Les sels de potasse ne sont pas précipites par fin
fusion de noix de galle , ni par le ferrocyanate de potasse.
7. Ils n'éprouvent aucune action de la part de l'acide hydro-sulfurique, ou par l'addition d'un hydro-sulfate, excepté lorsque le«r acide a pour base un métal. Dans ce dernier cas, l'acide est décomposé et précipité, et la potasse reste.
8. Lorsqu'on verse une dissolution de platine dans un sel de potasse, il s'y manifeste on précipité orangé.
Esp. 1. Nitrate dépotasse. Comme ce sel, connu aussi 1. Nitrate, sous le nom de salpêtre . se produit en grande abondance dans la nature , et particulièrement en Egypte , il est trèsprobable que son existence ne fut point ignorée des anciens. On trouve cependant à peine, dans leurs écrits, quelque chose qui y ait rapport. Si Pline en fait mention , c'est en le confondant totalement avec la soude , qu'on appelait nitron et nit.runi. Quoi qu'il en soit , on ne peut révoquer en doute que le nitrate de potasse n'ait été connu de temps immémorial dans l'Orient Roger Bacon parle, dans le i3.« siècle , de ce sel , sous le nom de nitre.
Aucun phénomène , peut-être, ne parut d'un plus grand Origine. intérêt pour la philosophie chimique, que celui de la régénération continuelle du nitre dans de certains lieux , après qu'il en a été extrait. Comme on en fait une consommation prodigieuse dans l'art de la guerre , et que la nature ne nous en offre point d'immenses magasins en grandes masses , comme de quelques autres sels , sa reproductiou annuelle est la seule source d'où nous puissions nous le procurer. Il devenait donc de la plus grande importance de découvrir , s'il était possible, le moyeu que la nature emploie pour le former, alin de nous rendre capables d'imiter son procédé par l'art , ou du- moins d'en faciliter, et d'en accélérer , à volonté, la marche. On a fait en conséquence de grands et de nombreux efforts, tant pour expliquer cette formation, que pour parvenir à l'opérer.
Stahl, en se fondant sur le principe qu'il n'existe qu'un seul acide dans la nature , supposa que l'acide nitrique n'est autre chose que l'acide sulfurique combiné avec le phlogistique , et que cette combinaison est produite par la putréfaction. Il annonça, en conséquence, que le nitrate de potasse est un composé de potasse , d'acide sulfurique , et de phlogistique, résultant de l'union de ces substances entre elles. Mais une semblable opinion , qui n'était appuyée que sur
des analogies déduites de très-loin, et par conséquent i tré<> iinparfaites, n'aurait pu soutenir l'épreuve d'un examen sérieux,
Lémery jeune en avança une antre , en affirmant que tout le nitrate de potasse obtenu , existe préalablement dans les animaux et dans les végétaux, et qu'il est formé dans ces substances par les procédés de la végétation et de l'animalisatiou ; mais on découvrit bientôt que le nitrate de potasse existe tout formé, dans beaucoup d'endroits où il ne s'était point opéré de décomposition ni animale , ni végétale ; et, dès-lors, cette théorie ne devenait pas plus seutenable que la première. Loin, en effet, qu'il soit vrai que le nitrate de potasse n'est formé que par ces procédés seulement, il a été reconnu que son existence dans les piaules, dépend entièrement de la nature du sol qui leur donne naissance *.
On découvrit enfin , par un grand nombre d'expériences de plusieurs chimistes français, et particulièrement par celles de Thouvenel , qu'il suffisait , pour la production du nitrate de potasse , d'une base de ebaux , de la chaleur , et d'une communication , convenablement ménagée, avec l'air atmosphérique sec. Par la réunion de ces ciiconstai ces, l'acide se forme d'abord, et la présence de l'alcali se manifeste ensuite. On explique aisément comment l'air fournit les matériaux: propres à cette production , depuis qu'il est bien connu que Toxigène et l'azote sont les parties composantes de 1 acide nitrique ; mais on ne conçoit pas aussi facilement comment la chaux contribue à l'union de ces substances, et l'apparence de la potasse dans l'acte de cette union , n'est pas moins extraordinaire 2.
