DU CUIVRE
cette plus^rande contraction , la croûte est brisée en morceaux qui se détachent. On peut obtenir en toutes quantités cet oxide en cbautYant, et en plongeant alternativement dans l'eau froide une lame de cuivre ; cet oxide tombe en écailles au fond de l'eau. Lorsqu'on maintient le cuivre chauffé au-dessous du rouge, sa surface prend successivement des nuances agréablement variées, d orangé, de jaune et de bleu. On remploie en feuilles minces dans cet état pour l'ornement des jouets d'enfans. . .
Le cuivre étant chauffé à un très*grand feu , ou exposé à un courant de gaz oxigène et hydrogène, s'allume, et brûle avec une belle flamme verte d'un si grand éclat que les yeux peuvent à peine le supporter. Le produit est un oxide de cuivre.
On ne connaît jusqu'à présent que deux oxides de cuivre, et par conséquent-il est vraisemblable que ce métal n'est susceptible de se combiner avec l'oxigène qu'en deux proportions différentes. On trouve \^ protoxide (^ans la nature. Il est de couleur rouge ; celui formé artificiellement est d'une belle couleur orangé ; mais le per oxide est noir , quoique, dans sa combinaison , il prenne les différentes nuances de bleu, de vert et de brun.
1. Proust reconnut le premier le protoxide de cuivre -, Froïc mais c'est à Chenevix, qui le rencontra natif dans la province de Cornouailles, que nous devons l'examen de ses propriétés. On peut le préparer en mêlant ensemble 5^,5 parties d'oxîde noir de cuivre, et 5o parties de cuivre, précipité en poudre fine par une lame de fer, de sa dissolution dans l'acide hvdrochlorique. On broie ce mélange dans un mortier, et on le met avec de l'acide hvdrochlorique dans une fiole bien bouchée. Il y a dégagement de calorique, et presque tout le cuivre est dissous. En ajoutant de la potasse à cette dissolution , l'oxide de cuivre est précipité en. couleur orangé. Mais le moven le plus facile pour former cette oxide, est de dissoudre à chaud, dans l'acide hydrochloriqne, une quantité quelconque de cuivre, et de mettre la dissolution verte ainsi obtenue avec des tournures de cuivre dans une fiole bien bouchée. La couleur verte disparaît peu-à-peu. Le liquide devient d'un brun noir et opaque; et il se dépose des cristaux d'un blanc sale , ayant la forme de grains de sable. En mêlant ce liquide , ou les cristaux ^ avec une dissolution de
potasse, Toxide de couleur orangé est précipité en abondance.
Cetoxide est composé, suivantles expériencesdcChenevix, de 100 cuivre -4- i3 oxigène; mais Berzelius qui l'a examiné plus récemment, et avec une scrupuleuse attention, obtint pour résultat ' :
Cuivre loo
Oxigène i2,5
En le supposant forme de i atome cuivre + i atome oxigène, alors le poids d'un atome de cuivre sera 8, et le protoxide de cuivre sera composé de
Cuivre 8
Oxigène i
Percxicic. ri.Onpcut obtenir facilement le peroxide de cuivre pur, des écailles qui se sont formées siu* la surface du cuivre chauffé au rouge Ces écailles ont une couleur rouge violet qui est due à la présence d'une petite portion de cuivre métallique adhérente à leur surface inférieure, mais lorsqiron les tient pendant quelque temps à une chaleur rou^e dans un vaisseau ouvert, elles deviennent noires, et sont alors le peroxide pur de cuivre. On peut encore produire cet oxide en précipitant le cuivre parla potasse, de sa dissolution dans les acides sulfurique ou nitrique, et en chaufTant ensuite assez fortement ce précipité pour en chasser l'eau qu'il peut retenir. Cet oxide est une poudre noire, sans saveur, et sans aucun éclat. Eîle se dissout avec effervescence dans les acides, et forme des dissolutions bleues ou vertes, suivant l'acide. Proust, qui a analysé cet oxide , l'a trouvé composé de ^
Cuivre loo
Oxigène 25
L'analyse de Berzelius ^' s'accorde parfaitement avec celle
* Chenevix , Phil. Trans. iSoi , p. 22
* Ann. (îe Chim. XXXII, 26.
3 lUd. LXXVUl, 107.
