‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 149 sur 211 · II. oo · texte numérisé non relu

II. oo

plus promptement et en plus grande proporlîon des seÎ3 étrangers , qui tous sont plus solubles que le nitrate de potasse, et on parvient ainsi à l'en dépouiller. propriétés. par l'évapo ration lente de sa dissolution , le nitrate de potasse cristallise en prismes à 6 pans , terminés par des pyramides hexaèdres ; mais , pour la plupart des usages auxquels on le destine , on préfère l'obtenir en masse irrégulière , parce que , dans cet état , il contient moins d'eau '. La forme primitive de ses cristaux est, suivant Haiiv, un octaèdre rectangulaire , composé de deux pyramides à [\ faces, appliquées base à base. Deux des faces d'une pyramide sont inclinées , relativement aux deux adjacentes de l'autre pyramide , sous un angle de 1200 , et les deux autres faces îe sont de la même manière , sous un angle de 1 1 1°. La forme de la molécule intégrante de ces cristaux est le tétraèdre. La figure d'un prisme à 6 pans est celle qu'affecte le plus ordinairement le nitrate de potasse -, quelquefois, au-lieu dé pyramides hexaèdres , ces prismes sont terminés par t8 facettes disposées par trois rangs de six, comme si c'étaient trois pyramides tronquées , entassées les unes sur les autres. Quelquefois encore le nitrate de potasse cristallise en tables 2.

La pesanteur spécifique de ce sel est, suivant le docteur Watson , de i,q33 3. Il a une saveur fraîche, piquante avec un peu d'amertume. Il est très-cassant. Ce sel exige sept fois son poids d'eau pour se dissoudre , à la température de 160 centigr. : et cette dissolution s'opère dans moins de son poids d'eau bouillante ♦. II se dissout dans 1,04 parties d'eau , à la

grand détail dans un ouvrage ayant pour titre : Traité de 'V art de fabriquer la poudre h canon , publié en 1811 , à Paris , par Bottée et ftiffaull. (Note du Traducteur.)

1 Ou plutôt il retient moins dVau interposée , lorsqu'étant en poussière , il a été convenablement desséché • car il est bien reconnu que ce sel ne contient point d'eau de cristallisation.

( Note du Traducteur ).

9 Traité de Minéralogie. II, 3. {G.

3 Es*ays. V, 67, Wallerius l'évalue à 1,900 ' Chemistry, p. 266); Hassenfratz Pa trouvée de 1,9869 ( Ann. deChim. XXVUI , 13 ) , et Fahrenheit l'avait établie dès 1724 à 2,i5o ( Phil. ïraus. XXXIII,

4 Bergman. I, i34-

température de 620 centigrades ,,a. L'alcool, d'une pesanteur spécifique de 0,878, dissout un centième de son poids de ce sel : mais l'alcool , d'un plus grand degré de force, n'eu prend pas une portion appréciable 3. Ce sel ne s'altère point à l'air.

En faisant bouillir une dissolution de nitrate de potasse 7 une partie du sel s'évapore avec l'eau , ainsi que l'observèrent successivement , Wallerius , Kirwan et Lavoisier ♦. Lorsqu'il est exposé a une forte chaleur , il se fond et se congèle par le refroidissement en une masse opaque à laquelle on a donné le nom de cristal minéral. Lorsqu'il est chauffé à une température qui approche de la chaleur rouge, il commence à abandonner de l'oxigène; et en le tenant à une chaleur rouge, on en peut obtenir environ les o,33 de son poids de ce gaz ; il se dégage , vers la fin , du gaz azote. En le maintenant à ce degré de chaleur pendant assez long temps , il est complètement décomposé, 61 la potasse reste pure.

C'est de tous les nitrates, celui dont la détonation avec les corps combustibles est lapins violente. 5 En mettant dans

1 Wenzel , p. 3og.

1 La plupart des ouvrages de chimie présentent la même erreur d'indication du degré' de solubilité du nitrate de potasse dans l'eau. Cependant il est depuis long-temps constaté, de la manière la plus irrévocable, par les opérations journalières de la purification de ce sel dans les établissemens dirigés en France pour ie compte du Gouvernement, qu'il ne faut que 4 parties d'eau pour le dissoudre à la température de 1G0 centigrades, et qu'il n'exige que du quart au cinquième de son poids de ce liquide bouillant.

[ISote du Traducteur. )

3 Kirwau.

4 L'autorité de chimistes aussi distingue's avait paru, sans doute , devoir suffi: e pour consacrer ce fait ; cependant, non-seulement les expériences que je fis, en 1 78J , a^ec Baume , à la raffinerie de salpêtre de Paris , pour nous en assurer l'un et l'antre, ne l'ont point conGrmé; mais encore il est évidemment prouvé, par les résultats des travaux en grand du raffinage du nitrate de potasse, que cette évaporation du sel, enlevé avec l'eau, n'a pas lieu.

( JVote du 1 raducteur. )

5 lNTous fîmes fabriquer, M. Bottée et moi . de la poudre, en substituant au nitrate de potasse, dans le déjuge du mélange, des nitrates de sonde et d'ammoniaque. La poudre au nitrate de sonde s'< ■:;ibimma difficilement, sa détonation fut lente , elle produisit une flamme jaune , sans vivacité. La poudre au nitrate d\.mmoniaque, éprouvée à la manière ordinaire , au mortier , ne put en chasser le globe. La poudre s'enflamma très-lentement , en fusant n»r la lumière, r.llc produisit une fumée épaisse verdaute. L'àmeeth chambre du mortier se trouvèrent remplies d'uce espèce de boue naire

un creuset ronge tic feu, un mélange de ce sel , et des o,33 de son poids de charbon , ou en projetant cette quantité de charbon dans du nitrate de potasse chauffé au rouge , il y a détonation et la plus brillante combustion qui puisse être produite. Le résidu est du carbonate de potasse. On l'appelait autrefois nitre fixé par le charbon. Les alchimistes faisaient cette expérience dans une cornue de terre tnbulée , à laquelle ils lutaient un appareil de vaisseaux de verre. À chaque portion du mélange de nitrate de potasse et de charbon , qu'ils introduisaient dans la cornue , ils la fermaient. Le dégagement des gaz azote eU acide carbonique faisait souvent éclater leur appareil. Ils donnaient à la petite quantité d'eau, qu'ils obtenaient dans leurs vaisseaux , le nom de cljssus ; et ils attribuèrent à cette eau de grandes vertus. Lorsqu'au-lieu de charbon , c'est du phosphore qu'on mêle avec le nitrate de potasse , la détonation est encore plus violente. L'effet de la percussion soudaine d'un marteau chaud sur le mélange , produit une détonation des plus fortes x.

Le nitrate de potasse , chauffé au rouge , oxide tous les métaux , même l'or et le platine 2.

Coîïioositiot; D'après les analyses les plus exactes qui aient été faites jusqu'à présent du nitrate de potasse , sa composition est ainsi qu'il suit 5 savoir :

Acide. 45:cp* '46,7 4 5r,36* 52 6 53,5'}? 54,34* 52,95 » Base. 54,o8 53,3 48,64 48 46,46 45,66 4;,o5

Total. 100,00 ioo;o 100,00 100 100, co 100,00 100,00

avec des gouttes d'eau. Cette même poudre grimée en fine, essayée à la petite éprouvçtte, fusait lentement par la lumière, sans pouvoir soulever l'obturateur: 2 raué de L'ait de fabriquer la poudre à car non. F. 326 à 33o. ( JS'oie du Iraducteur ).

* Brugnat£HJ , Ann. de Chim. XXVII , ;4-

* Tennant, Bergman et Mm veau.

3 Kirwan, INirholson's quarto Jour. III, 21 5.

* Pwchter, Statique chimique , p. i36.

5 Bérard, Ann. de Chim. LXX1 , 6g.

6 WenzeVs , Werwandschait , p. So.

' VVnllaston.

* Mon analyse.

9 Composition d'après la théorie.

TouJre

SELS DE TOTASSE. 4^9

C'est do nitrate de potasse que se retire tout l'acide nitrique , tel quon l'emploie, dans ses différées états, pour la

chimie tm ks arts. Brûlé avec le tartrate acide de potasse, le nitrate de potasse donne du carbonate de potasse pur. Il est d'un emploi indispensable en dociraasie ; on s'en sert également avec avantage pour l'analyse d'un çrand nombre de substances végétales et auimalcs. Mais un des composes les à caoo.i. plus importans qu'on forme avec le nitrate de potasse, est celui de la poudre à canon , dont l'emploi a complètement changé l'art moderne de la guerre. On ignore à qui est due la découverte de ce composé, et quel est celui qui songea le premier à en introduire l'usage pour les objets de guerre. Ce qu'il v a de certain, c'est que les Allemands se servirent de canons dans le i j.° siècle. 11 parait, d'après certaines archives , citées par Wiegleb , qu'on lit emploi de canons en Allemagne avant L'an 1372. On ne trouve rien , dans aucun auteur européen, qui indique qu'on ait fait usage delà poudre avant le i3.e siècle ; mais il parait qu'à cette époque . cette composition était déjà connue depuis long-temps des Chinois. U v a tout lieu de croire qu'on fit usage de canons à la fameuse bataille de Créer, en i34^ '. Il parait même qu'on s'en était servi trois ans plus tôt au siège d'Àlgésiras: mais avant ce temps les Allemands durent avoir connu les canons -, car il en existe un à Amberg , dont l'inscription porte la date de i3o3. Roger Bacon, qui mourut en 1292, eut connaissance des propriétés de la poudre à canon ; mais il ne s'ensuit pas qu'il eût eu celle de son emploi pour les armes à feu *.

