II. De tous les soutiens simples de combustion , l'oxigène
■ Ami. de Chim. LX , a53,
2 On Air. II , 33o.
3 INicholson's Joum. I, 3i3.
A Fourcroy. II, ^/J.'
5 Ibid. p. 77.
* Fourcroy et Vauquelin; Nicholson's Joum, I, 5s3.
DELACIDE SULFUREUX. I2D
est le seul dont on ait examiné plus particulièrement l'action sur le gaz acide sulfureux.
Les gaz oxigène et acide sulfureux ne se combinent point à la température ordinaire de l'atmosphère lorsqu'ils sont bien secs; mais si l'eau est présente, ils se combinent par degrés et sont convertis en acide sulfurique.En faisant passer dans un tube de porcelaiue rouge de feu, un mélange des gaz acide sulfureux et oxigène , ou en faisant traverser ce mélange par des étincelles électriques, les deux gaz se combinent et constituent l'acide sulfurique.
III. L'action des combustibles simples acidifiables sur le Actio» gaz acide sulfureux, n'a pas été examinée avec beaucoup de combustibles. soin.
Suivant les expériences de Fourcroy et Vauquelin, le gaz hydrogène ou le charbon , lorsqu'on les fait agir sur ce gaz à une chaleur rouge, le décomposent complètement; il se forme de l'eau, ou de l'acide carbonique, et il se dépose du soufre x. L'action du bore et du silicium n'a pas été essayée. Le phosphore et le soufre ne peuvent décomposer le gaz acide sulfureux.
II est facilement décomposé pap le potassium et le sodium. D dissout le fer sans aucune émission de gaz ainsi que M. Higgins l'observa pour la première fois 2. Berzelius reconnut aussi le premier que le gaz acide sulfureux soumis à l'action du peroxide de plomb est absorbé et que le peroxide est converti en sulfate ordinaire de plomb 3. Le peroxide de manganèse produit le même changement sur ce gaz acide. On ne connaît encore qu'imparfaitement l'action que peuvent exercer sur lui les autres métaux et leurs oxides.
IV. Lorsqu'on laisse en contact, pendant un temps suffi- Acide ti.T le. sant, de l'acide hydro-chloro-nitrique et du sulfure de carbone, cette substance est transformée en un corps cristallisé, insoluble dans l'eau , mais qui se dissout daus l'alcool et dans l'éther. Ce corps, d'une saveur acide, ressemble beaucoup
au camphre par ses propriétés. D'après l'analyse que Berzelius en a faite, cette substance est un composé triple d'acide
1 Fourcroy et Vauquelin.
3 Higgins' Comparative View, p, ^g.
■ Phil. Trans, i8i3 , p. 186.
hydrochlorique, d'acide sulfureux et d'acide carbonique, dans les proportions ci après, savoir:
Acide hydrochlorique. . . 4^74 ou 2 atomes.
Acide sulfureux 29, 63 1
Acide carbonique 21, 63 1
ioo5oo
Mais la nature de cette substance problématique exigerait un examen plus approfondi *.
Composition. V. Il semble résulter très- clairement des expériences de Humphrv Davy, que le gaz oxigène peut être transformé en çaz acide sulfureux sans éprouver aucun changement de volume 2 ; d'où il suit que le gaz acide sulfureux est un composé de 1 volume gaz oxigèue «f* 1 volume vapeur de soufre, condensés dans 1 volume.
D'un autre côté , la vapeur d'acide sulfurique est formée de i,5 volume d'oxigène *f* 1 volume vapeur de soufre, condensés en 1 volume j d'où il suit que leurs pesanteurs spécifiques sont :
Gaz acide sulfureux 2,222
Vapeur d'acide sulfurique 2?777
Et ils consistent en
Soufre; Oxigène. Soufre, Oxigèae,
Acide sulfureux. . 1 atome -f- 2 atomes ou 100 -+■ 100 Acide sulfurique. 1 -4-3 100 — f- i5o
VI. L'acide sulfureux se combine avec les bases salifiables, et ces combinaisons constituent un genre de sels connus sous le nom de sulfites.
Acide Outre les deux composés acides de soufre et d'oxigène 7
hyposuifureoi. -j est ^ |a p|ns compi^te évidence qu'il existe un troisième
composé de 1 atome soufre -f- 1 atome oxigène, ou de 100 soufre 4- 5o oxigène, en poids; composé auquel on peut douner le nom d'acide hyposulfureux. Cet acide n'a point encore été obtenu jusqu'à présent séparément, mais on peut
* Phil. Trans. i8i3 , p. 195; et Aimais of Philosophy. III, 189. ■ Eléments cf Chemical Pbilesophy, p. 27S.
DE L ACIDE ARSENIQUE. \lj
se le procurer assez facilement à l'état d'union avec des bases, formant les sels actuellement connus sous la dénomination de suif tes sulfures.
Le soufre forme donc ainsi trois acides avec l'oxigène, savoir :
Soufre Oxigène.
Acide hvposulfureux formé de . 1 atome. -+■ i atome.
Acide sulfureux 1 ici. + 2 ici.
Acide sulfurique 1 ici. __}. 3 id.
