‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 8 sur 211 · DU PROTOXIDE D AZOTE · texte numérisé non relu

DU PROTOXIDE D AZOTE

douteux qu'ils y brûleraient et qu'ils lui enlèveraient la totalité de son oxigène.

4- X-e phosphore peut être fondu et sublimé dans ce gaz, PhospfaoM sans éprouver d'altération. 11 peut même y être touché avec uu fil métallique rouge de feu, sans éprouver de combustion ; mais si ce fil est chauffé au blanc, le phosphore brûle, ou plutôt il détone avec une violence prodigieuse. On a pour produit, du gaz azote, de l'acide phosphorique, et de l'acide nitrique; il reste une portion de loxide non décomposée ".

5. Le soufre, à la température ordinaire, n'est point soufre. altéré par ce gaz. Si , lorsqu'il est brûlant avec flamme bleue, on l'introduit dans ce gaz, il s'y éteint aussitôt. 11 continue au contraire d'y brûler avec beaucoup d'éclat, et avec

une belle flamme rouge, si, lorsqu'on l'y a plongé, il était à l'état de combustion avec flamme blanche; on a pour produit de l'acide sulfurique et de l'azote. Le soufre cesse de brûler, lorsque la moitié de l'oxide nitreux est décomposée 2 . On opère également la combustion de mélanges des g*z hydro-sulfurique , hydrogène phosphore et hydrogène carboné, avec le gaz oxide nitreux, en les exposant à une forte chaleur rouge. Les produits diffèrent selon les proportions des gaz mélangés.

6. Il n'a pas été fait d'expériences pour reconnaître l'action de l'arsenic et du tellure sur le protoxide d'azote. Il est probable que ces métaux lui enlèveraient son oxigène et qu'ils pourraient y brûler.

7. L'action, sur ce protoxide, des combustibles alcalifiaoles , n'a été qu'imparfaitement examinée.

(i) Lorsque le potassium est chauffé dans le protoxide -d'azote, le métal prend feu, et est d'abord converti en peroxide de potassium. Si l'on continue de chauffer, le peroxide est décomposé à son tour . et réduit à l'état de nitrite de potasse. Le protoxide d'azote est converti en un mélange de deutoxide d'azote et d'azote. Le sodium produit exactement les mêmes effets sur ce s?az 3.

(2) On ne peut douter que îes bases métalliques des terres

1 Davy, p. 3o3.

» Ibld.

3 Gay-Lussac etThénard, Pvecherches physico-chimiques. I, i63.

8 OXIDES INSALIFIABLES.

alcalines et des terres pures, si elles étaient chauffées clans ce gaz , le décomposeraient ; mais il n'a point encore été fait d'expériences à ce sujet.

Des létaux. (3) Le fer brûle dans ce gaz avec la même splendeur que dans le gaz oxigène, quoique la combustion ne dure que peu d'instans. Le fer est converti en oxide noir; l'oxrde nitreux est en partie décomposé; l'azote est dégagé, et l'oxigène s'est combiné avec le fer \ Le zinc peut aussi être oxidé dans ce gaz 2. Ses effets sur d'autres métaux n'ont pas été essayés.

IV. Humphry - Davy considérait ce protoxide d'azote comme étant susceptible de combinaison avec les alcalis, et de former avec ces substances des sels d'une nature particulière, auxquels il donna le nom de nitroxi , et que j'appelai depuis azotites. !1 formait ces composés en mettant l'alcali en contact avec le protoxide d'azote, au moment de sa formation.

Ainsi Davy exposait au deutoxide d'azote un mélange de potasse et de sulfite de potasse; le sulûte enlevait au deutoxide d'azote une portion de son oxigène, en le convertissant en protoxide d'azote, et ce protoxide, en s'unissant avec la potasse formait le composé dont il s'agit. On en séparait ensuite le sulfate de potasse par dissolution et cristallisation.

D'après la description des sels formés par Davy, je suis Très-porté à croire qu'ils étaient en réalité des nitrites de potassé et de soude. Ces sels étaient évidemment les mêmes que ceux formés par Gay-Lussac et Thénard, lorsqu'ils chauffaient le potassium et le sodium dans le protoxide d'azote 3, Composition y# -£n comparant les expériences de Davy 4 avec celles de Gay-Lussac et Thénard 5 , on ne peut douter que le protoxide d'azote ne soit formé de 2 volumes gaz azote et 1 vo-

' Priestîey. II , 86 ; et Davy, p. 286. a Davy, p. 817.

3 D'après une expérience de Gay-Lussac, il est évident que le «mlGte de potnsse employé par Davy était superflu. Aura, de Chim. et Phys. 1 , 397.