DU CUIVRE. 5o7
de Proust» Il s'ensuit donc que cet oxide est formé de i atome cuivre et de 2 atomes oxigène, ou qu'il consiste en
Cuivre 8 100
"- Oxigène 2 25
Les oxides de cuivre sont facilement réduits à l'état métallique, lorsqu'on les chauffe avec du charbon, des huiles ou autres corps gras, et naêrne avec quelques-uns des métaux, spécialement le zinc.
111. Si l'on introduit de la limaille de cuivre dans le gaz cblore, elle prend feu; il se forme une substance jaunâtre qui çeste fixe, tandis qu'une partie.se sublime à l'état d'une poudre d'un brun jaunâtre. Le premier de ces composés est un proto chlorure de cuivre , et le second MU perchlorure.
I. On peut former le protocblorure de cuivre en chauf- Protochb:i:i«.-. fant un, mélange de deux parties de perchlorure de mercure et d'une partie de cuivre. Boyle , qui l'obtint de cette manière , publia en 1666 des observations sur ce composé, dans son Traité de \ origine des fermes et qualités ^, sous le nom da résine de cuivre. Proust l'obtint d'un mélange d'hydrochlorate de protoxide détain avec une dissolution de cuivre dansl'acide hvdrochlorique. Il se procura ainsi un sel blanc auquel il donna le nom à:hydrochlofat& de cuivre ^. Cl>enevix trouva depuis que ce sel est formé par l'action de l'acide hvdrochlorique, à laquelle on soumet, en vaisseaux clos, un mélange, à parties égales, d'oxide noir de cuivre et de cuivre en poudre^. Proust l'obtint encore par la distillation de î'hydrochlorate vert de cuivre. Il restait dans la cornue une masse grisâtre ^\ était le protochlorure de cuivre. On se le procure aussi en plongeant une lame de cuivre dans un flacon rempli d'hydrochlorate vert de cuivre*. La couleur verte disparaît par degrés, et il se dépose de petits cristaux qui consistent en- protochlorure de cuivre.
\jtprotochloture de cuivre , lorsqu'il est pur, est de couleur dambre, avec un certain degré de transparence. Il fond H une température justement au-dessous de la chaleur rouge.
^Sliaw'* Boyle. -l> 2i>a , a55.
-* Ann. de Chim. XXVIII, 218.
3 Phil. Trans. i8or , p. 23;.
4 Journ. de Physique. LI, i8i.
,de
c J l.ij \
iqo. • . .
't^nsq^.
Pcichlorure.
JioS COMBUSTIBLES SIMPLES.
Il n'est ni décomposé, ni sublimé à une forte chaleur rouge en vaisseaux clos-, mais à 1 air il se dissipe en fumées blancbes. II est insoluble dans l'eau, mais il se dissout dans l'acide nitrique sans effervescence.' Sa dissolution s'opère aussi sans effervescence dans l'acide hydrochlorique ; et il en est précipité sans altération par l'eau. La potasse précipite le protoxide de cuivre. Le protochlorure de cuivre. est composé, suivant l'analyse de John Davy
Cuivre. . . . 64- . . .
Chlore. . . . 36. . . .
d'où l'on voit qu'il est formé de i atome chlore 4- i atome cuivre.
2. heperckloruredc enivre peut s'obtenir parl'évaporation k siccité de l'hyd'rochlorate vert, à une température qui n'excède pas 205° centigrades. Il est d'un jaune brunâtre et pulvérulent. Exposé à l'air, il en absorbe l'humidité, il passe d'abord au blanc, puis au vert. La chaleur le décompose en en séparant une partie du chlore, ce qui le convertit en protochlorure. John Davy, qui eu a fait l'analyse^, a trouvé qu'il se composait de'
Cuivre. .;. . 47. • • . 10b 8
Chlore. .: . . 55. . . . 112,76. . . 9,02
Donc le percblorure de cuivre est un composé de i atome cuivre + 2 atomes chlore.
îcduie. IV. En chauffant ensemble le cuivre et l'iode, ces deux
substances se combinent. On doit supposer par analogie qu'il existe deux wd^ires de cuivre; mais il n'a point encore été fait d'expériences sur ce sujet. Le seul iodure actuellement connu est d'un brun foncé. On peut se le procurer en versant un hydriodate de potasse dans la dissolution du cuivre dans un acide. „Cet iodure est insoluble dans Peau. Il est probablement foru^é de i atome cui^^ref i atome iode, ou de
Cuivre. v-'F: . 8
Iode. • 15,625
' Phil. Trans. 1812, p. l'jo, » Ibid.