun moyen pour déterminer le nombre équivalent pour l'huile d'olive. Mais le plus petit nombre d'atomes qui s'accorde de plus près avec la composition ci-dessus est , savoir :

11 Atomes hydrogène. . 4 . === 1^75

10 Atomes carbone = 7,5

1 Atome oxigène = 1

S'il en est ainsi, l'huile d'olive est un composé de 22 atomes, et son poids est 9,875, ou il peut être représenté par 10 atomes de gaz hydrogène percarboné, combinés avec 1 atome d'tau. D'après ces données, 100 parties d'huile d'olive seraient formées, en poids, de

Hydrogène 1 4,o25

Carbone 73,949

Oxigène 1 o, 1 26

Nombres qui ne coïncident pas exactement avec l'analyse de Gay-Lussac et Thenard, mais qui s'en rapprochent assez.

SECTION IL

De la Stéarine,

Cette substance fut décrite pour la première fois par Chevreul, en 1 8 1 4 2- Sa présence, dans les corps £ras, fut également annoncée, en 181 5, par Braconnot , qui semble

» Recherches physico-chimiques. II, 3ao.

» Ana. de Uùm. XCIV, 129 ; et ibid. XCIV, 74.

DE LA STÉARINE. 4r7

n'avoir pas eu connaissance de ce qui avait été fait auparavant par Chevreul, ou du moins, qui n'en dit rien x.

Jl parait , d'après les expériences de Chevreul, que le suif *»*»■* et toute antre espèce de graisse animale, sont un mélange ou une combinaison de deux substances huileuses distinctes. Il a donné à la première de ces substances, qui est solide à la température ordiuaire de l'atmosphère, hj nom de stéarine'; et il a désigné par celui ftélaïne* , l'autre substance, qui est fluide à cette mème'température. Il semblerait résulier des expériences de Bracounot, que les huiles fixes des substances végétales ont la même composition.

Chevreul obtint la stéarine de la graisse de porc, en expo- réparation. saut à l'alcool bouillant de cette graisse . débarrassée aussi complètement que possible de toute matière étrangère, et parfaitement pure. L'alcool, en refroidissant , déposait des aiguilles blanches cristallines, qui étaient la stéarine. Il continua à présenter ainsi, à de nouvel alcool bon liant, la graisse non dissoute, jusqu'à ce qu'elle l'eût été eu t< talité4. 11 faisait redissoudre ensuite la stéarine ainsi obtenue en cristaux daus l'alcool, et il la laissait se déposer en cristaux dans ce liquide. Par ce procédé, lelaïne n'est pas séparée en totalité de la stéarine; mais il est probable qu'elle u'en retient pas une grande quantité.

La méthode adoptée par Braconnot était très simple; et elle semble indiquer que dans les corps huileux fixes, la stéarine et lelaïne ne sont point combinées chimiquement. m;ns seulement mêlées mécaniquement entre elles. Si l'huile à examiner était liquide, il l'exposait au froid jusqu'à ce qu'elle se gelât. Dans

1 Ann. de Chira. XCIII, 225 * De ^";^, suif.

3 De sÂacr , huile

* Chevreul reconnut qu'il y avait un grand avantage pour l'accélération île ce procédé, à faire emploi d'alcool absolu, parce que la solubilité de la stéarine dans l'alcool diminue dan- un rapport beaucoup plus grand que le degré de force de ce il uide. Ainsi il trouva que i'alcooi bouillant, d'une densité de 0,-908 dissolvait au-delà de son poids de stéarine.

100 d'alcool bouillant, d'une densité de 0.7925, dissolvaient 16, 07 de la même stéarine.

100 d'alcool bouillant, d'une densité de o,8>5, en avaient dissous 6,63.

100 d'alcool bouillant, d'une densité de 0,821, n'en purent dissoudre que 2. Ann. deChim. et Phys. II, 36i.

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