II
Division.
Bases;
Acide a'rsenic ] Arsenic.
Acide arsenieux >
Acide anthnonique > Antimoine.
Acide antimonieux 5
Acide chromique Chrome.
f# molybdique i Molybdène.
Acide molybdeux > J
Acide tuDgstique Tungstène.
Acide columbique Columbium.
Lorsque les acides contiennent autant d'oxigène qu'il peut s'unir de ce principe avec leurs bases, leurs dénominations se terminent en ique\ celte terminaison est en eux pour les acides dont les bases ne sont pas saturées d'oxigène.
Nous allons décrire les propriétés de ces acides, ce sera l'objet des sections suivantes.
Histoire.
Préparation.
SECTION PREMIÈRE
De l'Acide nitrique.
I. Raymond Lulle, né à Mayorque, en 1235, paraît être le premier qui ait obtenu l'acide nitrique à l'état de séparation. Il y parvint en distillant un mélange de nitre et d'argile. Basile Valentin, qui vivait dans le i5e siècle, décrit en détail le procédé de Lulle, et appelle l'acide eau de nitre ; on lui donna depuis les noms & eau-forte , d'esprit de nitre. C'est des chimistes français qu'il reçut, en 1787, celui $ acide nitrique.
1 . On fabriquait autrefois cet acide dans les grandes manufactures , en distillant un mélange de nitrate de potasse et d'argile ; mais celui qu'on obtient ainsi est faible et impur. Les chimistes le préparent généralement par une méthode dont Glauher se servit le premier : elle consiste à dis-
tiller dans une cornue de verre
t mélange
de deux
parties de nitrate de potasse et d'une partie d'acide sulfurique. Le bec de la cornue entre dans un récipient qui y est luté, et d'où sort un tube de verre qui va plonger dans un flacon à deux ouvertures, contenant un peu d'eau, et garni
DE LACIDE NITRIQUE. #3
d'un tube de sûreté *. A l'autre ouverture de ce flacon est adapté un tube qui aboutit à un appareil pneumatique, au moyen duquel on recueille le gaz qui se dégage pendant l'opération. L'appareil est représenté dans la figure ci-
dessous :
On chauffe la cornue par degrés presque jusqu'au rou^e. L acide nitrique passe dans le récipient où il est condensé tandis que l'air des vaisseaux, et le gaz oxigène mis en liberté spécialement sur la fin de l'opération, passent dans l'appareil pneumatique: et l'eau dans les flacons s'imprègne du peu d'acide qui a pu s'échapper du récipient sans s'v être condensé.
t acide ainsi obtenu est d'une couleur jaune, et presque toujours accompagné d'acides sulfurique et hydrochlorique, dont il est difficile de le débarrasser entièrement. Le meilleur moyen d'y parvenir serait peut-être de purifier le nitrate de potasse à l'avance par des cristallisations réitérées, et d'en précipiter, par le nitrate d'argent , l'acide hydrochlorique qui pourrait y adhérer encore. Il paraît, d'après les expériences de Lassone, et de Cornette , qu'en distillant avec précaution
On appelle ainsi un tube ouvert à son extrémité supérieure et plongeant, par celle inférieure, dans l'eau que contient le vaisseau auquel il est adapte, ce oui prévient toute communication de l'air exteneur avec l'intérieur de l'appareil. S'il arrive que le vide se fasse dans 1 intérieur des vaisseaux, alors l'air extérieur v arrive parle tube en passant à travers Peau, et faisant ainsi équilibre à la pression de cet air sur les autres vaisseaux, il empêche que les liquides «jnils contiennent ne refluent des uns dans les autres, et ne dénaturent les produits. D'un autre côté, la raréfaction de l'air, et la production des vapeurs dans le vaisseau qui a un tube de sûreté y tont monter Peau dans ce tube , et cette élévation peut servir de ruesure^de l'élasticité des vapeurs. Ainsi, l'objet de l'addition d'un tube de surete a 1 appareil est de le garantir de toute rupture des vaisseaux qui le composent, ce qui, sans cette précaution, pomrait avoiç
#4 ÀCIfiES.
de l'acide nitnque qui contient de l'acide hydrochlorique ^ celui-ci passe en entier avec les premières portions de la distillation, et que les dernières portions en sont complètement dépouillées *. La méthode la plus ordinaire consiste à mêler l'acide nitrique impur avec du nitrate d'argent, à séparer le précipité, et à distiller de nouveau. Ce moyen ne réussit que lorsque lacide est fort; s'il est faible, une portion de l'acide hydrochlorique y adhère encore. On sépare l'acide suifurique, en rectifiant l'acide par une distillation lente, dont on néglige les dernières portions , ou en le distillant sur de la litharge (protoxide de plomb), ou sur du nitrate de barite.
Lorsqu'on en a séparé ainsi ces acides étrangers, l'acide nitrique retient encore une certaine quantité de deutoxide d'azote qui lui donne sa couleur, et produit les vapeurs rouges qu'il exhale. Ce gaz peut en être chassé par l'application de la chaleur; alors X acide nitrique reste pur, transparent et incolore comme l'eau.
propriétés. a» Mais l'affinité entre les parties constituantes de l'acide nitrique pur, lorsqu'il est ainsi nouvellement préparé, est si faible , que l'action de la lumière suffit pour lui enlever une portion de son oxigène , qui s'en sépare sous forme de gaz. Il est alors en partie converti en deutoxide d'azote , et il prend une couleur jaune. L'acide nitrique a une saveur particulière excessivement acide. Il est très-corrosif, et produit sur la peau des taches jaunes, qui ne disparaissent qu'avec l'épiderme. Il exhale continuellement des vapeurs blanches, d'une odeur acre et désagréable.
Actionde Peau. & L'acide nitrique aune grande affinité pour l'eau , et il n'a jamais encore été obtenu qu'à l'état de mélange avec ce liquide. Lorsqu'il est concentré, ii attire l'humidité de l'air, mais avec moins d'énergie que l'acide sulfurique. Il produit aussi de la chaleur lorsqu'on le mêle avec l'eau , ce qui est évidemment dû à la concentration de ce liquide.
La pesanteur spécifique de l'acide nitrique le plus fort qu'on puisse se procurer , est , suivant Rouelle, de i,583 ; mais à la température de 1 6° centigr. , Kirwan s'est assuré que la pesanteur spécifique de cet acide n'excédait pas i ,5543. Proust l'a obtenu à 1,62 2.
« Mém. Par. 1781, p. 645.
■ Joum. dePbys. 1799, cité par Dalton, New System of Chemical Phiiosophy. I, 345.