‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 108 sur 136 · VII. Letain se combine avec le soufre en deux propor · texte numérisé non relu

VII. Letain se combine avec le soufre en deux propor

' Gay-Lussac, Ann. de Chim. XCI , 26. • Ana. JeCium. XIII, 116.

tions, et forme ainsi deux sulfures, qui ont été l'un et l'autre connus depuis long-temps.

rroto5uifï;re. I- Ou obticut Ic sulfurc d"étain en fondant ensemble le métal et le soufre: en réduisant en poudre le composé formé, et en le mêlant alors avec du soufre. On fait fondre de nouveau le mélange, et on le tient à une température suffi- •^amment élevée pour volatiliser le soufre superflu. Ce sulfure a la couleur du plomb, avec éclat métallique, et il est susceptible de cristallisation. En le dissolvant dans l'acide hydrocblorique concentré, on le convertit en totalité en oxide detain, et en gaz acide bydro-sulfurique. Ses parties constituâmes sont, d'après les expériences les plus correctes qui «lient été faites jusqu'à présent, savoir :

Etain. Oxigène.

Bergman '. . . . loo . , . "i" 25

Proust ^ loo . . . + 25

John Davy ^. . . loo ... f 27,5

Berzelius '^. . . . 100 . . . + 27,234

Ce sulfure est formé, sans aucun doute, de i atome étain +- I atome soufre, et par conséquent, il se compose en poids , de

Etain It^J^ 100

Soufre 2. 27,1

Ces nombres coïncident d'une manière satisfaisante avec les analyses de John Davy et de Berzelius.

2. Le persulfure d'étain a été pendant bien long-temps connu en chimie, sous le nom de aurum mosaïcum ou musiviirriy or musif. J'ignore l'époque de sa découverte, mais Kunkel donne une formule pour le préparer. En 177 1, M. Woulfe vérifia l'ancien procédé , et proposa , pour se procurer cette substance, un procédé beaucoup moins dispendieux que l'ancien. Le procédé nouveau consiste à mêler ensemble douze parties détain, sept parties de soufre, trois parties de mercure et trois parties d hydrochlorate d'ammoniaque. On soumet le mélange pendant huit heures à l'action

• Opusc. III, 157.

* IN icholsoirs Journal. XIV, ^\.

' Phil Trans. 1812, p. 114.

< jNicholson's Journal. XXXV, 162.

J'ersLifure.

DE l'étàin. 499

d'une f(yte chaleur dans un creuset de plombagine au sommet duquel on lute un akidel. L'or musif se sublime '. En 1792, Pelletier publia une suite d'expériences sur ce composé, et fit voir qu ou pouvait le former eu chauffant eiisemble dans une cornue, parties égales de soufre, etd'oxide d'étain. Il se dégage de lacide sulfureux et du soufre, et il re^le de l'or miisif*. Avant que celte dissertation parût les chimistes étaient généralement dans l'opinion que 1 or musif est un compose d'étain et de soufre. Mais Pelletier s'attacha à faire connaître que letain était, dans ce composé, à l'état d'oxide. Proust, dans son Mémoire sur Tétain, publié en i8o5 •^, donna l'exposé d'expériences importantes qu'il avait faites sur ce cornposé. L'or musif est, suivant lui, une combinîiison du soufre et d'un oxide d'étain contenant moins d oxigène que le protoxide ci-devant décrit. Cette opinion fut rectifiée , en 181 2, par John Davv qui, en démontrant que cette substance est un composé d'étain et de soufre *, rétablit ainsi fancienne théorie chimique. Berzelius avant aussi examiné ce compose, fut conduit a conclure comme John Davy ^ -, d'où il suit, qu'on ne peut plus douter que c'est en effet un sulfure d'étain.

