‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 79 sur 211 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

qui se produit prouve suffisamment , en indiquant la présence de l'acide carbonique, que le précipité est d'une composition encore plus compliquée. Ainsi ce moyen ne paraît pas devoir mériter la préférence.

Ciu?uième. Le procédé de Bouillon-Lagrange consiste à verser dans une infusion de noix de galle de la dissolution de carbonate d'ammoniaque cristallisé, jusqu'à ce que la liqueur ne se trouble plus. Après avoir séparé par le filtre le précipité produit, on le lave avec de l'eau froide jusqu'à ce qu'elle soit incolore. On met alors ce précipité en digestion, à plusieurs reprises, dans de l'alcool de 0,817 ^e pesanteur spécifique, jusqu'à ce que la liqueur alcoolique ne rougisse plus la teinture de tournesol. On enveloppe alors le précipité dans plusieurs doubles de papier Joseph pour le priver ainsi de son buruidité, sans le faire sécher complètement *. Mais il est évident que cette méthode ne peut suffire pour séparer le tannin de la matière extractive avec laquelle il paraît être chimiquement combiné, sixième Quoique cette méthode, qui est celle de Trommsdorf, ne soit pas à l'abri de toute objection, il paraît néanmoins qu'elle procure le tannin dans un état de plus grande pureté qu'aucune autre imaginée jusqu'à présent. Elle consiste à mettre en digestion pendant trois jours, à la température de 190 centigrades, un mélange de 3 parties de noix de galle en poudre, et de 40 parties d'eau, en le remuant souvent. Après avoir passé cette liqueur à travers un filtre de toile, on traite, avec une quantité nouvelle de 4° parties d'eau, la poudre de noix de galle restée sur le filtre ; on répète successivement ces digestions aTec de nouvelle eau jusqu'à ce que la dernière n'ait plus de couleur, et ne produise aucun effet sur la dissolution de fer. Ces différentes infusions étant réunies, on les évapore aux o,25, dans une bassine de porcelaine, a une douce chaleur. On passe alors le liquide trouble à travers une toile serrée , et par ce moyen il s'en sépare une certaine quantité à'extractif. On évapore ensuite la liqueur filtrée jusqu'à consistance d'une gelée, et on la met dans une capsule de porcelaine qu'on place près d'une étuve jusqu'à dessication complète. La substance brune ainsi obtenue était mise en digestion avec trois fois son poids

* Anu. de Chim. LVI , 17a.

d'alcool pur », et à trois reprises successives, jusqu'à ce que la dernière portion d'alcool ne présentât plus de trace diacide gallique* Pour être sur que tout l'acide gallique est séparé , on faisait encore infuser, deux lois successivement, le résidu séché, dans l'alcjol contenant 0,10 d'eau. Trommsdorf considérait alors ce résidu comme étant du tannin à un trèsgrand degré de pureté, quoique sali encore par un peu de matières extractive et muqueuse. Pour l'en débarrasser, il le dissolvait alors dans de l'eau distillée-, il évaporait ensuite la dissolution à siccité , et à plusieurs reprises, dans l'espoir de reudre l'extractif insoluble, mais il n'en put rien séparer par ce moyen. En abandonnant pendant quelque temps la dissolution à elle-même dans un lieu chaud , il se formait à sa surface une moisissure qu'il attribuait à la présence d'une portion de mucilage, et qu'il enlevait; en la filtrant alors, et en l'évaporant à siccité, elle donnait pour résidu du tannin trèspur, mais cependant encore avec un peu de sulfate de chaux. Pour le séparer de ce sel, Trommsdorf ajoutait, a la dissolution dans l'eau de ce résidu, du carbonate de potasse jusqu'à ce qu'il ne s'y formât plus de précipité. Eu versant ensuite , dans cette dissolution filtrée, de l'acétate de plomb, il s'y déposait une poudre consis'aut en une combinaison de l'oxide de plomb avec le tannin. Cette poudre étant bien lavée, et séchée, il la mêlait avec de l'eau, et y faisait passer un courant de gaz acide hydrosulfurique. Le plomb, eu se combinant avec le soufre, était ainsi séparé du tannin qui restait en dissolution dans la liqueur. Il la filtrait alors, la faisait bouillir et l'évaporait à siccité. Il avait pour résidu du tannin le plus pur qu'il soit possible de l'obtenir des noix de galle 2.

