‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 73 sur 211 · DE L ACIDE MALI QUE · texte numérisé non relu

DE L ACIDE MALI QUE

Vauquelin s'est assuré qu'on peut se servir, avec plus d'avantage encore , pour la préparation de cet acide , du suc du lempervivum teclorum ( joubarbe des toits ) , dans lequel cet acide existe en abondance à l'état de combinaison avec la chaux. On peut très-facilement l'en extraire par le procédé que Vauquelin considéra comme étant préférable, et qui consiste à verser dans le suc de cette plante une dissolution d'acétate de plomb, et à décomposer le précipité produit, après l'avoir lavé, par l'acide sulfurique étendu ■ à la manière de Schéele.

On peut également se procurer l'acide malique par l'action de l'acide nitrique sur le sucre. En distillant de l'acide nitrique avec du sucre, à quantités égales, et jusqu'à ce que le mélange prenne une couleur brune (ce qui indique que tout l'acide nitrique en a été enlevé); on trouvera que ce mélange a acquis une saveur acide, et après en avoir séparé, par l'eau de chaux, tout l'acide oxalique qui a pu s'être formé, il reste un autre acide qu'on peut obtenir de la manière suivante. On le sature de chaux; en versant ensuite de 1 alcool dans la liqueur filtrée, il s'y forme un coagulum qui est l'acide combiné avec la chaux. On le sépare par la filtration , on l'édulcore avec une nouvelle quantité d'alcool , et après l'avoir dissous dans de l'eau distillée, on ajoute à cette dissolution de l'acétate de plomb jusqu'à ce qu'elle ne précipite plus : le précipité obteuu est l'acide combiné avec le plomb. On le décompose par l'acide sulfurique étendu, et l'acide reste pur a.

i. M. Donovan, en examinant dernièrement les différens procédés dont on avait fait usage pour la préparation de l'acide malique, annonce que celui de Vauquelin est le seul au moyen duquel on puisse se procurer cet acide à l'état de pureté 3. Il recommande cependant comme la meilleure méthode à employer, celle qu'il indique ainsi. On évapore aux deux tiers le suc du sempervivum tectorum , et après avoir laissé la li-

x Ano. de Chim. XXXIV, 127.

» Swedish Trans. et Crell\s Annals. 178a.

3 Je fis , il y a quelques années, une suite d'expériences ayant pour objet d'extraire l'acide malique du sue de pommes, ainsi que sur la formation de cet acide par l'action de l'acide nitrique sur le- Micre. Je suis en e'tat de certifier authentiquement les difficultés que présentent Tune et l'autre des méthodes dont M. Donovan donne l'exposé dans son mémoire.

queur en repos pendant quelques heures, on la filtre. En la mêlant alors avec un volume égal au sien d'alcool, il se dépose dans le liquide un coagulum qui est un sur-malate de chaux. Ce coagulum, après avoir été lavé avec de l'alcool, est séché à l'air et dissous dans l'eau. On précipite l'acide malique par l'acétate de plomb, et après avoir lavé le précipité, on le fait bouillir pendant quinze minutes dans une quantité d'acide sulfurique étendu, telle qu'elle ne suffise pas tout-à-fait pour saturer entièrement l'oxide de plomb qu'elle contient. Après avoir abandonué pendant quelques jours la liqueur à elle-même, on la filtre pour en séparer le sulfate de plomb. On y fait passer ensuite un courant de gaz acide hydrosulfurique jusqu'à ce que tout le plomb qui aurait pu être encore retenu en dissolution soit précipité. Après avoir filtré de nouveau la liqueur, on la fait bouillir dans un vaisseau ouvert jusqu'à ce que le gaz acide bvdrosulfurique soit expulsé. Le liquide ne contient plus alors que l'acide malique pur en dissolution dans l'eau x.

Propriétés. 2. L'acide malique, ainsi obtenu, est un liquide d'un brun rougeâtre, dune saveur très-aigre. Il devient, par l'cvaporatiou , épais et visqueux comme un mucilage ou un sirop, mais sans prendre la forme cristalline. Exposé en couches minces, à l'air sec, il se dessèche entièrement et prend l'apparence d'an vernis.

Chauffé à l'air, cet acide noircit, se boursoufle, exhale une fumée acre et laisse un charbon très-volumineux. Les produits de sa distillation sont de l'eau acide , un peu de gaz hydrogène carboné et une grande quantité de gaz acide carbonique*.

3. Il est très-soluble dans l'eau ; il se décompose par degrés et spontanément dans les vaisseaux où on le conserve, par une sorte de fermentation qu'il y éprouve 3.

j. L'acide sulfurique le charbonne, et l'acide nitrique le convertit en acide oxalique 4; d'où il suit, évidemment qu'il est composé d'oxîgène, d'hydrogène et de carbone , mais dans des proportions qui n'ont pas encore été déterminées.

1 Pinl. Trans. i'8i5.

' Fourrroy. VII, io,g.

3 J';ti garde une fois , pendant quatre ans, nue certaine quantité de cet acide, qui n'éprouva d'autre altéra lion que d'être devenu, d'une couleur pins foncée.

■» Schcele et Hermbstadt.

DE L'ACIDE SORBIQUE. 200

L'acide malique se combine avec les alcalis, les terres et oxides métalliques ; il forme ainsi des maintes.

