‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 101 sur 136 · V. Nons ne connaissons point de composé de nickel et de · texte numérisé non relu

V. Nons ne connaissons point de composé de nickel et de

' Thénard , yinn. de Chim. L. lîS.

• Davy, Phil. Trans. ibii, 25.

DU NICKEL. ^5l

ifiuor , et ce métal ne semble pas susceptible de s'unir avec iazofe on Ihvdrogène.

M. Le nickel contient toujours, suivant Tuppuîi , une ^^^t,.,,, portion de carbone , lorsqu'il a été préparé par le procédé décrit au commencement de cette section. Lorsqu'on le dissout dans les acides, il abandonne ce carbone à létat de charbon. Vil. On ne connaît point de combinaison du nickel avec le bore ou le silicium.

VIIL On obtient le phosphure de nickel . soit eu fon- Phosphure. dant ce métal avec le verre pbosphorique, soit en y projetant du phosphore lorsqu'il est chauffé au rouge. Ce phospbure est blanc; sa cassure offre des prismes très-déhés réunis ensemble. Lorsqu'il est chauffé, le pbosphore brûle et le méfal est oxidé. Il est composé de 83 parties de nickel et de 17 de phosphore ^ Cependant le nickel qui servit à cette opération nétait pas pur.

Suivant Lampadius , le phosphure de nickel est composé de joo nickel et i5 phosphore, ou de 3 atomes de i)ickel+- i afôme de phosphore. 11 annonce que ce phosphure est d"ua blanc d'étaiu avec éclat métallique. 11 est médiocrement dur, et très-cassant; sa cassure est feuilletée, et il n'est pas attirable à l'aimant \

IX. Cronstedt troiiva quou peut aisément former le sulfure de nickel par la fusion. Celui qu'il obtint ainsi, était s.Fure. jaune, dur, et à perites facettes étiucelantes; mais le nickel dont il se servait, n'était pas pur.

Lampadius décrit le sulfure de nickel , comme éîant d'un blanc jaunâtre; il le trouva composé de 100 nickel -j- 10 de soufre ^ : ce qui Fctablirait formé de 6 atomes de nickel et de i atome de soufre ; mais il est vraisemblable que cette détermination de composition était incomplète. Le sulfure de nickel n'est pas attirable à l'ainwnt. • X. Le nickel se combine facilement avec l'arsenic; et en effet on le trouve rarement sans être uni en plus ou'moins Aiifage grande proporion avec ce métal. Cet alliage a une nuance ^^'^'^ '■"""^=de rouge, il est très-dur, et sa pesanteur spécifique est de

' Pclleiier, yfnn.de Chim. XIII, i35, * Aiin.iis of Pliilosophv. IV. G3.

^ lùid.

Avec le fer.

beaucoup inférieure à celle moyenne des deux métaux. Il n'est pas niagnéfiqne. L'arsenic a la propriété remarquable de détruire la propriété magnétique du fer, et de tous les autres métaux qui la possèdent.

XI. On ne connaît point d'alliages du nickel avec le tellure , les bases métalliques des alcalis fixes, des terres alcalines et des terres pures. Il se combine aisément avec le fer; mais les propriétés de cet alliage n'ont pas été examinées. Suivant Lampadius, un alliage de 5 parties de nickel et 2 parties de fer, est médiocrement dur, tout-à-fait malléable, et il a la couleur de l'acier ^

SECTION III

Du Cobalt.

Histoire. I. On employait depuis le quinzième siècle, dans plusieurs contrées de l'Europe, pour donner au verre une couleur bleue, un minéral gris et très-pesant, sans en connaître la nature, lorsqu'on 17^ >, Braudt l'ayant examiiié, y découvrit un métal nouveau, auquel il donna le nom de cobalt\ Oo

Annals of Philosophy. V, 62.

» Le mot cobalt paraît être dérivé de celui cohalus , nom d'un ,nrit nui, suivant les tintions superstitieuses de ces temps-là, fré-

parce qu'à raison des fausses espérances q<. .. --... ^.^^ , ^^-

ce qu'il rendc.il souvent leurs travaux sins frnit, il les lourmentaU autant que IVsnrit supposé. L'usage s' t-tait introduit autrefois dans rnffice des églises d'Allemagne de prier Dieu à rtffet de préserver les mineurs ei leurs tr;naux des kobalts et esprits, Beckman s. HiEtorv of Inventions. IL 362. j • /• •/

Matheshis, en parlant, dans son lo^ sermon, de ta cadmiejnssile (probablement mine de cobalt , dit : « Vous, mineurs, l'appelez cnbolt, les Allemands l'appellent le diable noir, les viedies prostituées et sorrbres du di.,ble, le nor et y\eux knhel ; qui, parleurs maléfices , nuisent iuix peuples et à leurs bestiaux. »

Lehmanu, Pa^v, Oelav^d , et plusieurs nuties savons ont suppose qne r< maif oxide de cbali fondu avec le verre et réduit en poudre ) était rounu des anciens , et qu'ils s'en servaient pour donn. r au verre celte belle couleur bleue qu^on remarque encore dans quelq.ies-uns de leurs ouvrages ; mais il résulte de l'analyse qu'a faite Umelia

