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l46 ACIDES.
M. Adet , qu'il trouva parfaitement exactes, en fit un grand nombre d'autres nouvelles qu'il jugea les plus propres à éclaircir ce point de discussion, et toutes lui prouvèrent que les acides acéteux. et acétique contiennent exactement la même proportion d'oxigèue. 11 essaya ensuite de vérifier l'opinion de Cbaptal, relativement à la proportion du carbone dans chacun de ces acides Si , après avoir combiné avec la potasse ou la soude, des quantités égales d'acides acéteux et acétique, on distille, après les avoir fait sécher, les sels qui en résultent, on obtient les mêmes quantités de charbon et la même quantité d'autres produits. Les deux acides, ramenés à la même pesanteur spécifique, forment précisément les mêmes sels avec toutes les bases alcalines et terreuses. Enfin l'acide acéteux devient, par degrés, acide acétique en le distillant, à plusieurs reprises, sur du chlorure de calcium-, et dans ce cas, il ne se développe aucune substance gazeuse quelconque. D'après ces faits, il n'est plus possible de douter de l'identité parfaite des deux acides, et que les différences apparentes que l'on remarque entre eux, ne soient dues à la grande quantité d'eau dont l'acide acéteux est étendu, ainsi qu'à la matière mucilagineuse qu'il retient encore l.
Proust avait aussi obtenu des résultats semblables de ses expériences sur l'acide acétique , et il en avait tiré les mêmes conclusions , avant que le Mémoire de Darracq lui eût été connu3. Ainsi désormais le terme acide acéteux doit être, ou entièrement abandonné par les chimistes, ou employé dans un sens différent de celui qui lui avait été appliqué. Propriété». 4- L'acide acétique est transparent et sans couleur comme l'eau. Il a, dans son état d 'acide acéteux , une odeur aromatique particulière; mais lorsque l'acide acétique concentré est préparé à la manière ordinaire, il a une odeur d'empvreume mêlée avec celle naturelle du vinaigre , ce qui est dû à la petite portion d huile formée pendant l'opération 3.
On peut encore obtenir l'acide acétique concentré, en distillant un mélange de 3 parties d'acétate de potasse, et de 4 parties d'acide sulfurique, jusqu'à ce que l'acide acétique
1 Darracq, Ann. deChim. XLI, 26 j.
• Jour, de Fins. LVI , -210.
■ Ann. de Cbim. XXXVII, ni.
DE L'ACIDE ACÉTIQUE. \\j
passe dans le récipient. Pour séparer ensuite la portion d'acide sulfurique qu'il peut avoir retenue, on le rectifie en le distillant sur de l'acétate de barite. L'acide qui passe alors cristallise dans le récipient. Cette méthode, indiquée d'abord par différens chimistes, a été perfectionnée par Lowitz, de Pétersbourg.
La pesanteur spécifique du vinaigre distillé 'v arie de 1,007 à i,oo()5; mais celle du vinaigre radical, qui est beaucoup plus concentré, s'élève jusqu'à 1,080 *. Dans cet état, il est extrêmement acre et piquant. Appliqué sur la peau , il la rougit, et la corrode dans très-peu de temps. 11 est éminemment volatil. Chauffé à l'air, il s'enflamme si rapidement, qu'on serait tenté d'y soupçonner la présence d'éther. Il s'unit avec l'eau en toute proportion-, et lorsque l'acide est concentré, ce mélange développe une grande quantité de chaleur.
Ce n'est pas la pesanteur spécifique de l'acide acétique Force. qui pourra nous servir à déterminer son degré de force. La pesanteur spécifique est à son maximum, lorsque le liquide est un composé de 1 atome acide -+- 3 atomes d'eau, et cette pesanteur spécifique est moindre, soit que la proportion d'eau augmente ou diminue. Cette pesanteur spécifique est à-peu-près la même pour l'acide formé de 1 atome d'acide réel -H 9 i atomes d'eau. La table qui suit, dressée principalement d'après les expériences de Mollerat3, présente la pesanteur spécifique de l'acide acétique de différens degrés de force.
1 Richter, GehlerTs Jour. IV, ir- » Ann. deChim. LXVIII, 83.
Action
de la chaleur.
ATOMES
Pom«
PESANTEUR
Acide.
d'eau.
spécifique.
ÎOO
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5. L'acide de la pesanteur spécifique i,o63 est le plus fort quon puisse se procurer; il cristallise à la température de i3° centigrades ; et les cristaux se fondent lentement, lorsqu'ils sont chauffés à la température d'environ 2.3° centigrades.
Courtenvaux avait observé depuis long-temps, que les dernières portions d'acide acétique, qui passent dans la distillation, étaient susceptibles de cristalliser à un degré de froid médiocre. Lowitz proposa un moyen très-ingénieux d'obtenir cet acide à l'état de cristaux. Après avoir réduit en pâte du vinaigre distillé avec du charbon bien brûlé, il expose le mélange à une température qui n'excède pas 100° centigr. La partie aqueuse s'évapore, et l'acide reste. Par une chaleur plus forte, l'acide lui-même est séparé dans un très-^rand état de concentration. En répétant ce procédé, on pem 1 obtenir en cristaux. Le procédé de ce chimiste est plus récent, et sous tous les rapports il est préférable.
II. L'acide acétique ne peut être décomposé qu'à une forte chaleur rouge. Chenevix fit passer cinq fois successivement cet acide à travers un tube de porcelaine rouge de feu sans être ainsi parvenu à le détruire entièrement; mais lorsque le tube est rempli de charbon, la décomposition est complète.
Il est probable que tous les soutiens de combustion auraient
DE I.'ACÎDE ACÉTIQUE. 1 $<)
de l'action sur l'acide acétique à une température élevée, puisque tous peuvent s'unir avec l'une ou l'antre de ses parties constituantes; mais à cet égard il n'a pas été fait d'expérîeDces assez précises. A-la-vérité , il serait ditiicile d'établir une distinction entre l'effet de faction de la chaleur, et celui de l'influence du soutien de combustion.
III. On n'a point cherche à reconnaître l'action de> combustibles simples acidifiables , sur l'acide acétique; mais il est vraisemblable qu'il ne résulterait aucun fait important de cet examen.
Cet acide, capable d'oxider le fer, le zinc, le cuivre, le nickel et fétain. n'attaque point l'or, l'argent, le platine, le mercure, le bismuth, le cobalt, l'antimoine et l'arsenic. On n'a point examiné s'il produit quelqu'effet sur le tellure , le tungstène, le molvbdène, l'urane, le titane et le chrome.
IVT. L'acide acétique forme, en se combinant avec les bases Aeéutei salifiables, des composés connus sous le nom d'acétates. Ces sels sont tous, sans aucune exception, solubles dans l'eau.
Lorsqu'on distille les acétates métalliques dans une cornue, B^nian'on à une chaleur graduée, mais constamment maintenue aussi des: faible que possible, il passe de l'acide acétique étendu d'eau, et un liquide inflammable particulier, auquel Chenevix a donné le nom à' esprit pyro-acétique. La base métallique reste dans la cornue mêlée avec du charbon, et il se développe un mélange de gazacide carbonique et hvdrogène carboné. La base est ordinairement réduite à l'état métallique, et cette réduction s'opère d'autant plus difficilement, que la quantité d esprit pyroacétique formé est plus considérable. On a présenté, dans la table qui suit, les résultats tels que les a obtenus Chenevix, de la distillation de sept acétates métalliques à l'état de pureté.