SECTION XL
De l'Acide arsenique,
I. On prépare ordinairement l'acide arsenique, en ajoutant Préparât^. à une dissolution de 3 parties d'oxide blanc (deutoxide) d'arsenic dans 7 parties d'acide hydrochlorique, 5 parties d'acide nitrique, et en distillant ce mélange à siccité : ce qui reste est l'acide arsenique. Ce procédé est celui de Schéele. Bucholz le perfectionna sensiblement , en composant son mélange d'une partie d'acide hydrochlorique d'une pesanteur spécifique de 1,2, de 4 parties d'oxide blanc d'arsenic, et de 12 parties d'acide nitrique d'une pesanteur spécifique de r,a5; on fait bouillir ce mélange jusqu'à ce que Toxide disparaisse, et qu'il n'y ait plus de dégagement de deutoxide d'azote. On 1 évapore ensuite jusqu'à siccité, et on expose pendant quelques minutes la masse a une faible chaleur rouge. Ce qui reste alors est l'acide arsenique solide. Mais cet acide peut être préparé beaucoup plus facilement encore en dissolvant l'arsenic métallique dans l'acide nitrique, en évaporant la dissolution à siccité, en redissolvant le résidu dans l'eau , et en évaporant de nouveau à siccité la dissolution après l'avoir filtrée.
1. L'acide arsenique ainsi préparé est une masse solide pro?fiété*. blanche, n'ayant presque pas de saveur; sa pesanteur spécifique est de 3,091. Il est très-fixe au feu. À une très -haute température, cet acide se fond, et conserve sa transparence. 11 prend la forme vitreuse, et attaque fortement les vaisseaux dans lesquels on le chauffe ainsi. Ce verre attire l'humidité de l'air. Par une chaleur très-lorte. l'acide abandonne un peu de son oxigène, et il est alors en partie converti en oxide blanc.
ia8 acides.
Xdïon 2. Sa dissolution dans 6 parties d'eau à froid s'opère len-
deieau. tement ; mais dans 2 parties d'eau bouillante, elle a presque instantanément lieu, et elle retient l'acide , lors même qu'une portion assez considérable de cette eau a été évaporée. Lorsqu'il n'y en reste plus que la moitié de son poids, elle prend une consistance de sirop , et si l'évaporation est encore poussée plus loin , elle dépose des cristaux grenus *. La saveur de l'acide arsenique, à l'état liquide, est acide, caustique et métallique.
II. L'oxigène n'exerce aucune action quelconque sur cet acide; celle qu'il peut éprouver des autres soutiens de combustion n'a point été examinée.
III. Les combustibles simples acidifiables le décomposent à l'aide de la chaleur; et dans ces cas il y a quelquefois combustion , ainsi que nous l'apprennent les expériences de Schéele, et des académiciens de Dijon.
L'acide arsenique est décomposé par l'action de plusieurs des métaux, à l'aide de la chaleur. Il n'attaque point l'or, le platine, l'argent, le mercure. Il oxide le cuivre, le fer , le plomb, l'étain, le zinc, le bismuth, l'antimoine, le cobalt, le nickel, le manganèse et l'arsenic ; et à une très -haute température, le mercure, et l'argent.
IV. Il se combine avec les alcalis, les terres, et plusieurs des oxides métalliques. On a donné le nom parsemâtes à ces combinaisons.
V. Il parait établi, par les expériences que nous avons citées précédemment, que l'acide arsenique est composé de
Arsenic 100
Oxi^ène 52,63i
Nous en avons également déduit le poids d'un atome d'arsenic, à 4;7^ ; d'où il suit que l'acide arsenique consiste en
Arsenic 4, 75 ou 1 atome
Oxigène 2,5 2,5 atomes
Ces nombres ne s'accordent pas aussi bien qu'on pourrait le désirer avec la théorie atomique, et de plus amples recherches sur ce sujet semblent nécessaires.
* Bucholz , Journ. de Chim. IV, 5.
de l'acide arsenieux. 129
Plusieurs des arseniatcs sont insolubles dans l'eau. Ils n'ont pas encore été examinés jusqu'à présent avec beaucoup d'attention.
SECTION XII
De l'Acide arsenieux.
I. Lorsque l'arsenic est cbauffé dans des vaisseaux ouverts, il se sublime en une fumée blanche qui, étant recueillie , constitue l'acide ARSENIEUX.
Cet acide est ordinairement sous la forme d'une croûte blanche, compacte; mais on peut aussi l'obtenir cristallisé en prisir.es à six pans.
Sa saveur est acre, et laisse à la fin une impression dou- Propnétés. ceàtre. C'est peut-être le poison le plus violent qui existe. Il rougit les couleurs bleues végétales. 11 se dissout en très-petite quantité dans l'eau froide, mais beaucoup plus abondamment dans l'eau bouillante.
II. Aucun des soutiens de combustion ne paraît avoir d'action marquée sur cet acide. L'oxigène peut se combiner avec lui ; mais cette union ne peut s'effectuer en plaçant les deux substances en contact.
III. L'action des combustibles simples sur l'acide arsenieux a été peu examinée. On ne peut guère douter que l'hydrogène et le carbone ne puissent le décomposer à l'aide de la chaleur. On n'a pas essayé l'action , sur cet acide, du bore et du silicium. Il est probable que le soufre et le phosphore pourraient le convertir en sulfure et phosphure d'arsenic.
Il n'est pas douteux aussi que l'acide arsenieux ne puisse être décomposé par le potassium et le sodium.
En chauffant dans uu tube de verre un mélange d'acide arsenieux et de chaux vive , il se produit un phénomène remarquable. A un certain degré de température , le mélange entre en iguition , et la combustion a lieu par degrés dans toute la masse ; en même-temps, il se sublime de l'arsenic métallique *. Ainsi , il paraît qu'une portion de l'acide arsenieux cède de son oxigène à une autre portion , qu'il transforme
* L'expérience fut faite par le docteur Wollaston.