‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 187 sur 211 · Arsenite · texte numérisé non relu

Arsenite

Acide. Oxide. Eau,

Variété i.Te 1,00 3,70 2,5o

Esp. i4- Arsenite de cuivre. L'acide arsenieux forme avec le peroxide de cuivre un arsenite, qu'on avait autrefois désigné par le nom de vert de Schéele, parce que ce fut ce chimiste qui le premier en fit l'examen, et en pro-

1 Pliil. Trans. 1801 , p. 207.

* Voyez Remarques de Haiiy, sur cette analyse. Journ. des Mia, XIII, 4*5,

posa l'emploi pour la peinture. On peut l'obtenir en faisant d'abord deux dissolutions , l'une de 2 parties de sulfate de cuinre dans |4 parties d'eau, l'autre de 2 parties de potasse du commerce , et d'environ une parlie de l'oxide blanc d'arseuic réduit en poudre dans 44 parties d'eau à i'aide de Ja chaleur. On ajoute ensuite peu-à-peu la dissolution du cuivre pendant qu'elle est chaude, à celle de l'arsenite de potasse, en agitant souvent le tout pendant le mélange. Eu lai-sant alors reposer la liqueur mélangée, l'arsenite de cuivre s'y dépose en une poudre d'un beau vert. Ou la fait sécher après l'avoir bien lavée avec de l'eau *.

Esp. 1 5. Ajitimojiiatc de cuivre. En versant de l'anti- .*&■ . momate de potasse dans du sunate de cuivre , il se produit un précipité d'antimoniate de cuivre. Ce précipité est volumineux, de couleur verte, et entièrement insoluble dans l'eau. Lorsqu'il est chauffé, il perd 19 pour 100 d'eau. Au chalumeau sur un charbon, il se réduit avec une vive déflagration, en laissant un bouton métallique composé de cuivre allié avec l'antimoine2.

Esp. 16. Antimonite de cuivre. On peut préparer ce sel de la même manière que celui de l'espèce précédente « auquel il ressemble quant a sa couleur et a son insolubilité dans l'eau. Un sous-antimonite de potasse précipite un sous-antimonite de cuivre, qui a l'aspect de l'arsenite de cuivre3.

Esp. in. Chromate de cuivre. Ce sel peut être formé en 17. cfcremaie. mêlant ensemble une dissolution de chrnmate de potasse neutre avec une dissolution de sulfate de cuivre ; il se forme un précipité, d'un brun jaunâtre d'abord, mais qui, après avoir été bien lavé, prend, par la dessiccation , une couleur brune bistrée*.

Esp. 18. JSLolybdate de cuivre. L'acide molvbdique précipite en vert le nitrate de cuivre5.

Es?, 19. Tungstate de ciiivré. L'acide tungstique et ses composés précipitent en blanc les sels de cuivre 6. so. Acerat»,

Esp. 20. Acétate de cuivre. L'acide acétkrae attaque le cuivre très-lentement dans des vaisseaux ouverts. Il le con-

1 Schéele. I, 2G1.

* Berzelius, "Nicholsoivs Journ. XXXV, .p. 3 Ibid. p. 45.

* Yauquelin, Ana. de Cbim. LXX , 70.

5 Ilatchett.

t Schéele.

vertit en oxide, et le dissout; mais dans des vaisseaux fermés, aucune action n'a lieu. L'acide acétique s'unit aisément à l'oxide de cuivre , avec lequel il forme un acétate. Ce sel fut connu des anciens. Pline décrit plusieurs méthodes pour le préparer1. On le forme ordinairement en exposant des lames de cuivre à l'action du vinaigre jusqu'à ce qu'elles soient converties en une poudre d'un vert bleuâtre, appelée vert- de- g is. On fait dissoudre alors cette poudre dans l'acide acétique, et le sel cristallise dans cette dissolution convenablement évaporée.

pnet L'acétate de cuivre cristallise en pyramides tétraèdres tronquées. Il est d'une belle couleur verte bleuâtre ; sa pesanteur spécifique est de i57793- Il a une saveur métallique désagréable, et c'est, ainsi que tous les composés dans lesquels entre le cuivre, un poison. Il est peu soluble dans l'eau à froid; ce liquide bouillant peut en prendre, suivant Wenzel, les 0,20 de son poids3. L'alcool le dissout aussi. Exposé à l'air, il s'v effleurit. Il donne à la distillation de l'acide acétique. Proust observa le premier que les acides acéteux et acétique forment le même sel avec le cuivre ; et il en tira la conclusion qu'il n'existe point de différence entre les deux acides4. Lorsqu'on fait passer un courant de gaz acide hydro-sulfurique à travers une dissolution de ce sel dans l'eau, le cuivre est désoxidé. Il se précipite à l'état d'un sulfure bleu, et il reste un acide, qui a les propriétés de l'acide acétique5.