3. Le cachou , qu'on appelle aussi terre du Japon , est une Du catheu. substance qui s'obtient par décoction, et par evaporation , d'une espèce de mimosa très-commun dans llnde. Cette substance, d'un brun rougeàtre, d'une saveur astringente et laissant une impression douceâtre, ne s'altère point a l'air. 11 y en a deux variétés; l'une venant de Bombay, dont la couleur est la moins foncée, et la pesanteur spécifique de 1,^9 ; et l'autre, qu'on apporte du Bengale en Europe 3 est

1 On ronsidère actuellement comme pur, ou entièrement prive d'eau , l'alcool d une pesanteur spécifique de c,~go. 1 Gehlen. III, nj et 124.

d'une couleur Je chocolat, ayant une pesanteur spécifique de 1,28 *. Davy, qui examina cette substance, la trouva principalement composée de tannin combiné avec une matière extractive d'une nature particulière. En évaporant à siccité une infusion dans l'eau distillée à fi oil, et pendant peu de temps, des parties les plus foncées du cachou, on a, pour résidu, une combinaison de tannin avec une très-petite quantité d'extractif. On peut Jonc employer cette substance pour reconnaître les propriétés du tannin.

Propriété 4- Le. tannin , extrait des noix de galle parla méthode de Trommsdorf, est une substance brune, cassante, et à fracture résineuse. Sa saveur est, comme celle des noix de galle, amère et très-astringente.

Il se dissout facilement dans l'eau, soit à froid, soit à . chaud, et forme ainsi une dissolution de couleur brune, que Trommsdorf a reconnue n'être susceptible ni de se moisir, ni de se décomposer spontanément par son exposition à l'air à une chaleur médiocre.

insoluble L'alcool pur ne dissout point le tannin; mais cette substance devient aisément soluble dans ce liquide lorsqu'il est étendu d'eau, même en petite proportion. Ainsi de l'alcool de 0,818 de pesanteur spécifique, dissout le tannin, quoique, d'après la table de Lovvitz, il ne contienne que 0,10 d'eau. Richter semble être le premier qui ait observé ces faits importans , et indiqué le procédé que nous avons déjà décrit pour se procurer l'acide gallique à l'état de pureté. Action 5. On voit, par les expériences de Proust, Davy, et

Deyeux , que le tannin est susceptible de combinaison avec l'oxigène; mais il est en même-temps, ou décomposé entièrement, ou complètement altéré dans sa nature. Ainsi l'acide nitrique le convertit en une matière d'un brun jaunâtre , so lubie dans l'alcool, et analogue par ses propriétés à un extrait fl. Le chlore produit des effets semblables -, et Prous a observé que le peroxide d'étain le change aussi en m extrait 3 , ce qui provient peut-être de ce qu'il lui commu nique de l'oxigène.

1 Davy. III, 25a.

a Davy. Phil. Trans. i8o3, p. 241.

1 Ann. deChiiu. XLII, q3.

de r

oxi^ene.

DU TANNIN. 22g

6. On n'a pas examiné les effets des corps combustibles simples sur le tannin.

7. II ne parait pas que les métaux agissent fortement sur Aft le tannin*; mais presque tous les oxides métalliques ayant JJ^ de l'affinité pour cette substance, ils peuvent s'y combiner ,

et former ainsi des composés qui sont ordinairement presquinsolubles dans leau ; et c'est par cette raison que l'infusion de noix de galle précipite si facilement les dissolutions métalliques. Les chimistes se sont peu occupés de ces composés , à l'égard desquels nos connaissances se bornent jusqu'à présent aux faits suivans.

Lorsqu'on fait bouillir les peroxides d'étain, ou de zinc , dans une infusion de noix de galle , ils acquièrent une couleur jaune foncée, et s'emparent de toutes les parties constituantes de l'infusion, en n'y laissant que l'eau pure. Les oxides, dans cet état de combinaison avec le tannin, etc., sont en partie solubles dans l'acide hvdroclilorique, et la dissolution indique la présence du tannin, et de l'acide gallique ■« Par son action sur l'infusion à froid, le peroxide detain se charge, en peu de jours, de tout ce qui la compose*, mais Proust2 assure que dans ce cas, l'acide gallique est presqu'entièrement détruit , et qu'une portion du tannin est mise à l'état d'extrait.