L'or musif, lorsqu'il est pur, est sous la forme de légères écailles qui adhèrent facilement aux autres corps, et dont la couleur est celle de l'or. Lorsqu'on le chauffe , il s'en sépare une portion du soufre, et il est converti en sulfure d'étain ordinaire. L'or musif est insoluble dans l'eau et dans l'alcool, et les acides hvdrochlorique ou nitrique n'exercent aucune action sur lui. Mais en faisant bouillir de l'acide hydrochloronitrique sur ce composé , cet acide le décomp' «se peu-à-peu et le dissout. Une lessive de potasse le dissout aussi a l'aide de la chaleur. La dissolution est verte. Lorsqu'on y verse un acide, il se précipite une poudre jaune que Proust considère comme étant un hvdrosulfure d'étain. L'o^- musif se compose, d'après les analyses de John Davv et de Berzelius, de

Efain. Soufre,

John Davv. . . . 100 . . . + 56,25 Berzelius 100 ...+ 52,3

* Pi^il. Tratt*-. ^--f , p. 114.

> Acn. de Chira. Xill , iSo.

^/^i^hf'l»'^n's Journal. XIV, /p.

* Pliil. Trans. i8;2. p. 10,9.

^ ?^iciiolsoa'à Journal. XXXV, i65.

avec a.senic.

Si on le suppose formé de i atome étain + 2 atomes soufre, alors ses parties constituantes seront :

Etain 100 . . . 7,075

Soufre. . . ., 54,2 ... 4

Or, c'est exactement le terme moyen des deux anatyses ci-dessus. ;

3. Berzelius croit à l'existence d'un autre sulfure d'étain, contenant une fois et demie la quantité du soufre dans le protosulfure. Mais je ne doute pas que le composé qu'il décrit, que j'ai obtenu moi-même, il y a bien des années, lorsque je m'occupais à préparer de for musif , ne soit tout simplement un mélange de protosulfuie et de persulfure, ou en d'autres termes, un persulfure en partie décomposé. AUisçe!» Vlll. L'étain et l'arsenic peuvent s'allier par fusion. L'al-

liage est blanc, plus dur et plus sonore que l'étain, et cassant, à moins que la proportion d'arsenic ne soit très-petite. iJn alliage composé de quinze parties d'étain et d'une partie d arsenic cristallise en grandes lames comme le bismuth ; il est plus cassant que le zinc et plus iufusible que fétain. L'arsenic peut être séparé par une longue exposition de l'aliia^îe à la chaleur, dans l'air '.

Potassium. IX. Eu chauffaut ensemble le potassium et l'étain , leur alliage a facilement heu, avec un faible dégagement de lumière, à l'instant de la combinaison. Cet ahiage est cassant , moins blanc que fétain , et assez fusible.. 11 se détruit très- ])romptemenl, soit à l'air, soit en contact avec l'eau, par la conversion du potassium en potasse -.

Il ne se manifeste point de lumière lors de la combinaison du sodium et de fétain. Cet alliage ressemble, par ses propriétés, à celui de potassium et de fétain, mais il est moins fusible que l'étain ^.

X. Nous neconnaissons point les alliages que l'étain forme avec

les bases métalliques des terres alcalines et des terres pures.

F^r. XL L'élain se combine difficilement, avec le fer. On peut

cependant former un alliage de ces métaux, en. les fondant

ensemble dans un creuset fermé et coinplètement garanti de

' P.aycn.

' Gay-Lussar et Tbcnard, Recherches physico-chimiques. 1 , 220.

' Ibid. , p. 240.

DE l'êtain. Soi

tout accès de l'air extérieur. Nous devons à Bergman les expériences les plus précises qui ayeut été faites sur cet alliage. En fondant ensemble les deux métaux , il obtenait toujours deux alliages distincts. Le premier composé de 21 parties d'étain et de i partie de fer ; le second de 2. parties de fer et 4- de I partie d'étain. Le premier de ces alliages était trèsmalléable, plus dur que Tétain , et moins brillant-, le second n'était que médiocreaient malléable, et trop dur pour être entamé par le couteau ^

