‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 135 sur 211 · Elaïne de bœuf · texte numérisé non relu

Elaïne de bœuf

Saponifiée 7 . . 93,6

Matière sulubLe 7,4

Pour donner au lecteur une idée de la propo- tion de stéraïne et d'élaïne dans différentes variétés d'huile fixe, animale et végétale, j'insérerai ici une table des proportions de ces deux substances dans chacune des variétés sur lesquelles Braconnot fit ses expériences.

Beurre i Stéarine 4o

tlame 60

n • j ( Stéarine........

Graisse de porc \ r. . »-•••••••■

1 l rJaine

Moelle de bœuf \ l\éaiiue 7«

{ Hlai ne • ... 24

M "ii j Ç Stéarine..,.. 26

oelle de mouton.. .. .< r-, .. ,

( JLlame 74

GM;L« 'iiCi* f Stéarine 32

raisse d oie < -m ™

( Elaïne G8

Gj j C Stéarine 28

raisse de canard < ri ..

( hlaine 72

r% • j ji j ( Stéarine 26

Graisse de dindon < r, ,

( LJame 74

Huile d'olive l\é;iri"e a8

( Elaïne... 72

Huile d'amandes douces^ ^éarine 9i

( ±Jame 76

Huile de colsa \ l\éar[ne ^

\ JElame a#. 54

SECTION IV

De la Cetine.

Cette substancehuileuse particulière, connue sous le nom de spermacéti, ou blanc de baleine, se trouve dans le crâne du physetêr màcrdcephàlùs ; mais on l'obtient aussi de quelques-unes des autres espèces de baleines. Cette substance est d'abora en état de mélange avec une huile liquide, qu'on en sépare au moyen d'un sac de laine. On enlève les dernières portions de cette huile, par une lessive alcaline, et l'on purifie ensuite le spermacéti par la fusion. Propriétés. Le spermacéti ainsi obtenu est une substance d'un beau blanc, ordinairement sous la forme de petites écailles. Il est très-cassant, presque sans saveur, et n'aj-ant que peu d'odeur. Il se distingue de la plupart des corps gras par son aspect cristallin qu'il a toujours. Il fond, d'après les expériences deBostock, à la température de 44° centigrades r. Lorsqu'il est convenablement chauffé, il peut passer à la distillation sans éprouver beaucoup d'altération; mais, par des distillations répétées, il perd sa forme solide et devient une huile liquide 2. Les expériences de Thouvenel et de Crell, nous ont fait voir que, dans ce cas, le spermacéti est en partie décomposé, et qu'on obtient un liquide acide de couleur brune. Il est soîuble dans l'alcool bouillant; mais il se sépare de cette dissolution à mesure qu'elle refroidit. 100 parties d'alcool bouillant, d'une densité de 0,816, dissolvent 6,9 parties de spermacéti 3. L'éther dissout cette substance à froid, et très-promptement lorsqu'il est chaud; et par le refroidissement de la dissolution , le tout se prend en une masse solide

« Nieholson's Jour. IV, i34-

a Nenmann.

3 Chevreul, Ann. de Chimie. XCV3 n«

DE LA CÉTINE. 42^

concrète '. Le spermacéti se dissout aussi dans l'huile de téré" benthine, dont il se sépare à mesure que la liqueur refroidit*-

Les aoides agissent à peine sur le spermacéti; mais, ainsi que Crell l'avait fait voir depuis long-temps, il s'unit, quoique lentement, aux alcalis caustiques, et ce fait a été confirmé par Bostock et Chevreul. Il forme , avec l'ammoniaque et à chaud, une émulsion qui ne se décompose, ni par le refroidissement ni par l'eau; mais par l'addition d'un acide, il se précipite sur-le-champ 3. Il d.ssout le soufre, et il est dissous par les huiles fixes. Par une longue exposition à lair, il devient jaune et rance. On emploie le spermacéti comme le suif et la cire à la fabrication des chandelles et bougies. On dit aussi qu'en projetant des morceaux de caoutchouc dans cette substance en fusion, ces morceaux sont dissous, et il en résulte un composé qui peut servir avec avantage pour luter les vaisseaux 4.

Le sa^on de spermacéti est composé, suivant Chevreul, de

Spermacéti saponifié 100

Potasse 8,i5

La potasse ne paraît pas susceptible de se combiner en différentes proportions avec le spermacéti. L'eau a la propriété de séparer du savon de spermacéti la plus grande partie de son alcali. La saponification altère les propriétés du spermacéti. Il acquiert les qualités acides, mais il continue de se fondre à la même température qu'auparavant, ba solubilité, dans l'alcool, est beaucoup augmentée par la saponification 6.

1 Bostock.

» Ibid.

3 Ibid.

* Ibid.

5 ftieholson's 4«° Jour. I, 4^2.

t Chevreul, Anu. de Chim. XGV, p. i5.