Le précipité que produit le mélange des sels métalliques avec l'infusion de noix de galle , consiste dans l'oxide métallique combiné avec le tannin , l'extrait , et l'acide de l'infusion ; et suivant Davv, il contient aussi une portion de l'acide du sel métallique 3.

Le tannin paraît ne produire aucun changement sur la dissolution de sulfate de fer; mais dans celle du sulfate de peroxide de ce métal, il produit immédiatement un précipité bleu foncé qui est une combinaison du tannin avec l'oxide. Ce précipité, lorsqu'il est desséché, devient noir, et les acides le décomposent.

Si la proportion du sulfate de peroxide de fer, ajouté à la dissolution du tannin, est trop considérable, l'acide sulfurique, devenu libre par la combinaison du fer et du tannin , suffît pour redissoudre le précipité à mesure qu'il se tonne; mais

1 Davy, Phil. Tons. i8o3 . p. i\ \.

2 Ann. de Chien. XLÎl , qi.

3 Phil. ïrans. iSo3, p. 248.

le précipité peut s'obtenir facilement, en saturant, avec précaution, l'excès d'acide par la potasse. En opérant de cette manière, tout le sulfate de peroxide de fer qui reste dans la dissolution sans être décomposé, est converti en sulfate. Ce changement provient, suivant Proust, de ce que le tannin enlève de l'oxigène au fer.

*\!"h,',?« ^' ^ne ^es ProPrrétés les plus importantes du tannin , est *recu^!auùe celle qu'il a de former, avec la colle-forte ou gélatine, un composé insoluble. On emploie en conséquence le tannin comme moyen d'essai pour découvrir la présence de la gélatine dans les fluides animaux ; de même que , d'un autre côté, on se sert des dissolutions de gélatine pour reconnaître la présence du tannin dans les fluides végétaux, et pour en évaluer la quantité. Mais si le composé de gélatine et de tannin n'est pas soluble dans l'eau, il se dissout dans l'une et l'autre dissolution de tannin et de gélatine lorsqu'elles sont suffisamment étendues. Il faut donc, pour que la dissolution de gélatine indique la présence du tannin, qu'elle soit aussi concentrée que cela est possible,. sans nuire à sa parfaite fluidité; car la colle, lorsqu'elle est gélatineuse, n'agit point sur le tannin. Il est nécessaire aussi de Pemplover nouvellement préparée, parce qu'elle perd, si elle est à l'état de putréfaction, sa propriété de précipiter le tannin1. Davy s est assuré que la composition de cette dissolution , dans les meilleures proportions pour s'en servir, est celle formée de 8 grammes de colle de poisson * dans 622 grammes d'eau. Il faut avoir soin que la dissolution de gélatine, à ajouter au liquide dont ou veut séparer le tannin, n'y soit pas en excès; car dans ce cas, cet excès de dissolution de gélatine redissout la combinaison de tannin et de gélatine. Ce composé, séché à la température de 66° centig. , consiste, d'après l'analyse que Davy en a faite, en

54 Gélatine.

46 Tannin.

1 Je me suis assun': qu'en ajoutant même de Palcool en proportion de ec qui reste de gt'Uline en dissolution , on ne parvient pas à la rétablir dans l'état convenable pour cet essai.

1 La colle de poison est la colle ou h platine, à lV'tat de pureîe presque parfaite, ainsi que l'a fait vo:r M Hatchett

1 Phi) Traus. l8o3 a 7r>n.

des alcalis.

q. Les combinaisons du tannin avec la potasse et la soude. ac ion forment des composés moins solubles dans l'eau que ne l'est des alcal le tannin à 1 état de pureté -, et ces combinaisons ne précipitent point la colle , à moins que l'alcali qui y entre , ne soit saturé par un acide l. L'ammoniaque produit les mêmes effets. Les alcalis fixes précipitent les dissolutions concentrées de tannin , ce que ne fait point l'ammoniaque a.

Lorsqu'on ajoute de la potasse ou de la soude à une infusion de noix de galle , le liquide devient d'un brun rougeàtre , et perd la propriété de précipiter la gélatine jusqu'à ce que l'alcali soit saturé par un acide. L evaporation à siccité de l'infusion alcalisée , donne pour résidu une masse de couleur olive d'une saveur faiblement alcaline, et déliquescente à l'air. L'ammoniaque agit de même sur l'infusion de noix de galle ; mais en cbauffant le mélange au degré de l'eau bouillante , une partie de l'ammoniaque se dégage -, il se forme un précipité qui consiste , pour la plus grande partie, en tannin et en acide gallique, et Pextrait reste en dissolution 3.

