‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 14 sur 211 · DE L'OXIDE DE CARBONE. HJ · texte numérisé non relu

DE L'OXIDE DE CARBONE. HJ

séparé ou décomposé. H se dégage en abondance un gaz, qui est un mélange d'environ une partie d'acide carbonique et de cinq jwrties d'oxide de carbone '. Dans ce cas, une portion de l'acide carbonique du carbonate est séparée sans altération; mais la pb s grande partie de cet acide s'est convertie en oxide de carbone par l'action du charbon.

Troisième manière. On chauffe fortement dans une cornue de fer nu mélange, à parties égales, de l'un des trois carbonates terreux dont il vi/ut d'être parlé, et de limaille de fer net. L'acide carbonique est également décompose par l'action du fer, et les mêmes gaz se degag» nteu grande abondance. Le docteur Priesiîev essaya le piemier cette méthode avec l'oxide noir de fer et le carbonate de barite; mais Cruikshauks, en se servant de f t pur, obtint des produits gazeux beaucoup plus considérables *.

Quatrième manière. En faisant passer lentement, et à plusieurs reprises, du gaz acide carbonique à travers du charbon préparé, chauffé au rouge dans un tube de porcelaine ou de fer, il disparait peu-à-peu, et est remplacé par de 1 oxide de carbone. Dans ce cas, l'acide carbonique est décomposé par le charbon précisément de la même manière que dans les deux dernières méthodes, avec cette seule différence que dans celles-ci il était combiné avec une base, et que dans le dernier cas il est à l'état gazeux. Cette expérience , faite pour la première fois par Cruikshanks 3 , a été répétée depuis par Clément et Desormes 4.

2. Il résulte des expériences de Cruikshanks, que la troi- Cotr,rcent sième de ces quatre méthodes indiqué-s pour la préparation °q le purifie. de l'oxide de carbone, est la seule au moyen de laquelle on puisse l'obtenir à l'état de pureté. En chauffant fortement dans une cornue de fer un mélange à parties égales de craie, (carbonate de chaux; et de limaille de fer, exposés séparément avant leur emploi, dans des vaisseaux fermés, à une chaleur rouge , les gaz qui se dégagent ne sont qu'un mélange de gaz acide carbonique et oxide de carbone ; en séparant l'acide carbonique par le moven de l'eau de chaux , l'oxide de carbone reste à l'état de pureté.

3 Clément et Desormes , Ann. de Chim. XXXIX, 45.

2 Xichokoivs Journ. Y, 4 et 20S.

? Ibid. 1802, IX . soi)

- Ana. de Chim. XXXIX, 46.

28 OXIDES INSALIFIABLES.

propriétés; 3. Le gaz oxide de carbone ainsi obtenu est invisible et élastique comme l'air. Sa pesanteur spécifique est , suivant Cruikshanks, de 0,956, celle de l'air étant 1,000. Si nous calculons la pesanteur spécifique du gaz oxide de carbone dans la supposition que c'est un composé de 2 volumes carbone et de 1 volume oxigène, condensés en 2 volumes, elle sera de 0,972.

Les animaux ne peuvent respirer ce gaz sans être suffoqués. Un oiseau placé par Clément et Desorraes dans une cloche qui en était remplie, mourut avant qu'on eut eu le temps de l'en retirer; et lorsqu'ils essayèrent eux-mêmes de le respirer ils éprouvèrent des étourdissemens, et se sentirent prêts à tomber en défaillance *. Aucun corps combustible ne peut brûler dans le gaz oxide de carbone.

Ce gaz n'est point altéré par la lumière. Il n'éprouve non plus aucun changement lorsqu'on le fait passer à travers un tube rouge de chaleur. Dans sa dilatation par le calorique, il suit exactement les mêmes lois que l'air atmosphérique , ainsi qu'on devait s'y attendre.

Combustible. 4- Le gaz oxide de carbone est combustible. Il s'allume à l'air, et lorsqu'on le met en contact avec un corps rouge de feu, ou qu'on le présente à la flamme d'une bougie, il brûle avec une flamme bleue, qui s'élève en serpentant. Lorsqu'on le mêle avec de l'air atmosphérique avant de l'allumer, il brûle plus rapidement et avec plus d'éclat, mais sans détonation. La combustion est encore plus vive et plus brillante, si on substitue du gaz oxigène à l'air ordinaire. Il détone quelquefois avec l'oxigène, mais le plus communément cet effet n'a pas lieu.