4 Researches . p. 278.

$ Recherches physico-chimiques. 1 , 166.

DU DEUTOXIDE DAZOTE. 9

lume oxigène, condensés en i volumes, ou, de i atome azote -+- 1 atome oxigène, en poids, de

Azote 1,75 100

SECTION IL

Du Deutoxide d'Azote.

I. Ce fnî le docteur Haies qui obtint accidentellement le Histoire. deutoxide d'azote, communément appelé gaz nitreux ; mais c'est Priestlev qui , lors de ses premiers essais sur la chimie pneumatique , eut lieu d'en examiner la nature et d'en rechercher les propriétés.

Comme les phénomènes que présente cet oxide, se lient intimement aux faits les plus importans de la chimie , ses propriétés furent examinées avec un grand soin , et ils attirèrent l'attention de presque tous les chimistes distingués.

1. On prépare cet oxide de la manière suivante : après Préparation. avoir introduit du cuivre ou du mercure dans une cornue

de verre, on verse par-dessus un peu d'acide nitrique étendu. Le métal est dissous rapidement avec une vive effervescence, et il se dégage en abondance, par le bec de la cornue, un gaz qu'on recueille sous des cloches de verre, et qui est \e gaz nitreux, deutoxide d'azote.

2. Ce gaz, lorsqu'il est pur, est invisible comme l'air, Propriété»; dont il possède toutes les propriétés mécaniques. Sa pesanteur spécifique est i,o4i6.

Le deutoxided'azote est excessivement nuisible aux animaux, qui ne peuvent le respirer sans être promptement suffoqués.

3. La plupart des corps combustibles refusent de brûler Soutien dans ce gaz. Une bougie allumée, par exemple, s'éteint dès ia combustion; l'instant qu'elle y est plongée. Il en est ainsi du soufre , lors

même qu'il est brûlant avec flamme blanche. Ce gaz est cependant capable d'entretenir la combustion de plusieurs corps, ainsi que s'en sont assurés, par leurs expériences, Priestley et Daw. Lorsqu'on y introduit du pyrophore de Homberg, il s'allume spontanément comme dans l'air atmosphérique; le phosphore en état d'inflammation y brûle aussi avec autant de splendeur que dans le gaz oxigène *.

* Davy, p. 134.

10 OXIÔÏS INSALIFIABLES.

Action de l'air. 4* Lorsqu'on mêle ensemble l'air atmosphérique et du deutoxide d'azote , le mélange prend à l'instant une couleur jaune. 11 y a dégagement de calorique ,. et le volume des deux gaz diminue considérablement. Cet effet n'a lieu que lentement, si l'expérience se fait sur le mercure ; mais il se produit très-promptement sur Teau. Lorsque la diminution du volume des gaz est parvenue à son maximum , le mélange devient d'une transparence parfaite. La couleur jaune est due à de l'acide nitreux qui s'est formé , et la diminution de volume , à l'absorption graduelle et à la condensation de cet acide. Il ne reste, après cette absorption , que du gaz azote. La cause de ce phénomène remarquable est évidente. Le deutoxide d'azote se combine avec l'oxigène de l'air, et forme de l'acide nitreux qui se condense, tandis que l'azote de l'air reste sous la forme de gaz. Ainsi , avec des quantités égales de deutoxide d'azote et d'air, la diminution de volume est toujours proportionnelle à la quantité d'oxigène présent daus l'air; d'où il suit, que par cette diminution, nous pouvons juger de la quantité de ce principe qui peut exister dans toute espèce d'air. Le même phénomène a lieu , lorsqu'on mêle ensemble du gaz oxigène et du deutoxide d'azote ; mais la condensation est beaucoup plus considérable. Elle serait en effet complète , si les gaz étaient parfaitement purs, et s'ils étaient mêlés en proportions convenables.

Composés H a été fait un grand nombre d'expériences pour déter-

»vec oxigène. . -, ». • î i • î -p i>

miner dans quelles proportions le deutoxide d azote et l oxigène s'unissent ensemble. Mais cette détermination est trèsdifficile à établir. Dalton est le premier qui ait expliqué d'une manière satisfaisante les anomalies , en faisant voir que l'oxigène peut s'unir avec le deutoxide d'azote en deux proportions différentes. 21 mesures de gaz oxigène s'unissent , suivant lui, à 3 6 mesures, ou à 36 -H a =7 2 mesures de deutoxide d'azote *. Dans son New system of chemic al philo sophj y après avoir présenté dans une grande étendue les résultats de ses expériences à ce sujet, il établit à i3o, 180, 36o volumes 2 f la quantité de deutoxide d'azote , pouvant s'unir à 100 volumes de gaz oxigène. Davy rapporte aussi le résultat d'un grand nombre d'expériences sur ces combinaisons ; mais ces expériences ne purent l'amener à des conclusions

* Phil. Mag. XXIII, 35i.