10. L'eau de barite , ou de chaux, précipite la dissolu- D« **"•" tion de tannin en une combinaison de tannin avec la terre , et la liqueur devient à-peu-près incolore. Le précipité se dissout difficilement dans l'eau, et n'agit point sur l'infusion de gélatine , jusqu'à ce que la terre ait été saturée par un acide 4.

En agitant avec une infusion de tannin , de la magnésie nouvellement précipitée , elle se convertit , par son union avec une portion de cette substance, en une poussière d'un brun enfumé, que l'eau ne peut dissoudre, mais qui est soluble dans les acides. L'alumine agit de la même manière sur linfusion de tannin , et forme un composé semblable 5.

Les eaux de barite , de stroutiane , ou de chaux , précipitent l'infusion de Doix de galle. Le précipité , de couleur olive , consiste non-seulement en tannin , mais encore il contient de Textractif , et la plus grande partie de l'acide

1 Trommsdorf, Gehlen. III, 14 j.

» Ibul.

8 Davy, Phil. Trans. i8o3, p. 241.

* Trommsdorf, Gehlen'à Jour. III, 1 }5.

$ Ibid.

gallique en état de combinaison avec la terre. En mêlant , ou en faisant bouillit* de la magnésie avec cette infusion, elle se combine avec toutes les substances qui s'y trouvent , et forme, avec le tannin etl'extractif, un composé insoluble d'un jaune sale, qui se dépose, et le gallate reste le plus souvent en dissolution dans la liqueur à laquelle il donne une couleur verte. L'alumine, en petite quantité, produit exactement le même effet; mais lorsqu'on l'emploie en proportion plus considérable, elle sépare toutes les substances qui constituent l'infusion ■'.

Les carbonates terreux qu'on fait bouillir dans une infusion de noix de galle, en séparent le tarfnin et l'extractif; tandis qu'en se combinant avec l'acide, ils forment un sel qui reste en dissolution dans le liquide et qui lui donne une couleur verte \ Des acides. ii. Les acides ont, pour la plupart, la propriété de former avec le tannin, des combinaisons qui sont plus ou moins solubies. Les acides acétique, phospborique, oxalique et raalique ne précipitent point la dissolution concentrée de noix de galle. L'acide arsenique y produit un précipité abondant, soluble dans l'eau bouillante, et cette liqueur précipite la gélatine lorsque l'acide a été neutralisé par un alcali. L'acide hydrochlorique produit également dans l'infusion de noix de galle un précipité qui se dissout le plus ordinairement dans l'eau chaude. L'acide sulfurique agit de même, mais il altère et décompose par degrés le tannin. L'acide nitrique ne précipite point l'infusion de noix de galle, le mélange s'échauffe et prend une couleur rouge qui passe peu-cà-peu au jaune. Il se produit, par l'action de cet acide, une substance de saveur amère qui a les propriétés de l'acide mahque3.

12. Le tannin donne à la distillation une liqueur acide qui noircit les dissolutions de fer, parce qu'elle contient une petite quantité de tannin qui n'a point éprouvé d'altération. Il passe aussi un peu d'huile empyreumatique, et il reste un charbon volumineux dont la quantité s'élève aux o,o2o'3 du tannin distillé 4.

' Davy, Phil. Trans. iSo3, p. »Au

1 Trommsdorf , Gehleti's Journ. III, t$l.

* Proust, Auu. do Chim. XXXV, 35.

DU TANNIN* ^3û

i3 Berzelius a fait dernièrement, et avecbeaucoup d'exac- Compose* titude,l'analvse du tannin Ml forma d'abord un compose neutre dejannin et d'oxide jaune de plomb, on un tannate de plomb. Il trouva qu'il consistait en

Tannin 100 26 920

Oxide de plomb 02 14.