1 Bouillon.
■ MM. Thouvenel n'obtinrent du salpêtre avec la craie que dans le seul cas du mélange de l'air de l'atmosphère, avec l'air qui mane" des matières végétales et animales qui se putréfient ; et il a été bien reconnu depuis que le concours de cette émanation est indispensable. Quant à la présence de la matière calcaire ou alcaline , les substances animales ne produisent sans elle, suivant Yauquelin j que du carbonate d'ammoniaque , et peu ou presque point de nitrate d'ammoniaque j parce qu'alors les forces d'affinité de l'hydrogène pour l'azote , de l'oxigène pour le carbone, et de l'acide carbonique formé pour l'ammoniaque, l'emportent sur les forces qui tendraient à déterminer la combinaison de l'azote avec l'oxigène, qui doit produire l'acide nitrique , lorsqu'elles ne sont point aidées par la force d'affinité de cet acide , pour la chaux ou l'alcali. Cet alcali est fourni par les végétaux exposés à la putréfaction avec les matières animales.
( IVote du Traducteur. )
Le nitrate de potasse se trouve abondamment à la surface préparation. de la terre, dans l'Inde, dans l'Amérique méridionale , dans les contrées méridionales de l'Afrique , et même dans quelques parties de l'Espagne. On l'obtient en Allemagne et dans d'autres pays, en préparant des ni tri ères artificielles, au moyen de couches formées d'un mélange de débris de substances animales el végétales en putréfaction , mêlées avec des terres calcaires et autres r. L'origine de l'acide nitrique dans ces couches, s'explique par le fait dont on s'est assuré, qu'eu présentant du gax oxigène à du gaz azote naissant , ii y a formation d'acide nitrique. C'est ainsi que l'azote , dégagé par la putréfaction des substances animales, secombineavcc l'oxieèoe de l'air. La potasse est probablement fournie , aumoins en partie, par les végétaux et les substances contenues dans les terres.
Ou extrait le nitrate de potasse de ces couches en lessivant les matières terreuses avec de l'eau. On évapore l'eau de lessivage lorsqu'elle est suffisamment chargée , et on obtient un sel de couleur brunâtre, connu sous le nom de nitre^ ou salpêtre brut. Ce sel consiste dans un mélange de nitrate ce potasse, d'hydrochlorate de soude.de nitrate de chaux, et autres sels divers. On sépare du* nitrate de potasse tous ces sels étrangers au moyen de cristallisations successivement répétées, ou en lavant à plusieurs reprises, avec de petites quantités d'eau , le sel brut obtenu a. Ce liquide se charge
1 En France, la nature de la pierre, dans plusieurs départemens , la rend tellement propre à la formation du nitre, et le sol salpêtre' des lieux habités par les hommes et les animaux, y est d'une reproduction si facile et si prompte que l'exploitation de ces matériaux suffit , sans le secours de nitrièrts artificielles , pour assurer annuellement un produit pouvant s'élever à i5o,ooomvria^rammes de nitrate de potasse pur. ( JSote du traducteur .
1 Dans la séparation de ces sels étrangers au nitrate de potasse , on commence par convertir les nitrates tetrenx , qui en t'ont ordinairement partie, en nitrate de potasse , en traitant la dissolution du
itre brntavec de îa potasse du commerce, ou du sulfate à de cet alcali. On dégage ensuite rhvdrochîorate de soude du nitrate de potage , par la cristallisation et à raison de la différence de solubilité de ces deux sels dèos l'eau bouillante. Ces opérations, et toutes celles qui ont pour objet d'obtenir le nitrate de potasse isolé, et dans son plus grand état de pureté, constituent le r ifrinn^e de ce sel , après qu'il a été extrait des eaux de lessivage ces matériaux qui le contiennent. Tout ce qui concerne sa formation, la manière de le fabriquer, et les procédés de son rafinnge, a été exposé avec le plus