1 La composition de la poudre à canon était connue en France avant 1 338 • c'est ce qui résulte évidemment du compte du trésorier des guerres, pour ladite année; compte dans lequel il esl fait dépense d'achat de poudre, et autres choses nécessa re> aux canons alors placés devant un château fortifié en Auvergne. 11 paraît aussi , d'après la Chronique de Jean Froissart, qu'en )33q, il y avait des canons au Quesnoy dans le Hainault , lorsque le duc de Xormandie se présenta devant cette place; enfin, suivant An quet il, ce même duc rie Kormandie employa , en i33g , des canons au siège de Trinl'Evêque, prés Cambrai. Traité de l'art de fabriquer la poudre à canon , par Bottée et Riffault, Exposé historique , p. iij etiv.

(I\ote du Traducteur. )

2 Watson's Chemical Fssays. I , 39.7. On y trome un plus grand détail sur ce sujet. On voit dans la vie de Barbour, par Robert Bruce, que le premier usage des armes à feu, en Angleterre; date de Tau

La poudre à canon est un composé de nitrate de potasse, de soufre et de charbon. Ces trois substances, après avoir été réduites en poudre , sont mêlées intimement ensemble : leurs proportions varient considérablement ; mais elles sont pour la bonne poudre de ■

76 Nitrate de potasse.

i5 Charbon.

9 Soufre.

Ces trois ingrédiens, après avoir été d'abord pulvérisés séparément, et ensuite mêlés intimement ensemble, sont mis à 1 état de pâte avecdefeau. Lorsque cette pâte a perdu un peu de son humidité, on la met sur une espèce de crible percé de petits trous, au travers desquels ou la force de passer. On la divise ainsi en grains dont la grosseur dépend de la dimension des trous du crible; lorsque ces grains sont en partie desséchés, on les met dans des tonneaux qu'on fait tourner en rond sur leur axe. Par ce mouvement, les grains se froissant l'un contre L'autre, leurs aspérités s'usent et disparaissent, et leurs surfaces deviennent unies. Dans cet état la poudre est lustrée, ou, ce qu'on appelle en terme de l'art, lissée 3. .. „ La poudre à canon s'enflamme, ainsi que cela est bien connu,

jjecompos.tion 1 m 1 m. »

avec une explosion violente par l'application d'une chaleur

1 Watson's Chemical Essays. II , 1 ; et Chimie de Beaumé. I , /\55.

a De tons les dosages, adoptés ou proposés pour la confection de la poudre, celui-ci fut reconnu comme donnant les résultats les plus satisfaisant , par Pelletier et Riffanlt , chargés, en 1 7q5 » par leGou- ■verneme.it français, de recherches sur les moyens de perfectionner la fabrication de la poudre. Ce fut par des essais sur les mélanges des trois matières, dans un grand nombre de proportions diverses , et par une suite d'expériences intéressantes faites à la poudrerie d'Fssone près Paris, qu'il fut constaté, que celui ci-dessus indiqué, donnait le^ portées les plus avantageuses; et d'après leur rapport , il fut généralement prescrit. Mais on eut lieu de craindre que la trop grande proportion du charbon dans ce dosage ne fût nuisible à la conservation de la poudre , et pour qu'elle y lût un peu moindre , on préféra d'abord le dosage de 56 nitrate de potasse, 14 charbon et 10 soufre • et depuis , par le même motif encore, on en est revenu à celui le plus anciennement adopté, de ^5 nitrate de potasse, 12, 5 charbon, et 12,5 soufre. ( JYote du Traducteur.)

3 La fabrication de la pondre, décrite ici d'une manière si incomplète, se trouve exposée dans tous ses détails , en ce. (mi concerne le mode (le cette fabrication ordinaire en France, dans l'ouvrage déjà cite, ayant pour titre : Traité de L'art de fabriquer ta poudre a carton^

' ( Rote du 7 radu ■

SELS DE POTASSE. £jl

rouge. Cette combustion a lieu même dans le vide; elle produit une émission très-abondante de gaz, dont le développement subit est%la cause de tous les effets de la poudre. La combustion de cette substance résulte évidemment de la décom- £os;tion du nitrate de potasse par le charbon et le soufre1, es produits sont du gaz acide carbonique, du gaz azote, du gaz acide sulfureux et probablement du gaz acide hydrosulfurique \ Cruikshanks s'est assuré qu'il ne se forme pas

1 On peut , avec un mélange de nitrate de potasse et de charbon , sans soufre, faire une poudre à canon, qui donne des portées trèssatisfaisantes ; tandis qu'avec un mélange de nitrate de potasse et de sonfre sans charbon , on n'obtiendrait rien. Il faut, pour opérer la déflagration complète de ce dernier mélange . l'introduire dans un creu-et rougi au feu, ou projeter de petits morceaux de soufre dans du nitrate de potasse chauffé au rouge; et celte déflagration ne produirait pas le moindre des effets ordinaires de la pondre à canon. C'est donc à l'aide du charbon seulement que les deux antres des trois matières qui forment la composition de la poudre à canon , peuvent entrer en détonation. Mais Proust qui , s'étant particulièrement occupé de la fabrication de la poudre à canon , nous a déjà fait connaître une partie de son travail important sot ce sujet d^ns plusieurs Mémoires insérés .ans le Journal de Physique, eue des expériences, d'où il résulte que la combustion du mélange, une fois qu'elle a été provoquée par le charbon, est efficacement accélérée par la présence du soufre, et que, de plus , le soufre ajoute aux effets de l'explosion par le surcroît de saz qu'il fournit ; cependant ces avantages de la présence du soufre dans la composition de la poudre ne se soutiennent que jusqu'à une certaine proportion de cette substance dans le mélange; proportion au-deà de laquelle, suivant ï'roust , le soufre prolonge , retarde et affaiblit la détonation beaucoup plus que ne le pourrait faire un grand excès de charbon. Maintenant, comme avec un mélange de nitrate de potasse et de charbon sans soufre, on peut faire, ainsi que nous Pavons déjà dit, de la poudre à canon de bonne qualité, mais qui a l'inconvénient de ne pas se conserver aussi bien dans le transport et dans 'es magasins , il en résulte qu'en ajoutant au mélange du nitrate de potasse et du charbon, la proportion du soufre justement nécessaire pour lui assurer tous ses avantages , proportion qui est à-peu-près celle du dosage actuel de la poudre à canon de fabrication française, on se procurera de plus , avec cette troisième substance, les moyens de rendre le mélange de la composition de la poudre plus propre a prendre corps par la trituration, la matière triturée plus facile à gréner, et la poudre confectionnée moins sujette à ^'altérer.

Note du Traducteur. )

2 II se produit, en outre , du deutoxide d'aaote et du gaz oxide de carbone. On a trouvé quelquefois le deutoxide d'azote p-rmi ces gaz, dans la proportion de 8."» volumes sur ico, le gaz acide carbonique en formant à lui seul environ \\. ( J\rote du Traducteur. )

iibîemeot d'eau *. Ge qui reste après la combustion est de îa isse combinée avec une petite portion d'acide carbonique, «lu sulfate dépotasse, une très-petite proportion de sulfure de potasse et du charbon non-consuuié 2. Ce résidu attire promptement l'humidité de l'air, et le sulfure qu'il contient le rend susceptible d'agir fortement sur les substances métalliques.

Lorsqu'on mêle ensemble, dans un mortier un peu chaud , 3 parties de nitrate de potasse, i parties de potasse et i partie de soufre; le tout préalablement desséché, il en résulte un composé auquel on a donné le nom de poudre fulminante. Si, après avoir mis un peu de cette poudre dans une cuiller de fer, on la place sur des charbons ardens , ou $i on la tient au-dessus de îa flamme d'une bougie, la poudre se noircit par degrés y et à la fin elle se fond ; au même instant elle fait explosion avec un bruit très-considérable, et il se produit une forte impression sur le fond de la cuiller, comme si elle avait é:é violemment pressée de haut en bas. Celte combustion, soudaine et bruyante, est due à l'action qu'exerce très-rapidement le soufre sur le nitrate de potasse. Par l'applir cation de la chaleur, le soufre et la potasse forment un sulfure qui est combustible à une température probablement plus basse q:eie soufre lui-même, il y a dégagement instantané de gaz acide hydm-sulfurique, de gaz azote et peut-être aussi de gaz acide sulfureux. C'est a lac; ion subite de ces gaz sur l'air environnant que le bruit de l'explosion doit être attribué. Sa force dépend évidemment de la combustion de la totalité de la poudre dans le même instant , et c'est par la fusion préalable que la pouore a éprouvée avant son explosion, que la rapidité de cette déflagration complète est assurée; autrement les grains de la poudre brûlent successivement.

On appelle flux blanc , un mélange de parties égales de nitrate de potasse et de tarîrate acide de potasse, dont on a opéré la déflagration dans v,u creuset; ce n'est autre chose

un mélange de carbonate de potasse avec un peu de po-

1 Les opinions sont partners sur ce point; mais en considérant

que la température, dans la détonation ilt> la poudre, exerde de

icoup le d< .. d« la chaleur rouge, il est vraisemblable que Peau

|qsée au morueut desa formation, si elle pouvait eu c: .

:.\"ii lieu. (Note du Traducteur.)

3 CruibL^s, Nicholson/s Jour. IV, a58.

tasse pure. On nomme Jiusê noir, à raison de sa couleur, Je résidu de la déflagration produite de la même manière, de deux parttes de tartrate acide de potasse et dune partie de nitrate de potasse. Ce résidu est simplement un mélange de charbon et de carbonate de potasse.

