DU PR0T0X1DE D AZOTE
là manière ordinaire. Ce gaz est le protoxide d'azote. Berthollet indiqua le premier ce moyen de l'obtenir , qui fut depuis simplifié par Davv '.
2. Le protoxide d'azote ainsi préparé, jouit de toutes les Propre*. propriétés mécaniques de l'air ; mais il est beaucoup plus pesant. Sa pesanteur spécifique est de 1.5277.
Ce gaz est capable d'entretenir la combustion , même beaucoup mieux que l'air ordinaire, et presque en effet aussi bien que le gaz oxigène. Une bougie y brûle avec une flamme éclatante et pétillement. Néanmoins les corps combustibles ne brûlent dans cet oxide qu'autant qu ils ont été préalablement mis à létat d'i^nition.
Le protoxide d'azote avait été considéré par le docteur Priestlev, et par les chimistes hollandais, comme n'étant pas respirable; mais ils ne l'avaient pas examiné dans son état de pureté*. Davv s'assura qu'on pouvait le respirer pendant plusieurs minutes, sans en éprouver de fâcheux effets; ceux qu'il produit, lorsqu'on le respire, ressemblent beaucoup à l'ivresse et au délire, quoiqu'ils ne soient pas suivis de la langueur et de la faiblesse que ces états occasionnent toujours. On ne peut le respirer au-delà de quatre minutes sans perdre toute faculté de mouvement volontaire. Les animaux qu'on y plonge , ne donnent d'abord aucun signe de malaise ; mais Bientôt ils s'agitent et se tourmentent : et si on ne les en retire très-promptement, ils meurent. Ainsi, nous voyons que ce gaz, quoique respirable, l'est beaucoup moins que l'air atiuo>~ phérique et le gaz oxigène.
o. Cet oxide «azeux est assez rapidement absorbé par *
1' • 9 il r» • 1 ' • 1 de l'eau.
1 eau, ainsi que s en assura le docteur t nestlev , et spécialement lorsqu'on l'y agite. D'après les expériences de Saussure, 100 mesures d'eau absorbent 76 mesures de ce gaz, et 100 mesures d'alcool d'une pesanteur spécifique de o,^4 en prennent 1 53 mesures3. L'eau acquiert alors une saveur douceâtre, sans qu'il en résulte aucune altération sensible
1 M. Proust a remarque que ta gaz qui se dégage au commencement de l'opération diffèi e un peu de l1 oxide nitreux, et que cependant ce n'est pas du gaz nitreux.
» Le docteur Priestley y tint en effet, pendant cinq minutes , une souris, sans qu'elle en lût affectée. Il paraît que , dans cette expérience, le gaz était à-peu-près pur. Priestley. II , 84.
3 Annals of Philosopbv. VI, 3$o,
6 0XIDES INSALIFIABLES.
dans ses autres propriétés. En la faisant bouillir, on en chasse le gaz en totalité, et tel qu'il avait été absorbé '. Lorsque ce gaz se combine avec l'eau, il eu chasse l'air ordinaire qui y était tenu en dissolution : c'est par cette raison qu'on obtient toujours de l'air ordinaire pour résidu , lorsqu'on fait passer cet oxide gazeux à travers une suffisante quantité d'eau 2.
^ 4* Le protoxide d'azote n'est point altéré par la lumière , ni par aucun degré de chaleur au-dessous de celle de l'ignition ; mais lorsqu'on le fait traverser par des étincelles électriques, ou passer dans un tube de porcelaine rouge de feu , il est décomposé et converti en acide nitrique et en air ordinaire 3.
Les soutiens. IL Le protoxide d'azote n'éprouve aucun changement qui nous soit connu, de l'action de soutiens simples de combustion, lors même qu'il est chauffé au rouge en contact avec eux.
Des III. Cet oxide étant lui-même un soutien de combustion,
simple." il est évident que les combustibles simples (au-moins quelques-uns d'entre eux) doivent le décomposer dans de certaines circonstances.
i . Lorsqu'on chauffe fortement au rouge un mélange de gaz hydrogène et de gaz oxide nitreux, ou qu'on le fait traverser par l'étincelle électrique , il y a détonation violente avec flamme rouge. Lorsque les proportions des gaz dans le mélange, sont à-peu-près égales, les produits sont de l'eau et de 1 azote. On y trouve aussi de l'acide nitrique, si l'hydrogène est en proportion moindre 4.
2. Le charbon plongé dans ce gaz, peut y être enflammé au moyen dune lentille. Il continue à brûler avec un grand éclat jusqu'à ce que la moitié, à-peu-près, du gaz soit consumée. Les résultats de cette combustion sont du gaz acide carbonique et du gaz azote 5.
3. Nous ne connaissons pas par expérience l'action du protoxide d'azote sur le bore et le silicium ; mais il n'est pas
• Priestley. II, Si.
* Davy, p. 89.
3 Priestley. II, 91 ; et Davy, ibld. , p. 279. < Prie-tley. II, 83 ; et Davy, p. 286. 5 Davy, p. 3 ix.