De s'unir à l'eau en presque toute proportion
4. De se combiner avec les alcalis, les terres, et la plupart des oxides métalliques, et de former par ces combinaisons les composés qu'on appelle sels.
II est à remarquer, cependant, que chaque acide n'a pas toutes ces propriétés -, mais ils en possèdent tous un assez grand nombre pour les rendre faciles à distinguer d'autres substances* et c'est Tunique objet de la définition artificielle qu'on en donne.
Les acides forment la classe de corps la plus importante en chimie. Ce fut en effet à l'aide des acides, par l'étude de leurs propriétés, et en s'en servant comme on moyen d'examen des autres corps, que les hommes de génie parvinrent à poser les fondemens de cette science, et à la faire progressivement arriver à son état actuel. La nature et la composition des acides devinrent donc pour tous ceux qui la cultivaient un point très-important de discussion, et ils attirèrent l'attention des savans qui ont le plus contribué à son avancement.
Paracelse crut qu'il n'y avait dans la nature qu'un seul Miï!înt aci<te principe qui communiquait de la saveur et de la solu- i,aci|!fpe?riB" bilité aux corps dans lesquels il était combiné. Beccher adopta cette opinion, et y ajouta que cet acide principe était un composé de terre et d'eau, qu'il considérait l'une et l'autre comme élémens. Stahl admit la théorie de Beccher, et s'efforça de démontrer que son acide principe est l'acide sulfurique, dont, suivant lui, tous les autres acides ne sont que des composés; mais ses preuves n'étaient que des conjectures, ou des expériences vagues , dont on ne pouvait rien déduire. Néanmoins, son opinion, comme toutes celles qu'il émit en chimie, continua pendant long-temps d'avoir des partisans, et Macquer lui-même se rangea du nombre de ceux qui la soutenaient. A la fin, on commença à s'apercevoir quelle présentait quelques incertitudes, et bientôt après, Bergman et Schéele , qui s'étaient ouvertement déclarés contre cette théorie, en démontrèrent la fausseté dans l'une et l'autre des hvpothèses d'après lesquelles elle était établie, en prouvant, ainsi que cela résultait aussi des expériences de Lavoisier, que l'acide sulfurique n'existe pas dans les autres acides, et qu'il n'est pas composé d'eau et de terre, mais bien de soufre et d'oxigèue.
Cependant l'opinion que l'acidité était due à quelque
Î)rincipe commun à tous les sels, ne fut pas abandonnée. Walerius, Meyer, et Sage avancèrent successivement diverses théories relativement à la nature de ce principe 3 mais comme
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elles étaient beaucoup moins fondées sur des preuves directes que sur des conjectures et l'analogie, elles firent peu de prosélytes. Enfin, Lavoisier prouva par un grand nombre d'expériences aussi exactes qu'intéressantes, que beaucoup supposé de substances combustibles forment des acides par leur l'oxigèce. union avec Foxigène; qu'un grand nombre d'acides contiennent l'oxigène , et qu ils perdent leurs propriétés acides lorsque ce principe en est séparé. Il en tira donc la conclusion que le principe acidifiant est l'oxigène , que les acides ne sont autre chose qu'une combinaison des substances combustibles avec l'oxigène , et qu'ils ne diffèrent entre eux que par la nature de la base combustible.
Cette opinion, comme la plupart de celles émises par Lavoisier, fut généralement reçue par les chimistes. Quelques-uns cependant refusèrent de l'admettre , prétendant qu'il n'existe pas de substance telle qu'un principe acidifiant, mais que la nature d'un composé dépend de la manière dont ses principes constituans sont unis ensemble. Cette dernière opinion fut celle que soutint constamment Berthollet , et l'autorité de son nom, qui était, à juste titre, d'un grand poids, suffit pour qu'on hésitât à adopter trop facilement l'hypothèse de Lavoisier, ou que l'ayant adoptée, on y persévérât avec trop d'opiniâtreté, ce qui autrement, n'aurait pas manqué d'avoir lieu.
Mais Les expériences importantes de Gay-Lussac et Thé-
par erreur, nard, sur le chlore j les vues nouvelles qui en ont été déduites par Humprhy Davy sur la nature de l'acide hydrochlorique ; la découverte subséquente des acides hydriodique et hydrocyanique , ont apporté dans ce que nous connaissions des acides, un changement tel qu'il ne peut rester actuellement qu'un très-petit nombre de partisans de l'hypothèse de Lavoisier , et l'opinion de Berthollet , relativement à la nature de l'acidité, s'annonce comme devant être la seule véritable.
Tous les acides actuellement connus, à l'exception de deux, l'acide hydrosulfurique et l'hydrogène tellure, contiennent un soutien de combustion; et ce soutien de combustion est dans le plus grand nombre de ces acides connus , l'oxigène. Ainsi donc tous les acides, excepté les deux cidessus désignés, sont des combinaisons de soutiens de combustion et de combustibles: mais il est quelques-unes de ces
ACIDE5» 8l
combinaisons qui ne contiennent qu'un seul combustible, pouvant être considéré comme la base; tandis que d'autres sont forméestde deux et même de trois combustibles, unis à un soutien de combustion. On ne s'est pas assuré si ces derniers consistent dans un composé de base combustible uni à un soutien de combustion, de sorte qu'à leur égard nous ne pouvons pas dire s'ils possèdent un principe acidifiant quelconque.
Je décrirai dans ce chapitre tous les acides connus , qui consistent dans l'oxigène uni à un combustible, ou à des combustibles, en distinguant les uns des autres ces deux suites d'acides. La seconde suite dérive entièrement des substances végétales et animales, et elle se compose d'acides qui sont susceptibles d'éprouver la combustion, que le feu détruit, comme cela a lieu pour toute substance organique, soit végétale, soit animale-, ceux de la première série au contraire sont incombustibles, et peuvent être exposés à une chaleur très-forte sans éprouver de décomposition.
Je ferai donc, des acides contenant l'oxigène, deux genres. Le premier consistera dans les acides formés par la combinaison de l'oxigène avec un seul combustible, et le second comprendra les acides produits par l'union de l'oxigène avec deux, ou un plus grand nombre de combustibles. Genre i. Acides a simple base.
Tous les combustibles simples acidifiables, l'hydrogène et le tellure exceptés , peuvent former des acides avec l'oxigène. Le troisième genre de combustibles produit également en totalité, à l'exception du titane, des acides avec l'oxigène. Les acides appartenant à ce genre, en y comprenant ceux d'azote, sont au nombre de vingt, savoir :
Bases.
Acide nitrique > A .
. • i • n >..... Azote.
Acide nitreux )
Acide carbonique Carbone*
Acide borique Bore.
Acide silice, ou silicique Silicium.
Acide phosphorique ....")
Acide phosphoreux > Phosphore.
Acide hypophosphoreux.)
Acide sulfurique 1
Acide sulfureux \ Soufre.
Acide hvposulfureux. . . . )