‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 44 sur 211 · DE L*AC IDE CITRIQUE · texte numérisé non relu

DE L*AC IDE CITRIQUE

Comme l'acide nitrique, quelque concentré qu'il soit, retient toujours de l'eau en combinaison , il devient d'une grande*ntportance de rechercher la proportion d'acide réel ou d'acide privé d'eau, qui existe dans l'acide nitrique de toute pesanteur spécifique. Ce problème a exercé la sagacité de Kirwan §, Davy z. Berthollet3 et Dalton 4. La table qui suit, dressée par Dalton, d'après ses expériences les plus récentes, donne, avec la plus grande exactitude, la force de cet acide, selon ses différentes pesanteurs spécifiques5.

Poids de

Acide.

Acide pour cent, en poids.

Acide pour cent, en mesure.

Pesanteur spécifique.

4. Il paraît résulter des expériences de Dalton que l'acide nitrique de la pesanteur spécifique de i,425 entre en ébullition à la température de 120° centig., ainsi que Bergman l'avait déjà reconnu 6, et ce terme d'ébullition est le maximum de celui de l'acide nitrique , car la température à laquelle il commence à bouillir diminue, soit que l'acide soit plus fort ou plus faible.

La table qui suit, établie par Dalton sur les résultats de ses propres expériences, présente l'indication de la tempé-

1 Irish. Trans. IV, 1.

2 Piesearches, p. 4T*

* Journ. de Phys. 1807, Mars.

* New System, of Chemical Philosophy. I, 355.

5 Henry's Eléments of Expérimental ChemLslry. II, 354- Septième édition.

6 Opusc. II, i/fi.

rature à laquelle l'acide de densités différentes commence à entrer en ébullition '.

Terme» Pesanteur spécifiq. de l'acide. Terme d'ébullition:

d'ébulution. centigrades.

1,18 io5

1,17 io5

1,16 io4

1,1 5 io5

i,i4 lo5

L'acide nitrique refroidi à 54° centig. au-dessous de zéro > commence à se congeler; et en agitant le vase qui le contient il se convertit en une masse épaisse comme du beurre 2j mais nous avons déjà parlé des points de congélation de cet acide, ainsi qu'ils avaient été déterminés par Cavendish 3.

II. Les soutiens simples de la combustion n'ont aucune action sur l'acide nitrique, au-moins autant qu'on a pu jusqu'à présent le reconnaître.

Adèsn III. Tous les corps combustibles simples décomposent

l'acide nitrique, exceptés le diamant, l'or, le platine, le palladium, le rbodium et le tantale. Lorsqu'on verse de cet acide sur du soufre ou du phosphore ♦ , à une haute température, il les enflamme; mais à une température modérée, il les convertit lentement en acides, et il se dégage du deutoxide d'azote. Le charbon est également enflammé par cet acide, à une température élevée, et même à la tem-

1 New System of Chemical Philosophy. II, 355.

a Fourcroy et Vauquelin , Ann. de China. XXIX, 282.

3 Vol. I, p. 102.

^ Suivant Brugnatelli , lorsqu'on frappe rapidement avec un marteau , sur une enclume, un morceau de phosphore enveloppe' dans un papier trempé dans l'acide nitrique, il y a détonation. Journ. de Chim. IV, n3. L'expérience ne m'a pas réussi.

combustibles simpits

de l'acide nitrique. 8j

pérature ordinaire de l'atmosphère, s'il est très-divisé, et parfaitement sec \ Le gaz hydrogène ne fait éprouver aucun changeaient à l'acide nitrique, à la température ordiuaire de l'atmosphère; mais si on le fait passer avec ce gaz dans un tube de porcelaine rouge de feu, il y a détonation violente, formation d'eau , et dégagement de gaz azote 3.

