‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 58 sur 211 · I TT · texte numérisé non relu

I TT

\ Hypomtreux . . . , \ Carbonique. . . . ,

i Borique

, Silicique

! Phosphorique. . .

', Phosphoreux . . .

Hypophosphoreux.

I Sulfurique. . . .

Sulfureux

' Hyposulfureux . .

| Arsenique

i Arsenieux

i' Anlimonique. . .

Antimonieux . . .

Chromique. . . .

Molybdique.. . .

Molybdeux. . . .

Tungstique. . . .

Columbique . . .

Base.

Azote. .

Carbone. .

Bore . . . .

Silicium . .

Pbospbore

Soufre. . .

Arsenic. . .

Antimoine.

Chrome . .

Molybdène

ioo 1 10

Oxigène

ATOMES

t de Base.

Tungstène. IOO Columbium IOO

IOO

IOO

DO

d'Oxi-

gene.

POIDS

d'un.

aiôme

de base.

POIDS

d'un

atome

d'acide.

acides combustibles: 139

Genre ii. — acides combustibles.

On distingua autrefois les acides qui composent ce genre p^r la dénomination d'acides végétaux et acides animaux , parce qu'ils s'obtenaient, en presque totalité, des substances animales et végétales. Ces acides diffèrent essentiellement dans plusieurs propriétés particulières du genre d'acides précédens.

i. Les acides de ce genre, combinés avec la potasse, sont pr0prïétét: entièrement décomposés par distillation. 11 s'en sépare ordinairement du charbon, et il se dégage une quantité considérable d'air inflammable pesant (gaz hydrogène carboné); il ne se produit, au contraire, aucune substance combustible, en exposant les autres acides à la chaleur \

2. Tous ces acides contiennent au-moins deux substances combustibles simples comme base , tandis que dans les autres, il n'en existe jamais pins d'une. Ces deux substances sont toujours le carbone et l'hydrogène. Quelques-uns de ces acides contiennent également de l'azote , outre les deux combustibles simples. L'oxigène entre aussi ordinairement dans leur composition en quantité considérable, mais peutêtre pas toujours ; d:où il suit que la théorie de Lavoisier, sur la présence nécessaire de l'oxigène comme principe acidifiant, ne leur est pas strictement applicable.

3. Ces acides ne semblent pas suscesptibles de se combiner avec des proportions différentes d'oxigène. Toutes les fois que la quantité de ce principe est changée, la proportion des autres parties constituantes change aussi. La terminaison de leurs noms ne devrait donc pas indiquer leur proportion d'oxigène; mais il faudrait, s'il est possible, la rendre entièrement indépendante de cette proportion 2.

1 II faut en excepter les acides sulfureux et phosphoreux, dont la chaleur sépare du soufre et de l'hydrogène phosphore'.

* Les chimistes français qui fondèrent la nouvelle nomenclature , firent erreur en ce point. Ils donnèrent à quelques noms des acides combustibles, la terminaison eu ique , comme s'ils étaient saturés d'oxigène; et à d'autres la terminaison en eux , comme e'tant capables de se combiner avec une dose additionnelle de ce principe. La vérité est qu'aucun d'eux n'est, strictement parlant, saturé d'oxigène : car ils peinent tous s"v unir en plus grande quanlité; mais alors leur décomposition totale s'ensuit : ils sont convertis en eau , en acide carbonique , etc. J'ai adopté le mode proposé par M. Ché-

Divisible 4- Les acides combustibles peuvent être convenablement •n 4 ordres, subdivisés en quatre ordres, qu'on peut distinguer les uns des autres parles propriétés suivantes, savoir:

Les acides composant le premier ordre sont cristallisables, et ils peuvent être volatilisés par la chaleur sans éprouver de décomposition.

Le second ordre comprend ceux de ces acides également cristallisables , mais qui ne peuvent être volatilisés sans décomposition.

Les acides appartenant au troisième ordre ne peuvent pas cristalliser.

Le quatrième ordre consiste dans deux acides qui ne semblent pas susceptibles de former des sels permanens avec les bases, et qu'on doit, par cette raison, considérer comme des acides imparfaits.

Ordre i. Acides cris ta l lis ah lt s et volatils,

i Acétique. 5 Camphorique.

2 Benzoique. 6 Bolétique.

3 Succinique. y Subérique.

4 Moroxilique. 8 Pyrotartarique.

Ordre II. Cristallisables > mais non volatils*

i Oxalique. 6 Kinique.

2 Mellitique. y Saccbolactique.

3 Tartarique. 8 Urique.

4 Citrique. g Laccique.

5 Rheumique.

Ordre III. Incristallisables*

i Malique. 4 Lactique.

2 Sorbique. 5 Zumique.

3 Formique.

Ordre IV. Acides imparfaits* i Gallique. 2 Tannin.