SECTION V

^ De V Acide margarique*

Préparation. Ce fut Chevreul qui fit connaître le premier cette substance, dont ii rendit compte dans un mémoire publié en 1 81 3. Il l'obtenait en formant un savon avec de la graisse de porc et de la po'asse. En mettant ce savon dans une grande quantité d'eau, il s'en dissolvait une parfie seulement, et une autre portion se précipitait sous la forme de petites écailles brillantes, de couleur nacrée. Ces écailles étaient un composé de potasse et d'acide margarique. Après avoir été convenablement lavées avec de l'eau et mises en digestion dans de l'acide hydrocblorique étendu, elles étaient décomposées. Cet acide se combinait avec la potasse, et l'acide marganque, ainsi séparé, venait flotter à la surface du liquide. En lavant alors suffisamment cet acide avec l'eau, on le met à l'état de pureté. Chevreul donna d'abord à cette substance le nom de margarine . à raison de son aspect brillant, semblable à celui de la nacre de perle', et lorsque depuis il eut mieux reconnu et déterminé toutes les propriétés de la margarine, il substitua à celte première dénomination celle d' acide m argarique2 . Cet Propriété*, acide, préparé comme nous venons de le dire, est d'un blanc nacré sans saveur, et ayant une faible odeur, se rapprochant de celle de la cire blanche. Cet acide est plus léger que l'eau. Il se fond à la température de 5^° centig., en un liquide incolore et limpide, qui cristallise par refroidissement en aiguilles brillantes du plus beau blanc.

L'acide margarique est insoluble dans l'eau, mais très-soluble dans l'alcool. 100 parties de ce liquide, d'une densité de 0,8 1 6, ont dissous, à la température de y5o centig. , 1 80,79 parties d'acide margarique. Cette dissolution ne commença à se troubler que lorsque la température fut descendue à 4i°; et par Sun entier refroidissement, elle se prit en une masse solide qui se moula dans le vaisseau qui la contenait. Lorsque l'acide margarique cristallise par le refroidissement lent d'une

1 De fjLttfyafiltn , perle. Ann. Je China. LXXXVIII, 23i. » Ann. de Cbim. et Phys. II , j^6.

DE LACIDE MARGAKIQUE. 42^

dissolution alcoolique qui n'en est pas saturée, cet acide s'y dépose en aiguilles, qui se réunissent sous la forme d'étoiles. L'acide Niiargarique a une action très-énergique sur les couleurs bleues végétales; il rougit presque immédiatement Je tournesol. 11 se combine promptement avec la potasse en deux proportions formant ainsi un sel neutre ou un savon insoluble dans l'eau. Chevreul s'est assuré, par l'analye qu'il a faite de ces savons, que leur composition est ainsi qu'il suit, savoir :

Sur- Margarate de potasse. Savons:

Acide niargarique - . . 100

Potasse 8,80

Margarate de potasse.

Acide margarique » 100

Potasse 17,77

Si nous supposons que le premier de ces composés consiste dans 100 parties d'acide margarique uni à 9 parties de potasse, il s'ensuivra que le nombre équivalent pour l'acide margarique est 33,5 *.

L'acide margarique est susceptible aussi de se combiner avec d'autres bases salifiablcs, et de former avec elles une grande variété de sels , ou plutôt de savons , ainsi qu'il conviendrait mieux de les désigner. Nous allons présenter ici la composition de ces savons, telle que Chevreul l'a déterminée d'après ses expériences.

Margarate de soude.

Acide margarique. .. . 100 ... 3i,44 Soude 1 2,72 . . . 4

Margarate de b a ri te.

Acide margarique. .. . 100 ... 33,7 Earite 28,93 ... 9,75

Margarate de strontiane.

Acide margarique. .. , 100 ... 32, i3 Strontiane 20, 23. . . 6,5

* Chevreul, Ann. de Chim. LXXXYIII, 23r.

Margarate de chaux.

Acide margarique.. . . 100 ... £2,77 Chaux 11,06... 3,625

Margarate de plomb.

Acide margarique. ... 100 ... i6,63 Protoxide de plomb . . 80,78... i4

Le terme moyen de tous ces nombres donne, pour le poids d'un atome d'acide margarique, 32 86; nous pouvons donc considérer 33 comme approchant de très-près du poids véritable *.

Lorsqu'on distille l'acide margarique, il en passe une partie qui n'est pas décomposée et une autre partie qui est à l'état d'une substance jaune concrète, d'apparence butireuse, ayaut des propriétés différentes de celles de l'acide, et n'étant pas susceptible de se combiner avec la potasse. Il se forme très-peu de gaz, et il reste une très-petite quantité de charbon dans la cornue a.

Il n'est pas invraisemblable que l'acide margarique est formé de stéarine , quoique cela n'ait pas été prouvé d'une manière satisfaisante. La stéarine donne beaucoup plus d'acide margarique que l'élaïne. Chevreul a examiné les acides margariques d homme, de mouton, de bœuf, de jaguar et d'oie, et il a trouvé que ces acides avaient a-peu-près les mêmes propriétés que l'acide margarique de graisse de porc; ils ne différaient entr'eux que par leur fusibilité , et cette différence , la plus considérable , n'était que de 5 degrés 3.

SECTION VI

De V Acide oiéïaue.

ï?rt-par?.ti»u; Chevreul obtint pour la première fois cet acide d'un savon qu'il forma en faisant digérer de la graisse de porc dans une dissolution de potasse. En mettant ce savon dans une grande quantité d'eau , il s'en déposa une portion sous la forme d'écailles nacrées: c'était du sur-raargarate dépotasse. Une autre

1 Chevreul, Ann.deChvm. XCIV, a53.

» Ann. de Cliim. LXXXVI1I , a3i.

1 Ann. de Clrim, etPhys. il, 357.

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