‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 55 sur 211 · TERME · texte numérisé non relu

TERME

d'ébullition.

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8. L'..cide sulfurique expose à un degré de froicl suffisant camion. cristallise, ou se congèle; et après que cet effet a eu une fois

lieu, il ^e glace de nouveau pur un degré de froid de beaucoup inférieur l. Morveau le fit congèlera 20 degrés audessous de zéro centigrade; il prit l'apparence de neige glacée. Après que la congélation eut commencé d'avoir lieu, elle continua par un froid beaucoup moins intense. L'acide se fondit lentement à 2°,5 centigr. au-dessous de zéro; mais il se gela de nouveau à la même température, et il mit cinq jours à entrer en fusion à la température de -4- 6 degrés ceutigrades 2. Chaptai, qui fabriquait en grand cet acide , observa une fois que dans de grands vaisseaux de verre, qui en étaient remplis, il se forma des cristaux à la température de H- 90 centig. Ces cristaux étaient groupés , et consistaient en prismes hexaèdres terminés par une pyramide à six faces. Ils étaient plus chauds au toucher que les corps voisins, et ils se fondaient en les maniant 3. Chaptai a remarqué que l'acide sulfurique cristallise plus facilement lorsqu'il n'est pas trop concentré. Cette observation a été portée beaucoup plus loin par M. Keir. Il trouva que l'acide sulfurique d'une pesanteur spécifique de 1,780 se congèle à ■+- j° centigrades, mais que s'il est beaucoup plus ou beaucoup moins concentré, il exige pour sa congélation un degré de froid beaucoup plus considérable 4. J'ai trouvé que de l'acide sulfurique concentré autant qu'il est possible, peut être refroidi dans les tubes thermométriques jusqu'à la température de 38° centigrades au-dessous de zéro avant qu'il se congèle 5.

9. L'acide sulfurique a une très-forte attraction pour l'eau. Action dei-ean. Neuraan trouva que , par son exposition à l'atmosphère, il en absorbait l'eau jusqu'à augmenter de plus de six fois de son

poids. Suivant M. Gould, cette absorption est, pour i8ogram. d'acide, de 68 grammes d'eau le premier jour, de 58 le second, de 39 le troisième , de i'ù le quatrième, de 18 le cinquième , puis seulement de 5 , 4 7 3 , etc., et enfin le 28.* jour

' Le point de congélation fut constaté par le duc d'A) eu , eni^G Voy. le Dictionn. de Macquer.

2 Encycl. méthod. chim. I, 376.

3 Journ. de Phvs. XXXI, 4;3-

* Phil. Trans. LXXVH, part. it.

s Voy, Vol. I , p. 101, pour les lois de sa congélation.

l'augmentation n'était plus que d'un demi-gramme *. On voit donc que l'affinité de l'acide sulfurique pour l'eau devient d'autant plus faible qu'il approche de plus près du terme où il en doit être saturé, ainsi que cela a lieu en général à l'égard d'autres substances.

IL 11 n'a pas encore été reconnu qu'aucun des soutiens simples de combustion agisse sur l'acide sulfurique.

III. L'acide sulfurique est décomposé par la plupart des combustibles simples, à l'aide de la chaleur, compatibles. *• Lorsqu'on fait passer ensemble à travers un tube de porcelaine rouge de feu, du gaz hydrogène et de 1 acide sulfurique , l'acide est complètement décomposé. Il y a de l'eau formée, et il se dépose du soufre \

2. A la température de l'eau bouillante, le charbon enlève aussi de l'oxigène à l'acide sulfurique et le convertit en acide sulfureux. Il le transforme même en soufre à une chaleur rouge.

3. Le bore et le silicium décomposeraient aussi l'acide sulfurique, mais on n'en a pas fait l'essai.

4- Le phosphore absorbe, à l'aide de la chaleur, l'oxigène de l'acide sulfurique -, il y a dégagement d'acide sulfureux et formation d'acide phosphorique.

5. Le soufre qu'on fait bouillir dans l'acide sulfurique lui enlève une portion de son oxigène, ou au-moins se combine avec lui , et le tout est converti en acide sulfureux. Des métaux: g. Si l'on met du zinc ou du fer dans de l'acide sulfurique, il se produit une action violente, si cet acide est étendu d'eau; l'eau est décomposée , son hydrogène se dégage, et son oxigène se combine avec les métaux. Si l'acide est concentré, l'action est beaucoup moins forte , et il y a émission de gaz acide sulfureux. L'effet de l'acide sulfurique sur l'étain et sur le cuivre est très-lent et très-faible à froid; à chaud, il les oxide et les dissout. Il n'en produit aucun sur l'argent, le mercure, l'antimoine, le bismuth, l'arsenic et le tellure, si ce n'est à une température assez élevée. Ces métaux lui enlèvent une portion de son oxigène avec laquelle ils se combinent en devenant oxides , et ils changent l'acide sulfurique en acide sulfureux. L'acide sulfurique, à letatd'ébullition, oxide le plomb, et dissout le cobalt, le nickel et le molybdène; mais à quelque

* Phil. Trans. 1684.