L'alliage, dont on fait un si grand usage, sous le nom Pîand.e de ferb/anc , est une preuve suffisante de l'affinité qui existe entre l'élain et le fer. On le forme en plongeant dans de l'étain en fusion des planches minces de fer, quon a complètement décapées en les frottant avec du sable, et en les laissant alors tremper pendant i\ heures dans une eau acidulée avec de lacide sulfurique. Non-seulement l'étain recouvre la surface du fer, mais il le pénètre complètement, et le rend entièrement blanc. Il est d'usage d'ajouter un dixième de cuivre à letain, afin d'éviter qi^i'il ne forme sur le fer des couches trop épaisses ^ ,

XIL L'alliage de letain et du cobalt est légèrement violet , Ziuc. et en petits grains.

XIII. L'étain et le zinc peuvent se combiner aisément par fusion. L'alliage est beaucoup plus dur que le zin(', beaucoup plus fort que l'étain , et encore ductile. Cet alliage est souvent, dit-on, le principal ingrédient du composé appelé potée cTétain.

}^IV. L'union du bismuth et de l'étain s'opère facilement. Bismuth. Il suffit d'une petite portion de bismuth pour rendre l'étain plus brillant^ plus dur et plus sonore. Le bismuth entre souvent dans la composition de la potée d'étain, quoique jamais en Angleterre. Avec parties égales d'étain et de bismuth, on forme un alliage qui fond à i38" centigrades; un alliage de huit parties d'étain et d'une partie de bismuth se fond à 1990, et celui de deux parties d'étain et d'une partie de bismuth à environ 1660 .centigrades ^.

XV. Lorsqu'on fond ensemble un mélange de huit parties <îe bismuth, cinq parties de plouib et trois parties d'étain

* Bergman. III, 47^-

• Watson's Chem. Es^;ays , IV, tgi.

3 D.f Lewis, JN'euman's Chem. P. m

on obtient un alliage de couleur blanche, qui fond à la température de 100® centigrades, et qui reste par conséquent à Tétat de fusion sous l'eau bouillante. Ficœb, XVI. Le plomb et l'étain peuvent être combinés en toute

proportion par la fusion. Cet alliage est plus dur et a beaucoup plus de ténacité que l'étain. Muschenbroeck a reconnu que ces qualités dans falliage sont au maximum, lorsqu'il est composé de trois parties d'étain et d'une partie de plomb. La présence de l'étain semble garantir des effets nuisibles du plomb, ce qui devient sensible lorsqu'on apprête des alimens dans des vaisseaux de ce mélange.

On employé souvent ce mélange pour étamer des vaisseaux de cuivre; et la nature nuisible du plomb ayant du faire soupçonner que de tels vaisseaux employés pour la préparation des alimens , pouvaient être dane^ereux pour Ja santé, le gouvernement espagnol chargea M. Proust de faire des recherches à sujet. Le résultat de ses expériences fut, qu'en faisant bouillir pendant long-temps du vinaigre et du jus de limon dans des vaisseaux étamés avec le mélange de plomb et d'étain , il n'y avait qu'une quantité infiniment petite de ce dernier métal dissoute, mais que le plonib n'avait été nullement attaqué , la présence de l'étain ayant uniformément garanti le plomb de tonte action; d'oii Ton doit conclure que l'emploi de vaisseaux de cuivre étamés avec l'alliage de plomb et d'étain dont on vient de parler ne présente aucun danger ^ La pesanteur spécifique de cet alliage augmente, ainsi que cela doit être, avec la proportion du plomb; d'où il feuit que celle des deux métaux, dans de semblables alliages, peut se déduire de leur pesanteur spécifique, ainsi que cela est établi dans la table ci-dessous dressée par le docteur Watson, d'après ses propres expériences ^•

Etain. Plomb. Pes. spécifique.

G lOO 11,270

•^ • • -»<à i •,• in» *i» ■• f • 7' "^ — " '" ' ï - - ,

T. .'..','. — î". '."T." . 8,i(îo

* Aun. de Cbîm. LYlî, 73. » Chemical Essays. IV, i65.

Page 1