Esp. 2. Le procédé de Schéele pour obtenir le nitrite de »■ Nitritp.potasse, consiste à remplir une petite cornue de nitrate de potasse , et à la tenir ensuite chauffée au rouge pendant une demi-heure. Lorsqu'on Ta laissé refroidir, on trouve que le nitrate qu'on y avait mis est passé à l'état de nitrite. Le nitrite de potasse est déliquescent à l'air et il exhale des vapeurs rouges d'acide nitreux , lorsqu'on verse dessus tout autre acide quelconque.

Esp. 3. Carbonate de potasse. Ce sel, connu des chi- s. Carbon^*, mistes long-temps avant que Black en eût découvert la composition, se désignait sous une grande variété de noms, suivant la manière dont il avait été préparé, et c'est ainsi qu'on l'appela nitrefixé, sel de tartre , alcali, végétal , etc. Bergman fut le premier qui en décrivit avec précision les propriétés, en 1774 r. Il y en a deux sous-espèces-, savoir, le carbonate et le bicarbonate.

Sous-Esp. 1. Bicarbonate. On forme ce sel en saturant de FréParaUo1** la potasse par l'acide carbonique , ce à quoi on réussit le mieux en faisant passer du gaz acide carbonique dans une dissolution de potasse jusqu'à ce qu'elle refuse d'en absorber davantage. La potasse du commerce est un carbonate de potasse impur. On peut la convertir en bicarbonate de potasse , en la distillant avec du carbonate d'ammoniaque solide3. Lorsque la potasse est ainsi saturée d'acide carbonique, elle abandonne toujours de la silice. Pelletier a proposé cette saturation comme la meilleure méthode pour dépouiller la potasse de cette terre.

Le bicarbonate de potasse cristallise, suivant Bergman, en Proprîo-é.. prismes quadrangulaires, terminés à leurs sommets par deux triangles renversés en forme de toît de maison 3. Les cristaux de ce sel, obtenus par Pelletier, étaient de prismes tétraèdres rhomboïdaux, à sommets dièdres, et offrant dans le

1 Opn.sc. I, i3.

2 P>erthoilet.

1 Eergmau. I, i3.

cristal complet huit faces; savoir: deux hexagones et deux rectangles pour le prisme -, quatre rhomhes pour les pyramides *. Sa saveur est alcaline, mais sans causticité; il verdit encore les couleurs Lieues végétales. Sa pesanteur spécifique est de 2,012 2. Il est soluLle dans environ quatre fois son poids d'eau, à la température ordinaire de l'atmosphère3. L'eau Louillante en dissout les o,833 de son poids 4. L'alcool n'en peut prendre, même à chaud, qu'environ les 0,0008. Pedetier a observé que, pendant la dissolution de ce sel cristallisé dans l'eau bouillante, il se dégage des bulles de gaz acide carbonique. Ce carbonate de potasse cristallisé ne s'altère point à l'air. Il perd au feu son eau de cristallisation , et une portion de son acide; mais il n'est pas complètement décomposé.

Les parties constituantes de ce sel sont , d'après les analyses les plus exactes qui en aient été faites, dans les proportions suivantes :

Composition.

Acide... 455... 436... 46,19 7... 47,83»

Base 4o . . . 4i ... 53,8i ... 52,17

Eau .... 17 „ . . 16

Les cristaux de ce sel contiennent précisément 1 atome d'eau ; de sorte qu'ils consistent en

Sel anhydre 91 ,09

Eau 8,91

Préparation. Sous-Esp. 2. Carbonate. C'est dans cet état que se trouve toujours la potasse du commerce; mais sa pureté est altérée par son mélange avec d'autres substances. On peut se pro-

r Ann. fie Chim. XV, 29.

1 Bassenfiratz, Ann. de Chim. XXVIII, 12.

3 Bergman. I , i3.

* Pelletier.

Kirwan , Nicholson's qnarto Jour. III , 2i5. c Pelletier, Ann. de Chim. XV, 3*.

7 Berard, Ann de Chim. LXX1 , 69.

* Composition theorclique.

SELS DE POTASSE. 4y5

curer le carbonate pur en chauffant au rouge dans un vaisseau d'argent ou de platine, le bicarbonate neutre préparé par le procédé précédemment décrit. Une portion de l'acide carbonique se dégage. Le carbonate, ainsi obtenu, a une saveur alcaline plus forte et agit avec plus d'énergie que le carbonate sur les substances animales et végétales. Exposé à l'air, il y devient promptement déliquescent et se résout en un liquide d'une consistance huileuse. 11 n'absorbe pas sensiblement l'acide carbonique de l'atmosphère. On ne peut enlever à ce sel son excès d'alcali, en le traitant avec l'alcool. Le docteur Wollastou a fait voir que ce sel contient exactement la moitié de l'acide qui existe dans le carbonate de potasse x , d'où il suit qu'il est composé de

Acide carbonique.. . . 2,;5. . . 100 Potasse 6,00... 218,18

Il paraît résulter des expériences de Berard que ce sel, séché doucement de manière à le rendre solide, est composé de 1 atome de sel anhydre -4- 2 atomes d'eau , ou, en poids, de

Sel anhydre 79,4

Eau 20,6

La potasse du commerce est toujours à l'état d'un carbo- composite nate: mais elle contient aussi plusieurs substances étrangères deh p°,asied« qui rendent tres-vanable la proportion d alcali. Kîrwan proposa une méthode ingénieuse pour en reconnaître la quantité dans uu échantillon quelconque, parla propriété qu il a de précipiter l'alumine de 1 alun. Vauquelin a indiqué depuis un moyen d'essai encore plus simple. Ce moyen consiste à déterminer la quantité d'acide nitrique d'une densité connue nécessaire pour saturer un poids donné du sel \ On voit, par les expériences de \ auqueliu 3 , que les différentes espèces de potasse du commerce le plus généralement connues, sont composées aiusi qu'il suit, savoir :

1 Wollasion, on superacid and subacid Salts. Phil. Trans. 1808. 3 Ann. de Chiro. XL, q;3.

? IbuL

ta -A

Sulfate de potasse.

Hydrochlorate de potasse.

•rH

fi

Total.

Potasse de Russie.

ll52

Idem d'Amérique.

Perlasse d'Amérique.

ll52

Potasse

de Trêves.

ll52

Idem de Dantzick.

ll52

Idem

des Vosees.

5io

4. Boiatc. ^SP* 4- Borate de potasse. Ce sel, que Baron forma le premier, est très-peu connu. On peut l'obtenir en calcinant un mélange d'acide borique et de nitrate de potasse. La chaleur dégage l'acide nitrique et laisse une masse saline blanche qui étant dissoute dans l'eau, donne des cristaux de borate de potasse, en prismes à quatre pans. Ce sel peut se combiner avec un excès de base, et former ainsi un sous-borate de potasse. D'après les expériences deWenzel, le borate de potasse est composé de *

Acide

Base

* Yçrwandtschaft, p. 228,

SELS DE POTASSE. 4j7

Les parties constituantes du borate pur doivent être de

Acide borique 2,875... 100

Notasse 6 . .. 208, 5

Ces parties seraient, pour le biborate de potasse, de

Acide borique. . . 2,8-5 X 2... 100 Potasse 6 ... io^ij

D'où il suit évidemment que l'analyse de Wenzel est trèserronée. Berzelius essaya de déterminer, par expérience, la composition de ce sel, mais il ne put y réussir.

Esp. 5. Silicate de potasse. Ce sel est le composé, an- 5. silicate. ciennement connu des chimistes sous la dénomination de liqueur des cailloux. On peut le former en faisant fondre trois parties de potasse en poids avec une partie de silice. 11 en résulte un liquide transparent, incolore, qui, par le refroidissement, se congèle eu verre. Ce verre est soluble dans l'eau, et sa dissolution, incolore, s'appèle liqueur des cailloux.

La silice parait être susceptible de s'unir à la potasse dans un grand nombre de proportions. Le verre peut être considéré comme étant un snrsilicate de potasse, dans lequel la silice entre en proportion très-considérable.

Esp. 6. Phosphate de potasse. 11 y a trois sous-espèces de 6- Pil0îPhr« ce sel, savoir : le phosphate , le biphosphate et le seusphosphate de potasse.

Sous-Esp. 1. Phosphate de potasse. On peut préparer ce sel en ajoutant dn carbonate dépotasse à de l'acide pliosphorique chaud, jusqu à ce que la dissolution cesse de produire aucun effet sur les couleurs bleues végétales. Lorsque cette dissolution, suffisamment concentrée, est abandonnée à elle-même dans un lieu sec, il s'y dépose par degrés du phospbate de potasse en petits cristaux transparens. Ces cristaux sont des prismes à quatre pans, terminés par des pyramides tétraèdres. Les cotés des prismes sont tous égaux, et ses angles sont droits. Quelquefois le prisme interposé manque, de sorte que les cristaux ont la forme de petits octaèdres. Ce sel a une saveur fraîche et un peu urineuse ; niais cette saveur n'eôt ni forte ni désagréable. Ce phos-

4j8 DES SELS.

phate ne s'altère point à l'air , il ne contient point d'eau de cristallisation.il est trcs-soluble dans l'eau, et chauffé au rouge, il se fond en un liquide. Il est composé de

Acide phosphorique ... 4,5 100

Potasse 6 i33,3

Sous-Esp. 2. Biphosphate. Ce sel est aisément produit en dissolvant le phosphate neutre dans l'acide phosphorique jusqu'à saturation. Il cristallise difficilement en prismes striés; il affecte plus aisément la forme d'une gelée, et lorsque l'évaporatiou est poussée plus loin, il se dessèche entièrement. La pesanteur spécifique de ce sel, lorsqu'il est sec, est de 2.85 1 6 *. Il est extrêmement soluble dans l'eau. Lorsqu'il est sec, il attire promptement l'humidité de l'atmosphère, et s'y résout en un liquide visqueux. Chauffé il éprouve d'abord la fusion aqueuse ; il laisse alors son eau de cristallisation s'évaporer, et il finit par se dessécher. A. une haute température, il se fond en un verre transparent, qui redevient déliquescent à l'air.