* Vol. II, p. 327.

par 1

tel..

DT DEUTOXIDE DAZOTftv I!

tes-positives !j Gav-Lussac \ qui a répété à différentes fois des expériences à ce sujet, en a conclu que ioo volumes de gaz #xigène , peuvent se combiner avec 1 33, 200, 4oo volumes de deutoxide d'azote 2. Ces nombres se rapprochent vraisemblablement beaucoup de la vérité ; mais comme toutes les proportions intermédiaires entre ces extrêmes, peuvent aussi se combiner avec 100 volumes d'oxigène , il est trèsdifficile d'obtenir des résultats définis. Les composés formés sont :

Acide nitrique avec 100 vol. oxigène — I— i53 vol. deutoxide d'azote-

Acide nitreux 100 ici -H 200 id.

Acide hvponitreux. 100 id -4- 4oo id.

5. Lorsqu'on fait passer des étincelles électriques à travers du deutoxide d'azote, il est décomposé et converti en acide uitreux et eu gaz azote3. Gay-Lussac a fait voir qu'étant fortement chauffé, il éprouve la même décomposition 4.

6. Le deutoxide d'azote est très-facilement absorbé par ^bsorM l'eau. Il parait , d'après une expérience de Davy, qu'un décimètre cube d'eau , à la température ordinaire , et préalablement dépouillée d'air, peut absorber iiBcentim. cubes de deutoxide d'azote , ou à-peu-près les 0,10 de son volume, ainsi que l'avait avancé Priestley. Mais les résultats des expériences du docteur Henrv ne s'accordent pas avec cette évaluation ; il a trouvé, qu'à la température de 160 centig., l'absorption du deutoxide d'azote par l'eau n'est que des 0,00 de son volume s. L'eau chargée de ce gaz n'a pas de saveur particulière-, elle ne verdit point les couleurs bleues végétales , on en chasse le gaz en la faisant bouillir 6. Le gaz se sépare également de l'eau quand elle se congèle 7.

II. Les soutiens simples de combustion (l'oxigène excepté) n'ont aucune action sur le deutoxide d'azote, lorsqu'il est sec ; mais le chlore le convertit, à l'aide de l'eau, en acide nitreux.

1 Elément* of chemical Philosophv, p. nC>n. Il tire reperdant de ses expériences l'importante déduction que l'acide nitrique e»t un composé do 10*1 2,;iz oxi^ène-j- i33 deutoxide d'azote,

3 Ànn. ut C'him. et Phys. 1, 894.

3 Priestley. II , 22.

* Ann. de Chi-ji. et Phys. 1 , 398.

5 Phil. Trans. ï8o3, p. 274*

* Davv, p. 1 13.

* Priestley. II , 4°7-

OXIDES INSALIFI ABLES.

£t métaux.

Action III. L'action des combustibles simples sur le deutoxide

combustibles, d'azote , n'a pas été examinée avec toute l'attention que le sujet méritait.

i. Le gaz hydrogène acquiert, par son mélange avec le deutoxide d'azote, la propriété de brûler avec une flamme verte. Ce mélange n'est point enflammé par les décharges électriques , mais il détone , suivant Fourcroy , lorsqu'on le fait passer à travers un tube de porcelaine rouge de chaleur -, il y a formation d'eau , et dégagement de gaz azote *.

2. Le deutoxide d'azote est décomposé par le phosphore et par le charbon, à une très-haute température, et probablement aussi par le. soufre. Ces substances sont converties en acides par leur combinaison avec l'oxigène du gaz dont l'azote est dégagé.

3. Plusieurs des métaux , et particulièrement le fer , ont la propriété de décomposer le deutoxide d'azote , et cet effet est facilité par la chaleur. Le docteur Priestley ayant tenu du deutoxide d'azote pendant quelque temps renfermé en contact avec des clous de fer , ce gaz fut converti en protoxide d'azote , en conséquence sans doute de l'absorption par le fer d'une portion de son oxigène 2. C'est de cette manière que ce chimiste fit la découverte du protoxide d'azote. Lorsque , par le moyen d'une lentille , on chauffe au rouge les clous de fer , la décomposition du deutoxide d'azote est complète; le fer en attire tout l'oxigène , et il ne reste que le gaz azote 3.