Action H. Les soutiens de combustion ont de l'action sur le gaz

oxide de carbone, à raison de sa combustibilité.

L'oxigène s'unit avec ce gaz par combustion, dans la proportion de i volume oxigène et 2 volumes de gaz oxide de carbone, qui est transformé en acide carbonique sans altération de volume.

Il y a combinaison du chlore avec l'oxide de carbone, lorsqu'on expose à une forte lumière un mélange de ces gaz. Les deux gaz se combinent à volumes égaux, et le composé formé par cette union est réduit à la moitié de son premier

* Aqu. de Chim. XXXIX , 56.

combustion.

combustibles.

de l'oxide de carbone. 39

volume. Ce composé, qui a les propriétés acides , peut être appelé acide chloro-carbonique.

L'iode* ne parait pas avoir d'action sur le gaz oxide de carboue.

III. L'action des combustibles simples sur le gaz oxide de De» carbone n'a été qu'imparfaitement examinée.

1. Suivant Clément et Desormes, lorsqu'on fait traverser un tube de verre rougi au feu , par un mélange d'oxide de carbone et de gaz hydrogène, il se dépose du charbon qui tapisse les parois du tube d'un émail brillant ; il se forme de l'eau, et il se dégage, à l'autre extrémité du tube, de l'hydrogène qui semble être pur x. Mais lorsque Saussure le jeune répéta cette expérience, il trouva que le prétendu émail de charbon n'était autre chose, ainsi que l'avait déjà observé le docteur Priestley, que la couleur noire, ou plutôt bleuâtre, que prend le fliut-glass, lorsqu'à l'état de chaleur rouge, il est mis en contact avec l'hydrogène 2. Il n'est pas en effet vraisemblable que l'hydrogène puisse décomposer l'oxide de carbone; et Saussure a fait voir qu'en faisant passer un mélange de gaz hvdrogène et d'acide carbonique à travers un tube rouge de feu, l'acide carbonique est décomposé, et il y a production d'oxide de carbone. Ce résultat a même été confirmé par les expériences subséquentes de Clément et Desormes.

2. Clément et Desormes assurent qu'en faisant passer le gaz oxide de carbone à travers du charbon, rouge de feu, ce gaz dissout une portion du charbon, et sa pesanteur spécifique est augmentée.

3. Lorsqu'on le fait traverser du soufre fondu, il ne s'y combine point et il n'en altère pas les propriétés. Mais traité de la même manière avec le phosphore, il en dissout un peu, et il acquiert la propriété de brûler avec une flamme jaune.

4- On ne connaît point l'action sur ce gaz, du bore, du silicium, de l'arsenic et du tellure.

5. Le potassium et le sodium n'ont point d'action immédiate sur le gaz oxide de carbone à la température ordinaire de l'atmosphère; mais lorsqu'on les chauffe dans ce gaz, ils prennent feu, se combinent avec l'oxigène de l'oxide, et il se

* Ann. de Chira. XXXIX , 6i.

a Journ. de Phys. LV, 3g6.

3o BASES SALIFIABLES.

dépose du carbone *. Il est probable que les métaux des terres alcalines et des terres pures décomposeraient égaie= ment ce gaz.

6. Il ue résulte d'aucune des expériences faites jusqu'à présent, que le gaz oxide de carbone ait de l'action sur les autres métaux. Mais Clément et Desormes assurent qu'en faisant passer ce gaz chaud sur de l'oxide rouge de mercure, il produit un commencement de réduction. Il est, en effet, très-vra semblable quoi) lui reconnaîtra la faculté de réduire plusieurs oxides métalliques, spécialement ceux qui cèdent facilement ieur oxigèue.

Composition. IV. On ne peut douter , d'après les expériences de Cruicksbanks, Clément Desormes, Dalton et Gay-Lussac, que le gaz oxide de caiboue est un composé de carbone et d'oxigène,quil contient la moitié de l'oxigène qui existe dans l'acide carbonique, et par conséquent qu'il est formé de i atome carbone -+ i atome oxigène, ou en poids de

Carbone 0,75 100

Oxigène 1 ' i53,3

Outre les quatre oxides que nous venons de décrire dans ce chapitre , il est probable que le soufre et le pbosphore peuvent former des oxides , privés des propriétés acides. Mais on n'a point encore observé, ni décrit de composés de cette nature.

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