Sous Esp. o. Sous-phosphate. Ce sel se prépare en soumettant à l'action d'une forte chaleur, dans un creuset de platine, un mélange de phosphate de potasse et de potasse pure. On obtient ainsi une substance blanche qui est le sousphosphate. On peut se le procurer aussi en faisant bouillir un sur-phosphate alcalin quelconque daus une dissolution de potasse. Il se précipite une poudre blanche qui est le sousphosphate de potasse qu'on voulait obtenir: c'est ainsi que Margraff le préparait.

Le phosphate de potasse est insipide et insoluble dans l'eau froide; mais il se dissout dans 1 eau chaude, et se précipite, par refroidissement, dans cette dissolution, en une poudre graveleuse. Ce sel est extrêmement fusible: au chalumeau, il se forme en une suite de grains transparens qui deviennent opaques en se refroidissant. Il se dissout dans les acides nitrique, hydrochlorique et phosphorique; les dissolutions sont épaisses et glutineuses. Elles précipitent par les alcalis, lorsqu'elles sont concentrées; mais cet effet n'a pas lieu si elles sont suffisamment étendues.

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* Hasseofratz, Ann. de Chiin. XXVIH, ta

Ce sel est composé, suivant l'analyse de Saussure jeune .

de

Acide 55

Base 65

ioo *

Sa véritable constitution doit être de

Acide 4,5 îoo

Potasse 6x2=12 266,6

Ce sel a la propriété de se combiner avec la chaux et de former ainsi un sel triple insoluble.

Esp. 7. Phosphite de potasse. On n'a point encore examiné ce bel dans son état de purelé.

Esp. 8. Hypophosphite dépotasse. Ce sel est trés-solu- „ *• ,. Die dans leau. 11 est plus déliquescent que 1 uydrochlorate de chaux. 11 se dissout dans l'alcool en toutes proportions. Exposé a Pair, il eu absorbe par degrés l'oxigène et devient acide. Etant chauffé, il donne du gaz hydrogène phosphore et du phosphore-, il reste une certaine quantité d'acide phosphorique à l'état d'union avec la potasse a.

Esp. o. Sulfate de potasse. Il v a deux sous- espèces de 9. ce sel; la première est le suliate neutre, et i autre un bisul- dépotage. fate.

Sous-Esp. i. Sulfate. On prépare ce sel en saturant par l'acide sulfurique de la potasse étendue d'eau, et en évaporant doucement la dissolution jusqu'à ce qui! s y forme des cristaux. Ce sulfate semble être un des sels le plus anciennement connus des chimistes. 11 a reçu autant de noms divers qu'on a trouvé de diîîerentes manières de le préparer, ou qu'il a plu au manipulateur de l'appeler. QuJquesunes de ces dénominations lurent celles de specificum purgans y nitrum jixum , arcanum duplicat'tm , panacea holsatica , sel de Duobus , sel poljchreste de glaser , etc. Mais il était le plus habituellement connu sous le nom de tartre vitriolé, jusqu'à l'époque où les chimistes français fondèrent leur nouvelle nomenclature, en 1787. Ces! alors

1 Sur la Végète, p. Zi\.

* Dulong , Ann. de Chim. et Phys. II, 14a.

qu'ils Tappelcrent sulfate de potasse f. La découverte du sulfate de potasse, ou peut être, du bisulfate, est due à l'examen qu'on fit de ce qui restait dans la cornue, après avoir préparé l'acide nitrique, par la distillation d'un mélange d'acide sulfurique et de nitrate de potasse. C'était le sel obtenu de ce résidu, qu'on appela panacca duplicata ou arcanunt duplicatum. Le duc de Ilolstein acheta, vers Tau 1 663, moyennant 5oo dollars, le procédé de la préparation de ce sel? comme remède dans les fièvres, la pierre et le scorbut 2. Propriétés; Lorsque la dissolution du sulfate de potasse est suffisamment étendue, elle donne, par l'évapor.;tion , des cristaux en pyramides hexaèdres , ou en prismes très-courts à 6' pans, terminés par une ou un plus grand nombre de pyramides à 6 faces *, mais la forme de ces cristaux varie beaucoup , suivant le plus ou moins de soin qu'on a mis à en opérer la production.

Ce sulfate a une saveur amère très-désagréable. Sa pesanteur spécifique est, suivant Wallerius , de 2,298 3. Hassenfratz la porte à 2,4oy3 4etWaîson à 2,636 5. A la température de 160 centigrades, il lui faut 16 fois son poids d'eau pour le dissoudre, et il n'exige que 5 fois son poids de ce liquide bouillant 6. Lorsqu'on le tient en ébullition dans l'eau, elle en dissout les 0,24^, ou à-peu-près un quart de son poids 7.

Le sulfate de potasse ne s'altère point à l'air. Mis sur des charbons ardens, il décréoite, mais sans éprouver aucun autre changement dans sa nature. Chauffé au rouge, il se fond et perd un et demi pour cent de son poids. 11 est quelquefois lumineux dans l'obscurité 3 ainsi que l'a observé M. Giobert.

rr^?o-\i\on. La composition de ce sulfate est, d'après les analyses ks

1 Rergnïan l'appela alcali végétal vitriolé; et Morveau, vitriolée potasse.

2 Srunv's Boyle. 1 , 64.

3 Chemistry, p. 265.

4 Ann. de Chim. XXVIII, 12 .5 Chemical TTssays. V, 67.

6 Tjergmnn. I , jj~,.

■ WenaeV* Yerwandscliaft , p, 3iôy

SELS DE POTASSE. ^8l

plus exactes qui en aient été publiées jusqu'à présent, ainsi qu'il suit, savoir :

Acide. ^2,76 £ 45,2 2 45,5 " 45,72 4 47,1 5 4S466 Base.. 07,24 54,8 54,7 54,28 52,9 54,54

Le sulfate de potasse ne contient point d'eau de cristallisation.

Sous-Esp. 1. Bisulfate. Ce sel peut s'obtenir en chauffant un mélange de trois parties de sulfate de potasse et d'une partie d'acide sulfurique. Ce fut Rouelle l'aîné 5 qui le distingua le premier du sulfate.

Ce sel cristallise ordinairement en longues aiguilles déliées ; mais on peut l'obtenir en prismes a 6 pans. Sa saveur est acre. Il rougit les couleurs bleues végétales. Il est soluble dans cinq parties d'eau, à la température de i6ocentig. 7; il s'altère a peine à 1 air. Lorsqu'il est chauffé , il se fond aisément et prend une apparence huileuse : mais en se refroidissant, il redevient tout aussi blanc qu'il pouvait l'être. Par une chaleur très-forte et continuée pendant long-temps, l'excès de son acide est séparé, et il est transformé en sulfate. Le docteur Wollaston a fait voir que ce sel contient exactement deux fois autant d'acide que le sulfate 8.

Esp. ÎO. Sulfate ammoniaco de potasse. Ce sel, que Link décrivit le premier, peut s'obtenir en saturant le sursulfate de potasse par l'ammoniaque. Les cristaux sont des lames brillantes, d'une saveur amère, et qui ne s'altèrent point à l'air. Ils sont composés de

60 Sulfate de potasse.

4o Sulfate d'ammoniaque.

Too 9.

Esp. 11. Sulfite de potasse. Berthollet , Fourcroy et Vau- ts. sulfite

1 Berar.l , Ami. de Chim. LXXI , 4;.

2 Kirwan , Nicholsofo's , quarto Jour. III, 2i5.

3 "Wenzel , \ erwandschalt, p. 54-

4 ^\Ton analvse.

5 Berzelius" Ann. de Chim. LXXVII, 34-

6 Composition théorétique.

' Link, Crell's Annals, 1796, I, 2^.

8 On superacid and subacid salts. Phil. Trans. l8o3.

» Link , Creli's Annals, 1796, I, U9.

quelin, sont les premiers chimistes qui aient donné une description exacte de ce sel, que Stahl avait découvert, et qui? en conséquence, était anciennement connu sous le nom de sel sulfureuse de Stahl. On peut le préparer en faisant passer de l'acide sulfureux daus une dissolution saturée de carbonate de potasse , jusqu'à ce que toute effervescence ait cessé. La liqueur s'échauffe , et elle cristallise par refroidissement *. propriétés. Les cristaux de ce sel sont blancs, transparens et sous la forme de lames rhomboïdales. Sa cristallisation présente souvent de petites aiguilles, divergeant d'un centre commun 2. Sa pesanteur spécifique est de i,586 3. Il a une saveur pénétrante et sulfureuse. Il est soluble dans son propre poids d'eau a la ternpératureordinairede l'atmosphère *, maisil se dissout en beaucoup plus grande quantité dans l'eau bouillante. Il change à peine d'apparence à l'air. Il y perd environ deux pour cent de son poids, et alors il est peu-à-peu, mais trèslentement, transformé en sulfate de potasse. Exposé à une chaleur soudaine, il décrépite, il perd sou eau de cristallisation et une portion de son acide. 11 se dégage alors une certaine quantité de soufre de l'acide restant, et le résidu est du sulfate de potasse, avec un léger excès d'alcali. L'acide nitrique convertit ce sulfite en sulfate de potasse, en lui fournissant de l'oxigène. Le chlore produit le même effet, mais imparfaitement, parce qu'il en sépare une portion de son acide sans altération.