L'acétate de cuivre est composé, suivant Proust , de

61 Acide et eau,

09 Oxide„

Si nous le supposons formé de 1 atome acide, 1 atome oxide et 8 atomes eau, ses parties constituantes seront :

Acide acétique 23,12

Peroxide de cuivre 5g, 4i

Eau 35,47

• Lih. XXXIV, cap. tï.

a Hassenfratz, \x\x\. de China. XXVIII, 12.

» Yfrwandtschaft, p. 3to.

4 Jouni. de PI)} s. LVI . an,

« Aun. de Chim. XXXII , 36.

SELS DE CUIVRE. 6g$

Je considère cette composition comme étant la véritable.

Lorsqu'on met dans l'eau du vert de-gris du commerce, il s'en dissout les o,56: le surpins des o,44? à l'état d'une poudre verte, reste pendant long-temps en suspension dans la liqueur Proust a reconnu que cette poudre est un sovsacétate de cui\re. Ce sel est décomposé par l'acide sulfurique, par la potasse et par la distillation , il est composé, d'après l'analyse de Proust , de

3j Acide et eau.

65 Oxide.

11 paraît ainsi résulter des expériences de ce savant, que le vert-de-gris du commerce consiste dans deux acétates de cuivre diflerens ; l'un soluble dans l'eau , et l'autre qui ne peut se dissoudre dans ce liquide1. On s'en sert beaucoup pour la peinture, et l'acétate de cuivre cristallisé s'emploie fréquemment comme ingrédient des composés de teinture. On fabrique le vert-de-gris en grand, à Montpellier, par des procédés dont Cbaptal nous a donné une description particulière*.

Esp. 21. Benzoate de cuivre. L'acide benzotque n'a point d'action sur le cuivre; mais il s'unit facilement à l'oxide de ce métal. Il en résulte un sel en petits cristaux d'un vert foncé , peu solubles dans l'eau , et qui ne le sont pas du tout dans l'alcool. Lorsqu'on les chauffe, l'acide s'évapore, et laisse l'oxide. Les alcalis et les carbonates de chaux et de barite décomposent ce benzoate 3.

Esp. 22. Succinate de cuivre. L'acide succinique nesa.Sacdnata; peut dissoudre le cuivre qu'à l'aide d'une longue digestion. La dissolution est de couleur verte. Wenzel en obtint de petits cristaux verts , dont les propriétés n'ont pas été examinées. Nous voyons, par les expériences de ce chimiste, qu'il existe deux variétés de ce sel, un sur-suc-

1 Dans quelques expériences que je fis sur le vert-de-gris, j'obtins 54*3 d'une matière insoluble, qii était un compose de 2 parties de carbonate de cuivre et de 1 partie de sous-acet,.te II n'y a pas de doute que la portion insoluble du ven-de-gris variera beaucoup , en quantité' et en composition , suivant les circonstances.

2 Ann. deCbim. XXV, 3o5.

.' Tronimsdorf, ibid. XI, 3i5.

6g6 DES SELS.

cinate et un sous-succinate. Il mit en digestion dans de l'acide succiniqne 10 grammes de carbonate de cuivre, il se produisit une vive effervescence ; une portion seulement du sel fut dissoute , l'antre restant au fond du vaisseau. Cette portion pesait 1 y grammes; elle avait perdu son acide carbonique, et contenait évidemment de l'acide succinique. Il y avait dans les liqueurs présence d'un peu de cuivre qu'on n'en pouvait pas séparer par un alcali ; mais on y parvenait avec un hydro-sulfate. Le zinc le précipitait aussi \

Esp. "±'ô. Si; bé rate de cuivre. L'acide subérique colore en vert la dissolution de nitrate de cuivre, mais sans y occasionner de précipite3.

»4. Oxaiate. Esp. ^ j • Oxalate de cuivre. L'acide oxalique forme avec le cuivre, qu'il e>t susceptible d'attaquer, des cristaux aiguillés de couleur verte, qui ne s'altèrent point à l'air3. La Combinaison de cet acide avec l'oxide du métal s'opère avec une grande facilité. L'oxaiate que cette union produit est à l'état d'une poudre verte bleuâtre, qui se dissout à peine dansl eau, à moins que le sel ne soit avec excès d'acide. Suivant Bergmau, de qui nous tenons tout ce qui est connu jusqu'à présent sur cet oxalate, il faut 29 parties d'acide pour en dissoudre 21 de cuivre. L'acide oxalique précipite ce sel des sulfate, nitrate, hydrocblorate et acétate de cuivre liquides 4. Les parties constituantes de ce seU ei le supposait formé de 1 atome acide et de 1 atome peroxide, sont :

Acide oxalique 3i,o8

Peroxide de cuivre. . . . 68,92

*5: potasse.