Eu versant de l'acide nitrique sur des Luiles , il les enflamme. Cet effet est dû a la décomposition simultanée de l'acide et de l'huile. L'oxigène de l'acide se combine avec le carbone et avec l'hydrogène des huiles , et il y a en mêmetemps dégagement de calorique ; ce qui prouve , comme beaucoup d'autres phénomènes le confirment, que loxigène, qui entre dans la composition de l'acide nitrique , retient encore du calorique en grande proportion. Ce fait , de la combustion des huiles par l'acide nitrique , fut annoncé pour la première fois par Borrichius et Slure 3 ; mais il est probable que ce fut Homberg qui. en donna connaissance à ce dernier. 11 faut, pour enflammer les huiles fixes, le mêler avec un peu d'acide sulfurique. La raison en parait être, que ces huiles contiennent de Veau qu'il faut d'abord leur enlever ; l'acide sulfurique se combine avec cette eau, et laisse agir l'acide nitrique, ou plutôt l'huile et l'acide nitrique ensemble. x\ussi cette addition d'acide sulfurique n'est-elle pas nécessaire à l'égard des huiles siccatives, parce qu'elles ont été bouillies , et par conséquent dépouillées de toute humidité.

L'acide nitrique peut aussi allumer le zinc , le bismuth et l'étain , si on le verse sur ces métaux en fusion. Il produit le même effet sur la limaille de fer , lorsqu'elle est parfaitement sèche 4.

IV. Lacide nitrique absorbe avec une grande avidité le deutoxide d azote. 11 prend , par cette absorption , une couleur jaune ou brune , et acquiert la propriété d'exhaler des vapeurs jaunes épaisses. 11 était autrefois connu dans cet état, SOUS le nom d'acide nitrique phlogis tiqué.

V. L'acide nitrique se combine avec les alcalis , les terres Nitrate* et les oxides métalliques. Il forme ainsi des composés qu'on appelle nitrates.

1 Proust.

a Fourcrov. II , 82.

a Phil. Trans. Abr. n,653, et III , 663.

* Proust, académiciens de Dijon ; et Cornette.

VI. L'acide nitrique étant entre les mains des chimistes , un des moyens les plus puissans d'analyse , et sou importance sous les rapports de la politique et du commerce , n'étant pas moins grande, comme formant l'ingrédient essentiel de la poudre à canon , sa nature, et sa composition ont dû fixer pendant long-temps l'attention des savans. Essayons d'indiquer la trace des différentes routes qu'ils ont suivies avant d'arriver à la découverte de ses parties constituantes. Composition. Comme le nitrate de potasse se produit souvent à la surface de la terre , et toujours dans les lieux qui ont communication avec l'air atmosphérique, il était naturel de supposer que cet air, ou quelque partie de cet air , entrait dans la composition de l'acide nitrique. Mayow ayant observé que le nitrate de potasse avait , comme l'air atmosphérique , la propriété de donner une couleur rouge au sang , et que Tair perdait cette propriété par la combustion et la respiration , il en conclut que le nitrate de potasse contenait cette partie de lair qui entretenait la combustion, et qui était nécessaire pour la respiration.

Le docteur Haies , en chauffant de l'acide nitrique , et ce qu'il appelait J'Valton minéral, obtint une certaine quantité dair auquel il reconnut des propriétés singulières. Lorsqu'on admettait de l'air atmosphérique dans une cloche qui le contenait,il se manifestait aussitôt une vapeur trouble rougeâtre, une portion de cet air était absorbée, et ce qui restait redevenait transparent *. Le docteur Priestley découvrit que cet air particulier ne pouvait être obtenu que de l'acide nitrique; il l'appela en conséquence air nitreux. Il trouva de plus, qu en mêlant cet air avec ie gaz oxigène, l'acide nitrique était reproduit. On voit donc déjà que l'oxigène est une partie constituante de l'acide nitrique, et que l'assertion de Mayow se trouve vérifiée.

Le docteur Priestley expliqua cependant ce fait d'une manière différente. Suivant lui , le gaz nitreux est composé d'acide nitrique et de phlogistique : lorsqu'on y ajoute de l'oxigène, il sépare ce phlogistique, et précipite par conséquent l'acide nitrique. Macquer et Fontana adoptèrent cette hypothèse, que ces trois philosophes s'efforcèrent de soutenir avec leur habileté ordinaire \ mais elle présentait un

* Veget. Statics. II, ^3/j.

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