C'est dans cet ordre que nous décrirons ces acides , dans les sections qui vont suivre.

nevix, pour éviter toute ambiguïté. Je termine en ique les noms de tous les acides combustibles , et cela sans rapporter cette terminaison à la tbéorie.

DE L'ACIDE ACÉTIQUE. Ij^I

SECTION PREMIÈRE

De V Acide acétique.

Cet acide s'emploie dans trois états différens, qu'on a distingués les uns des autres par des noms particuliers. Dans celui de sa première préparation , on l'appelle vinaigre. Lorsqu'il a été purifié par la distillation, c'est le vinaigre distillé , ou X acide acéteux des chimistes ; et lorsque par des procédés particuliers, on est parvenu à le concentrer autant que possible , il prend la dénomination de vinaigre radical^ et en chimie celle diacide acétique.

i. Le vinaigre était connu bien des siècles avant la dé- vin„>r*

m ° -i 'l i wnaigre.

couverte d aucun autre aode , excepte seulement de ceux qui existent tout formés dans les végétaux. Moïse parle du vinaigre, dont il paraît que les Israélites , et d'autres nations de l'Orient , faisaient habituellement usage dans un temps très-reculé. On l'obtient du vin, de la bierre, de l'aile et autres liquides semblables, qui comme tout le monde sait, ont une disposition à tourner à l'aigre, lorsque les vaisseaux qui les contiennent ne sont pas exactement fermés. Ainsi le vin , ou la bierre devenus aigres , sont précisément la même chose que le vinaigre.

Boerhaave indique, pour la préparation du vinaigre, la méthode suivante, qu'on assure être encore en pratique dans différens pays.

On a deux grandes cuves de bois de chêne, ou banques, préPa dans chacune desquelles on place une grille de bois, ou claie, à la distance d'un pied du fond. On tient le vaisseau debout t et on met sur la claie un lit peu serré de jeunes branches fraîchement coupées de la vigne. On le remplit alors jusqu'à son ouverture, de tiges de grappes, communément appelées râpes , et ou le laisse entièrement ouvert.

Ces deux vaisseaux étant ainsi disposés, on y verse le vin qu'on veut convertir en vinaigre, de manière qu'il y en ait un complètement rempli, et l'autre seulement à moitié. Au bout de ^4 heures on achève de remplir ce dernier vaisseau avec la liqueur de celui qui était plein. 24 heures après on vide celui-ci de la même manière, on continue

jaration;

l42 ACIDES.

alternativement, et toutes les 24 heures, ce transvasement de la moitié de la liqueur d'un vaisseau dans l'autre, jusqu'à ce que le vinaigre soit fait. Dès le second ou le troisième jour , il se manifestera dans le vaisseau à moitié rempli un mouvement de fermentation, accompagné de chaleur qui augmentera par degrés de jour en jour. Dans celui qui est plein, au contraire, iln'y a pas de mouvement sensible, et comme chacun des vaisseaux est alternativement plein, à moitié, et en totalité, il en résulte que la fermentation est eu quelque sorte interrompue, et renouvelée seulement de de deux jours l'un, dans chaque vaisseau.

Lorsqu'on s'aperçoit que ce mouvement a cessé entièrement, même dans le vaisseau qui n'est qu'à moitié plein, c'est une preuve que la fermentation est finie. On tire alors le vinaigre, et on le met dans des vaisseaux fermés qu'on place dans un lieu frais. Cette opération, qui exige ordinairement i5 jours en hiver, est moins longue en été *.

Il ne faut, pour la conversion du vin ou de la bierre en vinaigre, que le concours de l'air extérieur, une température de 2j° centigrades environ, et la présence d'une substance qui agisse comme ferment ; mais nous remettrons à présenter dans une autre partie de cet ouvrage , l'exposé de la théorie de cette conversion , pour ne nous occuper ici que de l'examen des propriétés de l'acide acétique. Propriétés. Le vinaigre est un liquide rougeâtre ou jaunâtre, d'une saveur et d'uue odeur agréables. Sa pesanteur spécifique varie de i,oi35 à i,025i. Il diffère aussi, dans ses autres propriétés, en raison du liquide qui l'a produit. Il est très-sujet à la décomposition ; mais Schéele reconnut que lorsqu'on l'a fait bouillir pendant quelques instans , on peut le garder pendant long-temps sans qu'il éprouve aucune altération. Le vinaigre contient , outre de l'acide acétique et de l'eau, plusieurs autres substances , telles que du mucilage, du tartre , une matière colorante , et souvent aussi deux . ou un plus grand

* On a publié, dans les Transactions philosophiques, pour 1760, vol. V, p. 2002 , le détail de la manière de faire le vinaigre en France. Elle est presqn'absolument la même que celle que nous avons décrite dans le texte. Les méthodes actuellement pratiquées en France se trouvent indiquées dans le 3.e vol. des FJemens de Chimie de l'Académie de Dijon , p. G. Dans beaucoup d'endroits, on suit encore le procédé dont nous venons de donner le détail.