L'acide de Bergman contenait près de la moitié de son poids d'eau.

Esp. 25. Oxalate de potasse et de cuivre. En mettant en digestion du binoxalate de potassesur du carbonate decuivre, on obtient une dissolution de couleur bleu-ciel foncé, qui fournit, par l'évaporation, des cristaux sous deux formes différentes.

1 Wentel'a l.ehre von der Verwandlscliaft der Korpcr. Grindei's ed.l p. u \

a Bouillon-Lagraito*, Ann. de Chim. XXIII , %$.

3 Weii/el. il.nl. XI, p. '2 >.'J.

4 Lcigruan. I, 267.

Quelques-uns sont en aiguilles, et s'efileurissent prompt emput à l'air. Ils consistent principalement en ion^s prismes hexaèdres déliés. Les autres sont des parallélipipèdes a extrémités rhomboïdciles beaucoup plus larges que les faces latérales. Ces cristaux sont plus verts que ceux de la première sorte , sous la forme d'aiguilles, et ils ne s altèrent point à l'air. D après l'analyse de \ oeel de Bavreuth , il paraît que ces deux espèces du sel ne diffèrent que dans la proportion de leur eau de cristallisation: les cristaux de la première sorte contiennent 8 atomes d'eau , tandis qu'il n'en existe que 4 dans ceux de la seconde 11 y a, dans lune et l'autre sorte, 4 atomes d'acide, 2 atomes de potasse et i atome de peroxide de cuivre: d'où il suit qu'on peut considérer chacune de ces espèces de cristaux comme formée de a atomes d'oxalate de potasse, unis à i atome de binoxalate de cuivre; la première avec 8 atomes, et la seconde avec 4 atomes d'eau. Nous présentons ici les résultats de l'analyse de Vogel*.

i.r« soiis-ç-pèce. a.e sous-espèc« ,

Acide oxalique 36,46 4o>5

Potasse 23, o4 27,0

Peroxide de cuivre. . . 20, 5o 2 3,5

Eau 18,00 10,0

En supposant les parties constituantes de ces deux sousespèces établies comme ci-dessus , elles seront composées . savoir :

1 'e;ous-e5; èce s. e sous-i$pèee.

Acide oxalique. . . . 35,47- ■ • ■ ^9i!4

Polasse a4f9& • • • 27,06

Peroxide ....... 20,82. . . . 22,97

Eau 18,73. . . . 10,55

îoo, 00 100,00

Nombres qui coïncident presque exactement avec les résultats obtenus par Vogel.

Esp. %6f Oxaîate de soude et de cuivre. Vogel de Bav- 18. s reuth préparait ce sel en saturant du binoxalate de potasse avec de la soude, et en mettant dans la liqueur une dissolu -

+ Schw gger's Journ, II, 435.

tion saturée de sulfate de cuivre ; il se forme un précipité pulvérulent, qui se redissout par l'agitation, En évaporant le liquide, l'oxaîate triple de potasse et de cuivre cristallise d'abord, il se dépose ensuite des cristaux d'oxalale de soude et de cuivre. Ces cristaux sont d'un bleu-ciel foncé, et consistent dans des prismes tétraèdres, ayant quelquefois tous les côtés égaux, et quelquefois deux côtés plus larges et deux plus étroits. Ils ne s'altèrent point à l'air ; au-moins ils n'y deviennent ni efflorescens ni déliquescens; mais ils verdissent par degrés, et passent au brun foncé, sans aucune autre altération apparente , et ce changement de couleur a trèspromptement lieu par leur exposition aux rayons solaires. Ce sel est insoluble dans l'eau sans décomposition. Ses parties constituantes sont , d'après l'analyse de Vogel , savoir* :

Acide oxalique 46,48

Soud^ 19,02

Peroxide de cuivre 23, 5o

Eau 1 1,00

Si nous considérons ce sel comme étant formé de 4 atomes acide, 2 atomes soude, 1 atome peroxide de cuivre et (\ atomes d'eau , sa composition sera :

Acide oxalique 43, 10

Soude 20,25

Peroxide de cuivre 25,29

Eau 1 1,38

Ces nombres se rapprocheut d'assez près de l'analyse de Vogel , pour faire voir que le sel est en effet composé comme il a été établi.

On peut alors considérer ce sel triple comme étant un composé de 2 atomes oxalate de soude, 1 atome binoxalate de cuivre et 4 atomes eau. Il se rapporte donc, dans sa composition, à la seconde sous-espèce du sel précédent, fcirinonia- Esp. 27- Oxalate ammoniaco de cuivre. Vogel de Bayreuth c -oiaUte. a décrjt trois sous-espèces de ce sel, qui exigent chacune un détail particulier.