Dr COEALT. 4^^

trouve (î^ns la Cadmialogie du Lehmann , publiée en 1^6 1 *, de grands détails sur l'histoire et les propriétés de ce uiéul. Bergman confirma en 1780, dans plusieurs dissenaliofis, la découverte de Brandt, et y ajouta quelques faits ^ On ne s'en était presque pas occupé depuis, lorsqu'eu 179^. il fut publié un mémoire de M- Tassaert, sur ce métal ^. On entreprit, en 1800, à TÉcole des mines de Paris, un travail suivi, qui avait pour objet d'obtenir le cobalt parfaitement pur, et d'en reconnaître les prop'iétés dans cet état "♦. Thénard fit en 1802, sur ce métal, une nouvelle série d'expériences qui répandirent de grandes lumières sur ses comlDinaisons avec l'oxigène '. En 1806, Proust publia une suite d'expériences sur le même sujet ^. On s'est attaché en dernier lieu, avec beaucoup de soin, à chercher une méthode pour purifier ce métal; mais il ne paraît pas qu'on en ait trouvé aucune jusqu'à présent qui soit parfaitement exempte de toute objection 7.

1. Le cobalt est d'un gris un peu rosé et sans aucun Propriété». éclat. Sa texture varie suivant le degré de feu qu'on a em-

piové pour le fondre. Il est ou lamellcux , ou g; euu , ou fibreux^. Ce métal n'a ni odeur, ni saveur se: s blés.

2. Il est mou; sa pesanteu' spécifique, suivant Tassaert, est 8.5384 ^ , et suivant Lampadius 8,7 ^°.

3. Il est cassant et se réduit aisément en poudre; mais, s'il faut en croire Léonhardi, il est un peu malléable lors-

de quelques morceaux de leur verre , que cette couleur bleue n'était pas due à la pre'sence du cobalt, mais à celle du fer.

La mine de cobalt fut em|)loyée pour la première fois, suivant Lehmann, à colorer le verre en bleu , vers Tan i54n, dans la mauufacture de verre de Christophe Schurer, à Platleti.

' Cadmialogia oder geschiclite des farben kobolds.

' Opusc. IL 444» Soi; et IV, 371.

' Aun. dechim.XXVllI, loi.

^ Fourcroy, Disc, nrélini. p. li^.

^ Anu. de Chim. XLIl, 210.

^ Ann. de Chim. LX , 2G0.

' Piichter, Gehien's Jour. Il, 53. Bucholz , ibid. III. 201 Ph 1 ps. Phil. Mag. XVI, 3 12.

* Journ. de l'École des Mines.

9 Ann. de chim. XXVIII, 99.

'"Telle qu'elle est établie par Berzelius, Larhok i Kem^en, H. 'iv^. Bergman, les chimistes français et Hatchctt ne déiermuërtnl cette pesuDieur spécifique qu'à 7,75 mais il e.it évideut que leurs e'chanullons étaient imptus.

qu'il est chauffé au rouge. Ou ne connaît pas son degré de ténacité.

4. Il fond à i3oo de Wedgewood; mais il ne se volatilise à aucun degré de chaleur que nous puissions produire. Si, en le laissant refroidir lentement, on incline le creuset où il a été fondu, au moment où sa surface se fige, à mesure que la portion liquide s'en écoule, celle qui adhère à la surface figée offre des cristaux en prismes irréguliers '.

5. 11 est , comme le fer, altirable à l'aimant ; et il résulte des expériences de Wenzel , qu'il peut être lui-mèm^e converti en un aimant avec toutes les propriétés de l'aiguille mas^nétique ordinaire.

S'cxide. Il Lg cobalt n'éprouve aucune altération à l'air , ni lors-

qu'il est gardé sous l'eau , son affinité pour î'oxigène n'étant pas assez forte pour en opérer la décomposition.

Lorsqu'on le tient chauifé au rouge dans un vaisseau ouvert , il absorbe peu-à-peu de I'oxigène , et se convertit en une poussière, bleue d'abord . qui devient par degrés d une couleur de plus en plus foncée, et finit par être noire , ou })lutôt d'un bleu si intense qu'il semble noir. A une chaleur îrès-violente, le cobalt prend feu et brûle avec une flamme rouge.

Le cobalt se combine avec I'oxigène en deux proportions, et forme deux oxides; le protoxide est bleu y et le peroxide est noir.

1. On forme le protoxide de cobalt en précipitant , par la potasse , une dissolution de cobalt dans l'acide nitrique. Le précipité est de couleur bleue , mais en le faisant sécher à l'air , il passe par degrés au noir. En tenant cette poudre noire pendant une demi-heure au rouge cerise , la chaleur en dégage I'oxigène qu'elle avait absorbé en séchant à l'air, et sa couleur est changée en im beau bleu. Cet oxide bleu se dissout dans le^ acides sans effervescence. Sa dissolution dans l'acide hydrochlorique est verte , lorsque cet acide est concentré; s'il est étendu d'eau , elle est rose. Sa dissolution dans les acides sulfurique et nitrique est toujours rose -. Proust

* Fourcroy„ V, 137.

* Annales de Cliiuiie. XLIî , 2t3.

Pfctoxictt.

Page 1