Le sulfite de potasse décompose les oxides d'or, d'argent et de mercure, le deutoxide de plomb, le peroxide de manganèse et le deutoxide de fer. Si , après l'avoir fait bouillir dans l'eau avec le tritoxide de fer ou le deutoxide d'arsenic, on y ajoute un acide, il se produit un précipité qui consiste dans ces oxides unis à un peu de soufre; le sel est converti en sulfate-, et, en même-temps, il se dégage de l'acide hydro-sulfurique.

Le sulfite de potasse est composé de

Acide sulfureux. .. . 4.... 4o.... ioo Potasse 6.... 6o.... i5o

* Fourcroy et Vauquelin, INieholson's Journ. I, 317

a Ibul

1 llaiseufratz , Ann.de Chim. XXV III, 12.

EsP. 12. Arscniate de potasse. Ce sel comprend deux is. Arscmate. sons-espèces, Parseniate neutre et le binarseniate.

Sots-Esp. i. Arseniate. L'acide arsenique, lorsqu'il est saturé par la potasse, donne naissance à un sel incris allisable, déliquescent à l'air, qui verdit le sirop de violettes , mais qui n'altère pas la teinture de tournesol. Chauffé dans un creuset d'argile, il est en partie converti en un verre blanc, et transformé en partie en un sur-arseniate de potasse. Eu distillant, dans une cornue , un mélange de ce sel avec le huitième de son poids de charbon en poudre , il se boursouffle , et bouillonne fortement; ce qui provient évidemment du dégagement du gaz acide carbonique; et en même-temps, il se sublime de larsenic. Il ne reste dans la cornue que du carbonate de potasse et du charbon.

Sous-Esp. i. Binarseniate. Ce sel porta pendant longtemps le nom de sel arsenical neutre de JSIacquer , parce que ce fut ce chimiste qui le forma le premier. Il l'obtiut en distillant, à la cornue, un mélange de parties égales de deutoxide d'arsenic et de nitrate de potasse; en dissolvant ensuite, dans de leau chaude la masse blanche saline qui restait dans la cornue après la distillation , et en évaporant convenablement la liqueur filtrée , elle donnait de beaux cristaux transparens de binarseniate x.

Schéele reconnut, le premier, la composition de ce sel, après avoir découvert qu'on le produisait, en ajoutant de l'acide arsenique à une dissolution d'arseniate de potasse , jusqu'à ce que cette dissolution cessât d'altérer ia couleur du sirop de violettes. Elle rougit alors la teinture de tournesol et donne, par févaporation , de beaux cristaux du sel neutre de Macquer.

Ce sel cristallise en prismes à 4 pans , terminés par des pyramides tétraèdres, dont les arêtes correspondent à celles du prisme. Il est soluble dans feau. et il rougit les couleurs bleues végétales. Ce sel n'est pas décomposé par les sels à bases de chaux ou de magnésie , comme cela a lieu avec 1 arseniate dépotasse*.

Esp. i3. Arsenite de potasse. C'est un liquide visqueux , de couleur jaune, qui ne cristallise pas. On le forme, en sa-

1 Mém. Par. 1746 et i;48.

* Macquer et Sche'ele.

tarant une dissolution de potasse par l'acide arsenieux, H- Esp. i4- Antimoniatc de potasse. Ce sel se prépare eu

exposant un mélange cl une partie d antimoine en poudre, et six parties de nitrate de potasse, à la chaleur la plus forte qu'il puisse supporter sans entrer en fusion. On le réduit alors en poudre, et on le lave avec de l'eau froide jusqu'à ce que tout l'alcali et le nitrate de potasse soient dissous; il reste, alors, l'antimoniate de potasse. C'est une poudre blanche, d'une saveur acre et légèrement métallique. Elle se dissout à peine dans l'eau froide , mais facilement dans ce liquide bouillant. Cette dissolution ne laisse rien déposer par le refroidissement. Lorsqu'elle a été évaporée jusqu'à consistance de sirop, elle donne une poudre blanche grenue, trèslégère. Si cette évaporation de la dissolution est poussée jusqu'à consistance de miel, elle se congèle en totalité par le refroidissement en une croûte demi-transparente, flexible. Evaporée à siccité, elle laisse un émail blanc, qui est cassant et fendillé en tous sens. Ce sel contient onze et demi pour cent d'eau. Il ne se décompose que très-difficilement. Il est. formé j d'après les expériences de Berzelius , de

Acide antimonique 79,2 100

Potasse 20,8 26

Il résulte de cette analyse, que ce sel est un tritantimoniate, ou un composé de 3 atomes d'acide avec un atome de potasse *.

Esp. i5. Antimonite de potasse. Berzelius forma ce sel en faisant fondre ensemble du deutoxide d'antimoine et de la potasse caustique. On enlève alors la potasse par des lavages à l'eau froide, et la poudre qui reste est dissoute dans l'eau bouillante. En évaporant cette eau, elle donne le sei à l'état de pureté. Ses propriétés ressemblent beaucoup à celles de l'antimoniate de potasse. Il est composé, suivant l'analyse de Berzelius, de

Acide antimonieux 7^,6...... 100

Potasse 23,4 5o,55

Ce résultat se concilie, à-peu-près, avec la supposition, que le sel est formé de 1 atome acide -f- 1 atome potasse,

* Berzelius ; INicholson's Jouru. XXXV, 38.

si le poids d'un atome d'acide antimonieux est , ainsi que nous l'avons déjà trouvé , de 20,8j5 '.

Esp. t6. Chmmate de potasse. Ce sel n'a encore été exa- a6- Chromât*. rainé, jusqu'à présent, que par Vauqueliu 2 et John 3. Il y en a deux sous-espèces : la première est le chromate neutre, d'un jaune citron, qui cristallise en petits prismes. Lorsque ce chromate est chauffé, sa couleur passe au rouge ; mais par 3e refroidissement, sa couleur naturelle est reproduite. La seconde sous-espèce est le bichromate, dont la couleur est d'un jaune orangé, et qui cristallise en beaux prismes.

Esp. 17. Molybdate de potasse. On peut former ce sel, 17. Moiybdat*. ou par l'union directe de son acide avec la base, ou bien, en chauffant dans un creuset un mélange de deux parties de nitrate de potasse et dune partie d'acide raolybdique, et en lessivant ensuite la masse obtenue. La dissolutiou cristallise par évaporation , en petites lames rhomboïdales insérées les unes dans les autres. Ces cristaux sont clairs, ayant une saveur métallique. Chauffés au chalumeau sur un charbon , ils se fondent sans se boursoufler et se convertissent en petits globules, qui sont promptement absorbés par le charbon. Lorsqu'on les fond avec un mélange de phosphate de soude et d'ammoniaque (ou sel microcosmique), ils donnent à ce mélange une teinte verte. L'eau chaude dissout complètement ces cristaux, et lhydrocyanate de potasse précipite cette dissolution en brun rouçeàtre 4. Tous les acides forts séparent l'acide raolybdique du molybdate de potasse, dans les dissolutions de ce sel.

Esp. 18. Tungstate de potasse. La potasse dissout l'oxide l8- TuDg->tate de tungstène. En mettant de cet oxide dans une dissolution de potasse ou de carbonate de potasse , on en obtient, en lévaporant. le tungstate de potasse, qui se précipite à l'état d'une poudre blanche. Cette dissolution de l'oxide de tungstène dans la potasse ou le carbonate de potasse, retenant toujours un excès de potasse, elle refuse de dissoudre l'oxide jusqu'à ce que l'alcali ait été neutralisé complètement.

Le tungstate de potasse a une saveur métallique et caus-

1 Rerzelius, IVicholson's Journ. XXXV, 44»

a Ann. de Chim. LXX, 70.

3 Annals of Philosophv, IV, \ 5.

* Klaproth , Ann. de Clùm. VIII, 106.

tique. Il est soîuble dans l'eau, et devient très-promptement déliquescent à l'air. Sa dissolution dans l'eau est décomposée par tous les acides : ils y occasionnent un précipité composé de l'oxide, de potasse, et de l'acide employé. Ce précipité ou sel triple est l'acide molybdique de Schéele1.

Esp. 19. Nitro-tungstate dépotasse. Ces tuugstates peuvent se combiner avec un certain nombre d'acides, et former avec eux une espèce particulière de sels neutres qui n'ont pas été examinés, si ce n'est le tungstate nitrate de potasse , qui est le sel primitivement décrit par Schéele, sous le nom & acide de tungstène.

Ce sel s'obtient sous la forme d'une poudre blanche. Il a une saveur acide et amère ; il rougit l'infusion de tournesol, et il exige 20 parties d'eau bouillante pour se dissoudre. Deluyart remarqua le premier que c'est un composé d'acide nitrique , d'oxide de tungstène , et de potasse. Colurobatc. £sp> 20< Columbate de potasse. Eq faisant bouillir de l'acide columbique avec une dissolution de potasse , une portion de cet acide est dissoute, et la liqueur donne, par évaporation, un sel blanc, éclatant, sous la forme d'écaillés, ayant beaucoup de ressemblance avec l'acide borique. La saveur de ce sel est acre et désagréable. Il ne s'altère point à l'air. L'eau froide ne le dissout qu'en très petite quantité, mais la dissolution est incolore et permanente. L'acide est précipité à l'état d'une poudre blanche par l'acide nitrique, et autres acides2.

