SELS DE BISMUTH. *Q>J
tal avec lequel il forme un sel insoluble dans l'eau, lors même qu'il est avec excès d acide. Ce sel a une saveur sulfureuse : au chalumeau, il se fond en une masse jaune rougeàtte, qui se réduit promptement sur le charbon. A la distillation, l'acide sulfureux passe, et tout l'oxide reste à l'état de pureté '.
Esp. 7. Arseniate de bismuth. L'acide arsenique mis en 7. Au«aiatc, digestion, à chaud, sur du bismuth, oxide ce métal, dont la surface se recouvre d'une poudre blanche qui est l'arseniate de bismuth ; il reste aussi eu dissolution une partie de l'arseniate formé; mais par une addition d'eau, l'oxide est précipité. L'acide arsenique précipite l'arseniate de bismuth de la dissolution du nitrate de ce métal. Ce précipité ainsi obtenu, sous la forme d'une poudre blanche, se fond difficilement; mais en le chauffant avec du charbon, l'arsenic se sublime , et le bismuth est réduit *.
L'arseniate de bismuth est une poudre blanche, souvent avec une nuance de vert. Il est insipide, insoluble dans l'eau et daus 1 acide nitrique, mais il se dissout dans l'acide hydrochlorique3; chauffé sur un charbon , l'odeur d'arsenic se fait sentir. Le bismuth est précipité par l'acide hydro-sulfurique de sa dissolution dans l'acide hydrochlorique.
E^P. 8. Jloij bdate de bismuth. L'acide molvbdique précipite en blanc l'hvdrochlorate de bismuth, pourvu qu'il ne soit pas avec excès d'acide 4.
Esp. 9. Acétate de Bismuth. L'acide acétique n'a que s- Acétate. peu d'action sur le bismuth : mais on peut former l'acétate de bismuth en mèlaut ensemble les dissolutions de nitrate de bismuth et d'acétate de potasse. En chauffant le mélange , il redissout le précipité qui avait été d'abord produit , et en même-temps, il donne un bon nombre de cristaux minces, ressemblant à de l'acide borique. Morveau , à qui nous sommes redevables de cette expérience , a aussi reconnu que par une addition d'acide acétique, le nitrate de bismuth est privé de sa propriété de fournir un précipité lorsqu'on letend d'eau 5,
1 Fourcroy V, 204.
» Scheele. I, 84.
3 Thenard , Ann. de Chim. L, 120
4 Hatchett.
5 Eucycl. Méthod. chim. I, io
Esp. 10. Benzoate de bismuth. L'oxide de bismuth se dissout avec facilité dans l'acide benzoïque. On obtient de la dissolution des cristaux blancs aiguillés qui ne s'altèrent point à l'air. Il sont solubles dans l'eau, et très-peu dans l'alcool ; les acides sulfurique et hydrochlorique décomposent ce sel : au feu son acide se volatilise E.
«i. surdnai». Esp. 1 1 . Succinate de bismuth. L'acide succinique n'exerce point d'action sur le bismuth; mais, à la température de î'ébullition , il dissout son oxide, et la dissolution fournit des lames cristallines jaunes de succinate de bismuth. Suivant Wenzel, la dissolution de ce sel dans l'eau ne produit point de précipité avec les alcalis. Il se dissout dans l'acide nitrique, et la dissolution n'est pas précipitée par l'eau *.
Esp. 12. Oxalate de bismuth. L'acide oxalique, qui agit à peine sur le bismuth, forme, en se combinant avec son oxide un oxalate, à l'état d'une poudre blanche très-peu soluble dans l'eau. En versant de l'acide oxalique dans une dissolution de nitrate de bismuth, il se précipite peu-à-peu dans le mélange de petits grains polygones, transparens, qui ont les mêmes propriétés que la poudre blanche, et qui ne deviennent point opaques lorsqu'on les met dans l'eau 3.
Esp. i3. Tartrate de bismuth. Il n'y a point d'action entre l'acide tartarique et le bismuth -, mais en versant de cet acide dans une dissolution du métal par les acides sulfurique, nitrique ou hydrochlorique, le tartrate de bismuth se précipite à l'état d'une poudre blanche cristalline, insoluble dans l'eau 4.
Esp. i4- Rheùmate de bismuth. L'acide rheiimique dissout l'oxide de bismuth, et forme de petits cristaux 5.
1 Trommsdorf , Ann. de Chim. XI, 3 1 7.
* Wenzel's Verwandtschaft , p. 243.
* Bergman. I, 9-61.
4 Gren's Handbuch. III, 3oo.
* Henderson , Annal» of Philosophy. VIII , a54«
SELS DE MERCURE. ^Ot)
SECTION XXIII
Se/s de JMercure,
De tous les genres de sels métalliques, il n'en est aucun dont on se soit pendant plus longtemps occupé, et qui ait été soumis à un examen plus varié, que celui des sels de mercure. Comme c'est sur ce métal que les alchimistes avaient fondé leurs plus grandes espérances, ils le travaillèrent de toutes les manières dans leurs opérations relatives à la recherche de la pierre philosophale. Lorsque leur illusion sur la transmutation possible du mercure eut été détruite, l'introduction de l'emploi en médecine des sels mercuriels , reporta de nouveau l'attention sur ces substances, dont il fallut scruter avec le plus grand soin toutes les propriétés. Les médecins reconnurent les bons effets des sels mercuriels, dès les premiers temps qu'on eu lit usage : ils eu obtinrent des cures très-importantes, et spécialement dans les cas d'affection siphilitique. Mais leur énergie d'action et les ravages qu ils causèrent quelquefois dans la constitution de ceux à qui ils les prescrivaient comme médicamens, ne leur échappèrent point non plus. Ils attribuèrent la cause de ces effets funestes à un principe acre, qu'ils supposèrent être une des parties composantes du mercure ; et c'est sur la découverte de ce principe , sur les moyens ue l'extraire, le neutraliser ou le détruire, que se dirigèrent tous les efforts des médecins chimistes. De là ces préparations mercurielles, nombreuses et variées, qui se succédèrent l'une à l'autre dans la pratique de la médecine. Quelques-unes de ces préparations ont en grande partie rempli leur objet, tandis que la plupart, après avoir continué dètre pendant quelque temps des médicamens à la mode-, ont peu-a peu cessé d'être en usage.
Les sels mercuriels ont fixé en dernier lieu l'attention des chimistes, parce que, d'après la nature particulière du métal , il est plus facile de suivre les changemens qui ont lieu pendant leur formation. C'est par eux qu'on a connu la composition de l'acide sulfurique , des oxides métalliques, et qu'on s'est procuré la première preuve décisive de la non existence du phlogistiqne. C'est par eux aussi qu'on a fait
la découverte du gaz oxigène, et peut-être même du deutoxide d'azote.
Les sels mercuriels se distinguent par les propriétés suivantes :
Caractères. I- A une forte chaleur, ils se volatilisent et se dissipent, en laissant quelquefois des traces de mercure.
2. Le ferrocyauate de potasse produit , dans leurs dissolutions dans l'eau, un précipité blanchâtre, qui jaunit par son exposition à l'air.
3. L'bydro-sulfate de potasse précipite ces dissolutions en noir.