* Schweiggcr's Journ. VII, 2U

sels de cuivre. 6gg

T . Oxalate ammoniaco IameUeux.Qe sel s'obtenait en mêlant ensemble des dissolutions doxalate d'ammoniaque et d'oxalate de cuivre, et en faisant digérer le mélange. L'oxalate de cuivre était très-promptement dissous ; et par l'évaporation, il se déposait de petits cristaux sous la forme de lames rhomboïdales. Ces cristaux constituent le sel dont il s'agit. Ils ne s'altèrent point à l'air. Ils sont insolubles dans l'eau; mais ils .sont peu-à-peu décomposés par ce liquide. Lorsqu'ils sont chauffés, ils abandonnent de l'eau et ensuite de l'ammoniaque. Exposés subitement à la chaleur , ils détonent avec grand brut, et laissent l'oxide de cuivre. La composition de ce sel est, suivant Vogel , de *.

Acide oxalique 47>5

Ammoniaque io,5

Peroxide de cuivre 25, o

Eau 17,0

Si nous le considérons comme étant formé de 4 atomes acide, 2 atomes ammoniaque, 1 atome peroxide et 6 atomes eau , ses parties constituantes seront :

Acide oxalique 44>86

Ammoniaque 11,18

Peroxide de cuivre 26,00

Eau 17,66

Cette sons-espèce concorde donc dans sa composition avec les deux derniers sels décrits. Elle consiste dans 2. atomes d'oxalate d'ammoniaque, 1 atome de binoxalate de cuivre et 6 atomes d'eau.

2. Oxalate ammoniaco efjlorescent. Si , après avoir mis de l'oxalate de cuivre dans de l'ammoniaque caustique, et agité jusqu'à ce que le liquide ait dissous tout ce dont il peut se chargera froid, on verse ce liquide dans un vase plat , il se dépose par degrés des cristaux d'un bleu ciel foncé, composés des prismes hexaèdres applatis, ayant deux faces larges et quatre faces étroites. Ces cristaux s'efflcurissent promptement

* Sclmeigger's Journ. VII, 25.

JOO DES SELS.

•i l'air; et non-seulement il s'en dégage de l'eau, mais encore de l'ammoniaque. La perte qu'ils éprouvent, en s'effleurissant ainsi, est de 18 pour ioo, et ils ne perdent pas au-delà de cette proportion de leur poids, lors même qu'ils sont exposés a la chaleur de l'eau bouillante. Suivant l'analyse de Vogel, à l'aide cependant de quelque calcul, les parties constituantes de ce sel sont , savoir * :

Acide oxalique 36, oo

Ammoniaque l^>^

Peroxide de cuivre ^9->oo

En considérant ce sel comme un composé de 2 atomes acide, 1 atomes ammoniaque, 1 atome peroxide et 2 atomes eau, sa composition sera ainsi qu'il suit :

Acide oxalique 35,35

Ammoniaque 16, 65

Peroxide de cuivre ^9,18

Eau » 8,82

C'est donc un sous -sel, et il doit être formé de 1 atome oxalate de cuivre, 1 atome sous-oxalate d'ammoniaque et 2 atomes eau.

3. Oxalate ammoniaco pulvérulent. En mettant dans de 1 ammoniaque caustique une plus grande quantité d'oxalate de cuivre que l'alcali n'en peut dissoudre, l'oxalate de cuivre se change par degrés en une poudre sablonneuse, qui a l'apparence de l'émail. Cette poudre est le sel dont il s'agit. 11 ne s'altère point à l'air, non plus qu'à un degré de chaleur qui serait suffisant pour dépouiller de son eau de cristallisation la première sous-espèce. Lorsqu'il est plus fortement chauffé, l'ammoniaque est dégagée, et le résidu brûle avec flamme comme les deux sous-espèces qui précèdent. Les parties

* Schweiggei's Journ. VII, 3a.

Constituantes de ce sel , telles qu'elles ont été déterminées par Vogel, à l'aide d'un peu de calcul, sont, savoir1 :

Acide oxalique 43, oo

Ammoniaque 9,72

Peroxide de cuivre 45,58

Eau 1,70

Il est probable que l'eau n'était que mécaniquement mêlée avec le sel. Si nous le considérons comme étant un composé de 2 atomes acide, 1 atome ammoniaque et 1 atome peroxide, sa constitution sera :

Acide oxalique 42,66

Ammoniaque 10, o5

Peroxide de cuivre 47,29

Cette sous-espèce est donc un sel neutre, formé de 1 atome Composition, oxalate d'ammoniaque et 1 atome oxalate de cuivre. 11 peut être utile de donner ici une vue synoptique de la constitution de ces trois sous-espèces.

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