Esp. ai, Acétate dépotasse. On a supposé , mais vraisemblablement sans aucun fondement, que Pline avait eu connaissance de ce sel, parce qu'il recommande un mélange de vinaigre et de cendres gravélées, comme moyen curatif d'une espèce particulière de tumeur3. Raymond Lulle est le premier qui ait décrit ce sel d'une manière claire et précise. Il a reçu un grand nombre de noms, comme par exemple ceux darcanum tartan , terre foliée secrète du tartre, sel essentiel du vin j tartre régénéré , sel diurétique , sel digestif

1 Vauqueliiï et Hecht , Jour, des Min. , n.° 19 , p. 20.

1 HatcheLt's analysis of a minerai from norlh America , Fini. Trans. 180a.

Àrétat-J.

3 Pliuii. Lib. XXIII, proemium.

de Sykius. On prépare ordinairement ce sel en faisant dissoudre du carbonate de potasse dans du vinaigre distillé, et en évappraut ensuite à uue douce chaleur cette dissolution jusqu'à siceité. Lorsque la dissolution a été évaporée à un certain point, comme du quart aux trois quarts, on la filtre à travers un charbon animal, pourvu qu'on ait eu soin d'eaiplover du vinaigre distillé pour la préparation de ce sel1. Par ce procédé, on l'obtient en belles lames blanches. On peut aussi, par une évaporation convenablement ménagée , se le prucurer en cristaux prismatiques réguliers. Ce sel a une saveur chaude acerbe. 102 parties d'eau, à la température de 160 centigrades, peuvent en dissoudre 100 parties*. 11 devient humide à l'air ; mais les cristaux y éprouvent à peine aucun changement, lorsqu'ils ont été obtenus par une évaporation spontanée. Lorsque ce sel est chauffé, il se fond aisément, et à une température élevée, son acide est décomposé. Il passe dans le récipient une liqueur , qui contient quelquefois une portion considérable d'ammoniaque et d'acide hvdiocyaniqne. Le résidu, dans la cornue, consiste en un mélange de charbon , de carbonate et hydrocyan.ite de potasse3. La présence de l'ammoniaque et de l'acide hydroevanique dans les produits de la distillation de l'acétate de potasse , porta Proust à considérer l'azote comme étant une des parties constituantes de l'acide acétique-, mais Tromrasdorf et Proust lui-même, ont reconnu depuis, qu'il ne se trouvait ni ammoniaque ni acide hydrocyanique dans les produits de l'acétate de potasse pur4. Lorsqu'on distille l'acétate de potasse avec le deutoxide d'arsenic, il s'en exhale, suivant Cadet, une fumée blanche, d'une odeur fétide et suffocante, qui s'enflamme spontanément lorsqu'elle a le contact de l'air. On a indiqué , dans la table qui suit, les proportions des parties constituantes de lacétate de potasse , telles qu'elles ont été établies d'après les expériences faites jusqu'à présent sur ce sel.

» Figuier, Anti. de Chim. LXXXVI, 44.

2 Spielmann.

* Proust, Ann. de Cliim.XLII, a3i.

* Ann. de Chim. LXI, ni.-

Composition; Acide... 58,5 l. . 47,98*.. 4q,85 3. . 5i,52* Base.... (3 1,5 . . . 52,02... 5o,i5... 48, 48

aa.Eeuzoate. Esp. 22. Benzoate de potasse. Il y a deux sous-espèces de ce sel. i. Le benzoate neutre, qui affecte, en cristallisant, la forme de plumes. Ce sel a une saveur acerbe et salée ; il est très-soluble dans l'eau, et déliquescent à l'air. 2. Le bibenzoate : il cristallise en petites lames et en aiguilles , qui exigent dix fois leur poids d'eau froide pour se dissoudre. Il rougit les couleurs bleues végétales, et sa saveur est acide et sucrée. Lorsqu'il est chauffé au rouge, une partie de 1 acide se sublime sans avoir éprouvé de décomposition, mais il s'en détruit également une partie. Il se form^ une huile empyreuruatique , et il reste du charbon mêlé de carbonate de po'asse5.

a?. Succitaie. Esp. 28. Succinate de potasse. Ce sel cristallise, suivant Léonard] et Stockar, en prismes à trois pans; sa saveur est amere et salée. 11 est trçsrsoluble dans l'eau, et déliquescent à l'air. Exposé a la chaleur, il décrépite et se fond, et une forte chaleur le décompose.

Esp. s»4« JSloroxylate de potasse. Inconnu.

Esp. 25. Camphorate de potasse. On prépare ce sel en dissolvant dans l'eau du carbonate de potasse, et en saturant la dissolution avec l'acide camphorique. Lorsque toute effervescence a cessé , on fait évaporer la liqueur jusqu'à consistance d'un syrop liquide ; il s'y dépose , par refroidissement , des cristaux de camphorate de potasse. Ce camphorate est blanc et transparent. Ses cristaux sont des hexagones réguliers. Sa saveur est un peu amère et légèrement aromatique.

L'eau, à la température de 160 centigrades, ne dissout ou'un centième de son poids de ce sel ; elle en prend les o,25 lorsqu'elle est bouillante. Le camphorate de potasse se dissont dans lalcool, et cette dissolution brûle avec une flamme bleue* Ce sel, exposé à un air humide, perd en partie sa transpa-

1 Higçins on acetous achd" , p. 8.

? Rirhter, Stalique chimique. I, i36\

3 AVcnzel , Verwandtsebaft. I, p. 147.

4 Composition théorétique.

« Bucholz, Ann. deChim. L.XXXIV; 3u.

Carcpiiorate.

SELS BE POTASSE. \$<j

rence : mais à un air sec , il D'éprouvé aucun changement. Lorsqu'il est chauffé, il fond, se boursouffle. et l'acide est volatilisé en une fumée épaisse qui a une odeur aromatique. Au chalumeau , il brûle avec une flamme bleue, et la potasse reste a Pétat de pureté1.

Fsp. r>ij. Bolétate de potasse. Ce sel a été décrit p. 166 de ce volume.

Esp. r>j. Subérate de potasse. Il faut, pour préparer ce *7- subé/aie. sel . employer le carbonate de potasse cristallisé. En versant de l'acide subérique uaus une dissolution de ce carbonate , il s'y forme, par l'évaporation, des cristaux en prismes à quatre pans inégaux. Sa saveur est amère et un peu salée. Il rougit les couleurs bleues végétales -, il est très-soluble dans l'eau. Par 1 action de la chaleur , il se fond , et son acide finit par être volatilisé2.

Esp. 28. Oxalate de potasse. Ce sel comprend trois sous-as. Ozalate. espèces , Xoxalate 3 le binoxalate et le quadroxalate.

Sous-Esp. 1. Oxalate. Ce sel est aisément formé en dissolvant de la potasse dans de l'acide oxalique; mais cette dissolution ne cristallise facilement qu'autant qu'elle contient un léger excès, soit d'acide, soit de base. Une dissolution , formée de deux parties de carbonate de potasse et d'une partie de l'acide, cristallise en prismes hexaèdres , qui ressembleut aux cristaux d'acide oxalique. Ces cristaux tombent en poussière lorsqu'ils sont chauffés; ils verdissent le papier de tournesol , mais ils rougissent cette teinture végétale, ainsi que le sirop de violettes3.

Lorsque Toxalate de potasse est à l'état de sel neutre , il cristallise en rhomboïdes applatis , ordinairement terminés par des sommets dièdres. Les arêtes du prisme sont le plus souvent renfoncées. Sa saveur est fraîche et amère. A la température de io° centigrades, 100 parties d'eau dissolvent 4 5 parties du sel. Lorsqu'après l'avoir fait sécher au bain de sable, on le place dans uu lieu humide , il absorbe un peu d'humidité de l'atmosphère.

Sous-Esp. 2. Binoxalate. Ce sel existe tout formé dans Yoxalis acetosella ou oseille sauvage, et dans le rumex

1 Bouillon -Lagrange, Ann. de Chim= XXVII . 2.1. » lbid. XXIII, 02.

\ Der^man. I; 2G0.

acetosa. On l'en extrait en grandes quantités dans quelques contrées de l'Europe. Il est connu sous le nom de sel d'oseille y et il se vend en Angleterre comme sel essentiel de citron. Duclos fait mention de ce sel dans les Mémoires de l'Académie française, pour 1668. Margraff reconnut et prouva le premier qu'il contenait de la potasse ; et Schéele découvrit que son acide est l'acide oxalique. Wenzel et Wiegleb avaient déjà fait un grand nombre d'expériences intéressantes sur ce sel.

On peut le préparer, ainsi que Schéele l'a fait voir, en versant peu à- peu de la potasse dans une dissolution saturée d'acide oxalique dans l'eau- aussitôt que cette addition d'alcali se trouve être en quantité convenable, le binoxalate se précipite ; mais il faut avoir grand soin de ne pas excéder de beaucoup cette quantité d'alcali, autrement il ne se forme point de précipité dans la dissolution1. Les cristaux de ce binoxalate sont des parallélipipèdes opaques*. Le selaunesaveur acide, piquante et un peu aroère. Il se dissout dans environ dix fois son poids d'eau bouillante; mais il est beaucoup moins soluble dans l'eau froide. Il ne s'altère point à l'air. La chaleur le décompose. Ce sel peut se combiner avec la plupart des alcalis et des terres, et il forme, avec ces corps, des sels triples qui n'ont pas été examinés avec beaucoup d'attention. Le docteur Woîlaston a fait voir qu'il contient exactement le double de la proportion d'acide qui existe dans l'oxalate de potasse 3.