* Fourcroy. IL 62.

DE L'ACIDE SULFUREUX. I iZ

degré de chaleur que cet acide puisse être porté, il n'a aucune action sensible sur l'or et sur le platine.

IV. L acide sulfurique s'unit très-facilement aux alcalis et Des alcalis

W\ • »» i i i J '. ir II et ûes terres.

aux terres, ainsi qu a la plupart des oxides métalliques. 11 résulte de ces combinaisons , des sels qu'on a appelés sulfates-, ainsi, avec la soude, il forme le sulfate de soude; avec la chaux , le sulfate de chaux , etc.

V. On a déjà fait voir, dans une partie précédente de ce Composition. volume, que l'acide sulfurique est un composé de i atome

soufre -4- 3 atomes oxigène , ou, en poids , de

Soufre 2 îoo

Oxigène o i5o

SECTION X

De l' Acide sulfureux.

1. L'acide sulfureux peut s'obtenir en chauffant à la lampe, Préparation, dans une petite cornue, un mélange de deux parties de mercure et d'une partie d'acide sulfurique en poids ; il se produit aussitôt une vive effervescence, et il s'exhale de la cornue

un gaz qui peut être recueilli dans des cloches remplies de mercure. Ce gaz est l 'acide sulfureux.

i. L'acide sulfureux, à l'état de gaz, est sans couleur et proprié:és. invisible comme l'air. Il est incapable d'entretenir la combustion : les animaux ne peuvent le respirer sans périr. Son odeur forte et suffocante est précisément la même que celle du soufre qui brûle avec une flamme bleue, le soufre étant, par une semblable combustion, converti en totalité en acide sulfureux. Sa pesanteur spécifique est 2,222, celle de l'air étant 1.

2. Cet acide rougit les couleurs bleues végétales, et il en détruit, par degrés, le plus grand nombre. Il exerce cette action sur une grande variété de couleurs végétales et animales. Aussi emploie-t-on avec avantage la vapeur du soufre enflammé pour le blanchiment des laines, et pour enlever de dessus le linge les taches de fruits.

Planche a observé qu'en versant goutte à goutte, et en quantité suffisante, de l'acide sulfureux dans du sirop de violette étendu d'eau, préalablement rougi par des acides, et contenu dans des flacons bouchés, cet acide sulfureux

l24 ACIDES.

Action tic l'eau.

restituait au sirop de violette sa couleur bleue, et que son intensité diminuait par degrés f.

3. Le docteur Priestley découvrit qu'en chauffant foitement cet acide dans des vaisseaux fermés, il déposait du soufre, et se changeait en acide sulfurique a. Les expériences de Berthollet lui donnèrent les mêmes résultats, mais que n'obtinrent point Fourcroy et Vauquelin 3.

Suivant Monge et Clouet, lorsque le gaz acide sulfureux, à l'état de concentration, est exposé à une température de — 280 centig. , il se condense en un liquide 4.

4- L'eau absorbe cet acide avec rapidité. Suivant le docteur Priestley, 100 gram. d'eau peuvent absorber 3,96 gram. de cet acide, à la température de i2°,5o centig. D'un autre côté, Fourcroy assure que l'eau peut prendre les o,33 de son poids de gaz acide sulfureux, à la température de 4°,5o centig. 5. En faisant l'expérience, j'ai trouvé que 10 centim. cubes d'eau à la température de i6<> centig., et sous la pression de 76 centim. de mercure, absorbent 33o centim. du gaz. Mais 10 centim. cubes d'eau pèsent 10 grammes, et 33o centim. du gaz pèsent 0^91 45. Donc, 1000 parties d'eau, en poids, absorbent 91,4^ parties de ce gaz. Ce résultat excède de beaucoup l'évaluation de Priestley, quoiqu'il soit au-dessous de celle de Fourcroy. L'eau imprégnée de ce gaz acquiert, d'après mes expériences, une pesanteur spécifique de i,o5i3, même à la température de 200 centig.; et cette température de l'eau peut être ramenée à celle de la glace sans qu'aucune portion du gaz acide s'en sépare. En chauffant à 180 centigr., de l'eau saturée de cet acide à la température de zéro, il s'y forme une quantité considérable de bulles qui augmentent continuellement et s'élèvent à la surface. Ces bulles sont une portion de l'acide qui se sépare de l'eau. Cet acide se gèle à peu de degrés au-dessous de zéro centigr. 6.

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