Le potassium agit sur le deutoxide d'azote précisément de la même manière que sur le protoxide. Il est converti d'abord en peroxide de potassium , et ensuite en nitrite de potasse. Mais le sodium n'éprouve pas le même changement dans le deutoxide d'azote 4.

IV. Le docteur Priestley trouva que le sulfate vert de fer avait la propriété d'absorber le deutoxide d'azote , et qu'on pouvait par cette raison s'en servir avec avantage pour connaître la pureté de ce gaz. Il suffit pour cela de mettre une petite portion connue de deutoxide d'azote en con-

Absorbé

par le sulfate

de fer.

1 Fourcroy. Il , 91.

3 Priestley. II , 54.

3 Ibid. p. 38.

4 Recherches physico-chimiques. I, i6ï.

du deutoxide d'azote. l3

tact avec du sulfate vert de fer dans un vaisseau fermé, pour déterminer , par la quantité de ce gaz qui reste et qui n'a pas été absorbée, la proportion des substances étrangères qui v étaient mêlées. Davy a prouvé que tous les sels qui contiennent l'oxide noir de fer , ainsi que plusieurs sels métalliques , ont la même propriété d'absorber le deutoxide d'azote sans l'altérer. On peut le leur enlever ensuite en presque totalité par l'application de la chaleur x.

Le deutoxide d'azote peut être converti en protoxide par les corps suivans, savoir :

Les sulfites alcalins.

Les sulfures hydrogènes.

L'hydrochlorate d'étain.

Le gaz acide hydrosulfurique.

Les limailles de fer ou de zinc , humectées d'eau.

Il ne s'agit , pour produire cet effet , que de garder pendant une semaine ou deux ces substances en contact avec le deutoxide d'azote dans des cloches qui en sont remplies. Les substances se combinent par degrés avec une portion de l'oxigène du gaz , et sont converties en oxides ou en sels*.

V. D'après les expériences de Davy , comparées avec celles de Gay-Lussac et Thénard , on ne peut douter que le deutoxide d'azote ne soit un composé de i volume de gaz azote , -h i volume de gaz oxigène , constituant ensemble 2 volumes. D'où il suit que c'est un composé de i atome azote, -h i atomes oxigène , ou en poids , de

Azote 1,75 100

Oxigène 2, 114,28

Converti

en

oxide nitreuxj

1 Davy, p 179.

» Priestley et Davy. Pendant l'action des deux derniers corps sur le deutoxide d'azote , il se forme aussi de l'ammoniaque.

l4 OXIDES INSALIFI AÊtES.

SECTION III

De l'Eau.

I. Ce liquide si bien connu , répandu avec faut d'abondance sur toutes les parties de la surface du globe, et d'une nécessité indispensable à l'existence de6 animaux et des végétaux, est, jusqu'à présent, le seul oxide d'hydrogène qui nous soit connu. Il suffit de distiller ce liquide pour l'avoir pur , et , dans cet état, il est parfaitement transparent, incolore, sans saveur ni odeur.

Poids. i. Ce liquide, à raison de ce qu'on l'obtient si facilement

à l'état de pureté, ayant été choisi de préférence comme étalon pour évaluer comparativement le poids de tous les autres corps, il est de la plus grande importance de connaître le sien avec précision. Mais sa densité varie avec la température. A celle d'environ 4°44 centigr. au-dessus de zéro , cette densité de l'eau est à son maximum, et elle n'éprouve point de changement sensible à 2 ou 3 degrés audessus ou au-dessous de ce terme. Il résulte des expériences1 faites avec le plus grand soin par Lefebvre-Gineau pour s'assurer du poids d'un kilogramme r , qu'un décimètre cube d'eau distillée, à son maximum de densité, c'est-à-dire, à la température de 4°,44 centig. en viron, pèse 18827,13 grains, poids de marc, valeur adoptée en conséquence, en France, pour le poids du kilogramme 2. Suivant le professeur Robisou d'Edimbourg, un pied cube anglais, ou 28,298404 décim. cubes d'eau distillée, à la température de 55° Fahrenheit ( 1 2^78 centig.), pèse 998,74 onces, avoirdupois,(de 437,5 grains troy chacune) ou 1,26 onces de moins de

1 Journ. de Phys. XLIX, 171

poids

de marc • d'où il suit , toujours d'après lui , que le pied cube anglais d'eau distillée au maximum de densité, pèse 437102/1946 grains troy, ou 999,0714161 onces avoirdupois, ou 28,298404 kilogrammes , évaluation un peu faible. M. Thomson paraît avoir pris 0,825573 pour le rapport du pied cube anglais au pied cube français. Suivant M. Tiberius Cavallo , ce rapport est 0,8261. ( Note du Traducteur. )

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