Sous-Esp. 3. Quadroxalate. Cette sous-espèce fut découverte par Woîlaston. Par l'action des acides nitrique ou hvdrochlorique sur le binoxalate de potasse, ce sel est dépouillé d'une moitié de son alcali; il reste un oxalate, qui contient exactement quatre fois la proportion de l'acide qui existe dans l'oxalate de potasse ; et c'est par cette raison que le docteur Woîlaston à cru devoir distinguer cette troisième sous-espèce par la dénomination de quadroxalate. Ce sel peut être purifié par une seconde cristallisation. Si, lorsqu'il est

• CrelPs Annals. I, 107. Eng. Transi.

1 Rome de Liste.

3 D'après l'analyse de Vo^el de îlarenth, il contient 12,63 pour 100 d'eau. Les cristaux sont donc un composé de 1 atome de binoxalate anhydre et de deux atomes d'eau.

dans cet état , on décompose par une chaleur rouge trois parties de ce sel , et que l'alcali , qui en aura élé séparé ainsi , soij. ajouté à une partie du quadroxaîate, il se trouvera tout justement converti en un oxalate neutre1. L oxalate de potasse doit être composé de

Acide oxalique. . . 4^5 104. . . 100 Potasse 6 . . 1 55. 02

J'obtins, dans mon analyse de ce sel, 100 acide ■+• 122,86 potasse; mais l'acide que j'employai contenait un peu d'eau, ce qui dut influer sur l'exactitude de mes conclusions. L'analyse de Berard est beaucoup plus erronée que la mienne a. \ ogel de Bayrenth obtint :

Acide , 100

Base i52,55

Ce qui se rapproche de très-près de la vérité 3.

Esp. 2(j. jMcllate de potasse. Lorsque 1 acide mellitique Sq. Meiut». est neutralisé par la potasse, la dissolution cristallise en prismes allongés 4. L'acide parait susceptible de se combiner avec ce sel . et de former un surmellate de potasse ,* car lorsqu'on décompose la mellite ( ou mellate natif d'alumine ) par îe carbonate de potasse, et qu'on mêle les dissolutions alcalines avec l'acide nitrique, on obtient des cristaux, qui consistent en acide mellitique combiné avec une petite portion de potasse 5.

Esp. 3o. Tartrate de potasse. 11 y a deux sous-espèces 3o Tarf-,tç de ce sel. La première, qui contient 1 atomes d'acide et dépota»* 1 atome de potasse , s'appelle ordinairement tartre ; la seconde, qui est à l'état de sel neutre, fut distinguée autrefois par la dénomination de tartre soluble, parce que cette sous -espèce est beaucoup plus soluble dans l'eau que la première.

Sous-espece. 1. Bitartrate de potasse. Ce sel se précipite ordinairement du vin. On en trouve des dépôts , en

» "Wollaston . on saperacid and subacid salts. Phil. Trans. 1808.

3 Ann. de Chim. LXXJII , a6rj.

3 Atinals of Philosophy. V, 3o.

< Klaproth"s Beilragr. 1 1 ï , l3l.

* Yaucjueiin } Ann. de Chim. XXXVI , 20g,

forme d'incrustations , sur le fond et les parois des tonneaux dans lesquels on a conservé cette liqueur. Dans cet état, ce sel n'est pas pur. On le dissout dans l'eau bouillante, et on filtre la liqueur lorsqu'elle est encore chaude; il s'y dépose, par le refroidissement, des cristaux très-irréguliers. Dans cet état, on les vend dans le commerce sous les noms Histoire, de cristaux ou crême , de tartre. Ce sel attira particulière' ment l'attention des chimistes, et vraisemblablement à raison des idées extravagantes qu'énonça Paracelse sur sa nature. « On l'appelle tartar, dit-il, parce qu'il produit l'huile, l'eau, la teinture et le sel, qui brûlent le patient comme le fait tenfer ». C'est, suivant lui, le principe et le remède de toute maladie, et toute chose en contient le germe. Cette ridicule théorie fut combattue par Van-Helmont*, qui donna une explication assez exacte de la formation du tartre dans les tonneaux de vin. Van-Helmont, et même ses prédécesseurs, avaient reconnu qu'on pouvait obtenir de la potasse du tartre; mais ce sel contenait-il l'alcali tout formé? C'est ce qui fut pendant long-temps un point de discussion parmi les chimistes. Duhamel, Margraff et Rouelle y mirent fin, et leurs recherches ne laissèrent plus aucun doute sur la préexistence de l'alcali dans le tartre; mais l'autre partie composante de ce sel ne fut bien connue que lorsque Schéele eut indiqué les moyens de l'en extraire.

Les cristaux du tartre sont très-petits et d'une forme difhcile à déterminer. Ce sont, suivant Monnet, des prismes un peu applatis, et le plus souvent à 6 pans. Le docteui YVollaston, à qui je donnai quelques morceaux assez beaux de cristaux de tartre, voulut bien s'en servir pour chercher à reconnaître la forme primitive des cristaux de ce sel, si difficile à distinguer. 11 la considère comme étant un prisme, dont la section est un rectangle, ayant ses côtés à peu-près comme 8 est à il, terminés à chaque extrémité par des sommets dièdres placés transversalement : de manière que les côtés d'un sommet se rencontrent dans une diagonale, et les côtés du sommet opposé dans l'autre , à angles de 79,5 degrés. C'est à cette forme constitutive que peuvent se rapporter toutes les modifications du sel, et c'est d'après elle qu'on peut les calculer. Si l'on conçoit que les côtés de ce prisme soient

* Tartarivini Historia, Van Helmont , p. 224.

raccourcis jusqu'à ce qu'ils soient réduits à rien, alors les sommets formeront un téf raèare scaléne , dont les côtés sont quatre triangles semblables inclinés l'un à l'autre sous les angles de ^79°, 5, jj° et 000,5. Si ce tétraèdre se meut dans la direction de sa diagonale la plus courte , il décrit le premier prisme, et les sections de ce prisme sont des plans décrits par tous les bords du tétraèdre.

Ce sel a une saveur acide qui n'est pas agréable ; il est cas- P sant et se réduit facilement en poudre: sa pesanteur spécifique est de 1 ,9^3 l. Il lui faut environ 60 parlies d'eau froide pour le dissoudre. L'eau bouillante en prend à peuprès les 0,07 de son poids s. 11 ne s'altère point à l'air ; mais lorsqu'on abandonne à elle-même pendant quelque temps sa dissolution dans l'eau, le sel se décompose par degrés ; il se forme dans la liqueur un précipité en flocons muqueux , et ce qui y reste en dissolution est du carbonate de potasse coloré par un peu d'huile. C'est Berthollet qui le premier a donné une description exacte de cette décomposition, en 1782 3.

Ce bitartra'e de potasse, étant chauffé, se fond, se boursouffle, noircit, et son acide est entièrement décomposé. Les mêmes changemens ont lieu lorsqu'on le distille à vaisseaux fermés. Les phénomènes de cette distillation ont été décrits , et ses produits examinés avec grand soin par les chimistes, parce qu'avant la découverte de l'acide tartarique par Schéele , ils pensaient que ce n'était que par la distillation qu'on pouvait obtenir quelque connaissance de la partie acide du tartre. Ces produits de la distillation sont une énorme quantité de gaz consistant dans des gaz acide carbonique et hvdrogène carboné, une huile, un acide, et suivant quelques chimistes, du carbonate d'ammoniajue. A L acide obtenu est appelé acide pyro-tartarique.

Le lartrate du commerce n'est jamais pur. Tous les échantillons que j'avais eu occasion d'examiner contenaient au-delà de 5 pour 100 de tartrate de chaux. Vauqueiin et Bouliay ont trouvé que la proportion de ce dernier tartrate s'élevait

ropriétés,

pyrotartarcu.x.

1 Hassenfratz , Ann. de Cliim. XXVIII, 12. 5 Wenzel, Vevwandschaft, p. 3il.

} Mena. Par.

de 5 à 6 pour ioo dans un grand nombre d échantillons de tartre du commerce, qu'ils ont analysé1.

àous-ESP. 2. Tartrate de potasse. On prépare ordinairement ce sel en jetant successivement, et à plusieurs reprises, du tartre en poudre, dans une dissolution chaude de carbonate de potasse, jusqu'à cessation deffervescence dans la liqueur. On fait alors bouillir pendant quelque temps la dissolution on l'évaporé eusuite jusqu'à pellicule, et on la laisse refroidir. Le tartrate de potasse y cristallise en prismes rectangulaires , à quatre pans, applatis , terminés par des sommets dièdres. Ce sel a une saveur amère, désagréable. Sa pesanteur spécifique est de 1,5567 2. Il se dissout, suivant Wenzel, dans un poids d'eau égal au sien, à la température de io° centig. et dans une proportion moindre d'eau bouillante 3. Au feu, il fond, se boursouffle, noircit, et est décomposé. Il contient précisément la moitié de la proportion de l'acide qui existe dans le tartre (tartrate acide de potasse ). La composition de ce sel, d'après les analyses les plus exactes qui en aient été faites jusqu'à présent, est de

Acide 58*. . . 58,695. . 58,27 6

Base 42. . . . 4i,3i. . . 4i,7^

Esp. 3i . Tartrate de potasse d'ammoniaque. Ce sel triple, qu'on produit en ajoutant de l'ammoniaque au tartrate acide de potasse, cristallise , suivant iVIacqner, en prismes à /^ 5, ou 6' pans , et d'après les académiciens de Dijon , en parallélipipèdes à deux biseaux alternes.