DE L'ACIDE ACÉTIQUE. ifô

nombre d'acides végétaux. Lorsqu'on le distille à une température qui n'excède pas celle de l'eau bouillante, jusqu'à ce qu'il ensoit passé les 0,66 ou les 0,8 3 au plus, ces impuretés restent dans le surplus du liquide, et le produit dans le récipient est l'acide pur étendu d'eau. Le résidu de la distillation est encore un acide liquide qui souvent laisse déposer des cristaux de tartre. Mais l'acide, lors même qu'il a été ainsi distillé, n'est pas pur. Chrnevix a fait voir qu'il retient encore une matière mucilagineuse ou extractive, et des traces d'une liqueur spiritueuse.

M. Phillips nous apprend que dans la distillation du meilleur vinaigre anglais de Drèche, d'une pesanteur spécifique de 1,0284, il en passe d'abord un huitième de la pesanteur spécifique de 0,99712, et que 3i grammes de cette portion du fluide distillé dissolvent de 29 à 32 centigrammes de carbonate de chaux précipité. Les six huitièmes qui passent après la première portion, ont une pesanteur spécifique de 1,0023 ; et 3i grammes de cette nouvelle portion du fluide, décomposent environ 62 centigrammes de carbonate de chaux précipité. 3i grammes d'acide fluide d'une pesanteur spécifique de I5O07, dissolvent environ un gramme de carbonate de chaos précipité, ou 894 milligrammes de marbre*.

2. L'acide ainsi obtenu est un liquide transparent, et sans Acide acéteux. couleur comme l'eau, d'une saveur fortement acide, et d'une

odeur agréable, qui diffère un peu de celle du vinaigre. C'est dans cet état qu'on l'appelle ordinairement acide acéteux , ou vinaigre distillé.

L'acide acéteux , conservé dans des vaisseaux fermés, n'est pas susceptible de s'altérer. A une chaleur médiocre, il s'évapore complètement, et sans éprouver aucun changement dans ses propriétés. Il se congèle, en partie, par son exposition au froid. On en peut facilement séparer la portion gelée, qui consiste presqu'entièrement en eau; et par ce moyen , l'acide peut être amené à un haut degré de concentration. Plus l'acide est concentré et plus il exige de froid pour sa congélation. Lowitz s'est assuré qu'à la température de — 3o° centigr. , l'acide lui-même cristallise , ou se congèle, quelque concentré qu'il puisse être.

3. Lorsqu'on distille dans une cornue de l'acétate de Préparation a&

l'acide acétiqu»

*■ Phillips, ou the rharmacopaeia Londinensis, p. 7.

l44 ACIDES.

cuivre en poudre, il passe d'abord un liquide à-pen-prês incolore et presqu'insipide , et ensuite un acide très-concentré. En continuant la distillation jusqu'à ce que le fond de la cornue soit rouge de feu , il n'y reste plus qu'une poudre de la couleur du cuivre. L'acide produit, recueilli dans le récipient, a une teinte légèrement verte, due à un peu de cuivre qu'il a enlevé avec lui; mais en ie distillant de nouveau, à une douce chaleur, on l'obtient parfaitement transparent et sans couleur. Dans cet état, l'acide est extrêmement piquant et concentré. On le distinguait ainsi autrefois par les noms de 'vinaigre radical ç\ vinaigre de Vénus.

Ce procédé était connu des alchimistes, et il avait été souvent répété par les savans qui s'occupaient de chimie; mais on n'en considérait le produit que comme étant l'acide acéteux

cide acétique par sa saveur, son odeur, ses affinités pour d'autres corps, et les composés qu'il forme avec eux. II observa que lorsqu'on l'a obtenu de l'acétate de cuivre par distillation, la poudre qui reste dans la cornue consiste principalement dans du cuivre à l'état métallique , d'où il supposa que l'acide acétique avait donné du phlogistique au cuivre , et en avait reçu de l'oxigène. Mais lorsqu'on cessa de reconnaître l'existence dn phlogistique , cette théorie fut un peu altérée. On conclut que pendant la distillation , l'acide acétique enlevait à l'oxide de cuivre son oxigène, qu'il s'y combinait; et que, par conséquent, le vinaigre radical était l'acide acéteux combiné avec une dose additiounelle d'oxigène. C'est par cette raison que dans cet état on le nomma acide acétique.

Les chimistes avaient généralement adopté cette théorie, lorsque M. Adet , en rendant compte, en 1798, du travail* qu'il avait entrepris sur l'acide acétique, observa que le produit de la distillation de l'acétate de cuivre n'est pas seulement de l'acide acétique et de l'eau, mais qu'elle fournit aussi de l'acide carbonique et du gaz hydrogène carboné , et que le résidu consiste en cuivre et en charbon. Il trouva que l'acide acéteux n'absorbe point l'oxigène, lorsqu'on le distille

1 Mém. Par. i-;S3.

» Aun.deChim. XXVII, 399.

Page 1