Il paraît, d'après cette analyse , qu'un atome de tannin ne pèse pas moins de 26.923. Sous considérerons le poids dun atome de tannin , résultant de cette analyse , comme étant 26,875. Berzelius détermina ensuite les parties constituantes du tannin ainsi qu'il suit :

Hydrogène 4, 186

Carbone 5i,i6o

Oxio-ène 44,654

Or , la constitution du tannin , ainsi qu'elle est établie par ces nombres , se rapproche de très-près de sou poids , tel qu'il dérive du tannate de plomb , savoir :

9 Atomes hydrogène = l'\2D

18 Atomes carbone = 10,5

1 2 Atomes oxigène = 12,

La différence entre ces deux nombres est équivalente à a atomes d'hydrogène. Je regarde comme le plus probable que le nombre 26^620 est celui qui se rapproche davantage

de la vérité 2.

14. Telles sont les propriétés jusqu'à présent reconnues du tannin des noix de galle. Il peut rester des doutes sur quelques-unes d'elles , à raison de la difficulté qu'il y a de se procurer le tannin à l'état de pureté. Aussi les chimistes ont-ils cru devoir préférer l'emploi comme réactif, de la dissolution entière de noix de galle.

On fait un très-grand usage de cette dissolution pour la EnCre

1 Armais of Philnsophv. "\ , 1^2. ,

* Il est probable que le poids réel est 8,870 , c'est-à-dire cpi il diffère de l'acide gallicjue , comme contenant un atome de plus d oxigène.

teinture. Elle forme le principal ingrédient de Y encre à écrire. On ignore à quelle époque ce liquide important fut appliqué à cet objet ; mais la composition de l'encre des anciens , analogue à celle dont se servent à présent les imprimeurs , était d'une composition très-différente. Le docteur Lewis a fait un grand nombre d'expériences , et de recherches intéressantes sur la meilleure manière de faire l'encre.

Ce liquide , qui consiste en une dissolution de sulfate de fer dans une infusion de noix de galle, semble devoir principalement sa couleur noire à une combinaison du tannin avec l'oxide de fer, ou peut-être même avec le sulfate de fer, et en partie aussi à la combinaison de l'acide gallique et de l'oxide de fer. On produit le plus beau noir en employant le sulfate de fer et les noix de galle à poids égaux ; mais cette couleur s'affaiblit très-promptement : il faut , pour la rendre permanente, que la proportion des noix de galle soit triple de celle du sulfate de fer. Aucune autre dissolution de fer que le sulfate de ce métal ne produit , avec les noix de galle, la même nuance de noir. Lorsqu'on étend de beaucoup d'eau, le mélange d'infusion de noix de galle et de sulfate de fer , la matière noire se précipite , et forme un sédiment qui n'est plus soluble. Par une addition de bois de campêche , on donne de l'intensité à la couleur noire de l'encre. Le docteur Lewis indique la composition suivante comme devant produire l'encre de la meilleure qualité:

Bois de campêche 3 2 grammes.

Noix de galle en poudre. 96

Sulfate de fer 32

Eau de 12a il\ kilogrammes.

On fait bouillir le bois de campêche, et les noix de galle dans l'eau , en ajoutant de ce liquide en proportion de ce qui s'en évapore. On passe le mélange à travers un linge , puis on met dans la liqueur filtrée le sulfate de fer, en y ajoutant eu même-temps de 3s à 64 grammes de gomme arabique. Dès que la dissolution de ces substances est opérée, l'encre est bonne à employer *. Quelques-uns recommandent l'addition d'un pende clous degérofle en poudre, afin d'empêcher la moisissure.

* Lewis's Fhil. Comm. p. 377.

i5. Proust a annoncé , comme son opinion particulière , qu'il existe , dans les substances végétales , plusieurs espèces de tannin, différentes les unes des autres ; de même qu'il y a diverses espèces d'huiles , de résines, etc. 11 a même indiqué plusieurs de ces variétés en présentant leurs caractères distin ctifs *.

Il u'est pas invraisemblable que cette opinion de Proust ne Espaces

i , . i . r , , . de tannin'

soit fondée, et les expériences de M. Hatchett servent a la confirmer; mais on ne peut l'admettre comme vérité démontrée , que lorsqu'on sera parvenu à découvrir un procédé pour obtenir le tannin parfaitement pur; car jusque-là, les différences que Proust a trouvées entre ses variétés, peuvent être attribuées à la présence de substances étrangères qui masquent les propriétés du tannin. Quoi qu'il en soit , nous reviendrons sur ce sujet , et nous le considérerons dune manière particulière, dans la seconde partie de cet ouvrage, en y présentant rénumération des diverses substances qui contiennent le tannin.

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