Sa saveur est fraîche. Il est assez soluble dans l'eau. Il s'effleurit à l'air, la chaleur le décompose. 22. Citrate. Esp. 32. Citrate de potasse. Ce sel, qui se forme lorsqu'après avoir dissous du carbonate de potasse dans l'acide citrique, on évapore cette dissolution jusqu'à consistance convenable, est très-soluble dans l'eau. Il cristallise difft-

« Ann. de Chim. LXXII , p.

■ Hassrnfr^tz , Ann. de Chim. XXVIII, 12.

3 Verwandtschaft , p. 3o8.

* D'après tnon itnalvle.

5 Berzelius, Ann. de Ch:m. LXXXII, 3c.

* Composition théorélioue.

SELS DE POTÀSSEt 49^

cilement, et devient promptement déliquescent à l'air. Il est composé, suivant Vauquelin, de

55,55 acide.

44, 4^ potasse.

Sa composition véritable est de

Acide 55, i3

Base 44,87

Ce qui s'accorde très-bien avec l'analyse de Vauquelin.

On emploie souvent en Angleterre ce sel , ou plutôt sa dissolution dans l'eau, comme remède pour soulager dans l'état de malaise, et arrêter le vomissement.

Esp. 33. Reumate de potasse. Ce sel consiste en petits cristaux qui ne sont pas déliquescens ; sa saveur est acre 2.

Esp. 34. Kinate de potasse. Inconnu.

Esp. 35. Saccho-lactate de potasse. Petits cristaux, solubles dans huit fois leur poids d'eau bouillante 3.

Esp. 66. Urate de potasse. C'est une poudre blanche qui a de l'analogie avec l'acide urique quant à l'apparence et à la solubilité. Cette poudre se dissout dans une lessive de potasse.

Esp. 37. Laccate de potasse. Inconnu.

Esp. 38. Malate de potasse. Sel déliquescent et trèssoluble. Il ne cristallise pas.

Esp. 39. Sorbate de potasse. Le so'bate neutre ne cristallise pas. Le bisorbate forme des cristaux permanens, solubles dans l'eau, mais qui ne se dissolvent pas dans l'alcool4.

Esp. 4o. Formate de potasse. Ce sel n'a point encore été examiné.

Esp. 4i. Lactate de potasse. On obtient ce sel en ajou-41. Lacut*. tant du lactate de chaux à une dissolution chaude de carbonate de potasse, jusqu'à ce que l'alcali soit saturé. La liqueur évaporée à siccité laisse une masse transparente , go-

1 Fourerov. VII, 207.

* Annals of Philosophv. VIII, 202.

3 Schéde, oq Sugar of milk.

4 2}jnovan.

meuse, d'un brun jaunâtre, qu'il n'est pas facile de rendre dure. Ce sel, lorsqu'il est pur, se dissout aisément dans l'alcool chaud. En versant dessus de l'acide sulfurique, il ne se manifeste point d'odeur d'acide acétique ; mais quand on chauffe le mélange, il se développe une odeur piquante, désagréable. C'est l'odeur qui se fait sentir lorsqu'on verse de l'acide sulfurique sur une substance animale quelconque *.

Esp. 42« Zumate de potasse. Ce sel a été décrit, p. 21 4 de ce volume.

Esp. 4^« G allate de potasse.

Esp. 44* Tannate de potasse. Ces sels n'ont point été examinés.

On peut déterminer la composition des sels de potasse en considérant qu'ils consistent dans un atome de potasse uni à un atome de chacun des acides. La potasse pèse 6, et lé poids des atomes des acides a été établi dans une partie précédente de ce volume. Dans les bisels, la potasse est unie à deux atomes d'acide. Dans les sous-sels, un atome d'acide est uni à deux atomes de potasse.

De tous les sels de potasse, les carbonate, nitrate et tartrate , sont ceux dont on fait le plus d'usage.

SECTION III

Sels de Soude*

Propretés i- Les sels de soude sont en général beaucoup plus solublés dans l'eau que les sels de potasse. Parmi les sels de potasse, il en est beaucoup qui ne contiennent point d'eau de cristallisation ; mais cette eau existe en grande proportion dans la plupart des sels de soude.

2. Les sels de soude, exposés à une chaleur rouge, se fondent pour l'ordinaire très-promptement en un liquide à raison de la grande quantité cfeau qu'ils contiennent. Par la continuation de la chaleur, l'eau est chassée et le sel est converti en une poudre blanche. La chaleur étant poussée encore plus loin , l'acide est détruit ou dégagé selon qu'il est de

* BtMzelius , Djurkemien, II, 45->-

SELS DE SOUDE. fiq„

nature combustible ou volatile. Mais si l'acide est fixe Je sel se fond de nouveau à une chaleur rouge, et il conserve letat hqyide tout aussi long-temps que la température est maintenue. Le sel prend, en se refroidissant, la forme d'une masse blanche opaque, et il est ordinairement privé d'eau.

rf. La dissolution des sels de soude n'est précipitée ni par 1 acide tartar.que, ni par fbydrochlorate de platine. L'addition d un sulfate d'alumine n y occasionne pas la formation de cristaux octaèdres d'alun; l'infusion de noix de -aile ou le terrocvanate de potasse , ne produisent non plus aucun preu oite dans la dissolution des sels de soude, si ce n'est dans le cas seulement où la base de l'acide est un métal

4- Ln des moyens les plus faciles pour reconnaître si la fcase d un sel quelconque est là soude, consiste à déterminer la ligure des cristaux que ce sel forme. Si celui qu'on examine ne se produit pas en cristaux réguliers, on en sépare l'acide par faction des acides sulfurique ou nitrique, et on laisse cr stalliser le nouveau sel formé. On reconnaît aisément les suinte ou nitrate de soude à la figure de leurs cristaux

ÙmZ^Ù Nitnte.de s.ùade^ sel> do»til est fait raen-.. Kit™,

tio.i sous le rom de nztre cubique dans les écrits des chimistes du siècle dernier, s'obtint d'abord en distillant dans une cornue, un mélange de sel commun et d'acide nitriaue. Le résidu était dissous dans l'eau, et on évaporait cette dissou ion. Mais ce fut Margraff qui, ayant fait le premier l'analyse de ce sel, indiqua le moyen de se le procurer à l'état de pureté et en décrivit avec soin les propriétés'. Ses expénences furent repétées depuis par le docteur Lewis * *

Un peut le préparer, ou par la dissolution directe de la soude par lac.de nitrique, ou en mêlant ensemble des dissolutions de nitrate de chaux et de sulfate de soude, en filtrant ensuite la l.queur et en l'évaporant. Les cristaux de ce sel sont transparus et de forme rhomboïdale. Sa pesanteur spécifique est de ,,o964 -. Sa saveur est fraîche, piquarJet un peu p us amere que celle du nitrate de potassl II est soluble dans environ trois parties d'eau à la température de

1 Opusc. II, 33r.

* Phil. Com. p. 642.

3 Hassenfratz, Ànn. de Chim. XXVIII, 12.

160 centig. , dans son propre poids de ce liquide à 5 1° cent.*, et dans moins de son poids d'eau bouillante. Exposé à l'air, il en attire l'humidité. Il se comporte au feu comme le nitrale de potasse , si ce n'est qu'il ne s'y fond pas aussi facilement. La table qui suit présente l'évaluation de ses parties constituantes d'après les expériences les plus exactes qui aient été faites jusqu'à présent :

Acide 62,1 2 ... 6a,53 ... 62,81*

Base 37,9 ... 07,5 ... 37,19

Esp. 2. Nîtrite de soude. Ce sel n'a pas encore été examiné.

3. c*rbocate l£SP. 3# Carbonate de soude. Ce sel a été aussi très-anciennement connu. Ou l'obtient ordinairement par l'évaporation de la lessive des cendres des plantes marines , qu'on fait brûler à cet effet. On peut encore le former en décomposant le sel marin. Le carbonate de soude est connu dans le commerce sous les dénominations de barille ou soude. Dans cet état, cependant, il n'est jamais parfaitement pur. 11 contient toujours un mélange de corps terreux, et ordinairement de sel marin. Pour le purifier, on le fait dissoudre dans une petite portion d'eau , on filtre la liqueur et on lévapore à uue douce chaleur en en séparant avec soin le sel marin à mesure qu'il se forme en cristaux à sa surface 5. Le carbonate de soude est comme le carbonate de potasse, dans deux états différens, de bicarbonate et de carbonate simple. Histoire. Sous-Esp. i. Bicarbonate. Quoique ce sel existe abon-

damment dans la nature , on le confondait encore avec la soude du commerce, qui est un carbonate avec des propriétés très-différentes, lorsque Klaproth en d^nna, en 1802, une description détaillée dans le troisième volume de ses ouvrages G. On le trouve en grandes quantités en Afrique , dans la province de Sukena près Fezan, où il est appelé trôna par les habitans de ces contrées. 11 cristallise en masses so-

1 Wenzel , p. 309.

a Richter, Statique chimique. 1,36.

9 Wenzel, Ver-wanrltschaft , p. Si.

4 Composition ihe'oreliquc.

; A nu .Me Chim, XLIX , 267.

* Bcitrage. III , 83.

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