Gel acide, qui ressemble beaucoup à l'acide citrique, en diffère néanmoins par les particularités suivantes, savoir :

i.° L'acide malique ne cristallise pas, tandis que 1 acide citrique se forme en très-beaux cristaux -,

2.0 Le sel que L'acide cit ique forme avec la ebaux est presque insoluble dans l'eau bouillante , qui dissout au contraire, avec facilité, le sel que produit la combinaison de l'acide malique avec la même base , ou le malate de ebaux ;

3.° L'acide malique précipite les dissol lions de mercure de plomb et d'argent dans l'acide nitreux, et aussi la dissolution d'or, étendue d eau, dissolutions que l'acide citrique n'altère en aucune manière ;

4 ° L'acide malique semble avoir moins d'affinité pour la chaux que l'acide citrique; car en faisant bouillir, pendant une minute seulement, une dissolution de chaux dans lacide malique avec un sel formé d'ammoniaque et d'acide citrique, il y a décomposition , le dernier acide se combine avec la chaux, et le citrate de chaux formé se précipite.

SECTION XIX

De l' Acide sorbique.

M. Donovan découvrit, en 1810, cet acide dans le suc exprimé des baies du frêne de montagne , le pyrus auciïparia * des botanistes.

On peutretirerl'acidedeces baies, en les traitant parle pro- Préparation cédé de M. Donovan. Après en avoirrassemblé de parfaitement mures et les avoir d'abord brovées dans un mortier de porcelaine, on les presse dans un sac de toile. On en obtient ainsi près de la moitié de leur poids de suc d'une pesanteur spécifique de 1,077. ^e S11C avant été passé est mêlé avec une dissolution filtrée d'acétate de plomb. On sépare par le filtre le précipité, sur lequel, après l'avoir d'abord lavé à l'eau froide, ou verse une grande quantité d'eau bouillante, qu'on laisse s'écouler } en le traversant, dans des jarres de verre.

* Son nom ancien était sorbus aucuparia , dcù M. Donovan a donné celui de sorbique à l'acide.

Au bout de quelques heures le liquide devient opaque , et iî s'y dépose des cristaux d'une grande beauté, ayant beaucoup d'éclat. La matière restant sur le filtre devient alors dure et cassante; mais elle peut encore fournir une plus grande quantité de cristaux en la traitant ainsi qu'il suit. On la fait bouillir pendant une demi -heure avec une quantité d'acide sulfurique étendu , plus que suffisante pour saturer tout le plomb que ce résidu contient. Après avoir filtré la liqueur, on la traite de nouveau avec de l'acétate de plomb. Le précipité , lavé à l'eau froide , puis à l'eau chaude , comme dans la première opération , donne une nouvelle quantité de cristaux. On peut continuer à procéder ainsi jusqu'à ce que l'acide uni au plomb ait été obtenu en presque totalité à l'état de cristallisation.

On rassemble alors les cristaux formés. On les fait bouillir pendant environ une demi-heure avec 2,3 fois leur poids d'acide sulfurique de 1,090 de pesanteur spécifique, en remplaçant l'eau à mesure qu'elle s'évapore, et en avant soin de remuer continuellement le mélanee avec une baeuette de verre. Apres avoir versé la liqueur claire dans une jarre de verre de petit diamètre, on la fait traverser, pendant qu'elle est encore chaude, par un courant de gaz acide hydrosulfurique. Lorsque tout le plomb a été précipité, et que le liquide a été filtré, on le fait bouillir dans un bassin à l'air, jusqu'à ce que tout le gaz acide hydrosuîfurique ait été chassé. La liqueur ne consiste plus alors qu'en une solution aqueuse d'acide sorbique.

Fropnéiés. I# L'acide sorbique , ainsi préparé, est un fluide transparent, sans odeur et sans couleur II se dissout dans l'alcool, et en toute proportion dans l'eau. 11 se forme par l'évaporation en une masse solide et incristallisable qui est déliquescente. A la distillation, la liqueur qui passe ne donne aucune trace d'acidité. Sa saveur est tellement aigre qu'elle produit une sensation douloureuse sur l'organe du goût. Cet acide n'éprouve pas beaucoup d'altération lorsqu'il est gardé sans être combiné.

2. En le faisant bouillir avec le raaîate de plomb, il décompose ce sel , et il se dépose du sorbate de plomb en cristaux.

3. L'acide sorbique se combine avec l'oxide de plomb en trois proportions. Le sous-sorbaîe de plomb est en masse

DE L5ACIDE FORMIQUE. 2o5

dure , ou en poudre graveleuse. Le sorbate est une poudre blanche, qu'on peut obtenir par sa dissolution dans l'acide sorbique, enj)eaux cristaux argentins. Le sur-sorbate a une saveur sucrée, et il est soluble dans l'eau.

4- Avec la potasse, la soude et l'ammoniaque, l'acide sorbique forme des sels cristallisables , contenant un excès d'acide. Ces sels sont solubles dans l'eau, mais ils ne se dissolvent pas dans l'alcool.

5. La combinaison de l'acide sorbique avec la chaux et la barite produit des sels neutres qui se déposent à l'état pulvérulent. Les carbonates de chaux ou de barite mis et agités dans une quantité suffisante d'acide sorbique , le neutralisent complètement.

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